DEUXIÈME PARTIE
attributs qui caractérisent chacune d'elles ; il est aisé de reconnaître dans ces lois et dans les recherches relatives à la nature différente et aux attributs opposés des deux sortes de substances, le point de vue troponomique de l'ontologie. Enfin la théoùicée qui nous fait remonter à la cause des causes et nous découvre tout ce que l'homme peut connaître par liâ-mcme de l'existence et des attributs de la Divinité est bien le point de vue cryptologique de l'objet spécial de la science du premier ordre dont je viens d'établir les divisions.
Sciences du troisième ordre relatives aux actions et à la conduite des hommes, aux motifs qui les déterminent , et à toutes les différences qui résultent entre eux de la diversité des caractères, des sentimens, des passions, etc.
. Jusqu'ici nous avons considéré la pensée de l'homme en elle-même et dans les rapports avec la réalité des objets extérieurs. Mais l'homme n'est pas seulement un ôlre pensant, il est doué d'activité et de volonté. Si dans la psychologie il est question de ces dernières facultés, ce n'est que d'une manière générale, comme faisant partie de nos moyens de co/inaître;\\ s'agit maintenant de les étudier dans toutes les modifications que présentent les actions des hommes, selon les temps et les lieux, la diversité des caractères , des sentimens, des passions, etc. C'est l'objet des sciences dont nous avons à traiter dans ce paragraphe.
a. Énumération et définitions.
i* Ethographie. La première science qui se présente ici se compose de toutes les vérités que nous fournit l'observation des divers caractères, des divers sentimens, des diverses passions des hommes. Il existé sur ce sujet un grand nombre d'ouvrages, parmi lèsquels on doit comprendre non seulement ceux de Théophraste et de Labruyère, le Traité des sentimens moraux de Smitb, etc. , mais encore les écrits où Ton se propose de peindre toutes les nuances de caractères individuels ; écrits que Ton peut regarder comme autant de monographies appartenant à la science dont nous nous # occupons. J'ai donné à cette science le nom d Ethographie, du grec riGoç, caractère, mœurs.
2. Physiognomonie. Mais les caractères, les passions des hommes qui se manifestent, quand dans leur conduite et leurs actions ils s'y abandonnent sans contrainte, restent cachés lorsqu'ils n'agissent pas , ou lorsqu'ils savent les dissimuler. Cependant des observateurs habiles , à la tête desquels il faut placer Lavater .et le docteur Gall , sont parvenus à reconnaître , soit dans l'habitude du corps et les traits du visage, soit dans la conformation de la tète, des signes caractérisques du naturel , des dispositions internes et des passions des hommes. A l'art de déterminer ainsi les sentimens et les dispositions morales ou intellectuelles de l'homme d'après son extérieur, on a
donné depuis long-temps et je conserve le nomJr* Physiognomonie , de cpvffiovvw^ovta employé dans le même sens par les auteurs grecs, racine «pveric, naturel, caractère 9 7vwpwv, qui prend connaissance . Il est évident d'après cette définition de la physiognomonie, que la science à laquelle on a donné le nom de phrénigiétique, n'est qu'une de ces subdivisions du quatrième ou du cinquième ordre , que je ne dois pas comprendre dans rénumération des sciences dont cet ouvrage présente la classification naturelle.
3. Morale pratique. L'homme ne suit pas aveuglement comme 1'insecle la seule impulsion dessentimens qu'il éprouve ; il combine d'avance ses actions , il délibère sur ce qu'il doit faire ou ne doit pas faire \ il agit d'après le résultat de ces délibérations et d'après les déterminations qu'il a reçues de son éducation et de ses rapports avec ses semblables. Il apprend à préférer au plaisir du moment le bonheur qu'il peut espérer plus tard. De là, tout ce qu'ont écrit tant de moralistes anciens et modernes sur les règles de conduite que l'homme doit adopter et sur la route qu'il faut suivre pour atteindre ce que les premiers désignaient sous le nom de souverain bien, les seconds sous celui de bonheur. L'exposition et la comparaison de leurs divers systèmes , le choix entre les opinions qu'ont émises sur ce sujet les dhférentes écoles, sont l'objet d'une science du troisième ordre à laquelle j'ai cru devoir donner le nom de morale pratique, parce qu'au
lieu d'être fondée sur la notion absolue du devoir, elle Test sur l'intérêt personnel bien entendu, sur l'ordre établi dans la société et sur des opinions qui varient, soit chez différons peuples, soit chez un même peuple aux diverses époques de sa civilisation*
4* Etho génie. Enfin, quelles sont les causes de cette diversité de caractères , de sentimens , de passions , que Y étho graphie reconnaît dans les différent hommes? Comment les circonstances où ils se sont trouvés, leurs relations sociales, les différentes organisations qu'ils avaient reçues de la nature ont-elles déterminé ou modifié ces diverses manières d'être ? Tel est l'objet d'une science du troisième ordre, pour laquelle j'ai fait le nom d1 Ethogénie, en employant la terminaison génie, comme je l'ai expliqué page 7. L'influence des tempéramens, qui a été étudiée dans l'hygiène relativement à la vie physique des hommes, doit Tètre ici a l'égard de leur vie morale,
b. Classification.
De l'ensemble de ces quatre sciences du troisième ordre, qui embrassent tout ce que nous pouvons connaître relativement aux caractères, aux mœurs, à la conduite morale des hommes, je forme une science du premier ordre qui est l'ÉTHIQUE, du grec «fttxéç, qui concerne les mœurs. Elle se divise en deux parties : d'abord I'éthique élémentaire, science du secoud ordre, qui embrasse lithographie et la physiognomonie 5 puis I'éthognosie, ou connaissance plus
approfondie des caractères, des senlimens et des passions des hommes, autre science du second ordre qui comprend la morale pratique, Féthogénie, comme on le voit dans le tableau qui suit :
Science du i« ordre. I Sciences du & ordre. I Sciences du 3« ordre.
i Ethographie.