‹ Essai sur la pathogénie de la laryngite tuberculeuseChapitre 20 sur 24 · PURES · texte numérisé non relu

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tion telles qu’elles se présentent naturellement, du fait : du choc opératoire important entraînant la mort d’un très grand nombre d’animaux, diminuant la résistance des survivants ; — des lésions de grattage de la muqueuse bien plus traumatisantes que celles entraînées par la toux ou l’inhalation de poussières (le fait d'observer un épithélium normal à la coupe pratiquée plusieurs jours après l’inoculation, n’a rien d'étonnant, soit que la coupe ait porté en un autre point, soit qu’il y ait eu régénération de la muqueuse, soit enfin qu’il y ait eu propagation lymphatique à distance) ; — enfin de la quantité de bacilles anormalement grande déposée sur la muqueuse de ces animaux, d'ordinaire très sensibles à la tuberculose (surtout le chien). Toutes ces raisons ne nous permettent pas de considérer comme probante cette expérimentation.

g) Il ne nous reste plus à discuter que les hypothèses basées sur la théorie muqueuse. Il nous paraît difficile d'expliquer dans cette théorie, comment sur 100 tuberculeux bilatéraux dont 70 à 80 sont dans un état grave, toussant beaucoup, et dont l’expectoration abondante fourmille de bacilles, il n’y en ait que 28 atteints de phtisie laryngée, et encore pour certains par une forme unilatérale. Signalons d’ailleurs que chez les tuberculeux pulmonaires au dernier stade de leur maladie, les déterminations viscérales, digestives, péri-anales, laryngées sont fréquentes mais qu’elles ne sont ni constantes ni toujours univoques. On pourrait donc admettre qu’elles

peuvent être provoquées par un essaimage localisé par voie sanguine. À l’appui de cette hypothèse, nous rappellerons que nombre de déterminations tuberculeuses viscérales se font par voie sanguine, par exemple les complications méningées, génito-urinaires et osseuses. On ne voit pas pourquoi le larynx échapperait toujours à ce mode de contagion. Remarquons enfin qu’il existe des observations de laryngites primitives, c’est-à-dire de cas où il fut impossible de trouver une lésion pulmonaire même à l’autopsie. (Collet, observations de Demme et de Lockard).

RÉSUMÉ. — Nous pouvons ainsi résumer notre discussion sur la théorie de la contamination de la muqueuse du larynx par l’expectoration :

1° Au point de vue étiologique, il n’y a pas de rapport constant entre l’évolution de la laryngite et celle de la tuberculose pulmonaire, ainsi qu'entre l’abondance et la richesse en bacilles de l’expectoration : d’une part, et la production d’une laryngite tuberculeuse d’autre part. Au cours de nos examens cliniques, nous n’avons pas remarqué le rôle favorable des lésions chroniques.

2° Anatomiquement la nature de l’épithélium ne nous semble pas être en cause, d’une part en raison de la rareté des lésions sur la face externe du larynx, d'autre part du fait que les cordes, situées à un endroit rétréci, recouvertes d’un épithélium plus mince, ne sont pas toujours atteintes, et cela dès le début.

3° Au point de vue anatomo-pathologique, la théorie muqueuse semble infirmée par le début profond, sous-muqueux, des lésions tuberculeuses.

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4° Cliniquement, l’évolution est irrégulière, par poussées, sans rapport avec l’évolution pulmonaire.

5° Il nous a semblé que l’expérimentation elle-méme n’a jamais pu être réalisée dans des conditions voisines des conditions normales.

6° De l’ensemble de cette argumentation il nous semble difficile d'admettre que la contamination de la muqueuse du larynx se fait par l’expectoration. Celle-ci nous paraît jouer un rôle très restreint, tant dans la production des lésions, que dans leur aggravation.

Il. — La théorie de l’inoculation de la muqueuse du larynx par la voie artérieile

La théorie vasculaire fut traitée comme une théorie accessoire, et utilisée seulement dans les cas où la théorie de la contamination par le crachat ne pouvait s’appliquer.

Il existe peu de travaux anatomo-pathologiques la concernant, et seules les coupes microscopiques de Heinze et quelques observations de différents auteurs ont permis d’en établir les bases.

Cliniquement, l’on avait signalé les faits suivants : l’évolution de la tuberculose laryngée pour son propre compte et cela indépendamment de la tuberculose pulmonaire (Ruédi) ; — l’absence de lien chronologique entre l’atteinte pulmonaire et l'atteinte laryngée (Guisez) ; — l'existence de laryngites dites primitives, dues à un foyer extra-pulmonaire (osseux, ganglionnaire, amygdalien) et pour lesquelles, soit la

théorie muqueuse, soit la théorie lymphatique étaient impossibles à appliquer ; — enfin l’existence de cas de granulies indiscutables, et de septicémies (Caboche).

Malgré la difficulté d’obtenir une laryngite par voie sanguine, l’expérimentation fut faite par Albrecht.

Les objections furent nombreuses et portèrent principalement sur les faits suivants : anatomiquement, la disposition des vaisseaux sanguins paraissait défavorable ; — cliniquement, on notait la rareté des granulies laryngées ; — on objectait que la plupart des observations de laryngites primitives, ayant été décrites avant l’ère radiologique, les signes pulmonaires étaient basés sur la seule auscultation; — le dernier argument semblait être apporté par les partisans de la voie lymphatique: une détermination par voie vasculaire n’expliquait pas lPhomo-latéralité des lésions pulmonaires et laryngées (Krieg) et leur concordance évolutive (Kanony) ; — enfin en cas de propagation par voie sanguine, la bilatéralité des lésions semblait être presque obligatoire.

Nous pensons cependant que l'infection du larynx peut se faire par voie sanguine et cela pour les diverses raisons que nous allons exposer :

a) Reconnaissons toutefois que les observations de granulies sont fort rares, nous n’avons observé en effet qu’un cas sur 35 malades. De même l’expérimentation est très discutable si l’on tient compte de la gravité de l'intervention, de la dose massive de bacilles injectée, enfin de l’arrêt temporaire de la circulation, toutes causes qui, en pratique, ne se présentent pas.

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