LE KARMA ET TANHA
Il n'est pas impossible de concilier les orthodoxes Skandhas et les schismatiques Upadhis, de sorte qu'au lieu de faire double emploi ils s'offrent comme indissociables complémentaires. Ceux-ci seraient alors les fruits de l'action réciproque de ceux-là, l'homme ne progressant dans les Upadhis qu'en raison du nombre de Skandhas par lui mis en jeu.
Le degré de développement atteint dans les Upadhis et la somme des Skandhas exercés par un être en son existence terrestre, constituent le Karma de cet être.
Le Karma est donc, lai aussi, une abstraction : la formule algébrique par quoi peut être évaluée la mesure selon laquelle l'être a réalisé ses virtualités ; — le nombre proportionnel des rapports dans
lesquels se sont combinées en cet être l'activité et la passivité intellectuelles, l'expansion et la contraction morales ; — le quotient de l'intensité avec laquelle les sous-multiples de Purusha et les sousmultiples de Prakriti ont lutté pour produire cet être.
Lorsque le Suklismopadhi a consommé sa dissolution en Deva-Loka, il ne subsiste plus rien du Mayavi-Rupa, de cette forme objectivée un instant dans l'empire de l'Illusion sous une apparence circonscrite et conditionnée à grande profusion d'accidents. La personnalité est effacée à jamais.
De l'être pourtant quelque chose perdure, qui n'est pas destructible encore ; une potentialité qui ne saurait être annihilée que par l'effectuation, un conflit dynamique qui ne pourrait s'équilibrer avant d'avoir connu une longue alternative d'acuïtés et de rémissions chaque fois moins prononcées. Ce quelque chose est le Karma.
L'intime énergie qui tâche avidement à maintenir en polarisation les deux forces dont l'opposition constitue le Karma, c'est Tanha.
Et la relation entre Karma et Tanha, la modalité déterminée pour celui-ci par celui-là, est Vlndividualitè, l'archétype dont la Perso/r/iaUté nesi que la projection mayavique.