LE BUDDIIISMK AU POINT DE VUE SOCIAL
individualiléseii coopération, et les combats engaii-és entre des individualités ne sont que des luttes CONTRE la vie.
L'hypothèse de la sélection par la violence étant convaincue de contradiction avec la loi de l'évolution, voilà condamnée la provocation des crises brutales et l'institution des fédérations arbitraires. L'évolution veut être aidée, non précipitée, et révolution signifie rétrogradation ; l'expérience n'a que trop chèrement démontré l'exactitude de cette opinion. Et la fraternité veut être consentie, non imposée, basée sur l'affinité pure, non sur l'entassement hàtif ; combien notre siècle en a-t-il vu se disloquer, de ces phalanstères édifiés sur le sable.
La première condition de stabilité pour une association étant le complémentarisme des associés, la femme doit être adjointe à l'homme et l'homme doit prêter assistance à la femme, dans toutes les fonctions sociales. C'est pourquoi le Buddha a expressément recommandé de ne pas instruire la femme moins que l'homme.
La seconde condition est que la plus rigoureuse équité préside aux relations des associés. Il ne s'agit point d'amener à un niveau unique toutes les individualités, sans tenir compte de l'acquit moral
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et intellectuel. Puisqu'il n'est pas deux liommes qui aient un Karma identique, une telle répartition serait injuste. Il est question seulement que chacune se trouve en la situation correspondante à sa valeur subjective, sans égard pour quelque accident objectif que ce soit. Aussi le principe des castes est-il incompatible avec le Buddhisme.
La dernière condition est que les associés se solidarisent avec le plus complet désintéressement. Et ici intervient la loi d'Amour : absorption réfléchie de l'individualité dans la communauté par le dévouement, application pratique de la compassion et de la tolérance, indulgence pour les défaillances des frères, et pardon toujours. Par-dessus tout, ne jamais châtier un coupable par la mort, car il n'est dans l'univers aucun être qui ait droit sur la vie d'un homme, si ce n'est cet homme luimême. A plus forte raison pas de guerre, et extirpation de la cause majeure des carnages, cette cause qui serait bouffonne en tant que candide épanouissement de vanité puérile, si elle n'était hideuse en tant que bavement de haine et vindicativité de peuple à peuple : le patriotisme.
On a l'habitude de considérer ce respect pour la vie comme le mobile de la coutume adoptée par
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les fidèles de Sakya-Muni, et d'ailleurs générale en Asie depuis un temps immémorial, de se nourrir exclusivement d'aliments végétaux. Certes la principale, et probablement la seule raison alléguée en faveur de ce régime par les Pères duBuddhisme aussi bien que par ceux du Brahmanisme, du Djaïnisme, du Vishnuïsme, du Sivaïsme, a été sentimentale : pitié pour des compagnons de misère, gratitude envers des auxiliaires et des défenseurs. Mais il n'est pas douteux que les législateurs aient eu un but plus positif.
La multitude est rebelle à une argumentation suivie, quelque avantage qu'elle puisse trouver à s'en adapter la conclusion ; elle est toute foi, quelques déboires qu'elle recueille de ses aveugles élans.
Pour lui faire accepter un bienfait, il n'est qu'un moyen : la capter par cette passion. C'est ainsi qu'en ont usé Moïse, Mohammed et l'Église chrétienne en se déclarant interprètes d'un bon plaisir divin; le premier lorsqu'il interdissait aux Hébreux la viande de porc, si malsaine; le second quand il détournait les Musulmans du terrible alcool, et la dernière quand elle déconseillait aux adorateurs de Jésus la viande de boucherie et
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leur recommandait la chair de poisson précisément en la saison où celle-ci est la plus abondante et celle-là de pire qualité.
En prohibant la zoophagie le fondateur du Buddhisme a agi d'une manière analogue; mais son décret trahissait un souci singulièrement plus fervent et plus éclairé de l'hygiène privée et publique.
Il est notoire en etfet que, des quatre classes de substances nécessaires à l'entretien de la vie, à savoir les substances protéiques, respiratoires, grasses et minérales, la viande est dépourvue de la seconde, tandis que le végétal les possède toutes. Quant à l'azote, les légumineuses en renferment une quantité supérieure à celle offerte par quelque viande que ce soit. Et les graminées à elles seules suffiraient à la nutrition humaine : il n'est permis d'en dire autant d'aucune chair.
Au reste, personne ne conteste que notre espèce, par la conformation de sas dents, de son estomac, de son foie et de son tube intestinal, soit essentiellement frugivore, et que les aliments végétaux soient les plus aisément digérés et les plus complètement assimilés.
Il y a accord non moins unanime sur ce point