‹ Essai sur la philosophie des sciences;Chapitre 51 sur 70 · ETHNOLOGIE · texte numérisé non relu

ETHNOLOGIE

' Etbxolocu r«oraBM.>iTt.

Topo rù tique.

Géographie compare'e.

PALttBSTlQUC. '

Ethnoçeaie.

OBSERVATiO'S.Cette subdivision de l'ethnologie en quatre sciences du troisième ordre résulte évidemment des quatre points de rue «ous lesquels leur objet spécial peut être considéré successivement. Dans l'ethnographie se trouve compris tout ce qui est d'observation immédiate : point de vue autoptique. Dans la toporistique, la recherche des trois inconnues à déterminer constitue le point de vue crvploristique. Les changemens qu'étudie et que compare la géographie comparée , font de cette dernière science le point de Tue troponomique du même objet spécial. Le point de vue cryptolog'que n'est pas moins évident dans i'ethnogénie , qui s'occupe de l'origine des nations et des causes qui ont influé sur leurs progrès et leur décadence.

5 II

Sciences du troisième ordre relatives aux monu" mens et à tous les produits des arts chez les an" ciens , qui oui échappé aux ravages du temps»

J'ai dit tout à 1 heure quel était l'objet spécial des sciences dont il est ici question. Je dois seulement ajouter que la si^nilicaiiou du mot mouuDicni ,

quand on lui donne toute Textensiou qu'if. clique son éivnioîogie(i), ne s'applique pas seulement à ce qu'on désigne ordinairement sous ce nom, mais encore à tous les objets qui nous retracent le souvenir des hommes qui ne sont plus : les vases, les médailles, les pierres gravées , les inscriptions, etc. , qui nous restent des anciens, et dont la description et l'explication doivent , comme relies des monumens proprement dits, faire partie des sciences auxquelles ce paragraphe est consacré.

a, Énumération et définitions.

I. Mnémiographie La simple description , maïs la description aussi complète et aussi détaillée que possible des monumens, en donnant à ce mot la signification la plus générale, est la première chose dont on doit s'occuper dans l'élude de ces précieux restes de i'antiquiié. De là, une première science du troisième ordre. L'analogie m'aurait porté à la nommer archéographie 5 mais il m'a paru que ce mot désignerait la description de l'ensemble des choses anciennes et non une réunion de monographies , où chaque monument serait décrit séparément. Or, c'est précisément cette réunion de monographies dont il est ici question 5 toute comparaison, toute classifica-

(0 Monumentum, OU monimentum , ce qui nous fait souTenir.

lion des divers monumens appartenant à une autre science du troisième oiJie, dont je parlerai tout à l'heure sous le nom de Critique archéologiquc.C est pourquoi j'ai donné à la science dont il s*agit ici le uom de Mnémio£^iai)hie , du mol grec pv^y-elov, manument.

2. Mnémiognosif^. ^Maîs , ces monumens, il ne suffit pas de lesdéciire, il faut les inlerpréler, il faut découvrir les pensées qu'ils cachent, déterminer le but dans lequel ils ont été faits, les événemens dont ils ont été destinés à Iransmeilre le souvenir à la postérité, assigner l'époque à laquelle ils remontent ^ c'est là l'objet d'une science qui a pour but d'expliquer les monumens que la mnémiographie s'est bornée à décrire. Conformément au mode de nomenclature que j'ai cru devoir employer pour les subdivisions de la glossologie , de la litiéraiure et de la techneslhétique , je donnerai à celte seconde science ii\x troisième ordre le nom Mnémiognosie : connaissance approfondie des monumens .

3. Critique archéologique. Jusqu'ici , chaque débris de Tanliquilé a été considéré isolément, il s'agit maintenant de les comparer cuire eux et de déduire de celle comparaison des lois dont les unes nous servent à déterminer à quel peuple et à quelle époque ils appartiennent, à discerner ceux qui sont réels de ceux qui pourraient être fabriqués récemment j les

autres guident l'artiste qui, d'après de simples restes d'un monument, entreprend d'en reconstruire l'ensemble^ comme les lois de la zoonomie ont conduit le créateur de celte science à reconstruire un animal perdu, d'après quelques os échappés aux révolutions du globe.

Des lois déduites de la comparaison des mouumens se compose la science du troisième ordre que j'ai nommée Critique archéologique, et qui est pour rarchéologie ce qu'est la zoonomie pour la zoologie.

4. /érchéogénie. 11 reste alors à éluJier, d'une part, ce que Ton pourrait appeler les causes des monumeiis , c'eài-à-dire,les circonstances qui ont engagé les hommes à élever ces temples , à graver ces figures sur la pierre , à frap[)er ces médailles, etc. ^ de l'autre, celles qui ont déterminé les divers genres de mouumens propres à diflerens peuples et à diiTérenles époques. Toutes les vérités résultant de ces recherches, qui ont toujours pour base la comparaison des monumens, constituent l'^rc/zeo^eVzfe, ou science de \ origine des monumens.

b, ClassifîcalioD.

Ces quatre sciences renferment, dans leurs divers degrés et leurs développemens, toutes les vérités qui concernent les monumens de tout génie que nous ont laissés les hommes qui ne sont plus. Leur réunion

forme une science cin premier ordre connue sous le nom d' ARCHEOLOGIE , que je lui conserverai. Ainsi que toutes les autres scienres du premier ordre, elle se divisera en deux sciences du second : la mhémio- XOGIE et rARCHÉOLOGiE COMPARÉE ", la première, comprenant la M nemio graphie et la Mnémiognosie; la seconde, la Critique archéol ogi que e\ Vy4rchéo génie. On voii que j'ai repris dans te paiagraphe le mode de nom^'nclature dont j'avais fait usage pour la liiiéralure et la lechnestbéiique , ce qui est naturellement indiqué par 1 analogie qui se trouve entre rarchéologie et ces deux dernières sciences. Sans insister sur celle que tout le monde aperçoit entre la lechneslhétique et l'archéologie , on peut dire que celle-ci est àTeihnologie ce qu'est la littérature à la glossologie , que les écrits sont les monumens des langues , et que les peuples anciens nous ont légué leurs pensées dans les monumens qu'ils nous ont laissés , comme les écrivains de Taniiquilé nous ont légué les leurs dans leurs ouvrages.

Voici le tableau de la classification des sciences dont nous nous sommes occupés dans ce paragraiphe ;

Science du !•« ordre, t Sciences du F ordre, I Sciences du Z* ordre.

Miiémiographie.

Mnëmiognosie.

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