LE BUDDTTISME AU POINT DE VUE SOCIAL
que la zoophag'ic engendre ou développe la Iricliinose, le scorbut, le ténia, les affections vermineuses, la gravelle, la néphrite, et que le végétarisme est le remède le plus efficace contre la goutte, le rhumatisme, la paralysie, les affections cutanées, l'adjuvant indispensable à la guérison rapide des blessures et des suites d'opérations chirugicales, et le moins impuissant à amender l'alcoolisme.
Il est encore officiel que la viande, par le sang veineux resté dans les vaisseaux capillaires, les éléments anatomiques en voie de décomposition au moment de la mort, les parasites qui échappent inévitablement à l'examen le plus sévère, est un foyer constant de dangers pour la santé humaine, et que le tiers des animaux livrés à la consommation dans les cités européennes, sont malades par infection (typhus, tuberculose, etc.), ou par alimentation insuffisante, ou défectueuse, ou excessive.
De même que les quadrupèdes les plus forts, les plus intrépides, les plus patients, — le cheval, le bœuf, l'éléphant, le chameau, — sont herbivores, de même les peuples les plus énergiques, les plus laborieux, les plus infatigables sont végétariens. Tels sont le Chinois, l'Écossais, l'Irlandais, le Finnois, l'Auverç^nat ; tels étaient les Ro-
mains de l'ère républicaine et les Spartiates. L'abstention de viande était en Grèce la prescription principale de l'entraînement athlétique.
L'alimentation végétale prêle à la physionomie et à l'habitude toute entière du corps un type remarquable de délicatesse; elle accroît dans des proportions avérées la finesse de la peau et la limpidité du teint, la subtilité des sens et la lucidité et la souplesse de l'intellig-ence et de la mémoire, elle purifie les mœurs et adoucit le caractère.
Enfin, et ceci est capital, on a calculé qu'une étendue de sol consacrée à la culture des céréales et des fruits donne subsistance et travail à un nombre d'hommes bien plus considérable que si elle était mise en prairie pour l'élevage.
Il faut aussi voir dans l'institution de la crémation une mesure d'hygiène sociale. Car, indépendamment des motifs sentimentaux et métaphysiques qui militent, multiples et pressants, en faveur de l'incinération des cadavres, la sécurité publique est attachée à la pratique de ce mode sépultuaire, qui évite l'empoisonnement de l'eau et de l'atmosphère, conséquence naturelle de la putréfaction lente des corps inhumés selon la folie chrétienne ou exposés aux oiseaux de proie selon l'aberration guèbre.