ARCHÉOLOGIE
I Critique archéologique.
I Abchéolocie compàkée. . {
' Archëo2e'nie.
Observations. II est si facile au lecteur de reconnaitre les quatre points de vue autoptique, cryptoristique, troponomique et cryptologique de l'objet spécial de l'archéologie dans les quatre sciences du troisième ordre dont je \iens de parler, qu'il me parait toutà-fait inutile d'entrer dans aucun détail à ce sujet.
Sciences datroisièmeordre qui ont pour objet Vétude, la comparaison et T explication des faits relatifs à V existence passée ou actuelle des sociétés hu" maines.
L'ethnologie et rarchéologie viennent de nous faire connaître ce que l'on peut appeler le matériel des sociétés humaines ; étudions maintenant ces
mêmes sociétés mises en action par les sentîmcns et les passions qui les animent.
a. Énumération et définitions.
I . Chrono graphie. On l'a dit souvent , les sociétés sont comme des individus-, elles naissent, se déve- j loppenl peu à peu 5 elles ont des relations de voisinage, vivent en paix ou en guerre avec les sociétés voisines; (lies agissent sous rinfluence des sentimens et des passions des indi\idus, qui deviennent les sentimens et Ifs passions de la multitude*, elles vieillissent, elles meurent. Pour étudier cette vie des sociétés, il faut commencer par l'observation des faits. Or, le simple récit ou la simple exposition des faits concernant la viedes sociétés constitue une première science du troisième ordre à laquelle je donne le nom de Chrono gj'apliie ^ du mot xpo-joyoccflx ^ qui a cette signification dans la langue grecque.
Lorsque je dis que la chronograpbie se borne à h simple exposition des faits, je n'entends pas qu'oi doive en exclure l'indication des causes procliaines et évidentes des événemens qu'on raconte; car ces causes sont aussi des faits. Il appartient à la cbronograpbie de dire comment cbaque événement a influé sur ceux qui l'ont suivi; à montrer, par exemple, dans le refus que fit Louis XI V^ d'employer le prince F.ug»"ne , la cause d'une partie des désastres que la
France éprouva sous le règne de ce roi 5 et quand, comme je le dirai tout à Theure , j'ai fait , sous le nom de philosophie de Thistoire, une science de l'étude des causes des diverses destinées des nations, je n ai pas voulu retrancher de la chronographie ce qui se rapporte à la raison naturelle des événcmens; et je n'ai réservé pour la philosophie de l'histoire que l'étude des véritables causes qui tiennent à l'ensemble de la vie des sociétés, et qui en amènent successivement les divers développemens.
•2. Chronognosie. Mais, le plus souvent, les récits des faits historiques, surtout ceux que nous trouvons dans ce qui nous reste de l'antiquité, laissent beaucoup à désirer*, leur authenticité, leur date précise , sont trop souvent incertaines. Les recherches à ce sujet qui doivent nous en donner une connaissance plus exacte et plus précise, constituent une seconde science du troisième ordre à laquelle j'ai donné le nom de Chronognosie, tiré de la même racine , ;(povoç, temps, que le mol chronographie, et indiquant par sa terminaison cette connaissance plus approfondie.
3. Histoire comparée. Celui qui voudra connaître à fond l'histoire des sociétés humaines , ne se bornera pas aux deux sciences dont nous venons de parler. 11 comparera l'enchaînement des cvénemens chez les diverses nations, les développemens successifs de la civilisation et des idées dominantes à chaque époque.
DICXIBHI PAATU. 7
Il reconnaîtra chez les dillerens peuples une première époque, qui est pour eux ce que l'enfance est pour rhomme , où n'ayant encore qu'un petit nombre d idées , ces idées sont profondément empreintes dans l'espril de tous les individus dont ils se composent-, où les croyances sont vives, l'esprit militaire , exalté^ les lois , simples et sans indulgence; l'autorité, le plus souvent absolue; une seconde époque, où naissent de nouvelles idées, de nouveaux besoins, de nouveaux sentimens; où les lois deviennent plus humaines, les mœurs plus douces. Arrivent ensuite des époques où la civilisation se perfectionne, où la guerre cesse d'être l'unique motif des efforts des nations , où le commerce accumule les richesses , où le bien-être des individus s'accroît, mais où il arrive ordinairement que les croyances s'affaiblissent, que l'égoïsme remplace dans les coeurs le dévouement à son pavs , où les mœurs perdent en sévérité ce qu'elles ont en politesse ; d'autres époques enfin où la décadence des institutions sociales amène celle des peuples en eux-mêmes : c'est là l'histoire véritable , noa celle des batailles, des sièges, des conquêtes, mais l'histoire du genre humain , étudiée comparativement dans tous les lieux et dans tous les temps. Il n'est pas nécessaire d'ajouter que c'est l'histoire considérée sous ce point d(î vue qui doit établir le synchronisme des annales des differens peuples , tracer le tableau de la naissance , des progrès , des révolutions
et delà chute des empires , étudier l'action mutuelle, soit physique, soit intellectuelle, que les nations ont exercée les unes sur les autres, et découvrir, d'après Tobservalion, les lois générales, fondées sur la nature de l'esprit humain , qui ont présidé à ces grands changemens. Tels sont les divers objets de la vaste science à laquelle j'ai donné le nom d'Histoire comparée.
4. Philosophie de l'histoire. Les faits une fois exposés dans la chronographie, discutés dans la chronognosie, enchaînés dans un vaste système et liés par tous les rapports qu'il est possible d'établir entre eux dans l'histoire comparée , on peut s'élever à un genre de considérations encore plus intéressant 5 c'est l'explication de ces mêmes faits , la recherche des causes qui les ont produits , bien moins celle de ces causes accidentelles dont j'ai parlé à l'article de la chronographie, en disant que c'était à elle de les indiquer, que la recherche des causes qui tiennent, tant à la nature de l'esprit humain, qu'aux opinions, aux sentimens, aux passions qui se sont développés chez les diverses nations , qui ont déterminé leur caractère particulier, et, si l'on peut s'exprimer ainsi, constitué leur vie morale 5 c'est la raison de ces lois déduites de la comparaison des événemens et dont nous venons de parler dans l'article précédent ; ce sont enfin les conséquences qu'on peut en tirer relativement au sort futur de chaque nation actuellement existante, d'après l'état intellectuel et moral où elles
se trouvent, cl à celui même de l'ensemble du genre humain. Je conserverai à la science qui s'occupe de ce genre de considérations le nom de Philosophie de l'histoire, sous lequel elle est déjà connue, du moins en partie.
b. ClassiQcatioD.
L'HISTOIRE est la science du premier ordre qui comprend les quatre sciences du troisième que nous Tenons de définir. Elle se divise naturellement en deux sciences du deuxième ordre. J'ai donné à la première, qui comprend la chronographie et la chronognosie, le nom de diégémalique, de l'adjectif grec Sirr/riiix-LY.ô; ^ narratif, mis au féminin , mais en sousentendant '^X'^^' j ^^ ^^i vient du verbe or/-//iopat , raconter, expliquer, d'où ot/iy/î^a, ce qu'on raconte, ce qu'on rapporte ^ et à la seconde, composée des deux autres sciences du troisième ordre dont nous venons de parler, celui dliistolre proprement dite, parce que la diégéma tique ne fait connaître que les matériaux de l'histoire , et que cette science n'est complète que quand l'historien a comparé , coordonné , lié par des lois générales et expliqué ces matériaux.
Cette classification est représentée dans le tableau suivant :
Science du l'f ordre. I Sciences du 2.* ordre. ■ Sciences du i* ordre.
I Sciences du 2* ordre. ■
iChronographie.
'DiKCUIATIQOI.
Chronogaosie.