LA VOLONTÉ DANS LE BUDDHISME
muler pèlc-mèle en sa mémoire, et dont toute la science n'est que mesquin empirisme et vaine minutie. On n'oublie entin de lui enseigner qu'une chose : à penser. Aussi plus tard ne sait-il que jurer par le verbe de telle ou telle autorité traditionnelle, et loin des dictionnaires, ne ratiocine-t-il qu'à la manière d'un ivrogne privé de sa bouteille.
L'Asiatique n'est point érudit; il ignore l'art de dépecer des cirons et celui d'agiter une citation opportune ; il ne connaît pas l'analogue d'une liste de sous-préfectures rangées par ordre alphabétique. Peu de livres l'entourent, et il a reçu les leçons d'un seul maître. Celui-ci n'a songé à lui infliger aucun article de foi : il n'a tâché qu'à lui apprendre à apprendre. Ensuite le Tshela a dû cultiver ses facultés soi-même par les moyens adéquats à ses prédispositions. Et c'est pourquoi, libre, ferme et calme, il va droit au grand et au simple.