‹ Essai sur la philosophie des sciences;Chapitre 42 sur 70 · DÉFINITION ET CLASSIFICATION DES SCIENCES NOOLOGIQUES · texte numérisé non relu

DÉFINITION ET CLASSIFICATION DES SCIENCES NOOLOGIQUES

Jtî viens de classer loules les vérités qui se rapporleiit na MOjsfUE matériel^ je vais maintenant faire un travail semblable à l'égard des vérités relatives h LA. PEKSÉE (i), considérée , soit en elle-même, soit dans les signes par lesquels les hommes se liansmei.leul leurs idées, leurs senlimeus , leurs passions, etc. ^ soit dans tous les développemeus qu'elle prend à mesure que les sociétés humaines se développent elles-mêmes. Les divisions et subdivisions de ces vérités forment les sciences auxquelles j'ai donné le nom de noologiques. La plupart de ces divisions du

(i) Od a vu , page 28 , quel est le sens très général daiis lequel je prcDda ce mot.

DSUXIÈKB PARTIE. i

second règne présentent, avec celles qui leur correspondent dans le premier, des analogies fort remarquables , sur lesquelles j'appellerai plus tard Taltention du lecteur.

Mais je dois d'abord faire observer que quelles que soient ces analogies, il y aurait de graves inconvéniens à vouloir, qu'à Tégard des noms qu'on est obligé de créer pour désigner des sciences qui n'en ont point encore reçu, la formation de ces noms se fît exactement de la même manière dans les deux règnes: j'ai déjà remarqué, page 187, qu'une circonstance particulière à l'einbranchement des scleiices médicales oblige à adopter, relativement à ces sciences, un mode de nomenclature assez diilerent de celui que j'avais suivi pour les sciences des embranchemens précédens. Lorsqu'il est question de sciences noologiques, la Viature du sujet exige encore d'autres cliangemens, sans lesquels les mots dont on ferait choix ne désigneraient pas avec assez de précision les sciences auxquelles ils doivent être appliqués, et surtout n'indiqueraient pas, à l'aide des idées accessoires aue l'usage a jointes à ces mots, le vrai caractère de chaque science.

Je crois devoir m'arrêter un instant sur le mode de formation que j'ai suivi jusqu'ici, et sur lescliangemens que je pourrai être obligé d'y apporter par la suite.

1^ Dans la formation des noms que j'ai cru devoir

adopter pour des sciences qui n'en avaient pas^j*ai employé la terminaison logie^ d'alx)id pour des sciences du premier ordre, et ensuite pour des sciences du second et du troisième , seulement quand le mot qui précède cette terminaison n'avait point été employé dans le nom d'une science d'un ordre supérieur. C'est elle, en effet, que Tusage a consacrée pour désigner l'ensemble de toutes les vérités relatives à la connaissance de l'objet exprimé par ce mot. Ainsi , la zoologie, science du premier ordre, est la science qui comprend toutes les vérités relatives à la connaissance des animaux , comme la zootechnie réunit tout ce qui est relatif à Vutilité que nous en retirons. La sémiologie, quoique du second ordre, a pu avoir un nom de même terminaison, parce que le mot ffvjpîov n'a pas été employé dans la science du premier ordre dont elle fait partie; et il en a été de même de la traumatologie qui est du troisième ordre , parce que le mot rpaûpa n'est pas entré dans la composition de ceux qui désignent les sciences du premier ou du second ordre dans lesquelles est comprise la traumatologie. A l'égard de celte terminaison en logie , je continuerai à suivre la même règle.

oP Jusqu'à présent , je ne me suis servi de la terminaison en gnosie, que pour désigner des sciences du second ordre comprenant seulement les vérités qui résultent d'une élude approfondie de l'objet que

considère dans son ensemble la science du premier ordre dont celle du second fait partie. J'ai reconnu que tout en conlinuant de l'employer dans ce cas, je devais, en outre, m'en servir pour les sciences iu. troisième ordre , lorsqu'elles faisaient partie d'une science du second terminée en logie, mais toujours pour désigner la partie de celle dernière où l'objet dont elle s'occupe est cludié d une niauière approfondie. Ainsi , lorsque je donnerai le nom de glossologie à l«t science du premier ordre qui comprend tout ce qui est relatif au langage parlé ou écrit , celui de glossognosie désignera la science du second ordre, où l'on s'occupe des connaissances plus approfondies sur les langues, qui ne font pas partie de la glossoîogle élémentaire ; tandis que quand j'aurai jugé convenable d'employer le mol hiblioîogie pour désigner une science du second ordre comprise dans la science du premier, à laquelle j'ai donné le nom de liltéralure, je me servirai de la dénomination de hibliognosie pour la seconde des deux sciences du troisième ordre comprises dans la blbliologie.

Je regreito beaucoup de n'avoir pas songé plus tôt à ce dernier emploi de la terminaison gnosie, et d'avoir en conséquence adopté par analogie la terminaison or isti q ue pouv une scÏLncii de troisième ordre dont cette terminaison n'exprime l'objet que d'une manière incomplète. Celle science est celle que j'ai nommée craiiorisiique et à laquelle j'aurais dû don-

ncr le nom de crasio§nosie. Enetret , la craRiologie , science du second ordre, qui a pour objet d'étudier toutes les modifications qu'apportent dans l'organisation non seulement les tempéramens proprement dits, mais encore toutes les différences d'âge, de sexe, etc., se divise naturellement eu deux sciences du troisième, dont la première se borne à décrire ces modifications telles qu'on les observa , c'est la cra~ siographie j et dont la seconde étudie ces mêmrs modifications d'une manière plus approfondie.

Sans doute cette étude plus approjondiedi surtout pour objet de déterminer d'nne manière plus précise la valeur des signes auxquels on reconnaît les tempéramens, de distinguer ceux qui sout vraiment caractéristiques, et ceux qui ne sont en quelque sorte qu'accessoires; mais elle doit comprendre aussi d'autres recberches sur les tempéramens, comme, par exemple, celles des causes qui peuvent leur donner naissance , et dont il est inutile de former une science à part , vu le petit nombre de vérités qui y sont relatives.

3** On a pu remarquer qu'au lieu de me servir d'un mot terminé en gnosle, pour désigner la seconde des deux sciences du second ordre comprises dans une science du premier, j'ai fait usage du nom de cette dernière en y joignant l'épitbète : comparée^ Tout en conservant ce mode de nomenclature pour des sciences du second ordre, je l'éteodrai aussi , lors-

que cela ii»e paraîtra nécessaire, à des sciences du troisième ; mais, pour que ces deux emplois de l'épiihèle comparée ne puiwent être confondus ,je m'astreiudrai constamment à la règle suivante.

Toutes les fois que répilliète comparée se trouvera jointe à un nom employé pour désigner une science du premier ordre , la réunion de ce nom et de Tépithèle comparée indiquera une science du second ordre ; lorsque ^ au contraire, la même épithète sera jointe à un nom qui n'aura été employé pour désigner aucune science du premier ordre, la même réunion servira h dénommer une science du troisième placée au troisième rang parmi celles dont se compose la science du premier ordre , à laquelle elle appartient •, soit que le nom auquel est jointe Tépithèle comparée désigne une sciente du second ordre , comme on en verra un exemple dans l'emploi que je ferai de la dénomination de législation comparée; soit que ce nom , emprunté à Tusage ordinaire , n'ait été employé dans ma classiGcaiion pour aucune science du premier ordre ou du second ordre ^ c'est ce dont on verra des exemples dans l'usage que je ferai des expressions : géographie comparée, ei histoire comparée, que i'ai adoptées pour des sciences qu'il ne m'a pas paru possible de désigner aussi bien par aucune autre expression.

4*^ La terminaison graphie sera, dans la suite de eel ouvrage , comme dans la première partie, consa-

crée exclijsivemcni aux sciences du lioisième ordre, où l'on ne considère dansl'objei qu'on étudie, que ce qui esl susceptible d'observation immédialc.

5*^ Dans le second règne, comme dans le premier, je n'emploierai la terminaison oj^istique que pour des sciences du troisième ordre , où l'on cherche à déterminer des inconnues que la nature des objets dont on s'occupe dérobe à l'observation immédiate. Mais je serai beaiu;oup plus rarement dans le cas d'avoir recours à celte terminaison, parce qu'elle se trouvera (d'après l'extension que, suivant ce que je viens de dire, je donnerai dorénavant à l'emploi de la terminaison ^/205ze) remplacée souvent avec avantage par cette dernière.

6^ Je continuerai de réserver la terminaison nO" mie pour les sciences du troisième ordre , où il est question de déduire , de la comparaison des faits , les lois générales qui président aux changcmens observés dans les objets que l'on considère.

^* On trouvera, dans ce qui suit, une nouvelle terminaison consacrée exclusivement aux sciences du troisième ordre, qui s'occupent de la formation ou de l'origine des objets qu'elles étudient. C'est la terminaison génie, que j'ai employée à l'imîtalion de M. Serres, quand il a donné les noms dostcogenie , à! or g ano génie, etc., à des sciences qui n'ont clé établies sur leurs véritables bases que par les travaux de ce grand physiologiste.

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