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L’analogie de ces quatre époques avec ce que j’ai appelé les quatre points de vue est trop facile à saisir pour que je l’explique en détail. Qui ne voit, en elfet, celle des deux époques principales de l’histoire intellectuelle de l’homme avec les deux points de vue principaux que j’ai signalés plus haut? Et à l’égard des quatre époques et des quatre points de vue subordonnés, n’est-il pas également évident que l’époque où l’enfant ne connaît que ce qui lui apparaît, soit au dehors, soit au dedans de lui-même, répond au point de vue où l’on s’occupe seulement de ce qu'offrent à l’observation immédiate, soit extérieure , soit intérieure , le monde et la pensée ; que l’époque suivante où il découvre l’existence des corps et celle de la pensée dans d’autres êtres que lui-même , correspond au point de vue des sciences qui ont pour but de décou-
luels, comme je l’ai expliqué clans une leçon laite au collège de France, et dont M. le docteur Rouliu a donne un extrait dans le numéro du Temps du 12 juillet 1 833. Cet extrait présente un aperçu général de mes idées sur la classification de ces faits; aperçu auquel j’aime à renvoyer le lecteur qui désirerait plus de développemens sur ce que je dis ici. Je remarquerai seulement que i’homme, après être parvenu à une sorte de conception, la con- - 1> rv e j usqu’à la fin de sa vie , et que , par conséquent , sa penser , n’admettant pendant toute la durée de la première époque que la première sorte de conception , admet nécessairement les deux pre mieres peu danl la seconde, I es trois premières pendant la troisième. »t ainsi de suite . ( ( ayez la noir a la fin de relie prrjacc. )
vrir ce qu’il y a de caché dans les mêmes objets; que la troisième époque, où l enfant , par le travail auquel il se livre pour comprendre le langage de ceux qui l’entourent, est amené à comparer, à classer les objets, à observer intérieurement sa pensée , et , à mesure que sa raison se développe, à déduire des vérités qu’il connaît, d’autres vérités qui en sont une suite nécessaire , présente une analogie bien facile à apercevoir avec les sciences où l’on s’occupe aussi de comparaisons et de classifications ; qu’enfin la dernière époque correspond de même au quatrième point de vue , puisque les moyens qu’on y emploie, tant pour constater la vérité des faits que pour les expliquer, sont également fondés sur l’enchaînement des causes et des eifets?
Celte analogie est une suite de la nature meme de notre intelligence ; car le savant fait nécessairement , et ne peut faire dans l’étude de l’objet physique ou intellectuel auquel il se consacre , que ce que font tous les hommes dans l’acquisition successive de leurs connaissances.
Mais, ainsi que je l’ai déjà dit, la classilicauon des facultés et des faits intellectuels est !.out .autre chose que la classification des connaissances elles-mêmes, et c’est pour-
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quoi l’on se ferait l’idée la plus fausse de ce que je viens de dire, si l’on se figurait que j’entends rapporter les diiïerens groupes de science définis dans cet ouvrage, aux différentes époques dont je viens de parler. Il est évident qu’aucune science ne peut exister pour l’enfant avant l’acquisition du langage , et ce n’est, par conséquent , que dans les deux dernières époques qu’il est capable de s’occuper d’une science ou d’un art quelconque ; il ne l’est meme, en général, que quand il possède des connaissances ou se trouvent réunies les quatre espèces de conceptions indiquées dans la note placée à la fin de cette préface ; en sorte que la considération des époques auxquelles correspondent les diverses espèces de conceptions dont se composent les connaissances humaines, ne doit entrer en aucune manière dans les recherches relatives à la classification de ces connaissances.
Je développai, dans le Cours de philosophie que je fus chargé de faire, de 1819 à 1820 , à la Faculté des lettres de Paris, mes idées sur la classification générale des faits intellectuels. J’avais déjà consigné les principaux résultats de mon travail sur ce sujet dans un tableau psychologique , que je fis imprimer pour en donner des exemplaires à un petit nombre d’amis, me réservant de discuter
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plus tard ces hautes questions , dans un traite spécial ; mais alors la découverte que lit < )Ersted , de l’action qu’exerce sur un aimant un fil métallique où l’on fait passer un courant électrique , m’ayant conduit à celle de l’action mutuelle que deux de ces fils exercent l’un sur l’autre , me força d’abandonner le travail psychologique dont je viens de parler, pour me livrer tout entier aux expériences et aux calculs que j’ai publiés sur cette action mutuelle. J’espcre pouvoir reprendre un jour ce travail interrompu; mais j’ai cru devoir en présenter dans ce que je viens de dire un aperçu, qui servira peutêtre à faire mieux voir jusqu’à quel point la classification des sciences et des arts dont nous allons nous occuper est fondée sur la nature de notre intelligence. Au mois d’août 1832, cette classification était achevée et ses résultats consignés dans le tableau qu’on trouvera à la fin de cet ouvrage. Il me restait à exposer l’ensemble des idées sur les quelles ils reposent; c’est alors que, me trouvant à Clermont, M. Gonod, professeur au collège royal de cette ville, m’offrit de m’aider dans cette exposition. M. Gonod a constamment coopéré à la rédaction de l’ouvrage que je publie aujourd’hui, rédaction qui lus appartient autant qu’à moi-même. Je ne sau-
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rais lui témoigner assez ma reconnaissance pour le de'vouement avec lequel il s’est consacre' à cette publication , pour le secours que m’ont prêté sa plume exercée et celte pénétration remarquable qui lui faisait trouver sans cesse l’expression la plus propre à rendre ma pensée. Je me plais à le remercier ici de sa participation à un travail qui , sans lui , eut pu être indéfiniment ajourné.
Plusd’ un an après , et lorsque 1 impression de la première partie de cet ouvrage était presque achevée , des considérations toutes différentes de celles que je viens d exposer , me conduisirent, le 12 décembre i855, à retrouver, pour la troisième fois, par des considérations toutes différentes , les mêmes divisions et subdivisions de l’ensemble des vérités dont se composent nos sciences et nos arts, telles que je les avais d’abord établies, et qu’ensuite au moyen des points de vue dont je viens de parler, je les avais obtenues de nouveau précisément dans le même ordre.
Ces considérations, où je parvins en examinant la manière dont les mêmes divisions et subdivisions se déduisent les unes des autres, m’ont fourni une nouvelle clef de ma classification , qu’on pourrait substituer à celle dont je me suis servi. Dans ce cas , il n > aurait pas un mol à changera tout ce qui, dans
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f-et ouvrage, est imprimé en gros caractères ; mais les observations, qui le sont en caractères plus petits, devraient être remplacées par d’autres , où serait exposée cette nouvelle manière de coordonner toutes les parties de ma classification. De ces deux clefs, la première me paraît la plus philosophique , la plus féconde en applications et en déductions nouvelles, et je la crois même la plus propre à fixer ma classification dans la mémoire ; la seconde me semble plus pratique et peut-être plus aisée à saisir : sous ce rapport , elle pourra convenir à un plus grand nombre de lecteurs. Mais ce qui me frappe le plus, c’est que deux moyens aussi différens entre eux s’accordent à reproduire , et dans le même ordre , les divisions et subdivisions des connaissances humaines, que j’avais d’abord établies indépendamment de l’un et de l’autre. Cet accord est, selon moi, la preuve la plus convaincante que ces divisions sont fondées sur la nature même de notre esprit et de nos connaissances. Quand j’ai découvert cette seconde clef, l’impression de mon ouvrage était, comme je viens de le dire , trop avancée pour que je pusse en montrer successivement toutes les applications ; mais afin de satisfaire à cet égard le lecteur, je me propose de terminer mon travail par un appendice , dans
lequel je donnerai tous les détails qu’il pourrait désirer à ce sujet.
Par là, le texte des deux parties de mon ouvrage présentera au lecteur ma classification déga gée de toute vue théorique, et fondée uniquement sur le rapprochement des vérités et des groupes de vérités dont les analogies sont les plus nombreuses et les plus intimes ; les observations qui accompagnent ce texte lui offriront un premier moyen d’obtenir a prion des mêmes groupes de vérités , précisément dans l’ordre où ils ont été d’abord rangés ; enfin , il trouvera dans X appendice un
second moyen d’arriver au même but. En •/
exposant les considérations sur lesquelles repose ce second moyen , je trouverai l’occasion de développer mes idées sur la manière dont lesdiverses branches des connaissances humaines naissent les unes des autres, comme le premier vient de me fournir l’occasion d’indiquer les rapports qui existent entre la classification que j'ai faite de ces connaissances , et la nature et les lois de la pensée. Peut-être est-il plus utile, pour mettre en évidence les rapports mutuels qui lient entre elles toutes les sciences , de ne donner la préférence ni à l’une ni a l’autre de ces deux manières d en coordonner les divisions et subdivisions, mais de les exposer l’une après l’autre comme se