DES MOUVEMENS
différentes races. Très souvent , pour examiner ce qui se passe autour d'eux, les serpens s'érigent perpendiculairement, en s'appuyant seulement sur la queue ou sur une partie de l'abdomen; leur tronc est alors raide et parfaitement droit, et ce n'est le plus souvent que la tête qui est courbée et dirigée en avant ; d'autres plient leur corps en S, gonflant souvent leur cou dans cette position. Suspendus perpendiculairement à une brandie d'arbre les Boas ressemblent à un corps raide et sans vie. Pour descendre d'un arbre ou d'un objet élevé quelconque,!es serpens se laissent tout simplement tomber de baut en bas, leurs formes et la grande élasticité de leurs parties empêchant que cette chute n'ait des suites dangereuses ; ayant atteint la terre, le choc qu'ils ont éprouvé en tombant, au lieu de leur nuire et de les retenir, les pousse en avant , et sert d'impulsion aux mouvemens suivans.
On a beaucoup parlé de serpens qui peuvent également bien exécuter la marche rétrograde; cette particularité s'attribue par excellence à ces serpens fouisseurs , dont le corps cylindrique est terminé par une queue très grosse et obtuse au bout; mais comme ce fait n'a jamais été constaté ni par des voyageurs instruits ni par des naturalistes de profession, on a lieu d'en douter : peut-être doit -il son origine aux préjugés des anciens (i) , qui décrivent sous le nom d'Amphisbène (double-marcheur) un serpent pourvu à chaque bout d'une tête et ayant la faculté de marcher dans les deux sens; ce nom, servant à désigner un ophidien de l'ancien monde,probablement l'Eryx, s'est conservé chez les naturalistes modernes qui l'ont appliqué à des serpens de l'Amérique, en suivant l'exemple des Portugais.
La plupart des serpens non venimeux et les venimeux colubriformes se défendent contre les attaques de leurs ennemis , en se précipitant sur eux, la tctc élevée, afin de pouvoir
(0 Pmn, 8. ^5 et Afliancj 23.
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mordreavec plus cl énergie; quelques-uns, tels que les Najas , redressent le devant de leur corps, et prennent unt^ pf)sillon toute particulière. La plupart font entendre dessifflemens aigus, qui préludent au combat; quelquefois on entend aussi un soufflement produit par l'air, qu'ils chassent avec violence par les narines. Plusieurs espèces se jetent , en faisant de grands bonds, sur leur proie, qu'ils saisissent le plus souvent avec la gueule;d'autres la retiennent en l'entortillant avec la queue,et les Boas l'entourent même par des circonvolutions de leur tronc. Les serpens venimeux proprement dits employent le même moyen pour s'emparer des animaux dont ils font leur nourriture, et pour se débarrasser de leurs ennemis. Indolem • ment étendus à terre , ils attaquent indifféremment tout être vivant, qui vient les inquiéter de trop près; mais connaissant la force de leurs armes, ils se contentent d'infliger le coup meurtrier qni manque rarement son but. Pour exécuter ce coup, ils redressent le plus souvent la tête, ils portent la partie antérieure du tronc en arrière, et déroulent d'un seul trait les replis de leur corps , en s'appuyant sur la queue ; le saut que produit ce mouvement est comparable à un ressort qui se débande, et il dirige le coup qu'infligent les crochets, par un mouvement subit et extrêmement vite de la tête en bas.
Les ophidiens avalant en entier les animaux dont ils se nourrissent, leurs dents ne servent ni à mâcher ni à broyer les alimens: ce sont de simples crochets, destinés à frapper des plaies, a retenir la proie, et à agir lors de la déglutition. Indépendamment de ces fonctions, ces dénis servent souvent
à conduire dans les plaies qu'elles ont laites, la liqueur pioduite par les glaudes dont la tête est le siège. Ces glandes sont de double nature: les unes, composées à l'instar des glandes salivaires des mammifères et des oiseaux, d'un grand nombre de petits grains, sécrètent un fluide analogue à la salive , et dont l'usage est de préparer les substances nutritives pour la digestion j les autres au contraire, sont d'une structure toute différente: elles forment un sac épais, dont l'intérieur est divisé en de nombreux compartimens ; ces glandes distillent une liqueur qui, par les effets fatals qu'elle produit dans le corps animal, devient larme funeste au moyen de laquelle lesserpens détruisent les animaux qui leur servent de nourriture. Les glandes salivaires sont propres à tous les ophidiens, mais à peine le quart des espèces connues sontelles pourvuesen outre de glandes venimeuses. Les dents, qui conduisent le venin dans la plaie, toujours caves et percées aux deux bouts, s'apellent crochets: elles ont constamment leur place à l'extrémité antérieuredu maxillaire, où elles sont fixées et qu'elles occupent quelquefois à elles-seules : cachées par les gencives, qui forment à cet endroit une espèce de gaine , elles sont couchées à l'état de repos du serpent et ne s'érigent que lorsqu'il veut mordre. Le reste des dents, et toutes celles dont la bouche des non-venimeux est garnie, sont solides, à l'exception du creux qui contient les organes nutritifs de la dent. On a cependant observé un bon nombre de serpens non-venimeux, de genres très divers, qui oflrenl des mâchoires pourvues d'une ou de deux dents plus volumineuses que le reste,et le plus souvent sillonnées par une fente, qui s'étend tout le long de leur face antérieure. Ces dents cannelées se trouvent toujours au bout postérieur du maxillaire, et ce n'est que rarement qu'on en voit une seconde au milieu des mâchoires: elles n'ont d'autres fonctions quede verser dans les morsures qu'elles ont faites, une salive plus abondante, sécrétée par la partie postérieure des glandes salivaiies, qui
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sont plus volumineuses dans laréj^ion qu'occupent ces dents cannelées, (i)
(i) C'est à tort, que l'on a classé dans la tribu des venimeux ces serpens qui offrent des dents postérieures plus longues et cannelées. Les données vagues et contradictoires sur les qualités des ophidiens, données fournies par les indigènes de Java, ont probablement causé ces erreurs. Aux Indes comme au Brésil, en Afrique comme en Europe, le peuple répute indifféremment venimeux le plus grand nombre des serpens, et notamment ceux dont l'aspect offre quelque chose de hideux. M. Reinw^ardt, lors de sa résidence à Java, fit la découverte de l'existence de dents cannelées chez plusieurs espèces de l'ancien genre Couleuvre: communiquée ensuite par feu Leschenault et par d'autres voyageurs, et accompagnée de récils sur la nature des serpens en vogue dans cette île,cette découverte vint fixer l'attention des naturalistes en Europe. Boie constata les observations du professeur Reinwakdt sur plusieurs autres ophidiens. J'ai publié en 1827, dans un mémoire inséré parmi ceux des Curieux de lanaturedeBonn , mes propres recherches relatives à cefail. Depuis celte question a été souvent agitée,et on est même arrivé,au moyen d'investigations anatomiques,à la conclusion,de considérer comme dangereuses toutes les espèces à dents postérieures plus longues ou cannelées. J'ai obtenu par des recherches analogues , et au moyen d'un examen rigoureux des récits que l'on débite sur le caractère suspect de certains serpens , un résultat tout-à-fait opposé. L'organisation de la soi-disant glande venimeuse postérieure, absolument semblable aux autres glandes salivaires, ne permet guère de douter qu'elle ne sécrète un fluide de la même nature que la salive ordinaire: aussi les observations récentes de nos voyageurs servent-elles à constater, que, ni la morsure des Dryiophis ni celle des Dipsas, serpens à dents sillonées , n'ont des conséquences fatales pour l'homme (ij.
( 1 ) Les glandes de la tète des serpens ont fourni matière à un grand nombre de dissertations publiées par Ranby Phil. Tians. ^'^. 4o[ p. 877 suiv. ,par RussEL, par Seifpert, par Tiedemajvk Mém.de l'ac. de Munich i8i3 p. a5, parCLOQUET Ne'm. du Muséum VII p. 62 , par Desmoulins ap. Macendie Journ. de Physiol. IV p. 274 suiv., par Meckel Jrc/iiv 1. i et par Duverhoy Ann. d. se. nat. XXVl et XXX, On trouve en outre des renseignemens relatifs a ce sujet dans les ouvrages deRiDi , Mead, FonrAifA , et Chabas.
Cependant , en étudiant le développement des dents des Ophidiens y on s'aperçoit cpi'il y a un passage insensible des dents solides aux crochets. Chaque dent consiste, dans les premiers degrés du développement, d'une lamelle à bords rentrans, de sorte qu'elle est ouverte à sa face antérieure. Dans les dents solides, celte fente se soude dès la première jeunesse de l'animal; elledemeur<^ ouverte un peu plus longtemps dans les crochets des serpens venimeux proprement dits,maisà l'état parfait, ces crochets n'offrent que les deux orifices destinées à l'entréeetà la sortie du venin, etdontl'inférieur conserve toujours la forme d'une fente longitudinale;le reste des serpens venimeux présente des crochets analogues, mais on découvre toujours les traces de la fente , qui réunit les deux orifices pour le venin; la cannelure enfin des dents postérieures plus longues de certains ophidiens innocens, n'est que cette fente, qui reste ouverte pendant toute l'existence de l'animal (i). Chaque dent avant de se développer, est recouverte d'une espèce de rnembrane,qui contient en même temps les matières nutritives: en s'ossifiant, la dent se colle par sa base sur les creux qui représentent les alvéoles, et se fixe à mesure que l'ossification avance; très souvent et principalement dans les crochets, il reste par derrière à leur* base un petit orifice pour l'entrée des vaisseaux et des nerfs: aussi les crochets se réunissent-ils plus intimement avec les os que les autres dents. On observe souvent les germes de nouvelles dents, cachés à côté des anciennes, dans les gencives, et servant à remplacer les dents lorsqu'elles sont détruites par quelque accident: aussitôt la nouvelle dent se déplace pour occuper l'alvéole dégarnie, où elle se fixe en se développant de la manière décrite (2). Les crochets étant plus exposés que les autres dentt»
(1) Voyez, fig, i, 2, 3 et 4 PL 16 de mon mémoire cité. (a) Voir le mémoiic sur la leproduclion des crochets publié par RosA , méiuoiic (jue je ne connais que par l'extrait donné par Mlcrel trad. alL de l'aitat. comp. de Cuvieb to/. III. /?. 126 suiv.
la nature a veille à Jour lepicxluetion, en piaeant denièie eux plusieurs germes de nouveaux crochets, dont le nombre s'élève quelquefois jusqu'à six, et qui se succèdent dans tous les degrés de développement; on ignore si les anciens crochets tombent spontanément à certaines époques, et si ce remplacement des crochets a lieu oraduellement. La structure interne de ces organes offre cela de remarquable, que le canal conducteur du venin est séparé par une cloison, du creux contenant les matières nutritives de la dent(i).
Des dents solides se trouvent indifféremment chez tous les ophidiens ; mais leur nombre, leur forme et leur disposition présentent des différences considérables dans les diverses espèces. A l'exception de l'Oligodon, qui est dépourvu de dents palatines, on compte toujours quatre rangées de dents à la mâchoire supérieure et deux à finférieure. On n'observe de dents intermaxillaires que chez les pythons et quelquefois chez le Tortrix scytale : leur nombre s'élève rarement au dessus de quatre. Les dents solides des ophidiens sont le plus souvent toutes de la même longueur: chez les Boas cependant elles augmentent en étendue vers le bout du museau, ce qui a lieu dans un sens inverse chez plusieurs espèces des genres Coluber,Tropidonotus etc.;les Lycodons offrent à l'extrémité antérieure du maxillaire, plusieursdentsplus développées que les autres; les dents des Dryophis et des Psannnophissont assez inégales, et on en voit plusieurs de très longues au milieu des mâchoires et au bout postérieur des maxillaires: ces dents, ainsi que les dents postérieures de certaines espèces des genres Dipsas, Homalopsis etc., sont souvent cannelées; tandis que d'autres ophidiens, tels que les Xénodons, les Coronelles, plusieurs Homalopsis etc. ont le bout postérieur du maxillaire garni d'une dent très développée mais solide. Il est évident que le nombre des dents varie suivant le développement du
(i) Voir les figures des crochet» dans l'ouvrage de Fontana,
maxillaire et de l'os dentaire de la mâchoire inférieure: chez la plupart des Couleuvres , chacune de ces branches contient jusqu'à 20 ou 25 dents; ces dents sont moins nombreuses chez lesHomalopsis, les Tortrix, les Calamars, et réduites à un très petit nombre chez les serpens venimeux. Nous avons déjà dit plus haut, que le maxillaire des serpens venimeux proprement dits n'est armé que de crochets : mais cet os, ayant acquis plus de développement chez les venimeux colubriformes , il porte le plus souvent derrière les crochets, une ou plusieurs dents solides (l).
Les glandes saliv aires de la tête des serpens présentent des modifications sensibles, sous le rapport du développement, de la situation et de la forme, non seulement selon les divers genres de cet ordre, mais aussi selon les espèces. Leur volume est toujours beaucoup plus considérable dans les espèces innocentes que dans celles qui sont munies en outre d'une glande venimeuse. On a désigné ces glandes suivant le lieu qu'elles occupent, en sorte qu'on en distingue d^ nasales , de lacrymales etc. j on peut subdiviser celles qui garnissent les mâchoires en maxillah^es et mandibulaires. Toutes ces glandes salivaires, quoique d'une organisation
(1) Le Tropidonote rude offre une anomalie fort curieuse par la présence de pointes émaiilées en guise de dents, qui surmontent lesextrémités des apophyses épineuses inférieures des sept ou huit dernières vertèbres collaires : ces dents sont dirigées en arrière et rappelenl celles des cyprins et de certains crustacés , quoique leur usage , à en juger par leur direction , est peut-être analogue à celui des appendices coniques de l'œsophage des tortues marines. Elles percent les tuniques de l'œsophage ,' et s'aperçoivent facilement à l'intérieur du canal alimentaire, même dans les très jeunes sujets.
seiiil)l:il)le, présentent cependant entre elles qu(;lqnes diffélences par rapport à l'aspect et à la configuration: la nasale, par exemple, est toujours plus dure au toucher que celle des mâchoires; la lacrymale offre le plus souvent une surface unie et une couleur plus pâle, aussi est-elle d'une consistance plus molle que le reste; les maxillaires enfin, lorsqu'elles présentent un lobe postérieur très développé, ont quelquefois cette portion de la glande divisée en d'autres lol)es plus petits mais cohérents entre eux.
La lacrymale envoie, d'après les observations de M. J. Cl'jquet (i), une partie du fluide qu'elle sécrète, dans la cavité en avant du globe de l'œil : elle est sous ce rapport une véritable glande lacrymale ; mais son grand développement dans plusieurs serpens dont l'œil est très petit, et la circonstance que l'humeur superflue est versée par plusieurs petits canaux excréteurs, dans la bouche, font supposer avec raison qu'elle remplit les doubles fonctions de glande lacrymale et de glande salivaire, et qu'elle mérite peut-être, chez beaucoup d'ophidiens , ce dernier nom par excellence. Elle se trouve constamment dans tous les ophidiens: située derrière le globe de l'œil et protégée , lorsqu'ils existent, parles frontaux postérieurs , elle est souvent recouverte par le muscle temporal; tandis qu'elle rentre chez d'autres serpens plus ou moins complètement dans l'orbite, en entourant le bord postérieur de l'œil.
On observe une glande nasale (2) chez la plupart des ophidiens. Elle occupe, lorsqu'elle existe, la région frênaie et borde les narines par derrière. M. Mùller a trouvé qu'elle verse sa liqueur dans la bouche, au moyen d un canal excréteur réuni à celui de la lacrymale. Cette glande est très
(i) Mérn. du Mus. vol Fil p. 62. suiv. —
(2) Le savant professeur Muller en a le premier constaté l'existence chez les ophidiens ; voyez Meckf.l Jrc/tiv on n. 1829 />. 70.
(Icveloppée chez le Xenopeltis, cliez quelques Couleuvres , chez le Tiigonocépliale à bouche rose etc.
Les glandes sali v aires , qui garnissent les mâchoires , sont beaucoup moins développées chez les serpens venimeux que chez les non venimeux. 11 n'y a que peu d'espèces de la dernière tribu qui offrent des glandes petites et l'Eryx est même totalement dépourvu de glandes maxillaires. Les espi'ces au contraire, à dents maxillaires postérieures sillonnées ou plus longues, présentent toujours une glande assez développée dans cette région , et qui est quelquefois plus ou moins parfaitement séparée du reste de la glande maxillaire. Chez les serpens où on voit, outre les dents postérieures, une dent plus longue au milieu des mâchoires , la glande acquiert également à cet endroit un volume plus considérable, afin de fournir à cette grosse dent une liqueur plus abondante. Chez plusieurs autres serpens les glandes maxillaires s'étendent sous la plaque rostrale, se réunissant ainsi des deux côtés ; mais très souvent la rostrale est séparée des maxillaires. Régnant tout le long des mâchoires, les glandes maxillaires et mandibulaires envoient dans la bouche, l'humeur qu'elles sécrètent, au moyen de petits canaux excréteurs, dont l'embouchure donne dans les gencives, à la base des dents. Le canal de la grosse glande chez les serpens à dents postérieures cannelées, est assez sensible, et correspond exactement avec le sillon, qui conduit la salive dans la plaie. Très souvent la glande maxillaire est suspendue, au moyen d'un ruban tendineux à l'articulation de la mâchoire inférieure.
Outre cet appareil salivaire compliqué et commun à tous les serpens, on observe chez plusieurs espèces une glande toute particulière, destinée à sécréter un fluide qui, porté dans le corps animal, y produit des effets plus ou moins fatals. Cette glande, appelée venimeuse, parce qu'elle forme le caractère principal des serpens venimeux, est renfermée dans une enveloppe tendineuse assez épaisse , tenace
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et dure au toucher, dont une portion s amincit par derrière en forme de ruban étroit, qui attache la glande à Tarticulation de la mâchoire inférieure. En avant , cette enveloppe se rétrécit pour former un canal assez spacieux , qui s'étend le long du maxillaire, et ne descend que pour donner dans 1 orifice situé à la face antérieure de la base du crochet. Chez les serpens venimeux proprement dits, ce canal est plié lorsque les lonofs crochets sont couchés , afin d'avoir la faculté de s'étendre et d'obéir avec facilité aux mouvemens du maxillaire. L'intérieur de la glande venimeuse est divisé en un grand nombre de compartimens exigus ou de cellules , produites par des parois très minces et se croisant sous un angle plus ou moins aigu (i): c'est à cette structure seule, toute différente de celle des glandes salivaires, qu'est due la sécrétion An fluide appelé venin, à cause des effets délétères qu'il produit dans l'œconomie animale. Il est vrai que la morsure des animaux les plus innocens peut avoir des suites funestes par le concours de certaines circonstances, telles que la température du climat, l'état psychologique et pathologique de l'être mordu , la fureur dont l'animal qui mord est animé, etc. ; et c'est par cette même raison, que la piqûre des serpens non venimeux peut devenir dangereuse, même pour l'homme, lorsque la nature de leur salive a été altérée par des circonstances analogues. Mais le venin des serpens venimeux tient ses qualités délétères de sa propre nature, quoique les circonstances que nous venons de mentionner peuvent contribuer à lui rendre plus d'activité.
Ce venin est, à l'état frais, un fluide transparent, limpide, d'une teinte jaunâtre tirant sur le verdâtre , un peu gluant quoique moins que la salive à laquelle il ressemble sous plusieurs rapports: desséché, il devient visqueux et s'attache fortement à d'autres objets; exposé au feu , il
(i) Voy<»/. Mûii.iR, De penitiori glandularurn structura.