LE KARMA ET TAXIIA
Or, l'archétype ne peut s'éteindre qu'après avoir épuisé toutes les projections dont il est susceptible, l'Individualité ne peut s'abolir qu'après s'être personnalisée un grand nombre de fois, autant que le comportent ses immanences.
A telles hypothèses l'infirmation positive faisant défaut tout autant que la confirmation, la preuve subjective doit sufiîre. Pour établir celle-ci en l'espèce, point n'est besoin de recourir, comme on ne s'y est laissé aller que trop souvent, aux lyrismes d'une sentimentalité de mauvais goût. Les phénomènes de la nature, dans quelque ordre qu'on s'amuse à les ranger, s'accomplissent tous selon une très minime quantité de lois excessivement simples, réductibles elles-mêmes en une seule, laquelle en le présent livre a déjà été scandée à bien des reprises, notamment quelques lignes plus haut que ceci, et qui pourrait encore souffrir cette nouvelle traduction :
Toute réalité est une relation entre deux incitations adverses, et la réalité disparaît, et ne disparaît que, avec la relation; c'est-à-dire, physiologiquement parlant (1), un organe n'existe qu'en
(1) Voir les travaux de M. Charles Henry.
vertu du rapport de la dynamogénie à l'inhibition, et pour quel'org-ane soit anéanti, il faut que l'intervalle entre deux stades d'anesthésie, ou entre deux stades d'hyperestliésie, devienne égal à 0.
Donc, Tanha figurant la dynamogénie ou tension divergente et Karma l'inhibition ou tension convergente, l'individualité ne finit qu'au moment où Tanha cesse de subir l'impulsion de Karma et Karma la répulsion de Tanha, Elle ne peut atteindre ce moment qu'en transmigrant de forme en forme, de sorte que chacune de celles-ci s'éloigne de la concrétion plus que celle qui l'a précédée, et se rapproche de l'abstraction moins que celle qui lui succédera.
Dès que Tanha perd le dernier vestige des Upadhis, il retombe en Maya pour réintégrer la substance là où l'appellent ses affinités karmiques ; en d'autres termes l'Individualité se porte versl'androgyne avec lequel elle se trouve le plus en concordance^ parmi ceux constitués lorsqu'elle quitte le Deva-Loka, l'androgj^ne désignant ici la fusion du mâle et de la femelle en une seule entité à l'instant précis de la conception. Et Tanha, recouvrant, au contact de la substance, les Skandhas, générateurs des Upadhis, se repersonnalise en