‹ Essai sur la PérineorraphieChapitre 13 sur 22 · PRET · texte numérisé non relu

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une section transversale de 3 2,5 à 4, dédoublant la cloison recto-vaginale exactement en son milieu, afin que le lambeau ne soit pas trop mince : plus la déchirure est grande plus l’avivement doit être étendu en profondeur. Deux débridements verticaux de 2,5 à 3 centimètres sont faits ; ils vont de la section transversale à l’union des grandes et des petites lèvres et comprennent non seulement la peau mais aussi le tissu cellulaire de la région. L'incision représente donc un U majuscule; mais, si la rupture esttrès considérable, L. Tait prolonge légèrement par en bas ses débridements verticaux, en sorte que la figure de l’incision n’est plus celle d’un U, mais d’un H, dont les branches inférienres seraient plus courtes et plus écartées que les supérieures. Une fois le dédoublement effectué dans toute la hauteur voulue, on procède à la suture. Celle-ci, à points séparés, est faite sous le contrôle de l’index et du médiusf gauches, placés dans le rectum : les points ne ressortent pas par la peau, mais par la partie avivée. En plaçant le premier point de suture, il faut lui faire traverser les extrémités du sphincter anal divisé, dont la place peut être reconnue, avant l’avivement, grâce à une légère fossette dans la cicatrice. Cette suture qui comprend de 3 à6 points est faite au crin de Florence par L. Tait et Mundé, au fil d'argent, par Sænger, qui conseille aussi de faire des points superficiels ; Martin se sert du catgut à l'essence de génévrier ct pratique la suture continue à étages superposés.

La technique opératoire de Lawson Tait a été rapidement adoptée en Amérique et en Allemagne. Fritsch a décrit de son côté un procédé de périnéorrhaphie, qui ressemble à celui de. L. Tait et dont nous ne parlerons pas ici. Faisons remarquer, en passant, que L. Tait a fait judicieusement observer qu'il était bon, dans le périnéorrhaphie, de conserver toutes les parties qui n'étaient que déchirées et non pas détruites.

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Bien des procédés de colpopérinéorrhaphie peuvent trouver leur application dans le traitement de la déchirure incomplète du périnée : il y a, en effet, grande similitude entre le relächemeut du périnée et sa déchirure, et, l’on peut même dire, que dans le relâchement périnéal, il y a déchirure sous-cutanée du périnée ; dans ce cas, en effet, on peut, par la combinaison du toucher rectal et vaginal, se rendre facilement compte de la diminution de la pyramide charnue, qui sépare le rectum du vagin. Ceci nous amène, par conséquent, à parler du procédé de colpopérinéorrhaphie de M. Doléris, décrit en 1889. Dans son manuel opératoire, l’auteur se propose autant de restaurer le plancher périnéal, que d’affermir la paroi vaginale. Une incision semi-Circulaire est pratiquée sur les limites de la peau et de la muqueuse ; puis, on opère un décollement rapide, avec les deux doigts, de la muqueuse vaginale, le dédoublement, par conséquent, de la cloison recto-vagi-

nale. M. Doléris fait ensuite des sutures au ecrin de Klo-

rence à la façon du procédé d’Emmet : le lambeau vaginal se trouve alors froncé et dépasse la ligne de réunion périnéale ; il est sectionné et les bords de la plaie nouvelle, qui en résulte, sont suturés. Ce procédé est d’une exécution très rapide et M. Doléris l’a souvent employé avec succes.

M. Roux (de Lausanne) préconise la reconstitution du périnée d’aprés la méthode de L. Tait et Sœnger. C’est, dit-il, (1) une opération d’une simplicité étonnante, qui la met à portée des moins exercés et qui donne les meilleurs résultats, soit pour les déchirures simples, soit pour les ruptures totales. Dans une dizaine de cas et avec divers modes de suture, M. Roux a obtenu la guérison par première intention ; aussi recommande-t-il chaudement cette méthode.

() Roux. Revue médicale de la Suisse romande, 1889.

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M. Zannellis (de Smyrne), en 1890, décrit un nouveau procédé pour restaurer l’état anatomique et morphologique du périnée chez la femme. Par une série d’incisions diversement combinées, suivant que la déchirure est plus ou moins complète, ilavive la plaie et se sert, pourréunir, de la suture continue etä étages superposés au catgut. Le résultat de sa méthode rendrait, d’après lui, aux organes de la femme leur état anatomique et physiologique (1).

M. S. Pozzi pratique la périnéorrhaphie suivant la méthode de L. Taït, qu’il a modifiée. L’avivement est obtenu à l’aide d’une incision transversale, portant sur les débris de la cloison. Aux extrémités de celle-ci, sont menées de haut en bas deux incisions verticales, étendues de la hauteur des petites lèvres au pourtour de l'anus. Ceci fait, on creuse, en décollant, de manière à relever en haut le vagin avec les restes de la cloison. Pour la suture, trois fils d’argent servent de soutien : l’un est placé sur le vagin, un deuxième à l’angle du décollement de la cloison recto-vaginale, un troisième sur le rectum. L’affrontement est obtenu à l’aide d’un double surjetau catgut, réunissant entre elles les surfaces cruentées ; enfin une suture superficielle termine l'opération. Au dernier congrès de chirurgie (2), M.S. Pozzi relate 8 cas de périnéorrhaphie pratiquée d’après sa méthode et suivis d’un excellentrésultat.

En citant les différents auteurs, dont nous avons étudié les procédés opératoires, nous n'avons pas la prétention d’avoir été complet; nous avons passé sous silence bien des noms, qui, cependant, méritent de compter dans l’histoire de la périnéorrhaphie. Nous nous sommes borné à parler des procédés les plus intéressants, qui marquent une étape dans l'historique de l’opération, ou qui constituent dans quelques cas des ressources utiles à connaître.

(1) Zannellis. Archives de tocologie, 1890.

(2) Pozzi., Semaine médicale, avril 1893.

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