DEVELOPPEMENT
Les petits au sortir de l'œuf, différent ordinairement de leurs parens, outre leur taille, par un système de coloration plus vif et plus tranché, par une tête plus émousée et plus arrondie, par la grandeur des yeux, et parle moindre déve loppement de l'épiderme et de ses appendices. Au reste, ils sont pourvus de dents parfaitement semblables à celles des adultes, aussi en font ils tout de suite usage, et les venimeux , instruits par linstinct du pouvoir de leurs armes, élèvent et baissent alternativement leurs crochets, et se défendent contre les attaques avec cette fureur, innée à toute leur race. On a
.. .(i^iYolr, pour ce qui a rapport au développement tie l'œuf des serpens, rexcelleut Mémoire du professeur Herholdt, accompagné de
belles planches: Oicrsii^t xi^'H) — 3o/;. 4 cS suiv, avec /^^. 2.
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iongtemips cru que la queue est, en proportion du Ironc, pins courte chez les jeunes que chez les adultes , et que ce membre offre en conséquence chez ceux-là un nombre moindre de plaques souscaudales. S'il en était ainsi, il faudrait supposer qu'il se développe avec l'âge de nouvelles plaques, comme on l'observe chez les Julus; mais comme le nombre des plaques correspond à celui des vertèbres , il faudrait également supposer la production de nouvelles pièces osseuses , ce qui est peu probable chez des êtres d'un ordre aussi élevé que celui dont nous traitons. D'ailleurs, les recherches que j'ai faites à cet égard, m'ont prouvé le contraire, vu que parmi une grande quantité d'individus, les jeunes n'offraient, quant au nombre des plaques , d'autres différences avec les adultes que celles qui ne sont dues qu auhazard: pour être sûr du fait, j'ai répété ces expériences sur un grand nombre d'espèces les plus diverses, et j'ai toujours obtenu le même résultat. Peu de temps après leur naissance, iespetitsophidiens subissent la première mue. Cette opération se répète , chez nous , suivant les observations de M. Lenz , cinq fois par an, savoir: tous les mois depuis la lin d'Avril jusqu'au commencement de Septembre ,* d'où il résulte qu'il n y a point de changement de peau pendant le sommeil d'hiver. Il serait d'un grand intérêt de savoir, combien de mues subissent les serpens dans les climats tropiques où l'engourdissement n'a pas lieu. Dans la domesticité, une manière de vivre peu propre à la nature des êtres, influe notannnent sur les fonctions de la peau dont l'épiderme ne se renouvelle plus dans des périodes déterminées et fixes; très souvent alors, cette opération est assez longue et si pénible, que l'animal souffre beaucoup , ou qu'elle est quelquefois suivie de la mort. Pour rejeter l'ancien épiderme , qui connnence à se détacher par la tête , et notamment le long des bords des lèvres , le serpent s'engage dans les mousses, dans les herbes ou dans les l)ruyères, et parvient, au moyen d'un mouvement progressif lent et continu.
\)0 DÉVELOlM^EMtNT.
ou (11111 rrolUMiicnl , à se dôbarassor pelll à petil i\v. la Uiiii(jiKexlrrieiirc (It? sa peau, qui est déjà remplacée en dessous par un épideinjc nouveau. La tlépouille ainsi enlevée se trouve lournée à l'envers d'un bout à l'autre, et présente un sac; à surfaoe réticulée plus ou nioins diaphane, plus large (jue le cor[)s du serpent à cause du dilatenient des intervalles nienibrani u\ , et qui n'otfVe , à l'exception de celles de la gueule et des narines, d autre ouverture (pie lOrilice postérieur du tronc ; car tout le nKJude sait , (|ue la nienil)rane hénnspli(*ri(jue protégeant extérieurement le globe de rtx'il , t'ait partie des tégumens extérieurs et tient par consé- (juent à la dépouille rejetée. Cette dépouille, d'abord molb*, se dessèche bienl(jt , et se conserve l'acilenient dans les C!iabinets ; mais il arrive rarement de les renc(jntrer entières , vu qu'elles se déchirent souvent pendant l'opération cpie nous venons de décrire. Nous en possédons (|uel(jues-unes qui sont fort belles de plusieurs espèces exoti(jucs, qui prouvent qu(> le dépouillement se fait de la même manièrecheztouslesserpens. Les changemens qu'éprouvent les Ophidiens avant d'avoir ac({uis le terme de leur développement sont encore peu étudiés. Aussi (juelquelois, ainsi que nous l'avons dit plus haut, la livrée des deux sexes offre-t-elle dans les diverses périodes de la vie des différences considérables. Les mâles ont souvent la queue plus grosse et plus longue que les femelles, probablement parce que ceux-là ont les organes de génération logé dans une cavité à la base de ce mend)re; les femelles au contraire acquièrent une taille plus forte que les mâles , et leur tronc est alors d un volume plus considérable. On ignore absolument l'âge, auquel parviennent les diverses races de serpens, quoiqu'on puisse leur supposer une vie très longue, comme à tous les autres reptiles; on ignore également si ces êtres ont un terme fixe de croissance ni de quelle durée il est. Il est probable qu'ils grossissent durant toutle temps de leur vie; mais mes observations me portent à croire, que cette