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prêtant un mutuel appui , en tant qu’elles conduisent à la même classification par des routes différentes.
Cette classification fait partie d’une science à laquelle j’ai donné le nom de mathésiologie , de /méSuo-iç, instruction , enseignement , et qu’on retrouvera définie et classée dans la seconde partie de cet ouvrage.
La mathésiologie est pour celui qui veut étudier ou enseigner, ce que sont pour le naturaliste les sciences auxquelles j’ai donné les noms de phytonomie et de zoonomie ; dans celles-ci , on s’occupe des lois de l’organisation des végétaux et des animaux , et de la classification naturelle de ces êtres ; dans la mathésiologie , on se propose d’établir, d’une part , les lois qu’on doit suivre dans l’étude ou l’enseignement des connaissances humai*nes, et, de l’autre, la classification naturelle de ces connaissances.
J’ai cru nécessaire en écrivant cette préface de faire le récit qu’on vient de lire , parce que > s’il est quelques motifs qui puissent autoriser la persuasion où je suis que la classification exposée dans mon ouvrage est réellement fondée sur la nature des choses, et faire partager cette persuasion au lecteur qui s’est fait une idée juste de ce que doit être une classification naturelle, ce sont sans doute les suivans :
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r°. Le grand nombre meme des changemens que j’ai faits successivement à celte classification. En effet, chaque changement ne pouvait m’être suggéré que parce que je venais à découvrir de nouveaux rapports entre les sciences que j’avais d’abord mal classées faute d’avoir aperçu ces rapports; et je n’adoptais une nouvelle division ou une nouvelle disposition des sciences , qu’après avoir comparé les raisons qui militaient en sa faveur avec celles qui m’avaient auparavant conduit à en admettre une autre, et après m’être assuré que la seconde était en effet préférable a la première. Quand il est question d’une méthode artificielle , une fois que les principes en sont posés , elle ne peut plus être susceptible d’aucune variation. Dès que Linné eut établi ses classes et ses ordres du rè^ne végétal d’après le nombre et les rapports mutuels des étamines et des pistils , il ne pouvait plus y avoir rien à changer dans son système, dont la création n’exigeait que quelques jours, ou même que quelques heures ; tandis que, pour arriver à la classification naturelle de toutes les plantes , il a fallu passer par les essais de Linné lui-même et ceux d’Adanson , par la classification beaucoup meilleure de Bernard de Jussieu, où ii restait cependant entre des végétaux qui n’ont aucune analogie , plusieurs rapproehemens inadmis-
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bibles, tels que ceux qu’il a établis entre les arums , les aristoloches et les fougères , entre les lysimachées et les ombellifères , etc. ; ei des plantes analogues placées souvent trèsloin les unes des autres. Il a fallu que l’illustre neveu de ce grand homme apportât de nombreuses modifications au travail de son oncle; et malgré cette longue suite de travaux, il y a encore sans doute bien des changemens à faire à la classification exposée dans le Généra plantarum. Si j’avais cru trouver, de prime abord , l’ordre et les divisions de nos connaissances , et que , me bornant aux premiers résultats que j’avais obtenus , je n'y eusse plus ensuite fait aucun changement, il me semble que cette considération seule serait une grande présomption pour faire regarder ma classification comme artificielle.
2°. C’est souvent l’analogie qui m’a suggère de faire dans les sciences de nouvelles divisions auxquelles je n avais d’abord pas pensé. Comme je viens de le dire, quoique je distinguasse la botanique de la zoologie , j’avais réuni , sous le nom d’agriculture, l’étude de tous les moyens par lesquels nous approprions a notre utilité tant les végétaux que les animaux, et c'est aux conseils d’un des hommes les plus capables de bien juger une question de ce genre, que j’ai dû la division qu’on
trouvera établie ici entre ceux de cesmoyens dont la connaissance doit seule porter le nom d’agriculture , puisqu’ils sont relatifs aux végétaux, et ceux qui se rapportant aux animaux doivent constituer une science h part , à laquelle j’ai donné le nom de zootechnie. Mais, tout en me conformant dans ce cas à l’analogie , parce que ces deux sciences existent réellement , je ne me suis pas laissé entraîner à la suivre aveuglément jusqu’à vouloir établir, pour les végétaux , des sciences analogues à ce que sont à l’égard de l’iiomme et des animaux la médecine et l’art vétérinaire. On verra, dans le cinquième chapitre de cet ouvrage, que, soit d’après la différence même qui existe entre l’organisation végétale et celle des êtres doués de sensibilité et de locomotion , soit d après la nature des moyens employés et des circonstances où on les emploie , les sciences qu’on voudrait fonder ici sur l’analogie , relativement aux végétaux , n’existent ni ne peuvent exister.
De même , après avoir vu qu’on devait faire suivre chacune des sciences physiques ou naturelles qui comprennent tout ce qu’on peut connaître des objets dont elles s’occupent , d’une autre science du même ordre où fort étudiât les moyens de se procurer ou de modifier ces objets de la manière qui nous est la
plus avantageuse , je devais naturellement être porté à faire la même chose à l’égard des sciences mathématiques; mais il me fut aisé de reconnaître que cette analogie était trompeuse , et que toutes les applications utiles des mathématiques supposant des connaissances comprises dans des sciences que l'ordre naturel classait nécessairement après elles , ces applications ne pouvaient être admises dans l’embranchement des sciences mathématiques , mais seulement dans les embranchemens suivans , selon la nature des objets auxquels elles se rapportaient.
Ce n’est que long-temps apres , qu’en traçant la limite qui sépare cet embranchement de celui des sciences physiques , j’ai vu comment cette différence , que j’avais été force d’admettre sans en connaître encore la raison , résultait de la nature purement contemplative des sciences mathématiques ; de même que ce n’est que quand j’ai eu découvert, en décembre iS53, la nouvelle clef dont j’ai parlé toutà l’heure, que j’ai vu pourquoi les sciences relatives aux animafux prenaient , dans l’embranchement des sciences médicales , un développement qui n’a point d’analogue à l’écard des végétaux.
5°. Un dernier motif qui ne me permet guère de douter que la classification à la-
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quelle je suis parvenu est fondée sur la nature même des choses , c’est qu’elle a été faite à une époque où ne pensant pas même que je trouverais plus tard le moyen d’en reproduire et d’en coordonner d’une manière régulière toutes les divisions et subdivisions , je ne pouvais être influencé par aucune vue systématique, mais seulement par les analogies de tout genre observées entre les sciences que je comparais. Comme je l’ai dit plus haut , je n’eus l’idée de chercher un semblable moyen que pour faciliter l’exposition de ma classification, que je faisais en iS5ii852 au collège de France , lorsque cette classification était à peu près achevée. Le premier moyen que j’essayais ne remplissait mon but que d’une manière très-incomplète ; ce ne fut que long-temps après que j’en trouvai un qui la reproduisait exactement , et qui est consigné dans les observations dont j’ai accompagné les principales divisions de cet ouvrage. Un autre moyen fondé sur des principes tout différens ne s’est présenté à mon esprit qu’à la fin de i853 ; ce qui n’empêche pas qu’il ne s’accorde aussi exactement que le précédent avec tous les résultats déjà obtenus. Comment cet accord serait-il possible, s’il ne s’agissait pas d’une classification qui , précisément parce qu’elle
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exprime les vrais rapports des sciences, éta- Idit entre elles une multitude de liaisons auxquelles je ne pouvais songer en la formant, et parmi lesquelles se trouvaient compris ies rapports qui m’ont fourni les difïerens moyens de retrouver synthétiquement toutes les divisions et subdivisions dont se compose ma classification.
Il ne me suffisait pas d’avoir défini et classé toutes les sciences , de voir les conséquences de mon travail confirmées par la découverte des deux moyens de le reproduire , dont je viens de parler , il fallait trouver les noms les plus convenables pour désigner les divers groupes de vérités dont se composent nos connaissances. Une classification ne peut exister sans nomenclature , sans qu’une langue bien faite y comme dit Condillac , nous donne le moyen de la fixer dans notre mémoire et de nous en servir pour communiquer à nos semblables et la classification elle-même , et les idées qu’elle nous suggère. Il est aussi impossible de se passer d’une telle nomenclature lorsqu’il s’agit des sciences, qu’il le serait, par exemple , au naturaliste de classer les végétaux et les animaux sans qu’il imposât des noms, non-seulementj aux diverses espèces, mais encore aux genres, aux familles, aux classes, etc., de tous les êtres vivans.
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Le choix des mois que j’ai adoptes a été une des parties de mon travail qui mont souvent présenté beaucoup de difficultés. Dans la nomenclature d’une méthode artificielle , il a été bien aisé a Linné , par exemple , de donner des noms à ses classes et h scs ordres, en exprimant par la réunion de deux mots grecs, combinés d’une manière toujours régulière, les caractères qu’il leur avait assignés à priori ; mais il en est tout autrement lorsqu’il s’agit d’une méthode naturelle , où les caractères qui en distinguent les diverses parties se modifiant nécessairement suivant la nature des objets auxquels ils se rapportent , ne doivent être déterminés qu’à ]>osteriori, et, s’il est possible, après que la classification a déjà été arrêtée.
Plus j’ai travaillé à assigner à chaque groupe de vérités le nom le plus convenable , plus j’ai reconnu que les modifications des caractères distinctifs des sciences , suivant la nature des objets qu elles considèrent , en devaient nécessairement entraîner dans leur nomenclature , et plus j’ai vu cette nomenclature s’éloigner d’une sorte de régularité apparente que j’avais d’abord cherché à lui donner. Voici quelques-uns des principes sur lesquels elle repose.
Les mots que j’ai adoptés successivement
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pour les diverses sciences , après cinq ans de réflexions sur les condilions auxquelles doit satisfaire une bonne nomenclature, sont d’abord de deux sortes : un mot unique nécessairement substantif ; un substantif suivi d’une qualification adjective qui en restreint la signification au groupe qu'il doit désigner.
Pour les noms purement substantifs, quand je rencontrais, parmi ceux déjà consacrés par l’usage, un mot qui désignait le groupe de vérités que j’avais en vue, tel qu’il était, dans ma classification, circonscrit et distingué des groupes voisins , le nom cherché était tout trouvé, et je nàtvais qu’à l’adopter sans m’inquiéter de son étymologie , sans examiner si sa formation était régulière ; car dès que l’usage a prononcé , l’étymologie et le mode de formation d’un mot sont bientôt oubliés et doivent l’être ; rien , par exemple , ne serait plus ridicule que de vouloir changer un mot aussi usité que celui de minéralogie , sous prétexte qu’il a été dans l’origine formé de deux mots appartenant à des langues différentes , quoiqu’on doive s’interdire rigoureusement de composer ainsi de nouveaux noms.
Lorsqu’un mot français , ou déjà naturalise dans notre langue , a , dans son acception ordinaire , une extension plus ou moins grande que celle que devait avoir la science que je
voulajs nommer, j’ai cru que je devais encore 1 adopter , pourvu que sa nouvelle extension ne différât pas trop de celle qu’il avait habituellement, en ayant soin d’avertir du changement de signification qui en résultait.
J’ai souvent été obligé d’emprunter des mots à la langue grecque ; et , à cet égard , je n’ai encore fait que me conformer à un usage généralement suivi. Ces mots , tirés du grec , peuvent l’être de differentes manières :
iu. Quand il s’agit de sciences que les Grecs connaissaient , et auxquelles ils avaient donné des noms dans leur langue , ce sont évidemment ces noms qu’il convient d’adopter , en faisant à la terminaison le changement que l’usage a consacré pour les introduire dans notre langue , soit que les Grecs eussent emprunté pour ces noms un adjectif féminin , en sous-entendant le motTê^v» , comme on le voit dans ^«p/AajtstiTot» déduit de l’adjectif <papfjLcutevTtKci; ; soit qu’ils les eussent formés du nom substantif de l’objet dont s’occupait la science, suivi d’une de ces terminaisons Xcyla, y vu cru; OU y v ut la , y peupla. ? vo/ulct , ainsi que cela
a lieu dans les noms Tt^voXoyia. , 'TTpcyvutTic
t ovroypacpi a , cta-TpovofAict .
2°. Lorsqu’on a à désigner des sciences qui n’avaient point de noms dans la langue grec que , ce qu’il v a de mieux , c'est de tirer ces
noms d’un adjectif usité dans la même langue , ou défaire , avec les quatre mots que je viens de citer et les substantifs grecs qui désignaient les objets des sciences dont il s’agit , des mots composés, le tout précisément comme avaient lait les anciens pour les sciences qu’ils avaient dénommées. C’est ainsi qu’on a déjà formé le mot physique, de l’adjectif^uo-ntcç, etlesnoms composés psychologie , photographie , etc. , et que j’ai moi-même fait ceux de diégématiquc , dianémé tique , etc., des adjectifs J'niyn/jLctTi>iûç, , J' ictvifj.vTir.ee, , etc. , et les noms hibliologie , lexiognosie , zoonomie , etc., des substantifs &i£xîov , Çuov, etc.
5°. Mais il y a des cas où l’on ne trouve pas dans la langue grecque des adjectifs dont on puisse tirer un nom convenable pour des sciences auxquelles il faut cependant assigner des noms , et pour lesquelles on ne peut pas non plus se servir de substantifs composés tels que ceux dont je viens de parler. Alors j’ai été forcé d’avoir recours à un autre procédé, celui de former des adjectifs non usités en grec , en me conforment d’ailleurs exactement au mode de formation suivi par les Crées pour ceux qu’ils ont employés. C’est ainsi que des mots kiw/uo., mouvement , a-uyxnftivet , traites , conventions, etc., j’ai déduit les adjectifs )uvvp.a.Tir.o^ , relatif au mouvement
TvyxîifA'ivniot; , relatif aux traités , aux conventions , etc. , qui sont tires des premiers, comme oiy.nfxevix.oi; 1 est d.’ cntx/xevH } de là les noms des sciences que j’ai nommées cinématique , synciménique , etc. Quelquefois, ne trouvant pas môme dans la langue grecque un substantif usité dont je pusse tirer ladjectif dont j’avais besoin, il m’a fallu faire cet adjectif en joignant le nom de l’objet de la science avec l’adjectif grec qui exprimait le point de vue sous lequel on le considérait dans cette science; par exemple, opo-Tixoc, signifiant ce qui détermine d’une manière précise , j’ai formé des mots KepcToç , gain, *pa<rjç, tempérament , etc., ies adjectifs yepJ'opimyoi;, qui détermine le gain d’une manière précise ; xpao-iopio-Tixcç , qui a pour objet de déterminer les tempérarnens . L) autres fois, j’ai déduit d’un verbe, d’après les règles généralement suivies dans la formation des mots grecs , un substantif dont je tirais ensuite l’adjectif, d'après les mômes règles ; on sait , par exemple , que si dans les trois personnes du singulier du passé passif, on retranche le redoublement , et qu’on change leurs terminaisons respectives /xm , c rat, rai , en fxa. , cnç , tmç, , on obtient trois substantifs , dont le premier désigne le produit de l’action qui est exprimée par le verbe, le second cette action môme , et le troisième celui
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qui Ja l'ait ; ce mode de formation me porta à remarquer que de la seconde personne , du singulier du parfait du verbe J'iaxlyz/juu , qui exprime l’action de communiquer à un autre ses idées , ses sentimens , ses passions , etc. , les Grecs avaient déduit le substantif J'/aAsfjç, pour exprimer cette action, et que si l’onne trouvait pas dans leurs écrits pour désigner ce quelle pro¬
duit , c’est-à-dire , toutsigne qui sert à transmettre une idée, un sentiment, une passion , etc. , ni le mot cfmAêKTw'ç, pour indiquer celui qui la fait, c’est que les auteurs grecs qui nous restent n’avaient pas eu l’occasion de les employer ; je pensai, en conséquence, qu’on pouvait regarder ces deux mots comme seulement inusités, et je crus qu’il me serait permis , dans l’impossibilité où j’étais de mieux faire , de déduire du premier l’adjectif J'iaXtyiJLctTiiiàt; , dont j’ai tiré l’épi tliè te diale gmatique , que j’ai donnée aux sciences qui ont pour objet l’étude des signes dont je viens de parler; comme les Grecs eux-mêmes avaient déduit du second l’adjectif Si et le nom de science S iu'Mh.tim.
Je sais bien que les mots ainsi formés sont loin de valoir ceux qui le sont d’adjectifs usités en grec; aussi, n’y ai-je eu recours < pie quand il fallait absolument, oulesadop-
ter, ou me mettre dans l’impossibilité d’achever la classification naturelle des sciences.
4°. Enfin , quand le nom de l’objet d’une science se trouvait déjà composé de deux mots jurées, j’ai cru que je pouvais me dispenser d’y joindre une des terminaisons logie ,gnosie, graphie, nomie , et prendre, dans ce cas, pour éviter les noms composés de trois mots grecs, le nom de l’objet de la science , au lieu de la science même, tels sont zoochrésie , utilité des animaux , ethnodicée , droit des nations , etc., mots dont je me suis servi pour désigner les sciences qui s’occupent de ces objets. Ce moyen de simplifier la nomenclature a déjà été employé , quand on a fait les mots organogénie , ostéogénie , dont j’ai imité le mode de formation pour plusieurs sciences du second règne, comme ethnogénie , hiérogénie , etc.
Après avoir formé, par ces divers procédés, tous les mots dont j’avais besoin pour ma nomenclature , j’avais aussi à m’occuper de la manière dont on devait prononcer et écrire ceux que j’avais tirés de la langue grecque: car, parmi tant d’auteurs qui ont fait, comme moi, des emprunts à cette langue, il s’en est trouvé qui semblent avoir voulu se distinguer en adoptant des règles de prononciation ou d’orthographe, différentes de celles que les autres avaient suivies. Or, ce
<{ui est surtout important dans la manière dont on prononce les noms tirés d’une langue étrangère, et dont on les écrit, c’est qu’on puisse à cet égard établir des lois générales qui, une fois convenues, préviennent toute confusion, et soient pour l’étymologiste un guide sur dans ses recherches. Ces lois d’après lesquelles les sons et les articulations d’une langue sont rendus dans une autre , font partie de l’étude des rapports mutuels des différens langages, étude dont les résultats constituent une science à part, qu’on trouvera désignée sous le nom de glossonomie dans la seconde partie de cet ouvrage.
Mais ces lois ne sauraient être établies a priori ; elles doivent se borner à consacrer quel est l’usage le plus généralement suivi , tel qu’il est résulté des formes ordinaires de notre langue, et des circonstances qui 1 ont enrichie de tant de mots empruntés à lalangue grecque. Et pour commencer par une question qui est à la fois de prononciation et d’orthographe, on sait que dans presque tous les mots français tirés de cette langue où se trouvait un y ou un x., ces lettres ont été remplacées par le g et le c de notre langue , et ont pris devant les trois voyelles c, i, y, la première, le son de notre y ^ et la seconde, celui de notre .y. Je ne connais d'exception
qu’à l’égard du x, dans un petit nombre de mots usités seulement dans les sciences mé dicales , où cette lettre a conservé son ancienne prononciation , et s’est écrite par un Z, tels que Liste, ankylosé, etc., et cela parce que ces mots ont été réellement empruntés aux Arabes, indépendamment de leur origine primitive. Mais dans tous les mots que nous avons reçus des Grecs, soit directement, soit par l’entremise des Latins, la loi générale dont nous parlions tout à l’heure a toujours été suivie; et ce serait à la fois une faute de prononciation et d’orthographe de remplacer, dans un mot que nous empruntons directement à la langue grecque, le v. de cette langue par un k , à moins qu’on ne voulût changer la manière dont on prononce et dont on écrit tant de mots déjà reçus dans notre langue; dire et écrire, par exemple, enképhale , pharmakie , kinabre , kygne , etc. A l’égard de la lettre y, il serait superflu de faire des observations semblables ; car on lui a donné le son du j devant e , i, y, dans tous les mots français tirés du grec, comme géographie , physiologie , gynécée, etc. ; mais cette lettre est sujette à une autre difficulté.
On sait que, pour représenter les sons, appelés assez mal à propos sorts nasaux, qui donnent aux langues oit ils sont admis cette
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harmonie pleine et majestueuse qu’on trouve en français dans les mots rampe , temple, constance, etc. , et qui disparaîtrait entièrement si 1 on prononçait râpe, tapie, constâce , etc., les Grecs employaient tantôt la lettre v, tantôt la lettre /x , tantôt la lettre y, et qu’ils se servaient de cette dernière devant y, »,
Dans ce dernier cas, une des règles glossonomiques du passage , dans notre langue , des mots grecs où y se trouve ainsi employé, est de remplacer cette lettre par n , comme le faisaient déjà les Latins. C’est en opposition à cette règle que quelques auteurs modernes ont imaginé d’écrire alors, à la place du y grec, leg français, dont le génie de notre langue n’a jamais permis un pareil emploi. Pour qu’on put admettre cette innovation , il faudrait qu’on commençât par écrire agge, sygcupe , évaggile , idiosygerasie , etc. , au lieu de ange , syncope , évangile, idiosyncrasie , etc. IPest inutile de dire que je ne pouvais l’adopter, puisqu’elle était fondée sur l’oubli des lois relatives aux changemens qu’éprouvent constamment certaines lettres, quand un mot passe d’une langue dans une autre , et que , d’ailleurs, elle tendait, par l’influence que l’orihograplie exerce à la longue sur la prononciation , à altérer cette dernière, de manière à v faire disparaître la distinction qu’il
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est si important de conserver pour éviter les équivoques entre les syllabes nasales et celles qui ne le sont pas.
Voici maintenant l’indication des caractères français par lesquels je crois qu’on doit représenter les caractères correspondans de la langue grecque, pour que, sans rien changer à l’usage le plus ordinaire, on puisse établir, à ce sujet, des lois générales qui préviennent l’inconvénient d’écrire , tantôt d’une manière et tantôt d’une autre , des syllabes identiques dans l’orthographe grecque.
i°. J’ai remplacé la diphthongue par une, comme l’usage l’a fait dans les mots Egypte , phénomène , parce que l’a? n’appartient pas à l’alphabet français, et quoique d autres personnes aient conservé la diphthongue grecque, et qu’ils aient écrit, par exemple, étairion , phainogame , etc.;
2°. La diphthongue u sera remplacée par i; exemple : Apodictujue , et non apoileictn/ue ; sémiologie et non séméiologie , comme on l’a fait dans liturgie , ironie , empirnpic , et autres dérivés ;
5°. La diphthongue ce étant restée dans notre écriture, je l’ai employée dans tous les mots nouveaux ([ai avaient oi en grec ;
V* -l’ai conservé Y h, dans tous les mots aflectes en grec de l’esprit rude: