PÉDAGOGIQUE
iPediographie.
Idi
Maiuksiolocu.
orutique.
fMalhësionotnie> Théorie de l'e'ducattoa.
Obsebvàtions. On retrouve aisément dans ces quatre sciences du troisième ordre , les quatre points de rue de leur objet spécial ; la pédiographie ne faisant qu'oè^en^er les moyens qu'on emploie dans l'éducation , est évidemment le point de vue autoptique de cet objet spécial ; l'idioristique , qui cherche à découvrir les dispositions cachées de l'élève , en est le point de vue cryptoristique. Le point de vue troponomique se trouve dans la mathésionomie , science de comparaisons et de classifications. Enfin , on ne peut méconnaître le point de vue cryptologique dans la théorie de l'éducation , où il s'agit de déduire de la connaissance de toutes les causes qui peuvent influer sur le succès de l'éducation, les moyens^dont on doit faire usage pour atteindre le but qu'on se propose.
Définition et classification des sciences du premier ordre relatives aux moyens par lesquels lliomme agit sur f intelligence ou la volonté des autres hommes.
Nous venons de voir comment, desseizescicncesdu troisième ordre dont nous nous occupons dans ce chapitre, se forment quatre sciences du premier, toutes relatives à un même objet général , énoncé dans le titre de ce paragraphe. Il nous reste à déterminer, d'une manière précise, les limites qui séparent chacune de ces sciences de toutes les autres et à en former un embranchement.
a, Énumération et définitions.
I. Technesthétique. La teclmcsthétique étant la première des sciences uootechniques et se trouvant
suffisamment dislinguée des sciences philosophiques qui la précèdent, en ce que ces dernières étudient la pensée en elle-même , et que la technesthétique fait paniedes sciences qui s'occupent des moyens d'agir sur elle, il ne reste, pour la séparer complètement de toutes les sciences placées avant elle dans la classification naturelle de zios connaissances, qu'à tracer une ligne de démarcation précise entre elles et les sciences cosmologiques. Parmi ces dernières, il n'y a que la géométrie, la physique générale et la technologie avec lesquelles elle puisse avoir des points de contact. Elle se distingue des deux premières qui lui fournissent, l'une des formes , l'autre des couleurs, des sons, etc. , en ce qu'elle n'étudie ces objets que relativement à l'impression qu'ils font sur nous , au lieu que la géométrie et la physique générale les considèrent en eux-mêmes. Quant à la teclinologie, il faut d'abord remarquer que la construction des instrumens qu'elle emploie appartient à cette dernière. Le luthier, par exemple, fait des instrumeus de musique , comme le tisserand fait de la toile. Il en est de même de ceux qui exécutent matériellement la pensée de l'artiste. Il n'y a rien qui appartienne aux beaux-arts dans le travail du maçon , ni dans celui du directeur de constructions. Maïs ici se présente la difficulté dont nous avons parlé dans le premier paragraphe de ce chapitre à l'égard de l'architecte qui conçoit l'édifice à construire et qui en
trace le plan. C'est par rapport à lui que nous l'avons déjà résolue dans ce que nous avons dit, page 5i, du cas où Tarchitecture est un des beaux-arts, et de celui où elle ne doit être considérée que comme une des parties de la technologie. La même distinction s'applique à tous les arts du dessin ; ainsi , les travaux du peintre en bâtiment sont du domaine de l'industrie; et la peinture n'est un des beaux-arts que quand le tableau nous inspire quelque sentiment, ne fût-ce que celui que nous fait éprouver une imitation fidèle de la nature.
2. Glossologie. Cette science qui a pour objet les signes de la parole et de l'écriture , à l'aide desquels les hommes se communiquent leurs idées , leurs sentimens , leurs passions , etc> , ne peut se confondre avec aucune des sciences du premier ordre qui la précèdent ou la suivent dans une classification. De toutes ces sciences, c'est la technesthétique qui s'allie le plus immédiatement avec la glossologie. Elles ont le même but , celui de rappeler les idées, les sentimens , les passions , etc. , et d'en faire naître de nouveaux dans le spectateur d'un objet d'art, Tauditeur, soit d'un morceau de musique, soit d'un discours quelconque, ou enfin dans le lecteur , lorsqu'il est question du langage écrit. Mais ces deux sciences présentent dans les moyens qu'elles emploient une différence fondamentale qui trace entre elles une ligne de démarcation précise et qui consiste,
Fafons Tn , en ce que les moyens emploTés <laii< la tedmesthédqiie absent par eiixmêmes, indépenâammeiit de Umle insdlotioii on conTendon préaUlile , tandis que les moyens dont se sert la g^lossdog^ n*y sont considérés que comme signes insdtnÀ, aoxqnels lliabitnde joint des idées ou A»K sentimens avec lesquels ces agnes n^otnt que ce rapport artificieL Une fois celle ligne de démarcation adiMÎw» y k glofisologie se iroaTe complétemeni définie, qnand aa a dit qn'eDe renferme la ooDiiaiscaitfn» des vocabulaires et des grammaires de toutes les langues, les redierclies sur le sens et Fétjmolo^e des mois, les lois générales qu'on déduit de la comparaison des diverses langues , et les hautes questions sur leur origine et leur fâtualion.
3. Uaéraiare. L'étude que la Huérature £ût des écrits de tout genre établit entre die et les autres S£ienoes des points de contact qui ex%ent quelques explîcadons sur la Irrafîfln des limites par lesquelles je la sépare smt des sdenoes en général , soit de la glossologie en particulier. Je remarquerai donc que lorsqu^'il s'agit d*un écrit destiné à instruire , soit en étu- ' diant l'cnsemMe de FaniTers, ou les malmaux dont le globe de la terre est composé et les êtres virans qui rbabilent , soit en fusant coonaiîre les procédés dont Findustrie lait usage ou ceux qu'elle doit employer de prefércnoe, les prindpes de Fart de guérir, les préœpfes de la monle , les âits dont se com-
pose riiisloîre des natioiis , etc, etc. il y a trois choses h considérer : d'abord j les vérités que cet ouvrage enseigne et qui appartiennent aux sciences dont ces vérités font partie, ensuite les raots et les phrases par lesquels ces vérités sont exprimées, ce qui est du ressort de la glossologie , enfin, la manière dont l'ouvrage lui-même est composé, l'enchaînement des idées, la clarté, et en général toutes les qualités du style , ce qui est proprement du domaine de la littérature.
Quant aux écrits qui ont pour objet de plaire au lecteur, de l'intéresser ou même de l'instruire d'une manière indirecte par des descriptions et des récits de lieux et d'événemens imaginaires, ils n'offrent 'plus que la partie glossologique et la partie littéraire, car ces lieux et ces événemens ne se rapportant ni à la géographie, ni à l'histoire, ne peuvent appartenir à aucune autre science, et rentrent dans le domaine de la littérature , non seulement sous le rapport des qualités dont nous venons de parler, mais encore sous celui du choix du sujet et de la manière dont les événemens sont enchaînés avec plus ou moins de vraisemblance.
Du reste, la littérature est complètement séparée de la glossologie , en ce que l'une étudie l'instrument général des communications de la pensée entre les hommes , et l'autre l'usage qu'ils ont fait de cet instrument.
4- Prîdagogique. Quelques lecteurs s'étonneront peut-êlre de la place que je donne à la pédagogique dans l'embranchement des sciences dont il est ici question. Ce rapprochement pourra paraître une innovation hasardée; mais si l'on fait attention au caractère commun aux quatre sciences du premier ordre comprises dans le présent embranchement , caractère exprimé dans le titre de ce chapitre , on verra quMl se retrouve au plus haut degré dans la pédagogique, dont l'unique but est d'agir sur la pensée de rélève pour en faire un homme éclairé et vertueux, et qu'ainsi la pédagogique appartient essentiellement à l'embranchement qui réunit toutes les sciences relatives à l'action exercée par l'homme sur la pen- . sée de ses semblables considérés comme individus et non comme nations. Quant à la limite qui sépare la pédagogique des autres sciences du même embranchement , elle est fondée, en ce qui concerne la techneslhétique et la glossologie, sur ce que la pédagogique, commela li itcrature, se rapporte à l'emploi qu'on fait des moyens d'agir et non à ces moyens étudiés en eux-mêmes ; et, relativement à la littérature, elle consiste, lors même que l'on considère la littérature comme une sorte d'enseignement donné à tous les hommes par les auteurs des ouvrages dont elle s'occupe , en ce que cet enseignement s'adresse aux hommes en général , sans que les auteurs sachent quels seront ceux qui les liront, tandis que l'instituteur
agit directement sur la pensée d'élèves qu'il connaît, le professeur sur celle d'auditeurs qui assistent à ses leçons.
Il est assez remarquable qu'en considérant les choses sous ce point de vue, cette limite paraisse si peu tranchée et que le caractère distinctif de la littérature et de la pédagogique semhîe tenir à des circonstances peu importantes en elles-mêmes ; ce qui justifie le rapprochement que j'ai fait de ces deux sciences , sans que cependant on puisse en conclure qu'elles dussent être confondues. Elles diffèrent réellement l'une de l'autre , précisément comme la mécanique de raslronomie. L'une est de même la science générale, l'autre celle de l'application qu'on en fait à un objet spécial.
b. Classification.
Les quatre sciences du premier ordre que je viens d'énumérer comprennent toutes les véiités relatives aux dilférens moyens par lesquels l'homme agit sur rinlelligence ou la volonté des autres hommes. Ce caractère commun ne permet pas de les séparer. Mais , comme l'usage n'a pas encore fait cette réunion, il me manquait un mot pour l'exprimer. J'ai cru que le nom de Sciences noolecliniqucs était celui qu'il convenait de préférer, puisqu'elles s'occupent des moyens d'agir sur l'intelligence, comme les sciences du premier règne , que j'ai désignées par
des noms où entre le mot grec -z'r/yn , étudient les moyens d'agir sur leurs objets rcspcclifs.
Cet embranchement se divise en deux sous-embrancbemens , dont le premier se compose de la tecliuesthétique et de la glossologie où les moyens d'agir sur rinlelligence el la volonté de lliomme sont considérés eu eux-mêmes. C'est lui, par conséquent, auquel ou devra donner le nom de sous-embrancbement des sciences nootccbuîques proprement dites.
Le second sous-embranchement comprendra la littérature et la pédagogique. Ces sciences ne sont plus relatives aux moyens d'agir sur la pensée humaine, considérés en eux-mêmes, mais à l'emploi qu'on a fait de ces moyens, emploi d'où résulte toujours une instruction ou enseignement donné, soit indirectement par l'auteur d'un ouvrage à ceux qui le lisent , soit directement par un instituteur à ses élèves. C'est ce qui m'a porté à assigner aux sciences comprises dans ce sous-embranchement le nom de Sciences dicla^niatiques, du grec oioa^u-a , leçon, précepte , avertissement.
Voici le tableau de cette classification :
Embranchement. 1 Sons-embranchemens . | Sciences du i'^ ordre.
SCIENCES NOOTECIIMQLES.
NoOTECHKÎQOKSrEOP. DIIIS
DtDACMAIIQCtS.
t Technesthetique.
( Glossologie.
t Littérature.
Pédagogique.
SI
Observations. Un peu d'attention fera remarquer au lecteur que cette division des sciences nootechniques en quatre sciences du premier ordre , correspond aux quatre points de Tue sous lesquels leur objet général peut être considéré. En effet , les moyens d'agir sur l'intelligence et la volonté de l'homme sont étudiés dans la technesthétique relativement à l'action qu'ils exercent par eux-mêmes et immédiatement sur la vue ou sur l'ouie. Cette action immédiate est bien le caractère du point de vue autoptique. L'action exercée sur la pensée humaine par le langage parlé ou écrit n^a plus ce caractère ; elle la modifie en vertu de cette liaison , en quelque sorte mystérieuse et cachée , que l'habitude â établie entre les signes et les idées correspondantes ; liaison , dont nous nous servons d'abord sans y taire attention et dont la réflexion seule nous découvre l'existence et nous fait connaître la nature , en nous montrant comment elle se communique des pères aux enfans, et se fortifie tellement par l'habitude que le signe finit par se confondre en quelque sorte complètement avec l'idée. C'est sur elle que repose cette propriété vraiment crjptoristique des signes institués.
La littérature réunit et compare les cbangemens que la pensée humaine a éprouvés dans tous les lieux et dans tous les temps, tels qu'ils nous sont retracés dans les ouvrages que nous possédons. Elle tire, de la comparaison de ces ouvrages, des régies générales propres à guider ceux qui doivent entrer dans la même carrière , et présente ainsi , sous tous les rapports , le caractère du point de vue trop onomique.
Enfin , le point de vue cryptologique n'est pas moins manifeste dans la pédagogique qui , s'appuyant sur ce que la science, dont j'ai parlé précédemment sous le nom d'éthogénie, nous apprend relativement aux causes qui peuvent déterminer les divers caractères et les habitudes des hommes , se propose de découvrir les moyens les plus propres à les rendre à la fois éclairés et vertueux.
DSUXIUMB PiJSTIK*