LE BUDDHISME GOMME RELIGION
permis, et de toute drogue hallucinatoire ou soporifique (1).
Quiconque, sans vouloir ou pouvoir entrer en Sangha, désire se sanctitier, soit jusqu'à la tin de sa vie, soit durant une certaine période, un mois, trois mois, un an, renchérit par l'observance des trois renoncements facultatifs, qui, joints aux précédents, forment les Huit Vœux (Atthanga- Sila) :
G" S'abstenir de manger en dehors d'un repas méridien ;
7° S'abstenir d'exécuter ou regarder ou écouter danses et représentations théâtrales, chants et musique profanes ;
8" Ne porter bijoux ni autre parure, et n'user de quelque parfum que ce soit.
Mais alors les Silas troisième et cinquième atteignent l'extension absolue de continence parfaite, même pour les personnes mariées, et de privation de toute boisson alcoolique (2j.
(1) Il est telles sectes où les obligations imposées aux laïques sont extrêmement simplifiées ; la seule recommandation que le Sinsiu insinue à ses adhérents esl d'obéir aux lois du pays .
(2) Analogiquement, le Sila premier implique dans ce cas une nourriture exclusivement végétale.
Bien qu'il soil impossible de l'assimiler complètement avec la forme de sacerdoce que les Européens ont coutume d'opposer à celle qualifiée de séculière, le Sangha rappelle sous beaucoup de rapports le (Aergé régulier des Chrétiens, plus particulièrement celui de leur Égiise ancienne, tel que Font maintenu les schismes d'Orient. D'ailleurs la Congrégation instituée par Gautama a été historiquement le premier spécimen du monachisme, et n'a pas cessé d'en offrir, avec son recrutement sage, sa discipline savante, sa hiérarchie forte et simple, basée seulement sur l'âge et le mérite, le type le plus pur.
Qu'il soit Sramana (ermite) ou Bhikshu (frère qu^^teur), l'Ariya (élu) est un dévot qui a librement délaissé toutes les joies et toutes les douleurs de la famille et du monde pour ne s'occuper que de l'amélioration morale et du développement intellectuel de soi-même et d'autrui, et hâter ainsi l'heure de sa propre salvation et, autant qu'il est compatible avec Dharma, celle de la salvation collective.
Il accomplit ou sert l'office trois fois par jour, enseigne et commente la Loi, dirige les consciences, lit aux moribonds et, en temps de calamité
LE HUDDHISME COMME REI.IC.IOX 79
publique, à la foule, lesParittas (textes fortifiauts), propage la foi chez les infidèles, et c'est lui qui copie ou imprime les livres sacrés, sculpte et peint les statues et les tableaux pieux, lisse et brode les chasubles, cisèle les lampes et les cassolettes et modèle et tourne les vases du culte, incruste les crosses et les mitres, fouille et ornemente les châsses, confectionne les chapelets, — et les amulettes. Souvent aussi il est médecin, car il sait les vertus curalives, si banales, et si puissantes, des végétaux, et la thérapeutique psychique lui est familière, comme à tant d'Orientaux.
Il est tenu de se prosterner devant le Mandala en au moins deux adorations quotidiennes, au crépuscule du matin et à celui du soir, et à se confesser publiquement, soit à la foule sur le seuil du temple, soit à ses Frères assemblés dans le chœur, au moins une fois par mois (1).
Sont exclus de l'Ordre : les malades atteints d'affections incurables ou contagieuses; les enfants au-dessous de quinze ans, et, au-dessus de cet âge, les mineurs qui n'ont point l'autorisation de
(1) Aucuoe date, aucune périodicité ne sont fixées aux laïques pour la confession, qui d'ailleurs est facullalive en dehors du Sangha, comme les offices.
leurs parents ou de leurs tuteurs et ceux qui seraient contraints par ces parents ou tuteurs ; les esclaves et les serfs, tant qu'ils n'ont pas obtenu leur affranchissement légal ; les soldats et les employés avant leur libération ; les personnes poursuivies par la justice, tant que durent les poursuites ou que les peines édictées n'ont pas été subies intégralement; les débiteurs tant qu'ils n'ont pas rempli la totalité de leurs obligations.
Le novice (Sramanera) choisit lui-même dans la Congrégation celui des Bhikshus qui doit lui en ouvrir l'accès. Afin qu'il soit bien avéré qu'il ne se trouve dans aucune des situations éliminatoires, et aussi, que son tempérament, son caractère et ses facultés soient étudiés à loisir par le maître, il est tenu en observation pendant un temps qui, prolongé pour les mineurs jusqu'à leur majorité, varie pour les autres selon leur aptitude, mais ne peut être inférieur à quatre mois.
Au sortir de cette première épreuve, sa chevelure et sa barbe sont rasées, et il prend l'habit de l'Ordre, qui est une manière de manteau brun rougeàtre ou jaune, porté sur la peau, et que l'on drape à la mode des toges romaines. Puis il prononce les Desa Sila ou Dix Vœux, qui sont les