‹ Essai sur la philosophie bouddhiqueChapitre 3 sur 44 · SARYA-MINI, SA VIE ET SA LEGENDE · texte numérisé non relu

SARYA-MINI, SA VIE ET SA LEGENDE

rayonnent autour dn montMeru, centre de la terre. Mais s'il renonce aux biens transitoires pour embrasser la vie méditative, il atteindra le Nirvana, et l'on bénira en lui la Lumière des Univers (1). » Lorsque, au délicieux jardin de Lumbini, sous l'arbre Plaksha couvert de fleurs au parfum exquis, l'Attendu eut vu le jour, les devins, constatant sur son corps les signes caractéristiques, ne doutèrent plus : — « Celui-ci sera Buddha ! y> et ils ajoutèrent: — «Du moment qu'il aura rencontré sur sa route un vieillard, un malade, un cadavre et un bliikshu (moine mendiant), nul pouvoir ne vaudra plus à entraver sa vocation religieuse. » Et l'Arhat Dévala, instruit dans son extase de la naissance de Siddharta, quitta sa retraite occulte et vint à Kapilavastu adorer l'enfant, s'écriant : — « En vérité, celui-ci sera Buddha, et de lui l'humanité apprendra la voie libératrice. »

Maya s'éteignit sept jours après avoir mis au monde le futur énonciateur de la Loi, car une femme qui a procréé un être tel, ne peut désormais

(l)C'est conforniL'ment à rambiguité de celte prédiction que le nouveau-né reçut le prénom de Siddharta^ le Fondateur — de l'empire Tsliakravarlin, — ou du Règne de la Loi.

rester exposée à recevoir dans son sein un autre germe. Le jeune prince fut confié aux soins de Gautami, sœur du roi.

On appela auprès de lui des maîtres renommés, — on n'en trouva point qui eussent à lui enseigner quoi que ce soit. Il les confondait tous par son savoir prodigieux, et chacune de ses réponses était une leçon pour les Pandits les plus versés dans les éludes transcendan taies : il n'était pas de science ni d'art qu'il ne possédât naturellement à un degré semblait-il inaccessible à l'intelligence humaine. Et lorsqu'il eut grandi, sa supériorité ne fut pas moins éclatante dans les exercices de force et d'adresse où les adolescents perfectionnent leur forme corporelle.

Les Devas mêmes s'humiliaient devant lui, car s'il franchissait le seuil d'un temple, les images divines abandonnaient leur piédestal pour venir toucher ses pieds de leur front, non sans avoir d'abord accompli le Pradakshina, c'est-à-dire circulé trois fois autour du vénéré en lui présentant le côté droit. Et certain jour qu'il s'attarda des heures et puis des heures, assis seul au pied d'un Djambu, le soleil tourna, sans que l'ombre de l'arbre cessât de protéger le méditant.

Page 1