‹ Essai sur la physionomie des serpens (volume 3)Chapitre 54 sur 66 · VENIMEUX · texte numérisé non relu

VENIMEUX

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J'ai proposé dans un mémoire relatif aux glandes salivaires des ophidiens, et imprimé en 1828 , l'établissement de trois familles de serpens venimeux. Je conserve à la première de ces subdivisions la dénomination qu'elle porte à la tête du chapitre : elle comprend les genres elaps, bungarus et naja, modifiés ou étendus suivant la nature des espèces qui s'y trouvent rangées. Les serpens venimeux que nous venons de citer, quoique munis d'armes venimeuses, se rapprochent cependant des Couleuvres par l'ensemble de leurs formes extérieures, et leur ressemblent souvent, au point que l'œil expérimenté même éprouve , au premier abord , de la difficulté à les distinguer de celles-ci. Ils sont dépourvus de cette queue perpendiculairement applatie propre aux serpens marins , qui leur ressemblent par plusieurs autres points de leur organisation ; il est impossible de les confondre avec les serpens venimeux proprement dits ; ceux-ci se distinguant assez par leurs formes ramassées , par une tête grosse et triangulaire, par une pupille verticalement alongée , et par des écailles carénées. Ces limites rigoureuses que l'on aime tant à établir, existent aussi peu dans ces divisions

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que dans les autres parties de la zoologie , car plusieurs espèces des deux familles offrent un passage plus ou moins marqué par le rapproclien)ent dans les formes.

Les ophidiens dont nous nous proposons de traiter , ont les formes plus élancées que les autres serpens venimeux. Leur tronc est le plus souvent assez effdé, quelquefois cylindrique ou un peu comprimé. Leur queue est , connue celle de tous ' les serpens venimeux, assez courte, souvent conique ou de grosseur égale, et arrondie au bout. La tête, presque toujours d'une venue avec le cou, est petite , courte, à museau gros, peu conique et le plus souvent obtus ou arrondi à l'extrémité. Les yeux sont peu volumineux et quelquefois un peu verticaux: ils offrent toujours une prunelle orbiculaire. Les narines, constamment latérales et assez ouvertes, percent une large plaque située aux cotés du museau. Le corps est revêtu d'écaillés peu nombreuses , de moyenne grandeur et toujours lisses , excepté chez le naja iiaemacuate, qui les a surmontées d'une carène. L'abdomen est constamment convexe et «arni de bandes plus ou moins larges, suivant les espèces. Mais ce qui caractérise particulièrement les serpens venimeux de cette famille, c'est qu ils ont le sommet de la tête revêtu de neuf plaques , modelées sur le même type que celles des couleuvres. Cette circonstance , jointe à l'analogie dans l'ensemble des formes , leur donne une grande ressemblance avec ces dernières : il suffit de remarquer pour bien les en distinguer , qu ils ont toujours la queue assez courte, un museau gros , une plaque rostrale large, des narines assez ouvertes, des yeux moyens ou petits , un nombre peu considérable de plaques labiales ; enfin qu'il leur manque constamment la plaque de frein (i), ou plutôt que la plaque oculaire antérieure s'avance sur les côtés du museau pour rejoindre la nasale , occupant ainsi la place de la frênaie.

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(i) Le N A. j A NiGRUM sGul fait cxception à cctte règle.

LES SÈRPEIVS VENIMEUX COLUBRIFORMES. 433

Les parties internes offrent quelques autres traits distinctifs , clignes de l'attention des naturalistes. Les organes faisant partie de l'appareil venimeux, sont beaucoup moins développés que chez les Serpens venimeux proprement dits , et il paraît que les ophidiens dont nous nous occupons, ont à un degré moindre que ces derniers, la faculté d'ouvrir la gueule , de relever les crochets et de frapper une plaie profonde et dangereuse. Leur organisation du moins semble conlirmerce que nous venons de dire. Leurs vertèbres ne sont pas munies de ces apophyses volumineuses qui , chez les serpens venimeux proprement dits, offrent un plan d'insertion assez étendu, à des muscles remarquables par leurs dimensions. Les us cjui composent la charpente osseuse de la tête, sont beaucoup moins mobiles que chez ceux-ci , plus robustes , et présentent des proportions moins favorables pour agir les uns sur les autres, comme de puissans leviers, mis en jeu par des muscles insérés à peu de distance des jointures. En effet, la mâchoire inférieure est droite chez ces serpens, et offre une apophyse coronoide peu saillante et très éloignée de l'articulation ; les crochets, peu développées et ouverts à leur face antérieure au moyen d'un sillon qui réunit les deux orifices, sont fixés au maxillaire , qui est plus long que chezles Serpens venimeux proprement dits, et dont le bout postérieur sert le plus souvent de base à une ou à plusieurs dénis solides; les ptérygoïdiens extrines enfin agissent avec d'autant moins de force, qu'ils sont raccourcis aux dépens de la mâchoire supérieure. Cette forme diverse des os qui composent le crâne de ces serpens , donne à cette partie un aspect très différent de celui des autres serpens venimeux. Il est toujours alongé chez les espèces de la famille dont nous traitons, peu large entre les orbites et à sommet un peu convexe; l'intermaxillaire est le plus souvent très robuste; les frontaux antérieurs sont toujours attachés perpendiculairement ; enfin la conformation des os décrits plus haut prête au crâne de ces ophidien« une forme , qui atteste encore leur analogie avec les

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