‹ Essai sur la philosophie bouddhiqueChapitre 5 sur 44 · SARYA-MINI, SA VIE ET SA LEGENDE · texte numérisé non relu

SARYA-MINI, SA VIE ET SA LEGENDE

vo'ins, aux it'onoux, et treinblolant(Iesjain])os cl des mains, un homme qui s'arrêta, appuyé des deux poings sur son bâton, et releva à g-rand'peine une face ravagée de sillons profonds et dont la longue bax"be blanchâtre remuait au-dessous d'une bouche noir-béante, sans dents, pour, avec des globes ternes aux paupières rouges et glabres, regarder le prince.

Celui-ci: — Quel crime ce malheureux a-t-il pu commettre pour avoir été réduit en un état à ce point lamentable? — Seigneur, dit Tshanda, cet état n'est pas un châtiment, et n'est que trop naturel. — Cet homme est-il donc né ainsi? — Hélas! lui aussi a considère le monde et la vie avec des yeux gais, il a été alerte et vigoureux, il a Heuri comme vous. Mais les années ont suivi les années, et peu à peu il a décliné, jusqu'à tomber en la condition où vousle voyez. — Est-il d'autres honimes qui soient devenus tels? — La nature voue à ce sort tous les hommes. — Et, Tshanda, est-ce que moi aussi je subirai cela? — Seigneur, vous aussi.

Le prince, troublé, donna l'ordre de rentrer au l)alais, et tragiques étaient ses réflexions.

A quelque temps de là, le même Deva de nouveau

se manifesta au bord de sa route, sous l'apparence d'un homme aux regards atïblés, qui, couvert d'ulcères d'où découlait un pus épais et giauque strié de sang brun, se tordait en d'horribles douleurs et hurlait. Et peu après, il s'offrit encore sous la forme d'un homme étendu inerte sur le sol, face au ciel, exhalant une puanteur atroce et marbré de plaques verdàtres où des mouches d'émeraude grouillaient, qui parfois essoraient pour tourbillonner avec un bourdonnement sombre puis s'abattre ailleurs sur la peau hideuse, et elles avaient déjà mangé les veux, le nez, les lèvres.

— Tshanda, Tshanda, qu'est-ce là? s'etîrayait le jeune homme.

Et le serviteur tristement disait la soulfrance, disait la mort, et, comme de la vieillesse, leur inhérence à la nature humaine.

— Et moi, s'écriait le maître, moi Siddharta Gautama, de la race solaire d'Ikshvaku, demain souverain des Sakyas, et que l'on prédit monarque Tshakravartin, moi aussi je souffrirai donc, et je vieillirai, et je mourrai! Que sont une telle gloire, et tant de puissance et de magnificence, et tant de jouissances, puisqu'elles ne peuvent préserver un homme de ces calamités !

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