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la beauté et la bonne qualité des produits, que pour la conservation des végétaux , tant qu'ils peuvent nous être utiles, élle doit comprendre la détermination <k celles de ces méthodes qui sont les plus .propres à prévenir ou à guérir les maladies auxquelles, ils peuvent être, exposés, et qui priveraient l'agriculteur du fruit $e ses travaux. Cette science , comme nous ; l avons vu , se partage en deux aUttes, l'agtônoniie i qui pour choisir entre difl*éren.te$ méthodes ,!ne consulte que l'expérience, et en réduit , quand cela est possible, les.résultatÊ jen lois générales purement empiriques ; la physiologie agricole, qui parti pour le même choix , de la connaissance de; toutes les causes qui peuvent modifier; Wvie dans les végétaux, de manière à nous procurer le plus complètement possible les avantages que nous voulons en retirer ; en sorte 4jue V étUde dç ces causes est le principal objet de la physiologie agricole- . : >
Remarquons ensuite que la distinction entre les yérités dont s'occupe la physiologie végétale et celles qui sont l'objet de la physiologie agricole , dépend duimt qù ? on veut atteindre en étudiant ces ^vérités* Sji l'on cherche seulement à [connaître les causes de la vie dans les végétaux , cette recherche appartient à la première de ces sciences ; si, au con r traire, on étudie ces causes dans la. vue de perfec^ liobner la culture des végétaux dont nous retirons un genre d'utilité quelconque , de les rendre prç r
près à remplir plus complètement cette destina* tion, de pré venir ou de guérir leurs maladies , etc 4 celte étude appartient à la physiologie agricole; eii sorte , par exemple , qu'une même expérience doit être rapportée à Tune ou à l'autre de ces deux scient ces , suivant le but que Ton se propose en la faisant. De même que , dans les sciences physiques , la combustion du gaz hydrogène appartient à la physique expérimentale, lorsqu'il est question des sons qui sont produits quand du introduit dans un tube k flamme qui résulte de cette combustion ; à la chimie ,'• s'il s'agit de vérifier par la synthèse les proportions dans lesquelles se combinent les élémens de l'eau ; à la technologie , si on a pour but de se procurer un nouveau moteur en brûlant du gaz hydrogène.
Cette remarque bien comprise , il ne peut plus rester de difficulté i rapporter à la physiologie vé* gétale et à la physiologie agricole les vérités qui leur appartiennent respectivement. Elle montre que- cette dernière doit comprendre, d'une part, Yétude de toutes les causes par lesquelles la vie des végétaux peut être modifiée relativement au but d'utilité ou d'agrément que nous nous proposons d'en retirer , telles que l'application sur les végétaux de certaines préparations , les opérations par lesquelles on retranche , soit des arbres , soit des plantes herbacées , les parties malades , celles dont la conservation nuirait à leur durée ou à la beauté
jàe leurs fruits , les procédés de la greffe , de la décortîcation, etc. , les arrosemens , les engrais, les recherches relatives à la nature du sol, à l' exposition , au degré de température qui conviennent le mieux aux diverses espèces de plantes ; de l'autre , Femploi de ces différens moyens pour conserver les végétaux , et prévenir les maladies auxquelles ils peuvent être exposés > la connaissance de ces maladies elles-mêmes , et les procédés les plus propres à les faire cesser , lorsque cela est possible ; toutes choses qui sont , par rapport aux végétaux, ce que sont , à l'égard des animaux \ d'un côlé , la pharmaceutique , la traumatologie et la diététique ; de l'autre, l'hygiène, la nosologie et la médecine pratique, et qui néanmoins doivent appartenir à l'agriculture, quand ce ne serait que parce que ce sont les mêmes hommes qui cultivent les végétaux , et qui font usage des procédés et des moyens dont nous parlons.
Pour que l'analogie fût complète , entre toutes les sciences qui font partie du sous-embranchénjent des sciences phy tologiques , et les sciences qui leur correspondent dans celui des sciences zoologiques proprement dites, il faudrait que toutes les vérités comprises dans les sciences médicales le fussent dans la science du troisième ordre , qui tient, dans le sous-embranchement des sciences zoplogiques proprement dites , la même place que la physiologie agricole dans l'embranchement des
sciences pby tologiques , c'est-à-dire , dans la threpsiologie. Oa concevrait la possibilité de cet arrangement , s'il n'existait que la physique médicale, l'hygiène, la nosologie et la médecine pratique vétérinaires , quoique , dans ce cas-là même , il fût encore contraire à la nature des choses telles qu'elles existent , puisque , d'une part , la vétérinaire n'est pas exercée par les mêmes hommes qui soignent et nourrissent les animaux domestiques , et que , de l'autre, cette science suppose des connaissances tout autrement approfondies et variées que la partie de la physiologie agricole qui lui correspond. Mais , dès que l'homme , dans tout ce qui tient à son organisation , ne peut être séparé des autres animaux , et que d'ailleurs toutes les divisions de la médecine humaine se retrouvent dans la vétérinaire, il est évident que cette dernière science ne saurait être distinguée de la première que quand on descend aux subdivisions du quatrième ou du cinquième ordre, dont je n'ai point à m'occuper dans cet ouvrage , et que , par conséquent , il est impossible que les sciences médicales soient considérées comme faisant partie d'une subdivision de la zootechnie.
Après avoir reconnu qu'il n'en est pas à l'égard des animaux comme à celui des végétaux^ que toutes les vérités relatives aux moyens par lesquels nous pouvons agir sur l'organisation des uns et des
autres dans un but d utilité quelconque, appar-
tiennent à l'agriculture , lorsqu'il s'agit de ces dcr-t niers, tandis que , quand il est question des premiers , elles doivent sç,partager entre la zootechnie et les sciences médicales, il ne reste plus qu'une difficulté : A quel caractère distinguera-t-on cegui doit être placé dans la zootechnie , de ce qui doit Vêtre dans les sciences médicales ? La solution de cette question se trouve dans un principe analogue aux considérations dont je me suis servi , pages 99, 100 , 120 et 126 , pour établir les limites qui séparent Toryctotechnie, l'agriculture et la zootechnie de la technologie. Ce principe consiste en ce que ceux qui ont besoin d'étudier une science doivent trouver dans les ouvrages qui en traitent tout ce qui leur est nécessaire de savoir pour atteindre le but qu'ils se proposent. Ainsi , c'est dans un traité de zootechnie qu'on doit faire connaître l'utilité que ceux qui nourrissent les animaux peuvent retirer , soit de l'emploi de quelques substances qui ne font pas partie du régime hahituel auquel ils les soumettent , soit de certaines opérations chirurgicales qu'ils sont dans l'usage d'exécuter eux-mêmes; les divers régimes qu'on doit préférer suivant l'espèce de. produit qu'on veut en retirer et la différence des races ; les précautions à prendre pour prévenir les maladies qui les menacent, et enfin, les moyens de remédier aux accidens pour lesquels on peut se dispenser d'avoir recours au médecin vétérinaire. Mais , c'est dans
des puvrages dîûerens , destinés à Tins traction de çe dernier , qu'il faut exposer en détail toutes le* connaissances, qui lui sont nécessaires , et qui doivent, comme celles dont se compose la médecine humaine , être comprises dans l'embranchement des sciences médicales.
4. Sciences médicales. C'est par ces considérations que j'ai été amené à reconnaître que les, sciences médicales devaient former un embranchement £ part , et dès lors il ne s'agissait plus que de tracer entre ces sciences et les sciences zoologiques proprement dites une ligne de démarcation qui ne pût laisser aucun doute sur la distinction des vérités qui doivent être rapportées à chacune d'elles. L'usage où l'on est de ranger l'anatomie et la physiologie animales parmi les sciences dont on traite dans les ouvrages et les cours relatifs à la médecine, semblait devoir m'inspîrer quelque doute à cet égard; mais il ne me fut pas difficile de me convaincre que cet usage était uniquement fondé sur la nécessité de bien connaître l'organisation des animaux, avant d'étudier les effets des agens et des autres circonstances qui peuvent la modifier , et sur ce que l'utilité de la médecine est cause que cette science est cultivée par une foule de personnes qui n'ayant ni le temps ni les moyens d'approfondir toutes les branches de la zoologie , se bornent à étudier , suivant la. carrière qu'elles veulent embrasser, la partie de
\ anatomie et de la physiologie animales qui est relative soit à l'homme , spit aux, animaux domes-i tiques. Mais des considérations de ce genre ne doivent être admises , lorsqu'il s'agit de la classification générale de toutes les vérités que l'homme peut connaître, qu'autant qu'elles sont en harmonie avec la nature et les rapports mutuels de ces vé-? rite**. Or, les caractères d après lesquels j'aidis-r tingué les sciences médicales des sciences naturelles ne me. paraissent laisser aucun doute sur la nécessité de ranger, dans une classification de ce genre, l'anàtomie et la physiologie animales parmi ces dernières. D'après ces caractères , l'anàtomie animale ne peut être placée qu'à la, suite de la zoographie; et quant à la. physiologie animale, dont l'objet est d'expliquer la formation dçs prganes , et leurs fonctions , telles qu'elles onjt Heu en général dans les animaux , elle doit aussi Caire partie de la zoologie et y être placée après les autres sciences du troir sième ordre dont cette dernière est composée ; parce qu'elle suppose tpujes les connaissances renr fermées dans les trois précédentes , et en partir culier, celles 4es classifications, naturelles, qu'étar hlit k zoonomie, atfeemlu que , pour traiter comr plétement de la physiologie animale , il faut suivre les mêmes fonctions successivement dans les divers embranchement , classes , ordres, etc., du règne animal.
Cette difficulté , relativement à la place que doi-
vent occuper l'anatotnie et la physiologie animales, étant ainsi résolue , il m'en reste une dernière à éclaircir»
J ai remarqué tout à l'heure que si , au lieu de classer les sciences qui existent réellement , telles qu'elles ont été faites par l'homme et pour l'homme, on le faisait d'une manière artificielle , d'après des idées préconçues, ce serait dans la- threpsiologie que rentreraient toutes les sciences médicales , et je n'ai pas eu de peine à montrer qu'on pareil arrangement était tont a fait inadmissible* Des personnés que j'avais consultées sur ma classification, sans leur expliquer suffisamment là distinction que j'établissais entre la physiologie végétale et la physiologie agricole , dont Tune s'occupe des végétaux seulement pour connaître les mystères de leur organisation , et l'autre étudie les moyens- d'agir sur cette organisation , afin de la modifier de la manière qui nous est la plus avàntageuse, ont pensé que c'était, non pas à la threpsiologie , mais à la physiologie animale que les sciences médicales devraient être réunies; c'est ce que je ne pouvais adopter, d'après la distinction même que je viens de faire , relativement aux plantes V entre la physiologie végétale et la physiologie agricole; Cependant, pour qu'il ne puisse rester aucun doute à cet égard, je crois devoir faire encore quelques observations sur la nécessité de séparer les sciences médicales , non-seulement de la physiologie animale , métis en
général „ de; toutes les sciences du troisième ordre, comprises dans la zoologie.
La physiologie est tellement distincte des sciences médiçales, que quand elle s'occupe des mêmesobjets qu'une de ces dernières , elle le fait sous un point de vue différent. S'il s'agit, par exemple, des alimens, la physiologie explique comment ils sont digérés , comment le chyle est séparé de la masse alimentaire, comment il se mêle au sang ? devient sang lui-même, etc. t tandis que la diêté*. tique , supposant toutes ces connaissances déjà acquises, examine les eifets avantageux ou nuisibles des différens régimes, établit sur ce sujet les règles qu on doit suivre pour amener les premiers , et se préserver des seconds. Par là, ces deux sciences «e trouvent aussi nettement distinguées: que l'agriculture, par exemple , peut Tétre de la botanique.
A Fégard de l'hygiène , on ne pourrait en réunir les diverses parties à celles de la zoologie que par des rapprochemens évidemment fbreés. 11 faudrait, par exemple, considérer les divers tempéramens comme constituant autant de variétés dans Fespèce humaine , si l'on voulait que la crasiogrâphie devînt une partie de la zoographie. Cette- dernière doit bien parler des différences qui -existent entre les diverses races de l'espèce humaine j mais non des variétés individuelles dont s'occupe la erasiographie, - parce que cé n'est que dans les sciences
que Y individu peut devenir un objet d'étude ; et même , à 1 égard des raoes , la zoographie doit se borner à les décrire, et laisser aux sciences médicales le soin de faire connaître les changemens que les modifications qui les caractérisent peuvent apporter aux régimes et aux médications qui leur conviennent.
La nosologie et la médecine pratique ne sont pas séparées de la physiologie par des raisons moins évidentes. Le physiologiste doit se borner à expliquer les fonctions des organes et les phénomènes vitaux qui ont également lieu, soit que l'animal se trouve ou non dans l'état de santé. Maïs les changemens que les maladies apportent dans les fonctions des organes et dans les phénomènes de la vie, sont un objet d'étude étranger à ses recherches , et dont on doit former , comme je le fais ici , des sciences très-distinctes de la physion Jogie.
B. Classification.
Ces quatre embranchemens , relatifs au monde matériel , forment par leur réunion le règne des SCIENCES COSMOLOGIQUES, qui se divise naturellement en deux sous -règnes, I*e premier embrasse toutes les connaissances humaines relatives à l'ensemble inorganique du monde. J'ai déjà remarqué, page 128, que cet ensemble inorganique est le monde proprement; dit*
Ht c'est pourquoi je donnerai aux sciences comprises dans le premier sous- règne le nom de sciences çosr biologiques l?ROpREi\iEWT dites ; elles renferment les sciences mathématiques et les sciences physi-r ques. L'autre sous-règne se compose des sciences qui comprennent toutes les vérités relatives a la na? jture, dans le sens que j'ai donné à ce mot (page 128); je les nommerai sciences physiologiques , du grec
yJ™ qui , d'après son étymologîe , est synonyme {lu mot nature, pris dans ce même sens. Dans le premier embranchement de ce sous-règne , on considère les êtres organisés dans leur état ordinaire ou naturel , et c'est ce qui justifie le nom de sciences que j'ai donné à celles que renferme cet embranchement ; en sorte que , quoique les deux mots physiologique et naturel semblent désigner la même chose , on ne doit pas leur attribuer la même extension; le mot naturel, d'après l'usage qu'on en fait en français, est réellement plus restreint, en ce qu'il rappelle cette idée de l'état normal ou naturel , que le même usage n'a pas associés au mot physiologique.
Voici le tableau Se cette classification :
Règne. | Sous-rrgne$. | Embranchement
C MftUiéma tique*.
SCIENCES } lPfc y .i,««.
ÇPS3I0L0GIQUES. j f fi,t«re«€t.
\P«tSIOLO«tQUU j
Observation». Nous avons déjà remarqué cette circonstance* singulière , que quoique les objets spéciaux des sciences du premier ordre présentent chacun quatre points de vue correspondant aux quatre sciences du troisième ordre , comprises dans chaque science du premier, ces quatre objets spéciaux pouvaient être considérés comme quatre points de vue semblables d'un objet général, commun à quatre sciences du premier ordre renfermées dans un même embranchement, et qui correspondaient chacune a un de ces points de vue. C'est ici le lieu de faire une remarque qui paraîtra peut-être plus singulière encore , c'est que les objets généraux des quatre cinbranchemens du règne cosmologique, sont encore réellement les quatre points de rue sous lesquels on peut considérer le monde matériel , objet commun de ces quatre embranchcmens.
Et d'abord , les sciences mathématiques , qui se composent d'idées immédiatement tirées de la contemplation de l'univers , et qui n'empruntent à l'observation que des idées de grandeurs et des mesures, en sont évidemment le point de me autoptique. Les sciences physiques examinent , sous un point de vue général , les matériaux qui le constituent, comme la minéralogie étudie spécialement les matériaux des divers terrains, comme l'anatomie végétale ou animale s'occupe des tissus et des organes dont les végétaux ou les animaux sont composés; en sorte que les sciences physiques sont réellement , par rapport à l'ensemble de l'univers , ce que la minéralogie , l'anatomie végétale et l'anatomie animale sont relativement aux divers terrains , aux végétaux et aux animaux ; elles présentent ainsi tous les caractères du point de vue cryptoristique.
Nous avons vu quand nous nous sommes occupés des sciences du premier ordre comprises dans l'embranchement des sciences naturelles, qu'elles offraient toutes plus ou moins le caractère troponomique, dans les changemens continuels par lesquels se conserve la vie ; et que le caractère de ce point de vue était seulement plus essentiellement marqué dans la zoologie consacrée à l'étude des animaux, c'est-à-dire , des êtres organisés, où ces changemens sont à la fois et plus marqués et plus multi-
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plies. On en y oit maintenant la raison , c'est que l'embranchement entier des sciences naturelles doit être considéré comme le point de vue troponomique de l'univers. Enfin , quoique le point de vue cryptologîque soit plus manifeste dans la médecine pratique que dans les autres sciences médicales, j'ai déjà remarqué qu'il se , présentait plus ou moins dans toutes , parce que toutes ont le même objet général, l'é« tude des cames externes ou internes, qui entretiennent, altèrent, rétablissent ou détruisent Tordre normal des phénomènes vitaux dans 1 homme et dans les animaux , et des moyens quil convient d'employer pour rétablir cet ordre quand il , est troublé* On ne' s'étonnera donc pas si je regarde l'embranchement qui- réunit toutes les sciences médicales comme le point de rue cryptologique de l'univers. Il l'est par la nature même des choses , et c est ce qui rend raison de la circonstance déjà remarquée, que toutes les sciences médicales présentent plus ou moins le caractère cryptologique, parce que les objets quelles étudient , medicamens , opérations chirurgicale» t régimes , etc., y sont seulement considérés , en tant qu'ils produisent les phénomènes organiques dont Ut sont les causa.
à celles qui sont à la fin des chapitres et des paragraphes pré* cédens, nous terrons relativement au premier règne , en attendant aue dans la seconde oartie de cet ouvrace nous retrouvions la même chose à l'égard du second :
i°. Que la considération des quatre points de vue s'applique d'abord, dune manière large et très-générale , auxobjets des deux règnes dans lesquels sont comprises toutes nos connaissances , et qu'elle partage ainsi chaque règne: dans les quatre embranchemens. déjà donnés par la nature même des objets auxquels se rapportent ces embranchemens ;
3°. Que cette même considération s'applique de nouveau , en la précisant davantage, aux objets étudiés dans chaque embranchement , et divise ainsi ces embranchemens , chacun en quatre sciences du premier ordre ' précisément les mêmes que celles qui résultent de la comparaison des vérités dont ces sciences se composent 4
3'. Qu'en l.ppliqn.nt une troiuime fol*, diuie m.nièri encore pin* précise et plus restreinte, aux divers objets de ces* sciences du premier ordre , on en déduit immédiatement là division naturelle de chacune d'elles en quatre sciences du troisième ordre.
Il me reste a faire remarquer que ces quatre points de vue sont tellement inhérëns à la nature de notre esprit , qu'oit pourrait encore ; par la même considération , partagar 1* plupart de ces dernières sciences en subdivisions Correspondantes à chaque point de vue; Mais , outre qu'il n'en résulterait que des subdivisions du quatrième ou du cinquième ordre ; dont, comme je l'ai déjà dit plusieurs fois 1 , je n'ai point à m'occuper dans cet ouvrage , on conçoit aisément que plus on subdivise ainsi lès connaissances humaines , plus les subdivisions qu'on établit sont peu marquées, et finiraient , si on les poussait trop loin, par séparer des vérités que, pour la facilité de l'étude et la clarté de renseignement , on doit laisser unies. J'ai déjà fait observer qu'à l'égard des sciences du troisième ordre comprises dans les mêmes sciences du premier , U est souvent préférable de ne pas les séparer, de réunir, au contraire , la zoographie v par exemple , avec 1 anatomic animale , dans un traité de zoologie élémentaire. La même remarque s'applique bien plus encore aux subdivisions qu'on voudrait faire , d'après la considération des quatre points de vue , dans des sciences du troisième ordre; je crois devoir cependant en indiquer quelquesunes où ces subdivisions se présentent naturellement, en prenant un exemple choisi parmi les sciences de cet ordre qui appartiennent à chacun des qnatré points de vue autoptique, cryptorislique , tropOnomiquc et cryptologîque.
L'nranographie ; ou l'on ne s'occupe que dé la description du ciel et du mouvement apparent des astres , est en général le point de vue autoptique de Tortnologie ; mais cet* n'empêché pas que i'oii rie puisse y formé* une première subdivision plus particulièrement autoptique , où l'on ne décrirait que ce quë flous voyons en effet immédiatement ; une seconde, qui pré' 1 soûlerait le caractère cryptoristique , quand ; à l'aide du télés* cope , on découvre des choses plus cachées , telles que les taches du soleil et des planètes , l'anneau de Saturne , les phases de
Vénus, les étoiles dont se compose ce qu'on* nomme une étoile double , triple , etc. , et leurs mouvcmcns relatifs \ une troisième» qu'on pourrait regarder comme tropohomiquo , où Ton formerait différentes classes des astres, etoti l'on établirait les lois qni président aux inégalités des môovémens apparens du soleil et des planètes , aux. progressions , stations et rétrogradations de ces dernières ! , etc. ; enfin , uné subdivision cryptologique qui expUquorait , eh se bornant toujours aux mouvemenS apparens» le» vicissitudes des saisons p)es phases de la Inné, les éclipses etcv et parrieudrait même* les prévoir , comme faisaient le» anciens. ■
De même > la chimie est dâtts son ensemble cryptoïiètique , puisqu il s'agtt do découvrir les élémens dont les corps sont composés; mais rien né suppose à ce qu'on puisse y distinguer «nie partie àâfofrtfijae i comme serait -, par exemple , Uri dictionnaire de chîmfe , ou bien , une exposition purement expérimentale de cette science , où l'on décrirait une suite ôTopéra-
vrirait successivement les divers corps simples , et où l'on montrerait comment ils se combinent pour produire des ebrp* Lunipusc» , meinoae qui seraii peui-eirc prcieranie a louie autre pour l'enseiimement de cette science . mais qui telle què Je lateonçois , n'a pas même été essayée ; une partie -erybto* ristique , où l'on aurait potir but de déterminer les meilleurs" moyens à employer dans chaque cas ♦ pour opérer lès décompositions et tes recompositions qu'on se propose de faire , partie qu'on pourrait , à volonté , réunir ou non' à la précédente , comme , en zoologie , il peut être plus convenable , - tantôt de séparer , tantôt de réunir là ïobgrajmte et Tanatomie animale; puis viendrait une partie tropondmique où l'on classerait les Corps , tant simples que composés , et où l'on ferait connaître les ibis générales de là chimie ; enfin , une partie cryptOristique bii Von' expliquerait les faits' et les lois observés d'après les di* vers degrés d'affinité que présentent les corps , elles difficultés plus) oumoiris grandes qu oppose à leur combinaison l'état où Hé se trouvent-. -
Dans la zoonomie , qui est le point dé vue troponomique de
la zoologie, pm^u ellpa pour objet les rapports aaÉucels de* animaux ,. les loi» générales qui expriment, ces. rapporte èl la classification qui en ré»uUc , on pourrait de môme une prenaière étudç sous le point de vue autopliqiioiqui se I nerait à constater ce» rapports et ces lois par îobeérvatàon ; une seconde qui , sous le point de vue cryptoriMiquei, t'occuperait de la question fondamentale de la zoonomie, celle de la *uboi> ovation de* caractères» et aurait pour objet de découvrir ceux qu'on doit placer au premier rang , d'après le grand nombre de caractères secondaires yquL est dépendent ; : ceux qui -viennent immédiatement après, et successivement les caractères de moins en moins importais -, jusqu'à cetfx qui nef peuvent plus servir qu 'à la distinction des espèces. Lp point de? «vue troponumicpie consisterait, dans la .comparaison des diverses . ç^asMucalious , pour choisir entre elles celles qui représentent) le. mieux l/'prdre de la nature; et le point de vue crypioLogMfue aurait pour objet de découvrir les causés des lois données par l'observation , lorsque cela est possible, c'es^à-dire , lorsqu'on peut montrer comment ,ces lois ; résultent 4 e * iconditions 4'tixistencc , sans lesquelles les: animaux ne pourraient pas subsister* ? . • j ...
Enfin * la; prophylactique. * par exemple » point de tus cryp* tologjquc 4e Inygiène , parce que toute, prévision do ce qui peut .arriver,, est (ondée sur l'enchaînement de» causes *t de» effets, présente un point de vuc aut^ptiquo , iorsquïi ,11'eit qu*s^ion,que de décrire les moyens généraux de préreiwr les différentes maladies auxuucllcs les hommes et l^s animaui
WIMVIVU»». «.-.^-.^j .^.yw. ^"'"y^f^ 'T" ^» .Tir(lll«tt»
sont exposés ; , un point de vue cryptoristique , quand on se nronuse de déterminer ceux oui conviennent en oarticuhVr suivant Jcs divers- ten^p^jratnens. y. et toutes, les circonstances d habitation^, de lieu» jde temps, pte?» ou ^e. trouvent les individus menacé*, un point de vue troponomjque» dans une classification de ces moyens , où l'on rapprocherait ,ceux qui , ayant une -ac* tjon à peu près semblable , , peuvent se, remplacer les un* les autres , pu être employés simultanément ; le point de vue cryptologique delà même science se trouverait dans t l&pUç** tion , lorsqu'on la connaît , de la manière dont Agissent les di-î verses espèces fa préservatifs.
Noos Terrons dans la seconde partie de cet ouvrage qne la mathésiologie , on la science de renseignement de tous les genres de connaissances , est une science da troisième ordre , qui fait partie de celle du premier désignée sous le nom de pédagogique , et dont la mathésiologic est le point de Tue troponomique. Quoique je ne dasse naturellement parler de celleci que lorsque j'en serai à cet endroit de mon outrage , je crois pouvoir montrer , dès à présent , qu'elle pourrait aussi être subdivisée en quatre parties correspondantes aux quatre points de vue , parce qu'ayant pour but , en écrivant cet essai sur la philosophie des sciences, de développer une partie de mes idées sur la mathésiologie , et de faire sentir toute l'importance de cette science , je trouve l'occasion d'en donner une idée plus complète et d'en faire voir toute l'étendue , en la choisissant pour dernier exemple des quatre subdivisions qu'on peut faire , d'après les quatre points de vue, dans une science du troisième ordre.
La mathésiologie , quoique troponomique dans son ensemble , offre une partie an top tique , telle que serait un dictionnaire ou une énumération sons toute autre forme des différentes sciences , des objets qu'elles étudient, et des caractères qui les distinguent; une partie cryptoristique , où il s'agirait de déterminer, pour chacune d'elles , les vérités fondamentales sur lesquelles elles reposent, les moyens qu'il convient d'employer pour leur faire faire de nouveaux progrès , et les méthodes auxquelles on doit avoir recours , soit dans ce but , soit dans celui d'en faciliter l'étude ; une partie , plus spécialement troponomique , où l'on aurait pour objet d'établir a cet égard des lois générales , et de classer toutes nos connaissances de la manière la plus naturelle ; une partie cryptologique , enfin , où l'on chercherait à déterminer les causes des progrès , tantôt si lents et tantôt si rapides , que les sciences ont faits à différentes époques , la manière dont elles sont parvenues au degré de perfection où elles se trouvent aujourd'hui, et ce qui reste à faire pour les élever a la hauteur qu'elles atteindront sans doute un jour.
Ce n'est pas seulement dans les sciences du troisième ordre
qn on peut faire cette subdivision. En appliquant aux objet» 1 particuliers dont elle» s'occupent la considération des quatre points de vue, j'ai déjà remarqué, page 124, que la même chose avait lieu à l'égard de plusieurs sciences du quatrième on du cinquième ordre , étrangères au plan de cet ouvrage. Il en est de même de beaucoup d'autres , par exemple ; de la paléontologie. Un traité complet sur les animaux fossiles pourrait a?oir une partie autoptique, où les débris qui nous en restent seraient décrits ; une parlie cryptoristique, qui aurait pour objet de déterminer à quelle partie de l'animal aurait appartenu chacun de ces débris , os, coquille , ou articulation d'un tégument corné ; une partie troponomique , où il serait question d'établir les lois générales d'après lesquelles on peut déterminer l'ensemble de l'animal perdu , et retrouver la place qu'il doit occuper dans la classification naturelle de toutes les espèces du règne animal; une partie cryptologique, enfin, où l'on se proposerait de trouver les causes de la présence de ces débris dans les. lieux déterminés où ils sont souvent réunis en si grande abondance, et celles qui ont pu contribuer à la destruc* tion des espèces auxquelles ils ont appartenu. Il en serait de môme d'un traité sur les végétaux fossile». De tels ouvrages constitueraient, dans la zoologie ou la botanique , des subdivisions du quatrième ou du cinquième ordre ; mais l'étude des corps organises fossiles, considérés seulement comme caractères dislinctifs des terrains où on les trouve , appartient à la géologie , et ce n'est pas là un emprunt que cette science fait à des connaissances qui ne viennent qu'après elle dans la classification naturelle des sciences , puisque le géologue peut se"passer des recherches du naturaliste , pourvu qu'il puisse reconnaître ces débris à l'aide de descriptions sommaires et de figures convenables.
Il me reste une dernière observation à faire au sujet des quatre points de vue dont j'ai parlé si souvent; c'est précisément parce qu'il est dans la nature de l'esprit humain d'étudier successivement tous les objets de nos connaissances sous chacun d'eux , que ces points de vue guidaient , à leur insu , les premiers fondateurs des sciences , en sorte que les groupes de
vérités qui ont toujours été considérés comme des sciences , répondaient à ces divers points de vue , sans même qu'on eu soupçonnât l'existence , à peu près comme l'homme se sert de ses organes , et applique ses facultés intellectuelles à différent objets» sans connaître ni la structure intime des uns , ni la nature des autres. Quand un de ces génies créateurs , à qui le genre humain doit tant d'admirables découvertes , se trouvait porté à étudier un objet sous un certain point de vue , il résultait de son travail une science correspondante à ce point de vue, sans, pour cela, qu'il en eût l'idée. Lorsqu'on venait ensuite à considérer le même objet sous un nouveau point de vue , on voyait naître une autre science. Si ce travail avait été complet , toutes les branches de nos connaissances , dont je viens de faire l'énumération , et toutes celles dont j'aurai k .«l'occuper dans la seconde partie de cet ouvrage , auraient reçu des noms , et ma classification se serait , pour ainsi dire , trouvée faite d'elle-même. Tout au plus aurais- je eu à ranger , dans l'ordre naturel donné par ces points de vue , des sciences dénommées d'avance ; mais il n'en a pas été ainsi, et quoique toutes celles dont j'ai parlé jusqu'ici eussent été réellement cultivées , plusieurs n'avaient point encore de noms et étaient en " quelque sorte méconnues. N'ayant d'abord eu moi-même aucune idée de ces points de vue , ce n'est que par l'analogie que j'ai été conduit à reconnaître l'existence des sciences qui n avaient pas reçu de nom ; aussi n'était-ce pas sans une sorte de surprise que je remarquais l'exacte symétrie qui règne dans toutes les parties de la classification exposée dans cet ouvrage ; symétrie qui a été , pour plusieurs personnes à qui j'ai communiqué ma classification , un motif de b regarder comme artificielle. On voit maintenant d'où vient cette symétrie ; on voit pourquoi il y a un même nombre dembranchemens dans les deux règnes des connaissances humaines ; pourquoi chaque embranchement se divise en un même uombre de sous-embranchemens et de sciences du premier , du second et du troisième ordre *, on voit enfin que cela vient de ce que les points de vue, qui guidaient, à leur insu, ceux qui ont créé les différentes sciences, étant fondés sur la nature de l'intelligence humaine,
ébitnt4oujours en même nombre. En te rendant ainsi raison de celte symétrie . on reconnaît facilement que , loin quelle soit un motif de penser qu'il y ait quelque chose d artificiel dans une classification où elle se trouve , on aurait pu prévoir qu'elle se manifesterait, dans la classification naturelle des connaissances humaines , dès qu'on aurait complété la liste des sciences en donnant des noms à tous les groupes de vérités qui en sont réellement d'après la nature de nos facultés intellectuelles et celle des objets auxquels nous les appliquons. Et , en effet , il n'en est pas des sciences . comme des objets dout s'occupe le physicien on le naturaliste ; elles ne sont pas , comme ces objets , indépendantes de l'emploi que nous faisons de nos facultés intellectuelles; nous pouvons découvrir , mais non créer un nouveau corps simple, un nouvel animât, tandis que l homme , en étudiant avec plus de soin des objets dont il n'avait auparavant qu'une connaissance très-imparfaite , peut créer une nouvelle science ; cette science , si elle ne rentre pas dans une des divisions et subdivisions déjà établies , viendra remplir une lacune qu'aurait laissée une classification encore incomplète. C'est à l'analogie à indiquer cette lacune ; et lors même que la science qui doit la remplir ne serait qu'ébauchée, il convient de lui assigner un nom qui puisse fixer sur elle les regards des hommes capables de lui donner tous les développemcns dont elle est susceptible. Or, en suivanjt ce procédé, comme il me semble que j'ai eu raison de le taire , on est conduit à établir , pour les branches de nos connaissances que 1*011 n'a point encore assez cultivées , de nouvelles sciences , qui , précisément parce qu'elles sont déduites de l'analogie , amènent cette sorte de symétrie dont on a cru devoir me faire un reproche. Je suis bien éloigné , sans doute, de la présenter comme un motif d'adopter ma classification ; en montrant comment elle résulte de la nature même de nos facultés intellectuelles, je n'ai voulu que prévenir une objection.
Explication des tableaux synoptiques des sciences et des arts, placés à la fin de cette première partie.
Après avoir passé en revue successivement toutes les sciences cosmologiques ; après avoir posé leur* limites respectives , montré leurs rapports , leur* liaisons , et la place qu'elles occupent dans une classification naturelle > il me reste à les réunir dans un tableau général. Afin au'il ne soit Das incomplet, j'y comprendrai les sciences noologiques dont je dois m'occuper dans la seconde partie de cet ouvrage. Par là , le lecteur pourra embrasser r d'un seul coup d'oeil , l'ensemble de ma classification. D'ailleurs , après avoir lu ce qui précède, et quelques développemens qu'il m'a paru nécessaire d'ajouter ici , je pense qu'il lui sera facile de se faire une principes sur lesquels
elle repose a pour comprendre ce qui , dans ce tableau, se rapporte aux sciences noologiqties , en attendant que je développe les raisons d'après lesquelles j'ai établi le nombre de ces sciences , les caractères qui les distinguent, la place que chacune d'elles occupe dans l'ensemble des connaissances humaines , et choisi les noms les plus convenables pour désigner celles des sciences du second règne qui n'en avaient pas encore.
Au lieu de présenter cet ensemble dans un tableau unique, comme il était si aisé de le faire > j'ai cru devoir le partager en trois tableaux particuliers,
afin d'offrir à l'esprit du lecteur , des points de repos , qui lui donnent plus de facilité pour juger si je suis parvenu à la disposition la plus naturelle des vérités et des groupes de vérités dont se coin-: posent toutes nos connaissances. Far là, j'appellerai séparément son attention, d'abord, sur les grandes divisions, objet du premier tableau : les règnes , les sous-règnes et les embranchcmens ; ensuite , sur la subdivision des embrancbemens en sous-embrancbemens, et en sciences du premier ordre , exposés dans le second tableau; et enfin sur celle des sciences du premier ordre en sciences du second et du troisième , qu'offre le dernier tableau.
En effet, bien que ce soit également de la distinction des différens points de vue principaux ou subordonnés (i) , sous lesquels tout objet peut être considéré d'après la nature même de notre intelligence, qu'on puisse déduire les divisions et subdivisions que présente chaque tableau , cependant la grande extension des premières divisions , et le peu d'étendue des dernières subdivisions , mettent tant de différence entre les motifs qui militent en faveur de leur admission, et les difficultés qu'on peut éprouver à les adopter, qu'il arrivera peut- être que plusieurs lecteurs , tout en donnant leur assentiment à mes deux premiers
(0 Voyei ce que j'ai dit de ce* deux »orte* de point» de tue , préface, pages ▼!) et «airantes.
tableaux, pourraient être portés à ne pas le donner au troisième, ou que même il n y eu aurait qu'un seul des trois qu'ils crussent devoir admettre. C'est pourquoi je désire moi-même que Ton discute séparément chaque tableau , sous le triple rapport des analogies qui existent réellement entre les diverses branches de nos connaissances , des lignes de démarcation qui les séparent de la manière la plus naturelle , et de Tordre suivant lequel el)es doi~ vent se succéder.
Dans le premier , se trouve d'abord la division, de toutes nos connaissances en deux règnes. La distinction que j'ai établie entre ces deux règnes, est trop conforme à la manière dont on considère généralement les sciences où Ton s'occupe du monde matériel , comme toutes différentes des sciences philosophiques, historiques et politiques, pour que je puisse craindre, à cet égard) des objections sérieuses.
Quant à la subdivision de l'ensemble de nos connaissances en quatre sous - règnes , je crois devoir entrer dans quelques détails , qui me paraissent propres à l'éclajrcir et à la justifier. D'abord elle répond aux quatre grandes carrières qui s'ouvrent devant ceux que leur éducation et leurs talens appellent à jouer un rôle dans la société : celle des sciences mathématiques et physiques et des arts in«» dustriels, que tracent à ceux qui s'y destinent l'école polytechnique , les écoles d'application auxquelles elle conduit , et les écoles industrielles ;
celle des sciences naturelles et médicales , objets de renseignement donné au Jardin des plantes, dans les écoles de médecine, les institutions agricoles , et les écoles vétérinaires ; la carrière de la philosophie , des lettres et des arts libéraux , pour laquelle , outre renseignement ordinaire qui y est presque . exclusivement consacré, on a aussi établi des écoles spéciales; enfin , celle des sciences historiques , de la jurisprudence, de l'art militaire et delà politique , carrière ouverte surtout à ceux qui sont appelés à défendre ou à gouverner les hommes.
Cette division correspond encore aux quatre principaux buts d'utilité , que le genre humain peut retirer de l'étude des sciences. Sans doute , c'est l'amour de la vérité pour elle-même , qui seul a presque toujours guidé les grands hommes qui les ont créées , et ceux dont les longs travaux les oiit amenées au point de perfection qu'elles ont atteint aujourd'hui ; mais s'il faut reconnaître dans l'homme cette noble avidité de savoir dépouillée de toute vue d'utilité , ce n est pas une raison pour ne pas considérer les sciences sous le point de vue des avantages qu'elles nous procurent. Sous ce point de vue , celles qui sont comprises dans chaque sous -règne, semblent toutes tendre à un même but , qui n'est atteint complètement que dans la dernière; avec cette différence, néanmoins, entre les sciences cosmologiques et les sciences noologiques, que, dans les premières, le but est
atteint en grande partie dès l'antépénultième , et que, dans les secondes, ce n'est qu'à la dernière qu'il appartient de s'en occuper directement.
En rappelant les noms des écoles que suivent ceux qui se consacrent à l'étude des sciences du premier sous -règne, ) ai suffisamment indiqué le but général de ces sciences, atteint en partie dans la technologie , et complètement dans l'oryctotechnie. De même , toutes les sciences du second sous-règne tendent à la conservation de la vie , ou au rétablissement de la santé des hommes , dont s'occupent spécialement l'hygiène et la médecine pratique ; la première chose , en effet , pour la conservation de la vie , c'est la nourriture et le vêtement , et l'on peut dire que l'agriculture n'enseigne à cultiver la terre , la zootechnie à se procurer les substances animales nécessaires à nos besoins, que pour nous procurer l'une et l'autre*
Qui ne voit encore que toutes les sciences du troisième sous-règne se rapportent au grand objet dont s'occupe spécialement la pédagogique , qui est de rendre les hommes meilleurs et plus heureux? N'est-il pas évident, enfin, que le but final des sciences , dont se compose le dernier sousrègne , est le gouvernement et l'amélioration des nations ; et c'est précisément ce but que la politique se propose, et qu'elle atteint, à l'aide des moyens que lui fournissent les sciences qui la précèdent dans le même sous-règne.
Quant à la distinction des huit embranchement entre lesquels j'ai distribué toutes les connaissances humaines , les noms par lesquels je les ai dé-.signés, déjà presque tous consacrés par l'usage, attestent assez que cette division est conforme à la manière dont on considère généralement les sciences; il est vrai que Tordre que j'ai adopté diffère, à beaucoup d'égards , des divers arrange mens proposés pour les sciences par la plupart des auteurs de classifications artificielles dont j'ai parlé au commencement de cet ouvrage. Mais celui que j'ai suivi n'est pas , comme dans ces classifications , fondé sur des idées préconçues , et des principes choisis plus ou moins arbitrairement pour y tout rapporter ; il l'est sur la nécessité de placer les premières les sciences qui n'ayant besoin que des idées les plus simples ou les plus familières à tous les hommes, sont indispensables pour qu'on puisse étudier complètement les sciences suivantes. Dans cet ordre , les idées que suppose chaque science, se compliquent de plus en plus, à mesure qu'on avance dans la série. On ne s'occupe d'abord que des rapports de grandeur et de position des corps , puis des mouvemens et des forces; on y joint ensuite la considération de toutes les propriétés inorganiques. Ces rapports et ces propriétés se retrouvent dans les êtres vivans , qui nous présentent , en outre , cet ensemble de nouvelles propriétés résultant du grand phénomène de la vie,
C'est à toutes ces idées que viennent se joindre alors nos connaissances sur les agens et les diverses circonstances qui peuvent modifier les phénomènes vitaux. Mais l'homme n'est pas seulement un corps organisé , dont la santé est susceptible d'altérations, qui peuvent être prévenues ou guéries par divers agens, diverses circonstances. Son intelligence , ses sentimens, ses passions, etc., dont l'étude suppose celle de ses organes et du monde qu'il habite , sont l'objet des sciences philosophiques, qui ne doivent, par conséquent, venir, dans Tordre naturel, qu'après celles dont je viens de parler. Toutes les idées qu'on a à considérer dans les sciences philosophiques , se retrouvent dans l'embranchement suivant , jointes aux nouvelles idées que nous acquérons en étudiant les divers moyens par lesquels l'homme communique à ses semblables tout ce qui est dans sa pensée* C'est par ces moyens que les hommes peuvent se réunir en société ; et il est évident que les sciences sociales , soit qu'elles étudient les sociétés humaines seulement pour les connaître , soit qu'elles aient pour but de les conserver, de les régir ou de les améliorer, ne peuvent être placées dans une classification naturelle qu'après toutes les autres sciences.
Dans le second tableau , on aura à discuter si la division de chaque embranchement en deux sousembrancheroens est la plus naturelle, et si les deux sciences du premier ordre, comprises dans
chacun des sous-embranchemens , sont réellement celles qui se rapprochent par des analogies plus intimes et plus multipliées. A l'égard des sciences du premier règne, où cette distribution ne me présenta aucune difficulté, je ne vois pas trop à quelles objections elle pourrait donner lieu. On a toujours distingué les sciences mathématiques proprement dites, des sciences physico-mathématiques, quelle que soit l'analogie qu'elles présentent , soit relativement à la nature des principes dont elles partent , soit à celle des calculs par lesquels on en développe toutes les conséquences. La distinction entre les sciences physiques et les sciences géologiques, telle que je l'ai établie (pag. 97 et 98) , me parait aussi de nature à être adoptée. Il ne peut également s'élever aucun doute sur la division des sciences s en sciences phyto-
logiques et zoologiques proprement dites. Enfin, il me semble qu'on ne pourra guère se refuser à admettre la distinction des sciences médicales en sciences physico-médicales , qui étudient les différentes causes qui peuvent modifier la vie dans les animaux , et leur emploi pour la conservation de la santé, des sciences médicales proprement dites, qui ont pour objet la guérison des maladies.
Mais , comme je l'ai dit dans la Préface , pag. xv et xvj , de toutes les parties de mon travail , ce qui m'a offert le plus de difficultés, c'est la distribution des sciences du second règne entre les quatre
cmbranchemens de ces sciences , et leur réunion deux à deux en sous - embranchemens. Pour les sciences philosophiques» la division était toute tracée par celle qu'on fait ordinairement de ces sciences en psychologie , métaphysique et morale , la logique étant évidemment une partie de la psychologie ; et par cette considération , que si , dans dans les sciences philosophiques proprement dites, on doit distinguer la psychologie , où l'on étudie l'intelligence humaine sous le point de vue subjectif, de la métaphysique, où Ton examine la réalité objective de nos connaissances , on doit , par la même raison , séparer , dans les sciences morales . l'éthique, composée d'observations subjectives sur les mœurs , les caractères , les passions des hommes, de la thélésiologie , où l'on remonte aux fondemens objectifs des vérités morales. Le rapprochement de la glossologie et de la littérature ne soulèvera, si je ne me trompe , aucune objection. L'on ne doit pas non plus être surpris que dans l'autre sous-embranchement des sciences où l'on étudie tous les moyens par lesquels l'homme peut communiquer à ses semblables des idées , des sentimens , des passions , etc. , j'aie placé la pédagogique , qui fait évidemment partie de ces sciences , et que je l'y aie réunie aux arts libéraux. L'art de l'éducation n'est-il pas, en effet, le premier de ces arts ? L'instituteur ne se propose-t-il pas de faire un homme vertueux et éclairé , comme le peintre un bon tableau, et le sculpteur une belle statue ?
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Dans les sciences ethnologiques , où Ton étudie successivement les lieux qu'habitent les nations , et les races d'où elles tirent leur origine, les monumens qu'ont laissés les peuples qui nous ont précédés , l'histoire de leurs progrès et de leur décadence , et les religions qu'ils professent , l'ordre des quatre sciences du premier ordre correspondantes à ces quatre objets spéciaux , et leur réunion deux à deux en sous-embrancheraens ne paraissent pas d'abord aussi nettement déterminés ; mais , dans les deux premières , on considère ce que l'on pourrait appeler le matériel des nations, indépendamment des passions, des croyances qui les font mouvoir , et dont les effets sont étudiés dans l'histoire et l'hiérologie. Cette considération me parait suffisante pour justifier la réunion que j'ai faite des deux premières, dans l'embranchement des sciences ethnologiques proprement dites , et des deux dernières dans celles des sciences historiques. Il était d'ailleurs nécessaire que ces quatre sciences fussent coordonnées entre elles , de manière que l'archéologie préce'dàt l'histoire à laquelle elle fournit ses plus solides fondemens.
La nomologie et l'art militaire ont pour objet les deux grands moyens par lesquels les gouvernemens se soutiennent , font régner la justice, maintiennent la paix au dedans , et font respecter l'indépendance nationale au dehors. Cette considéra-
tiôn suffit pour motiver leur rapprochement. C'est ensuite à la politique à déterminer, dans chaque cas , l'emploi qu'il convient de faire de ces moyens j mais elle ne peut se passer pour cela des connaissances que doit lui fournir l'économie sociale ; il est donc nécessaire que celle-ci la précède immédiatement , et forme avec elle le dernier sous-embranchement de toute ma classification des connaissances humaines. Si ces motifs paraissent suffisans au lecteur pour la lui faire adopter, la détermination que j'ai faite du nombre des sciences du premier ordre dont se compose mon second règne , et de Tordre dans lequel je les ai rangées , se trouvera en même temps justifiée.
Venons au troisième tableau. Ici , on aura à examiner non-seulement si la division que j'ai faite de chaque science du premier ordre , en deux sciences du second , et en quatre du troisième , est naturelle, mais encore si ces divisions sont toutes assez importantes pour devoir être signalées , et si lorsqu'on se propose d'écrire un traité complet, ou de faire un cours sur une science du premier ordre, ou même du second, les divisions que j'ai adoptées sont, en général , celles qui sont les plus convenables pour la distribution des différentes parties de ce traité ou de ce cours.
Et d'abord , la plupart des sciences du premier ordre se composent de deux sortes de vérités , les unes plus simples, plus faciles à comprendre, et
qui sont, pour ainsi dire , à la portée de tous les esprits ; les autres plus difficiles , exigent une étude plus approfondie ; dans ce cas , c'est de la réunion des premières que j'ai formé une première science du second ordre , et j'ai réservé les dernières pour en composer la seconde science du même ordre.
Alors, pour les sciences du premier ordre, dont l'enseignement est partagé entre des établismens de deux degrés différens , on ne devrait, en général , enseigner dans le premier, que ce qui appartient à la première science du second ordre , et réserver, pour l'établissement supérieur, ce qui est compris dans la seconde.
C'est, au reste, ce qui s'est, en général, fait comme de soi-même toutes les fois que ces deux sortes d etablissemens existent , si ce n'est lorsque la crainte que les cours supérieurs ne fussent suivis que par un petit nombre de ceux qui avaient reçu l'enseignement du premier , a fait franchir les limites naturelles des deux établissemens , et enseigner dans le premier des choses qui auraient dû être réservées à l'établissement supérieur.
Dans les sciences dont se composent les derniers embranchemens de chaque règne, ce n'est plus pour la même raison que la première science du second ordre., comprise dans une science du premier, se distingue de la seconde. On ne peut plus dire alors qu elle est plus élémentaire , ainsi que je l'ai remarqué , page \3y , mais la ligne de démarcation
entre ces deux sciences n'en est alors que plus tranchée , et Tordre dans lequel elles doivent être rangées, que plus complètement déterminé. Il suffit, en effet, de jeter les yeux sur les tableaux dont nous parlons, pour voir que les deux sciences du second ordre, dont se composent les différentes sciences du Drcroier. comnrises dans ces deux embrancncroons . se rapportent à des objets réellement difterens, et que Tordre où elles doivent se succéder est fondé sur ce que la première peut toujours <?tre étudiée indépendamment de la seconde , et sur ce que , quand il s'agit de l'hygiène, de la nosologie, de la médecine pratique , de la nomologie, de Tart militaire et de la politique (i), la seconde suppose nécessaire-
(i) J'ai suffisamment explique dan$ cet ouvrage quels sont le» objet* qu'étudient le* deux sciences du second ordre, comprises dans l'hygiène, Jaj|nosologie et la médecine pratique, quoique je ne dusse faire connaître que dans la seconde parue les objets des deux sciences du second ordre, dont se composent la nomologie, Part militaire et la politique j je crois nécessaire, pour faciliter l'intelligence de ce que je viens de dire, d'avertir dès à présent que la nomologie proprement dite) ne s'occupe que des lois qui ont existé ou existent encore et de leur interprétation, connaissances qui, du moins pour celles do pays qu'on habile, sont indispensables à ceux qui en font ou en réclament l'application, tandis que la législation ayant pour objet de déterminer quelles sont les meilleures lois possibles, relativement a l'état où se trouve chaque peuple, soit d'après les données de l'expérience, soit d'après les principes éternels du juste et du vrai, constitue une science nécessairement réservée à ceux qui ont le loisir et la ca-
ment la connaissance de la première. A l'égard de l'ordre dans lequel doivent être rangées les deux sciences du troisième ordre dont se composent la physique médicale et l'économie sociale , où le premier de ces deux caractères est moins marqué , le second suffit pour déterminer cet ordre. Il est aisé de voir en efiet que les moyens dont s'occupe la physique médicale proprement dite, tiennent à Faction de causes qui, n'agissant pas habituellement sur l'organisation , sont suivies plus ou moins immédiatement d'effets, qu'il est toujours facile de leur rapporter y tandis que les moyens que considère la biotologie faisant partie de la vie habituelle, on ne peut en apprécier les effets que par une suite d'observations comparées , et des recherches aussi longues que difficiles; et pour la seconde , de ce que la chrématologie ne
pacité nécessaires pour approfondir de si hautes question*} que par Phoplismatique, j'ep tends l'étude de tout ce qui est relatif aux armes anciennes et modernes, aux fortifications, vaisseaux de guerre, etc., et aux exercices militaires, prë para tifs indispensables avant d'entrer en campagne que tout officier doit connaître, tandis que l'art militaire proprement dit, c'est la science du général; enfin que ce que j'appelle synciménique est la connaissance de toutes les relations , de tous les traités qui existent entre les nations, et de l'interprétation de ces derniers, connaissances nécessaires à tous ceux qui s'occupent des rapports des gouvernemens entre eux, depuis l'ambassadeur jusqu'au consul, au lieu que la politique proprement dite est l'art même de gouverner et de choisir dans chaque cas et ce qu'on peut et ce qu'on doit faire , science des hommes d^État.
s'occupe que des faits et de leurs causés immédiates j tandis que l'économie sociale proprement dite étudie, à l'aide de considérations d'un ordre bien supérieur , les effets qui résultent de la manière clont les ricliesSës sont distribuées et toutes les autres causes qùi peu vent influer sur le bonheur et la £ros j périté des hâtions.
Nous arrivons enfin aux sciences dri troisième
brdre. Ici, je n'ai plus à craindre qu'une seule objection. On pourra penser que plusieurs dè celles que j'ai admises , n'avaient pas assez d'importance pour être signalées j on riè verra peut-être pâs, pour quelques - Unes de ces sciences, ies avantages qui résultent ae leur distinction. Voici ce que je crois devoir répondre à cette difficulté : Pour la plupart des sciences du second ordre , leur division en deux du troisième, telle que je l'ai établie, existait déjà* et se krouVait consacrée par les mots qui les désignent ; pour d'autres , quoiqu'elles n'eussent pas : encore reçu de nom, leur existence n'était pas moins réelle, ni leur distinction moins marquée,, ainsi que je l'ai îfaii. voi* quand je me suis occupé de leur classification , et j'ai attaché une grande importance à les Signaler à leur rang. En effet , selon les besoins des lecteurs auxquels s'adresse, un traité *à*ùne science , on peut vouloir se borner à une seule des sciences du troisième ordre , ou réunir les deux qui en composent une du second , soit en les confondant comirie lorsque, dans un traité de zoo-
logie élémentaire, on place l'anatomie de chaque animal à la suite de sa zoographie, soit en les traitant successivement dans deux parties séparées, comme si Ton faisait un traité de zoologie élémentaire sur le plan que j'indiquerai tout à l'heure. Or, il faut bien que par le titre de son ouvrage l'auteur puisse indiquer clairement non seulement quels sont les objets dont il va traiter , mais encore sous quels points de vue il se propose de les considérer; c'est à la classification générale des connais- «aces humaines à lui fournir , dan. ce but, des noms pour désigner tant la science du second ordre que les deux sciences du troisième ordre dont elle sè compose. C'est la raison que j'oj>posai à l'opinion d'un" des bommes que ses travaux ont placé au premier rang dans les sciences naturelles, et qui m objectait que la phytograpbje et l'anatomie végétale . ne devaient être considérées que comme une seule ét même science ; qu'il en était de même de la zoographie et de l'anatomie animale. Je loi fis remarquer que les sciences résultant de ces réunions existaient , en effet , dans ma classification, sous les noms de botanique élémentaire, zoologie élémentaire ; mais qu'il ne m'en paraissait pas moins utile, après avoir signalé ces deux sciences, de les subdiviser chacune en deux autres, dont la première contînt la description de tout ce qui peut être observé immédiatement dans les 4tres vivans dont on s'occupe, et la seconde de
tout ce qui est relatif & leur organisation, intérieure; que cette distinction était nécessaire, d'abord parce qu'il y aura toujours des personnes qui se borneront à la première étude; en second lieu, parce que j e pense , contre une opinion peut-être trop généralement admise aujourd'hui, que, même dans un ouvrage élémentaire où les deux études sont réunies, elles doivent y être traitées séparément , dans Tordre où je les ai présentées.
On conçoit, en effet, qu'avec peu de temps a
donner a l'étude des végétaux et des animaux , on
se propose seulement de connaître l'extérieur des
plantes , les lieux où on peut les trouver , les époques où elles fleurissent , pù elles fructifient , etc.; c'est-à-dire, tout ce que je comprends dans la pbytographie ; que de même on se plaise à lire l'histoire des animaux comme l'avait conçue Buffpn , à connaître leurs caractères extérieurs , et tous les détails si intéressans de leurs mœurs , de l'industrie merveilleuse que développent certains mammifères, certains oiseaux, de l'admirable instinct de tant d'insectes , etc. ; à savoir quelles espèces Qn peut trouver dans le pays qu'on habite , les saisons auxquelles on peut les observer, etc. , et que les mêmes personnes n'aient aucune raison pour consacrer à la connaissance i\es détails anatomiques le temps qu'elle exigerait. D'un autre côté, ne serait-il pas préférable qu'un traité élémentaire de botanique ou de zoologie , au lîtu d'offrir d'abord aux com-
menons ces détails trop souvent inintelligibles pour pux, fût divisé en deux parties ; la première consacrée à la phytographie ou à la zoographie , offrant F histoire des végétaux ou des animaux dans l'ordre ou ils s'enchaînent naturellement , sans qu'on y annonçât d'avance aucun principe de classification , et faisant naître successivement les notions do genres , de familles , d'ordres , de classes et d'embranchemens, a mesure quon aurait décrit les^ espèces dont ces groupes sont composés } conformément à la marche analytique que j'ai suivie dans cet ouvrage , en classant les sciences. Ce n'est qu'à la fin de cette première partie , et sous forme de résumé qu'on devrait donner une idée dès divisions et subdivisions de la classification naturelle des végétaux et 4 es animaux , non-seulement sans en discuter les motifs, qui ne peuvent l'être que quand on traite de la phytonomie ou dé la zoonomie ; mais même en sé bornant aux caractères ex-, térieurs cjui distinguent ces divisions et subdivisions. Ce n'est que dans une. seconde partie, qu'en suivant la marche synthétique et partant de 1 anatomie de l'espèce qu'on aurait prise pour type , on ferait connaître , dans l'ordre naturel , les cbanchangemens successifs qu'éprouve ce type, en parcourant , dans cet ordre , les mêmes divisions et subdivisions dont on aurait déjà pris une idée à la fin de la première partie, et qu'il s'agira^ alors de caractériser complètement.
Je n'ai pas besoin d'ajouter qu'il faudrait, suivan* moi , que cette division en deux parties correspondantes aux deux sciences du troisième ordre cornprises dans une même science du second , fût généralement adoptée dans les ouvrages élémentaires , où sont exposées les diverses sciences du second ordre que j'ai placées au premier rang dans chaque science du premier ; qu'un traité d aitfthmologie élémentaire fût divisé en arilhmografbie et analyse mathématique; qu'un traité de géométrie élémentaire le fût en deux parties , dont l'une contiendrait la géométrie synthétique, et l'autre l'application de l'algèbre à la géométrie, comme Newton l'a donnée dans son arithmétique universelle , en finissant par la manière de représenter les lignes par des équatious, et la discussion de celles des deux premiers degrés, préliminaire indispensable pouj.pas.ser à l'étude de la théorie des courbes, naturellement réservée aux établissemens supérieurs. Un ouvrage où l'on traiterait d'abord de la cinématique, et ensuite de la statique, contiendrait toute la partie élémentaire de la mécanique , et en Commençant par la première, présenterait non-seulement les avantages dont j'ai parlé pag. 5a et 55 , mais encore familiariserait l'esprit des commençans avec l'idée des effets résultant des mouvemens relatifs , sans laquelle ils ne peuvent comprendre ce qu'enseigne l'uranologie élémentaire relativement aux phénomènes célestes , surtout dans la seconde