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trouvaient établis d'avance; je reconnus alors qu'en l'appliquant de nouveau aux objets inoins généraux auxquels se rapporte cbacun de ces embranche mens , elle le divisait en sous-embranchemens et en sciences du pre* mier ordre , précisément comme il le fallait pour retomber sur les mêmes divisions et subdivisions que j'avais déterminées bien avant de songer a cette nouvelle application des points de vue. On verra dans les observations que j'ai distinguées du reste de mon ouvrage , en les imprimant en plus petits caractères, le développement de cette idée, et avec quelle facilité elle conduit à la classification naturelle des connaissances humaines.
Le fait général de l'accord constant des divisions que cette considération établit entre toutes nos connaissances, avec celles que j'avais déduites de considérations toutes dilFérentes, en partant de l'ensemble des analogies que présentent les diverses sciences , doit avoir , et a en effet , son principe dans la nature même de notre intelligence. Quel que soit l'objet de ses études , l'homme doit d'abord recueillir les faits , soit physiques , soit intellectuels ou moraux, tels qu'il les observe immédiatement; il faut ensuite qu'il cherche ce qui est en quelque sorte caché sous ces faits : ce n'est qu après ces deux gen-
res de recherches , qui correspondent aux deux poinis de vue subordonnés compris dans le premier point de vue principal, qu'il peut comparer les résultats obtenus jusque-là , et en déduire des lois générales ; comparaisons et lois qui appartiennent également au troisième point de vue subordonné : alors il peut remonter aux causes des faits qu'il a observés sous le premier , analysés sous le second , et comparés , classés et réduits à des lois générales sous le troisième ; cette recherche des causes de ce qu'il a appris dans les trois premiers points de vue , et celle des effets qui doivent résulter de causes connues, constituent le quatrième point de vue subordonné , et complètent ainsi tout ce qu'il est possible de savoir sur l'objet qu'on étudie. Je ne puis qu'indiquer ici ces quatre points de vue , dont la distinction doit être regardée comme étant, en quelque sorte, le principe de la classification naturelle des connaissances humaines, quoique je sois parvenu à cette classification par des considérations qui en sont tout à fait indépendantes. Ce n'est qu'après avoir lu cet ouvrage , que le lecteur pourra bien saisir les applications de ce principe, et juger de sa fécondité et de son importance.
J'avais commencé la rédaction du livre
que je publie aujourd'hui , lorsque je me suis aperçu qu'il existait une correspondance remarquable entre ces quatre points de vue et les quatre époques que j'avais fixées dans l'histoire des progrès successifs de l'intelligence humaine , depuis les premières sensations et les premiers mouvemens qui révèlent à l'enfant son existence, jusqu'à l'époque où, éclairé par la société de ses semblables , et par la culture des sciences et des arts, l'homme s'élève au plus haut degré de connaissance auquel il lui soit donné de parvenir.
Cette histoire , telle que je l'avais conçue, était le résultat d'un long travail , entrepria vers 1804 » et dont je m'occupais encore en 1820, sur les facultés intellectuelles de l'homme , les moyens par lesquels il distingue le vrai du faux , les méthodes qu'il doit suivre, soit pour classer les divers objets de ses connaissances , soit pour enchaîner ses jugements ; enfin, sur l'origine de nos idées : elle amenait successivement la discussion de tonte» le» questions agitées en philosophie, et les solutions que j'avais cru pouvoir en donner.
Autre chose est de classer les objets de nos connaissances , autre chose de classer nos connaissances elles-mêmes ; autre chose , enfin , de classer les facultés par lesquelles nous les acquérons» Dans le premier cas, on ne doit
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avoir égard qu'aux caractères qui dépendent de la nature des objets ; dans le second , il faut combiner ces caractères avec ceux qui tiennent à la nature de notre intelligence ; dans le troisième, ces derniers seuls doivent être pris en considération , et il ne faut tenir compte des premiers, qu'autant qu'elle influe sur les opérations intellectuelles qu'exige l'étude des objets dont on s'occupe.
La -classification des objets eux-mêmes appartient au physicien , au chimiste , au naturaliste ; celle de nos connaissances est le résultat des recherches que je publie aujourd'hui ; celle de nos facultés intellectuelles résultait de même de l'ancien travail dont je viens de parler. Après de longues recherches pour distinguer et caractériser les divers genres d'idées, de jugcmens, de déductions dont se composent toutes nos connaissances , pour en découvrir et en expliquer l'origine , je travaillai à les disposer dans l'ordre le plus naturel , et je vis alors que cet ordre conduisait nécessairement à distinguer d'abord deux époques principales dans l'acquisition successive que l'homme fait de toutes ses idées et de toutes ses connaissances. La première s'étendait depuis l'instant où l'enfant commence à sentir et à agir, jusqu'à celui où , par le langage , il se met en
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communication avec ses semblables ; la seconde depuis l'acquisition du langage jusqu'aux dernières limites, s'il en est, des progrès de l'esprit humain. La mémoire ne nous retrace rien de la première , mais je crus qu'en déduisant toutes les conséquences des faits intellectuels, je pouvais la reconstruire tout entière , et après m'êtrc satisfait à cet égard, je vis que je devais la diviser, ainsi que la seconde , en deux époques subordonnées. Avant l'acquisition du langage , est une première époque où l'enfant ne peut connaître que ce qui lui apparaît immédiatement, soit dans les sensations qu'il reçoit du dehors, soit dans le sentiment intérieur de sa propre activité : c'est là la première époque subordonnée. La seconde s'étend depuis le moment où il découvre l'existence des corps et celle d'autres intelligences , d'autres volqntés semblables à la sienne , jusqu'à ce qu'il parvienne à se mettre en communication avec elles , et à comprendre le but des actions de ceux qui l'entourent 4>t le sens attaché à leurs paroles.
Alors commencent la seconde époque principale et la troisième époque subordonnée.
L'enfant qui entend donner un nom commun à différens objets , ou qui entend un même verbe répété dans des phrases diflfé-
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