‹ Essai sur la philosophie bouddhiqueChapitre 15 sur 44 · LE BUDDHISME COMME RELIGION · texte numérisé non relu

LE BUDDHISME COMME RELIGION

Attlianga Sila augmentés des deux suivants :

0" N'avoir pour couche qu'un lit bas et dur ;

10" Vivre en état de pauvreté volontaire, et s'engage cà ne s'écarter jamais des Iluit Angas. ou Sentiers :

/ 1° Giwance droite, — exempte de tous préjugés,

superstitions et illusions; ; 2° Volonté droite, — plojée à se maintenir sur la voie noble et pure;

3" Parole droite, — sincère, simple et douce ;

4" Action droite, — ferme et calme, loyale et pacifiante ;

5° Vie droite, — sans nocuilé directe ni indirecte pour aucun être humain, pour aucun animal;

6° Etforts droits, — tendant uniquement à détruire l'ignorance, à dompter les passions, à extirper Tanha (la soif de vivre) ;

7" Mémoire droite, — à laquelle Dharma soit sans cesse présent ainsi que Vinàja (la Règle de la Congrégation) ; 1 8° Recueillement droit, — où les sens, l'attention, \ la pensée, soient fermés à tout ce qui passe (1).

(1) Le Siiisiu autorise son clergé au mariage et à la zoophagie. Le Wuo-Woi-Keau n'admet pas de prèlres ; ce sont chez lui les anciens de. la communauté, qui, de temps en temps,

ESSA.I SUR L\ PIIILOSOniIK iiolDDIIIQUE

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Enfin il s'instruit dans les quatre parties du Vinaya :

I 1" Palimokka samvara sila (leçon pâlie;, ordre et discipline extérieurs ;

2° Paceaya saunissita sila, confection et usag-e de la nourriture et de la vêture;

3" Indriya samvara sila, conduite contre les , désirs et les passions des sens ;

4° Adjiva parisuddha sila, moyens pour acquérir la connaissance spirituelle transcendante.

Lorsque son précepteur le juge préparé à un degré satisfaisant, il procède à sa réception (upasampada) en assemblée solennelle des Frères.

Aucun vœu d'obéissance n'est exigé des Ariyas ; et s'ils veulent rentrer dans le monde, ils le peuvent dès que de leur résolution ils ont prévenu le supérieur, — et de ce fait ils n'encourent nul reproche, nulle honte. Ceux qui manquent à l'un quelconque des Desa Sila, sont immédiatement expulsés du Sangha sans espoir d'y rentrer jamais.

Les Sramanas vivent solitaires parles bois, dans la montagne, mais il leur est enjoint de faire connaître aux principaux de l'Ordre le lieu précis de

accomplissent les rites, évidemment réduits à ce qu'il y a de plus rudimenlaire.

LE BUDDIIISME COMME RELIGION H'.i

leur résidence, et de n'en point changer sans leur autorisation (1).

Les Bliikslius liabitent des Vihàras ou monastères, dons ou leg's de pieux laïques et propriétés indivises de la Congrégation. Ces édifices, qui avoisinent ou entourent un temple et comportent plusieurs étages de cellules, un réfectoire, une bibliothèque, sont souvent vastes et accompagnés de cours, jardins et parcs (2).

Le Bhikshu ne jouit d'aucun privilège, ne possède personnellement rien. Les Upâsakas le

(1) Les religieuses (bihkshunisj ne peuvent vivre solitaires, et leurs couvents sont toujours soumis à la surveillance des chefs suprêmes du clergé.

(2) Dans la forme ecclésiastique qui, en dépit de l'opposition des Panshen-liinposli, prélats indépendants de Ïashil-Hunpo, a prévalu au Tibet depuis Tson-Kliapa, le clergé reconnaît pour pontife maxime et chef infaillible, leDalaï-Lama, supérieur du couvent de Galdan, à Lhassa. Ce pape nounne desKharapos ou cardinaux, qui sont les exécuteurs de ses ordres, et à chacun desquels est attribuée, soit la surveillance d'un certain nombre de monastères, soit la direction d'une des communautés les plus considérables. Des Lamas ou archevêques, évêques (tibétain blâma, avec consonne initiale muette), dont le grade varie avec l'importance du couvent à la tête duquel les commt-tlent les Khampos, gouvernent les simples moines ou Ge-longs.

C'est par pure courtoisie que le titre de lama est décerné aux ge-longs, de même que les catholiques étendent celui d'abbj, chef d'abbaye, aux curés, aux vicaires, etc.

vêtent, et en voyai^^e c'est chez eux qu'il loge. Chaque matin il parcourt la ville ou le bourg ou la campagne, recevant de porte en porte, dans son Pàtra ou vase à aumônes (une sébile à manche), des vivres qu'il rapporte au Vihàra pour les y mettre en commun avec ce que ses Frères ont recueilli d'autre part.

Ces dons ne sont point un devoir pour le laïque ; il les fail librement, avec pleine conscience qu'il agit dans son propre intérêt, de sorte qu'il doit de la reconnaissance au religieux qu'il oblige, car celui-ci lui fournit l'occasion de s'acquérir du mérite par l'exercice de la bienfaisance.

Puisque pour ses membres il n'est point de consécration, le Sangha n'a nul pouvoir spirituel sur les Upâsakas : il n'a pas à excommunier, n'ordonne pas de pénitences, ne dispose d'aucun instrument de discipline extérieure. Quiconque s'est rendu coupable d'infraction grave à la Loi ou d'outrage envers la Confrérie, on se contente de retourner le Pàtra devant lui : il n'est plus digne de faire l'aumône.

Les rapports sont donc purement moraux entre ce clergé et ses ouailles. D'une part édification par l'exemple et les conseils, enseignements, conso-

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