‹ Essai sur la philosophie des sciences, ou, Exposition analytique d'une classification naturelle de toutes les connaissances humaines (volume 2)Chapitre 30 sur 39 · TV · texte numérisé non relu

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(ji) C'est pour désigner cette indépeodan ce des lieux et des temps qui caractérise les vérités comprises dans la science dont il est ici question , que je lui ai donné le nom de physique générale t par opposition, par exemple , à la géologie, qu'on peut considérer comme la physique particulière de chaque lien , aux différentes époques qui ont pu apporter quelque changement dans les phénomènes que les corps y présentent.

Lorsqu'il est question de composés homogènes , mais en proportions indéfinies, il est clair que le chimiste ne peut s occuper que des moyens généraux d'en faire l'analyse, et que celle de chacun de ces composés appartient aux sciences suivantes , d'après le besoin qu'elles peuvent avoir d'en connaître la composition. Les potasses du commerce sont , par exemple, des composés indéfinis , dont le prix doit varier suivant la quantité de potasse pure qu'elles renferment. C'est au chimiste à donner une méthode générale pour déterminer cette quantité; mais la méthode une fois donnée , l'opération par laquelle on l'applique à telle ou telle espèce de potasse du commerce , fait partie de la cerdoristique industrielle. De même la chimie fournit une méthode générale pour analyser les eaux minérales ; mais Y application dé cette méthode pour déterminer la composition des eaux minérales qui se trouvent en dîflerens pays , doit être placée dans la géographie physique , qui rend compte des particularités de ces divers pays. C'est encore à la chimie à donner des moyens pour l'analyse d'un minerai ; mais la détermination , à l'aide de ces moyens , de l'espèce et de la quantité des métaux que le minerai contient, faite dans la vue d'en apprécier les produits, doit être rapportée à la docimasie ; de même que c'est à la cerdoristique agricole à appliquer les procédés de la chimie à l'analyse du sol de chaque pays , pour comparer les résultats de cette ana-

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lyse à la valeur des produits qu'on en retire ; à déterminer les quantités de sucre fournies soit par certaines variétés de betteraves , 4oit par une mémo variété cultivée dans divers sols , ou récoltée à des époques différentes , etc.

Il n'en est pas ainsi , lorsqu'il s'agit d'un composé défini qui est le même en tout lieu et en tout temps ; la détermination des proportions de ses élémens appartient tout entière à la chimie* Peu importe la nature minérale , végétale ou animale de ce composé ; grâces aux progrès qu'ont fait faire à la chimie les découvertes des Berzélius , des Chevreul , des Dumas , ce composé sera tantôt un acide , tantôt un oxide ou un chlorure * ou un sulfure, tantôt un sel , etc. ; et quel que soit le règne de la nature dont il tire son origine , le chimiste devra le faire connaître à son rang , comme c'est à lui de décrire l'acide nitrique , l'oxide de fer » le chlorure de sodium , le sulfure de plomb , le carbonate de chaux, l'acide acétique , le sucre, l'alcool , l'urée , l'acide margarique * le margarate de glycérine , etc. ; en sorte qu'il appartient à la chimie , et non à la minéralogie , de chercher de combien d'atomes d'oxîgène et de silicium 1 acide silicique est composé ; de dire que sa forme primitive est un rhomboïde , dont les angles dièdres sont de 94 0 24' et de 85° 36' ; que c'est cet acide que l'on nomme quarz , etc. , tout en laissant , d'une part, à la géométrie moléculaire le soin d'ex-

pliquer les diverses formes secondaires qui peuvent résulter de cette forme primitive, et, de l'autre , à la minéralogie celui de décrire les différentes variétés de quarz , et les divers terrains où elles se rencontrent suivant que le quarz est cristallisé, limpide ou coloré , ou qu'il est amorphe en masse solide , ou sous forme de sable. La chimie considérera de même le felspath comme un silicate double, à base d'alumine et de potasse, dans les mêmes proportions où ces bases existent dans le sulfate double qui est connu sotts le nom d'alun. Elle ne laissera à la minéralogie qu'à examiner les variétés de formes cristallines secondaires, de couleurs , etc. * que le felspath présente dans différens terrains i

La ligne de démarcation ainsi établie entre les deux sciences dont je viens de parler, montre assez que , dans ma manière de voir, On doit reporter dans la chimie une partie des faits qu'on avait jusqu'à présent considérés comme appartenant à là minéralogie , et cela toutes les fois que ces faits sont relatifs à des composés définis, semblables à tous égards à ceux dont l'étude a toujours fait partié de la chimie;

Li erreur où Ton est tombé à ce sujet provient dé ce que Ton a analysé les substances minérales long-* temps avant que la chimie eût fait assez de progrès pour qu'on put avoir des idées justes sur lânatUrô de ces substances. Quand on a commencé à étudier

chimiquement les matériaux immédiats des composés qui se trouvent dans les végétaux et les aui-> maux , ou ne s'était pas non plus , il est vrai , élevé aux théories d'après lesquelles ils doivent être considérés comme des acides, des oxides, des sels, etc.; mais ) comme ces recherches étaient faites par des chimistes , on n'a pas pensé à commettre la même erreur à l'égard de ces matériaux ; on a laissé avec raison , dans le domaine de la chimie , la détermination des proportions de leurs principes constituans, celle de leur nature saline, acide, basique ou neutre , et des formes primitives que présente leur cristallisation, etc. Il est bien temps de rendre à la même science les travaux tout semblables exécutés sur des substances minérales à proportions définies , et qui sont , par conséquent , les mêmes en tout lieu et en tout temps.

C'est peut-être dans la première des sciences du troisième ordre dont se compose la technologie , et à laquelle j'ai donné le nom de lechnographie , que les faits et les procédés à décrire sont plus nombreux et plus indépendans les uns des antres. C'est pour cette raison que la forme de dictionnaire convient particulièrement à cette science , et qu elle y a été si souvent employée ; mais elle ne saurait , en général , convenir à la cerdoristique industrielle , surtout à la partie de cette science qui consiste dans les calculs , relatifs au commerce et aux divers genres d'industrie, quelle emprunte à l'arith-

mologîe ; dans les formules que lui fournit la mécanique pour évaluer le produit des machines et les forces dont elles exigent l'emploi. Tout au plus pourrait-on l'employer dans cette autre partie de la cerdoristique industrielle» ou* il est question de la connaissance des valeurs ordinaires des marchandises de tout genre , et des signes auxquels on en reconnaît la bonne ou la mauvaise qualité ; par exemple , dans cette partie de la cerdoristique industrielle de la librairie , qui consiste dans la connaissance des diverses éditions, de leurs prix, etc. ; connaissance à laquelle on donne ordinairement lé nom de Bibliographie , quoique ce mot soit aussi employé , et ce me semble avec bien plus de raison d'après son étymologie , pour désigner une connaissance toute différente , celle , non pas de ce que coûte le livre , mais de ce qu'il contient. C est en partant de cette dernière signification , que l'on réunit dans les journaux, sous le titre de Bibliographie , les articles où l'on donne un précis de ce qui est contenu dans les ouvrages dont on rend compte.

C'est dans la technograjmie que doivent être placés , non-seulement la construction des navires , mais tous les moyens qu'on emploie pour les diriger sur les mers avec plus de sûreté et de promptitude ; en sorte qu'on ne doit à cet égard regarder ce qu'on nomme navigation , que comme une de ces subdivisions des sciences du troisième ordre,

dont je n'ai point à m' occuper dans cet ouvrage. Un vaisseau est une de qes machines que la techno^ graphie enseigne à construire et à faire manœuvrer, et dont les autres sciences lui empruntent l'usage - r ç'est ainsi quelle procure , par exemple , à la géographie physique ce grand moyen d'exploration de Ja surface du globe, en même temps que cette dernière lui fait connaître la disposition des côtes et des écueils que le navigateur doit éviter ; qu'elle prête a l'oryctotechnie les machines qu'emploie celle-ci pour extraire des mines les riehesses qu'elles contiennent, ou épuiser les eaux qui en entravent les travaux , et qu'elle fournit , à l'art militaire, des fortifications, de la poudre et des canons, comme je le dirai dans la seoonde partie de cet ouvrage , en remarquant en même temps que la tactique et la stratégie navales , qui doivent être tout à fait séparées de la navigation proprement dite , appartiennent aussi-bien à l'art militaire , que la disposition et la conduite <Ttme armée de terre , d'un parc d'artillerie , etc.

Nous n'avons pu , en parlant de la géologie, indiquer ce qu'il y a de semblable ou de différent entre ses subdivisions et celles que présentent la botanique et la zoologie , parce que ces dernières sciences ne devaient être traitées que dans le sousrègne suivant. C'est dans ce cinquième chapitre , où nous avons à comparer entre elles les sciences du premier ordre comprises dans divers embran-

cheniens, que nous devons nous occuper d'abord des diflerences , et ensuite des analogies que présentent ces sciences et leurs subdivisions.

D'abord , d'après la nature même des substances inorganiques , les objets à décrire dans la géographie physique ne sont pas des êtres qui , naissant , croissant, se reproduisant et mourant, constituent ce qu'on nomme des espèces ; ce sont des objets permar liens, dont la durée est indéfinie , et qui ne peuvent cesser d'exister, que par des cataclysmes qui changer raient tout à coup la surface de la terre ; ce sont des plaines , des bassins, des chaînes de montagnes, des terrains de. diverses natures. , des couches superposées dans un ordre qui, quoique soumises en général aux lois de la géonomie , varie d'un liet* à un autre. Les roches et les minéraux homogènes, dont sont formés les divers terrains , ne «ont pas liés par des rapports mutuels , semblables à ceux qui existent entre les organes des animaux et des, végétaux , et les divers tissus homogènes dont, ceuxci sont composés. Les lois de la géonomie ne présentent pas , comme celles de la phytonomie e% de la zoonomie , des dépendances fondées sur des conditions d'existence nécessaires à la conservation des individus et des espèces , et la même différence 9e remarque entre la théorie de la terre , d'une part, et la physiologie végétale et animale de l'autre* Mais ces différences , qui résultent nécessairement de celle que la nature a mise entre les corps.

inorganiques et les corps organisés , n empêchent pas que , sous les autres rapports , les divisions de la géologie ne correspondent à celles de la botanique et de la zoologie, comme on le voit en comparant à l'homme , retenu sur le globe qu'il habite , un insecte auquel on supposerait une intelligence semblable à la sienne , et qui ne pourrait quitter l'arbre sur lequel il est né. La botanique de cet insecte, restreinte à ce seul végétal, serait pour lui ce que la géologie est pour nous. En effet , sa phytographie consisterait à décrire les fruits , les fleurs , les feuilles , le tronc et les branches de cet arbre , à voir comment les branches sortent des boutons formés dans les aisselles des feuilles, comment les pétales se développent sous les sépales du calice et découvrent, en «'épanouissant , les étamines et les pistils, comme on voit les diverses couches de Técorce de notre globe sortir les unes de dessous les autres , pour se montrer sur sa surface dans les diverses régions où nous les observons ; cette phytographie deviendrait alors absolument semblable à notre géographie physique. L'anatomie végétale de l'insecte , consistant à distinguer dans l'arbre les différons organes et les divers tissus dont ces organes sont composés, serait précisément pour lui ce que la minéralogie est pour nous. Dans l'impossibilité où il se trouverait de comparer ce végétal à d'autres , sa phytonomie se bornerait à la connaissance des lois sui-

Van t lesquelles les différentes parties de l'arbre qu'il étudierait seraient superposées ou arrangées entre elles , et correspondrait ainsi pour lui à ce que la géonomie est pour nous. Enfin, s'il pouvait découvrir comment le même arbre , sorti d'une graine, a poussé des brancbes , et s'est revêtu de fleurs et de fruits, il se ferait une physiologie végétale, dont l'analogie avec la science que j'ai nommée théorie de la terre n est pas moins évidente.

Dans la place que j'ai assignée à la géographie physique , elle précède la minéralogie ; et comme c'est à la première de ces deux sciences que je rapporte l'étude des divers terrains et des caractères qui les distinguent, il faut que cette étude puisse être faite indépendamment des connaissances dont se compose la minéralogie. Cela serait une véritable difficulté , si c'était dans cette dernière science qu'on dut traiter des formes cristallines et de la composition des oxides , des chlorures , des sels , etc. , dont ces terrains sont formés ; mais nous avons vu que c'est dans la géométrie moléculaire et dans la chimie qu'on doit les déterminer ; dès lors , la difficulté dont nous parlons disparaît entièrement , et celui qui s'occupe de géographie physique n a besoin d'aucune connaissance appartenant réellement à la minéralogie , pour comprendre , par exemple , qu'on désigne sous le nom de granité nn assemblage de petits cristaux d'acide silicique , appelé quarz j de silicate double d'alumine et dç

polasse, nommé felspath, etc. Lorsque de Vé~ tilde de la géographie physique , on passe à celle de la minéralogie , on possède la connaissance des terrains, qui es t indispensable pour que Ton puisse donner à cette dernière science tout le développement qu elle comporte. Déjà , en ne considérant la minéralogie que comme on le fait ordinairement , cette connaissance est nécessaire pour que le minéralogiste puisse dire dans quels terrains se trouvent chaque espèce minérale, et surtout chaque variété d'une même espèce ; mais la connaissance des terrains est bien plus nécessaire encore quand on considère la minéralogie comme je crois qu'on doit le faire , puisqu 1 alors cette science consiste essentiellement dans la recherche des matériaux homogènes et des roches dont les terrains sont composés , de même que Fanatomiste se propose de reconnaître les tissus homogènes et les organes dont sont composés les êtres vivans. Le principal objet de la minéralogie , considérée sous ce point de vue, est de dire : Tel minéral homogène , ou telle roche se trouve dans tel ou tel terrain , et y présente telles ou telles variétés. Comme l'anatomiste dit , par exemple : Le tissu osseux ne s vb serve que dans les animaux à squelette intérieur , et prend } 9 dans la plupart de ceux qui vivent dans l'eau, les caractères particuliers qui distinguent les arêtes des os des autres vertébrés , ou bien : L'organe destiné spécialement à la respiration disparaît

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dans les animaux dont l'organisation moins compliquée permet au tégument général d en remplir les Jonctions ; il est sous forme de poumons dans tel animal , sous celle de branchies dans tel autre. v

La géonomie vient après ces deux sciences pour établir les rapports généraux de superposition et 4e coïncidence qui existent , soit entre les terrains décrits dans la géographie physique, soit entre les diverses espèces ou variétés des substances homogènes ou des roches que nous a fait connaître la minéralogie, et les classe d'après ces rapports.

3. Sciences naturelles. Le caractère de ces sciences est tellement marqué par l'opposition qui se trouve entre le mode d'existence des corps vivans et celui de la matière inorganique , que leur définition ne peut être sujette à aucune difficulté. Ce mode d'existence consiste dans les changemens continuels par lesquels passent nécessairement les êtres vivans en recevant sans cesse les nouvelles molécules destinées 4 entretenir cette existence , et en en perdant d'autres devenues superflues. Ils naissent toujours d'individus semblables à eux , croissent, se reproduisent et meurent, tandis qu'un corps inorganique , sur lequel n'agit aucune cause de des truc t ion , peut rester indéfiniment dans le même état.

Si les caractères qui distinguent les êtres organisés de ceux qui ne le sont pas , ne présentent au*

cune difficulté , la place que doivent occuper dans l'ordre naturel les sciences qui y sont relatives ne peut également en souffrir aucune. Indépendamment des secours qu'elles empruntent aux sciences précédentes , cet ordre serait déterminé parla seule considération qu'un corps , pour être vivant > n'en conserve pas moins toutes les propriétés mathématiques et physiques de la matière inorganique , et -que les phénomènes de la vie ne peuvent être compris que quand on a des connaissances au moins générales sur l'ensemble du monde qu'habitent les êtres organisés, et qui leur fournit le sol dont le végétal tire sa nourriture et sur lequel vit l'animal, l'air qu'ils respirent l'un et l'autre „ la lumière, qui ne leur est pas moins nécessaire , etc. > etc*

Des deux sous-embranchemens dont se compose l'embranchement des sciences naturelles , l'un est relatif aux végétaux doués de la vie seulement, c'est-à-dire, de cet ensemble de phénomènes qui consistent à naître , croître , se reproduire et mourir; l'autre aux animaux qui jouissent en outre de la sensibilité , du mouvement spontané et des forces musculaires qui le produisent (i).

(i) M. Dutrocbet a montré que le mécanisme des mouvemens, que présentent certains végétaux et qoi semblent au premier coup d'oeil pouvoir êlre assimilés aux mouvemens spontancsdes animaux, est absolument différent du mécanisme de ces derniers, en faisant voir que les mouvemens de lasensitive, bien loin d'être le résultat d'une contraction dans le tissu végétal , sont produits par un gon-

Les divisions de ces deux sous-embranchemens ea sciences du premier ordre, du second et du troisième , se correspondent exactement , à une seule exception près , qui est une suite nécessaire de la différence même que nous venons de signaler entre ces êtres , et de cette circonstance que l'homme lui-même fait partie du règne animal. Cette exception consiste en ce que toutes les vérités relatives aux végétaux sont comprises dans le seul sous- embranchement des sciences phytologiques , tandis que celles qui le sont aux animaux se partagent entre les sciences zoologiques proprement dites , et l'embranchement entier des sciences médicales. On verra, dans l'appendice placé à la fin de cet ouvrage , que si les sciences qui se rapportent aux animaux prennent ainsi un développement beaucoup plus grand que celles qui concernent les végétaux, ce développement dépend d'une loi générale qui se retrouve dans toutes les autres branches de nos connaissances. Quant à présent , il suffira d'éclaireir les difficultés qu'on pourrait rencontrer dans la détermination précise des limites

de quelques-unes des sciences naturelles.

flement du tissu antagoniste , causé par la turgescence que détermine dans ce dernier tissa l'accumulation des liquides végétaux ; découverte qui, en changeant nos idées sur la nature de ces sortes de mouvemens observés dans difTérens organes des plantes , trace , d'une manière plus précise qu'on ne l'avait fait jusqu'alors, la ligne de démarcation qu'on doit établir entre les végétaux et les animaux

C'est surtout à l'égard de i'ahatomie et de là physiologie végétales et animales , de l'agriculture comparée et de la zootechnie comparée , que l'on peut éprouver des difficultés de ce genre. J'ai fait remarquer, page 87 , que tant que les matériaux des terrains qu'on étudie dans la géologie , sont composés de plusieurs substances qu'on peut séparer mécaniquement , c'est à la minéralogie a en opérer la séparation ; tandis ' que c'est à la chimie qu'il appartient d'analyser les substances minérales homogènes. Je pense qu'on doit en dire autant relativement à la limite à établir éntre Fanatomie végétale ou animale et la chimie ; et , en cela , je ne fais que me conformer à l'opinion d'un homme , dont les vues profondes et les découvertes importantes ont fait faire tant de progrès à cette science j Si une anatomie délicate reconnaît , dans les organes les plus ténus des végétaux ou des animaux , les différentes parties dont ils sont composés, n'estce pas à elle qu'il convient de séparer , dans un grain de fécule, dans un globule de fibrine ou de tissu cellulaire , le tégument de la matière qu'il renferme? Et le rôle de la chimie ne doit-il pas se borner ici à analyser ultérieurement ces corps , après que i'analomie les a isolés; comme lorsqu'il s'agit des substances inorganiques , elle ne doit décomposer que celles qui sont homogènes.

Voyons maintenant la limite qu'il convient d'établir, soit qu'il s'agisse des végétaux où des

Animaux, entre l'anatomie et la physiologie. En disant que la physiologie végétale et la physiologie animale ont pour objet d'étudier les causes de la vie , la formation et les fonctions des organes dont ces êtres sont composés, je n'ai pas entendu prendre ce mot fonctions dans un sens tellement absolu , qu'on dût en conclure que ce n'est pas au phytographe ou au zoographe, mais au physiologiste à dire que la poussière des étamines féconde l'embryon , après s'être déposée sur le slygmate ; que les membres antérieurs des animaux vertébrés servent tantôt à la préhension , tantôt à la marche , ati vol , à la natation , suivant le genre de vie de ces animaux ; que c'est avec leurs dents qu'ils coupent, déchirent et broient leurs àlimens ; que ce n'est pas à l'anatomiste à dire quels sont les vaisseaux qui contiennent la sève ou les sucs propres des végétaux ; que , dans les animaux, le canal intestinal conduit, d'une de ses extrémités à l'autre , d'abord les al i mens , ensuite les produits de la digestion, et enfin, les résidus qui doivent être rejetés au dehors ; que le cceur fait circuler le sang , et que les poumons ou les branchies le mettent en contact avec l'oxigène, etc. Dans ma manière de voir , ces usages des organes internes ne peuvent pas plus être exclus de l'anatomie , qu'on ne peut exclure de la zoographie les usages des membres ou des dents ; et quand j'ai donné , de la physiologie végétale et de la physiologie animale , les définitions que je viens de rap-

peler, j'ai entendu parler, en employant ce mot fonctions , d'une étude approfondie de la manière dont elles s'exécutent , et des causes des phénomènes organiques qu'elles présentent. Dès lors , celui qui a appris tout ce que doivent contenir, suivant moi , l'anatomie végétale et l'anatomie animale , ne manque d'aucune des connaissances nécessaires pour juger, lorsqu'il passe à l'étude de la zoonomie, l'importance respective des caractères tirés des organes internes , comme celui qui a fait une étude complète delà phytographie et de la zoographie, sait tout ce dont il»a besoin pour apprécier la valeur plus ou moins grande des caractères fondés sur l'étude comparée des * organes externes. Quant à la physiologie animale ou végétale , qui n'a plus ainsi de secours à prêter à la zoonomie, mais seulement des emprunts à lui faire , elle contiendra tout ce qui est relatif à l'explication du mécanisme des fonctions , comme à celle du mode de formation des organes ; par exemple, si le fait de la fécondation de Yteuf végétal , par la poussière des étamines , appartient à la phytographie, c'est dans la physiologie qu'on doit placer l'explication des moyens que la nature emploie pour atteindre ce but , et qu'un de ses plus heureux interprètes nous a récemment dévoilés.

Passons maintenant à l'agriculture comparée.

Comme elleapour objet de choisir entre les diverses méthodes de soigner les plantes, celles qui présentent le plus d'avantages, tant pour l'abondance,

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