PROPAGATION
s'accoupler, les deux sexes s'entcutillent avec leurs corps, eu sorte qu'ils ue paraissent former qu'un seul individu à deux têtes qui se regardent i'iice contre face; le maie introduit alors dans la cloaque de la femelle les deux corps cylindriques et hérisses d'épines qui, en se retournant sur eux-mêmes, ont été retirés du dessous de la queue: les deux sexes restent ainsi réunis pendant plusieurs heures (i); mais on ne saurait au juste fixer la durée de l'accouplement. Il faut, du moins chez nos espèces mdigènes, un espace de trois à quatre mois, avant que les œufs soient prêts à être pondus: durant cet intervalle, ils subissent déjà une espèce d'incubation dans le ventre de la mère; car en ouvrant les œufs après qu'ils ontétépondus, on y aperçoit presque toujours un fœtus plus ou moins développé et quelquefois même entièrement formé. Dans ce dernier cas, les petits ne sont renfermés que dans une membrane mince, qu'ils déchirent au moment même de naître, pour commencer leur existence indépendante. Dans un grand nombre de serpens, au contraire, les œufs sont enveloppés d'une tunique temice et de nature coriace ou plutôt tenant de celle du parchemin: les petits, n'étant qu'imparfaitement développés lors de la ponte de ces œufs, il leur faut quelquefois l'espace d'un mois et davantage avant d'éclore. Voilà sur quoi repose la distinction que l'on fait entre serpens vivipares et ovipares: distinction qui, à la vérité, n'est fondée que sur le plus ou moins de développement du fœtus dans l'œuf, lors de la naissance, ou sur la nature de l'enveloppe extérieure de l'œuf. Les ophidiens sont donc toujours ovipares et c'est à tort que l'on a comparé cette espèce de génération vivipare à celle des mammifères , où le petit reçoit sa nourriture de la mère au moyen d'un placenta.
Les conditions nécessaires pour le développement de
i'i } Lfîîz /;. r»2 cl suiv.
Hi\ pi\()PAr;viioiN.
renibiyon clans \\v\d sont, selon Mr. Hi-iihoîut (i): l liiiniidité proiluilo [)ar une IV.ihlo tVrnienlalion vci^étalc , conjoinlenienl avec une tempéraUire proporllonce (entn; 4~ ^o et -j- 6" /?); enfin, des circonstances propres à favoriser l'aljsorplion et l'évaporation à travers renvelop[)e extérieures de l'œuf. C'est de là cpielesserpens recherclient, pour déposer leurs œufs , tles lieux où ces conditions se trouvent cond)inées, tels -^ue des tas de luniier ou de feuilles, amassés dans les endroits exposés au soleil; c'est pour le même motif que plusieurs espèces ovipares aiment à s'établir dans le voisinage des maisons, dans des serres, etc.
On a erronément avancé cpu* les serpens venimeux mettent toujours des petits vivans au monde , et que les serpens ikmi venimeux seuls pondent des œ'uls: il n'en est pas ainsi, car il y a plusieursdecesderniersqiii sont vivipares, tandis que certaines espèces de la première tribu pondent des œufs conune la plupart des couleuvres. Il parait même que cette diversité dans la génération n'a aucun rapport avec l'organisation de l'animal même, vu que ces deux modes de génération se trouvent quelcpiefois cbez des espèces très voisines d'un même genre: la Coronelle lisse par exemple, produit de petits vivans connue notre Vipère commune, mais plusieurs autres Coronelles pondent des œufs renfermés dans une enveloppe coriace; il en est de même avec le Python à deux raies, tandis que le Boa rativore est complètement vivipare; parmi les venimeux, il y a les Najas et plusieurs autres qui sont ovipares.
Durant la ponte, les serpens se tiennent étendus à terre et lèvent seulement la queue pour faire sortir les œufs ; cette opération n'est ni longue ni pénible. (2) Les œufs des Ophidiens contiennent, avant le développement de l'embryon , un fluide homogène d'une couleur jaune foncé, et analogue
(i) Oversigt i33o /;. 4 e'< suiv. — (2) Lenz p. 498.