‹ Essai sur la philosophie bouddhiqueChapitre 37 sur 44 · LE BUDDHISME AU POINT DE VUE SOCIAL · texte numérisé non relu

LE BUDDHISME AU POINT DE VUE SOCIAL

La proclamation par la philosophie de Gautama de la prépondérance de la volonté sur toutes autres facultés humaines, n'est pas importante seulement quanta ses conséquences intellectuelles et morales. Une telle doctrine, en ne fixant au développement de l'initiative individuelle aucun terme subjectif, ne tend rien moins sur le plan social qu'à la légitimation de la liberté absolue. Et ce dernier qualificatif ne semblera pas excessif, si l'on n'oublie pas que la liberté est le droit, — c'est-à-dire le pouvoir, — de ne se soumettre que de plein gré à ■des incitations subjectives.

Un second corollaire, complémentaire du précédent, découle naturellement de la même théorie. A la coalition des instincts de Maya, une volonté isolée ne saurait résister. Il lui faut, nouant ligue

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contre ligue, appeler à son secours d'autres forces intelligentes. Les volontés individuelles i-ecevant ainsi delà volonté collective une impulsion d'autant plus puissante que l'association sera plus nombreuse et mieux organisée, et la volonté collective s'exalfant à mesure que les volontés individuelles s'accroîtront plus rapidement en quantité et en intensité et s'uniront plus étroitement, Maya ira s'humiliant graduellement. Un instant ne tardera pas à s'offrir, où la ressource ultime de cette subtile ennemie sera de réveiller au sein de la volonté collective les ferments de discorde, relents lointains de la végétativité, de telle sorte que les volontés individuelles se préoccupent bien plus de s'entredétruire que de marcher de front à la grande menteuse, — et ce pendant que celle-ci recouvrera doucement une bonne part du terrain qu'elle aval perdu. Du reste, l'éducation des volontés individuelles se poursuivant à travers ces péripéties, l'intelligence s'entraînera à déjouer les pièges de l'instinct, jusqu'à ce que la plus nombreuse possible des volontés collectives soit établie indéfectiblement.

L'expression de lutte pour la vie convient donc uniquement au ^combat livré à la nature par des

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