LES SERPENS VENIMEUX COLUBRIFORMES
Couleuvres et prouve qu'ils constituent le passage entre ces dernières et les Serpens venimeux proprement dits.
La disposition des glandes de la tète offre plusieurs particularités. On observe toujours des salivaires bordant les nià<;hoires, et dont la maxillaire est quelquefois tellement développée qu'elle recouvre la glande venimeuse. La rostrale et les nasales paraissent se trouver constamment ; mais la lacrymale, lorsqu'elle existe, est petite. La glande venimeuse est quelquefois grosse et toujours recouverte d'une enveloppe blanclie , tendineuse et très épaisse : elle se rétrécit vers le devant en un canal excréteur court, qui n'est jamais replié, conmie on l'observe dans lesSerpens venimeux proprement dits. La disposition des viscères ne m'a offert rien de particulier dans les espèces que j'ai disséquées: elle est à-peu-prèsia même que dans la plupart des serpens de terre non venimeux j c'est à dire qu'il n'existe qu'un seul poumon, que le canal intestinal formedes replis peu profonds , que l'on ne voit pas de cœcum, que les reins et les testicules sont alongés, etc. Le volume des viscères varie suivant que les espèces ont les formes effilées ou ramassées ; les élaps ont par conséquent le canal de la digestion très étroit, mais il est plus spacieux dans les Najas et dans les Bongares.
1 Genre. LES ELAPS. ELAPS.
En examinant les ouvrages des différens auteurs qui ont écrit sur VOphiologie, on s'aperçoit bientôt qu'ils se sont formé des idées très confuses du genre dont nous nous proposons de traiter. Le savant (i) qui l'a établi, a embrouillé l'histoire des Elaps dès le premier pas, tant par l'inexactitude qui règne dan* les notes diagnostiques , que par le choix arbitraire des espèces qu'il énumère. Ses successeurs , et particulièrement Wagler (2) , ont mis la confusion au comble, en rangeant dans le genre Elaps tous les ophidiens, soit venimeux soit non venimeux, dont la tête est dune venue avec le tronc. — - Je réunis à l'exemple de Cùvier (3) etde BoiE , sous cette dénomination , tous les serpens venimeux qui se rapprochent par leur port de ces ophidiens non venimeux que j'ai compris dans les genres tortriî et calamar. Cette analogie cependant ne doit être regardée que comme relative; elle n'est d'aucune importance réelle, car on verra par les caractères que j'assigne aux Elaps, combien ces ophidiens se distinguent des genres que je viens d'indiquer.
Les Élaps ne parviennent pas à une forte taille ; il est rare de rencontrer des individus de 3 à 4 pieds de longueur totale, et la circonférence de leur tronc ne surpasse guère celle d'un doigt: on voit par cela que ces ophidiens ont les formes extrêmement
(1) Sqhneid. Hist^ Awph U p, 289, — (a) S:'rp. bras. p. i auîv. — (3j Règne an. Il p. 94.
élancées; aussi leur corps est-il presque partout de semblable grosseur, cylindrique ou très peu comprimé. Plusieurs espèces restent toujours petites , et ne l'emportent guère en grosseur sur celle d'un tuyau de pipe; d'autres, en conservant les mêmes formes grêles, atteignent une taille plus considérable.
La queue des Elaps est presque constamment de la même venue avec le tronc, dont elle n'occupe le plus souvent que le septième ou le huitième de la longueur totale; elle s'amincit quelquefois vers le bout, qui est gros et obtus dans les uns et terminé par une pointe conique dans les autres ; le dessous de la queue est très rarement garni de plaques non divisées* L'abdomen , toujours convexe , est revêtu de lames qui occupent toute sa largeur.
La petite tête est d'une venue avec le tronc, forme due particulièrement à la brièveté des mastoïdiens; il résulte également de cette organisation , que la bouche des Elaps est très peu fendue, et qu'ils ne peuvent par conséquent l'ouvrir au point d'avaler des animaux plus volumineux que leur corps. La tête est toujours plus ou moins comprimée, et quelquefois un peu conique; elle diminue insensiblement vers le museau qui est court, rarement conique, à bout tronqué , arrondi et obtus , et terminé par une plaque assez large et voûtée. Les yeux, placés aux côtés de la tête, dans une concavité formée par le bord rentrant des orbites, se font remarquer par leur petitesse; ils offrent toujours une pupille ronde. Les narines également latérales, orbiculaires et assez ouvertes, percent la partie postérieure d'une lame considérable située aux côtés du museau , à peu de distance de son bout; cette lame est divisée en deux (i) par une fente longitudinale chez toutes les espèces , à l'exception de celle
(i) On pourrait aussi regarder celte plaque comme composée de deux autres, la nasale et la frênaie , et dire que les narines s'ouvrent entre ces ' deux lames.
ELAPS, 437
du Cap. L'ouverture de la bouche est droite et un peu ëchancrée au dessous de l'œil.
Le sommet de la tête est toujours revêtu de neuf James , semblables à celles des Couleuvres, mais dont la forme varie suivant les espèces. On voit une seule plaque oculaire postérieure chez l'ÉLAPS LACTÉ qui , comme nous venons de le constater, a la nasale entière; les autres espèces au contraire , ont une nasale séparée en deux , et offrent en outre deux plaques derrière l'œil. L'oculaire antérieure est assez alongée et touche à la nasale , qui est le plus souvent canaliculée et inclinée vers les narines , faisant de cette sorte partie du bord de leur ouverture , qui est également enfoncée et assez profonde. Les lèvres sont presque toujours bordées de 7 plaques plus ou moins larges; on en compte une ou deux de semblables sur la région des tempes. Le dessous de la tête porte des lames mentales et des écailles gulaires , analogues à celles des Couleuvres.
Les écailles du corps offrent des dimensions considérables par rapport à celles des parties qu'elles revêtent; elles ont toujours leur surface unie, et sont ordinairement de forme rhomboïdale : les rangées sur lesquelles elles sont disposées, sont peu obliques et au nombre de i5, loi qui souffre des exceptions chez les élaps furcatus et bivirga- Tus, dont le cou est entouré de i3 rangées d'écaillés seulement.
Le crâne des Elaps est remarquable , tant par ses formes effilées, que par la configuration des os qui le composent; l'ensemble de cette partie a une grande analogie avec le crâne des Tortrix proprement dits. Cette analogie est particulièrement due au défaut total de frontaux postérieurs , d'où il résulte que le bord de l'orbite est incomplet par derrière ; à l'exiguilé des frontaux moyens et antérieurs, qui sont rapprochés des nasaux ; à la petitesse des mastoïdiens qui sont intimement réunisau crâne; au peu de développement des
caisses; à Ia forme effilée, étroite et cylindrique de Vocclput; enfin à la conformation de la mâchoire inférieure, dont l'apophyse coronoïde se trouve assez éioi'jnée de l'articulation de cet os. Les frontaux antérieurs sont dirigés en avant; leur bord inférieur offre un plan convexe et incliné, qui s'articule avefc le maxillaire : cet os qui porte à son bord antérieur des crochets courts et peu courbés jouit dun mouvement d'autant plus limité, que sa partie postérieure est prolongée en arrière de l'articulation; il est presque aussi long que le ptérygoïdien externe. Une organisation semblable, jointe à la petitesse des caisses, est cause que les Elaps ne peuvent écarter leurs mâchoires au point de saisir un corps d'une certaine circonférence, et d'y enfoncer leurs crochets à venin, qui ne sont pas aussi susceptibles de se redresser que chez les 'Vipères. Il faut attribuer aux mêmes circonstances les erreurs conmiises par plusieurs naturalistes, qui ont soutenu que les Elaps ne sont pas venimeux: cette assertion n'est vraie que dans un sens tiès relatif, et alors seulement applicable à ces individus, auxquels la petitesse de la bouche défend de se servir avec succès de leurs armes , contre les membres volumineux de l'homme.
Les Élaps ont le palais et la mâchoire inférieure armés de petites dents solides et d'égale grosseur. Les crochets sont peu développés et suivis, dans quelques espèces , d'une ou de plusieurs dents solides. On voit toujours, le lon^ des mâchoires , des glandes salivaires ; mais elles sont peu volumineuses. La lacrymale est cachée sous les muscles qui servent à la manducation.
Les viscères des Elaps sont extrêmement étroits et effilés , configuration due aux formes générales de leur corps. Le canal intestinal est plus ou moins plissé selon les espèces et ces replis sont toujours peu profonds. ^
Les Élaps offrent le plus souvent une livrée ornée de couleurs tiès vives ; le rouge et le noir y dominent particu-
lièrement. Quelques espèces sont remarquables par les nombreux anneaux alternes, d'un beau rouge cramoisi et noir, qui entourent leur corps; elles attirent par l'éclat de ces teintes les regards des curieux, et captivent par cela même l'affection des dames des pays intertropicaux, qui se servent d'un jouet aussi dangereux, pour se refroidir le sang. Les petits ressemblent, par le système de coloration, aux adultes.
Les espèces connues de ce genre habitent toutes les régions chaudes des deux mondes. Elles se plaisent particulièrement dans les contrées couvertes d'une végétation abondante, dans les herbes des prés, ou dans les grandes forêts, où elles se cachent dans les tas de végétaux et de feuilles , dispersés ça et là. Voilà peut-être une des raisons, pourquoi l'Afrique ne nourrit qu'une seule espèce d'Elaps, tandis que l'Amérique intertropicale , la Nouvelle Hollande et les îles de l'Archipel indien fournissent les autres, à l'exception de l'Elaps tripletache qui se trouve au Bengale.
Les Elaps font la chasse à de petits animaux , particulièrement de la classe des reptiles. Gomme ils se tiennent continuellement à terre, et comme leurs mou vemens sont assez lents, ils ne font la chasse ni aux oiseaux , ni aux poissons, ni à d'autres vertébrés : aussi leurs formes élancées et la petitesse de la ofueule leurs défendent-ils d'avaler des animaux d'un volume
plus considérable que leur corps. J'ai trouvé de.i Calamars dans l'estomac de l'Elaps furcatus de Java.
On peut établir dans ce genre quelques subdivisions géographiques , également basées sur une analogie dans l'organisation des espèces qu'elles comprennent. La première est celle qui contient les espèces américaines; on les distingue à leur corps marqué d'anneaux alternes de noir et de rouge ; elles sont assez voisines les unes des autres. L'espèce africaine , sur laquelle est uniquement fondée la seconde coupe, se reconnaît au défaut d'une plaque du frein : l'Elaps des îles Philippines est intermédiaire entre les deux coupes dont nous
440 ELAPS CORALLIXLS.
venons de faire mention. L'île de Java produit deux espèces , remarquables par leur forme en (il , et par leur corps rayé longitudinalement, et entouré seulement de i3 rangées d'écaillés: elles forment la troisième subdivision, à laquelle on doit peut-être ajouter l'Elaps du Bengale, décrit par Russel. Vient enfin un ophidien inédit, originaire delà Nouvelle Guinée, qui s'éloigne sous plusieurs rapports des autres Elaps, dont il a cependant les caractères; il forme avec deux autres espèces nouvelles, découvertes à la Nouvelle Hollande, une dernière subdivision dans le genre dont nous traitons, subdivision que Ton pourrait désigner sous le nom de faux-Elaps.
1 Esp. LE LA PS CORAIL. E. CORALLINIIS.
PI. XVI fig. I , 2 et 3 , ad.; fig. 4 ^t 5 , jeune iiid.
L'épithète que porte cet Elaps est également applicable aux deux autres espèces américaines, Le Prince de Neuwied l'a ainsi nommé (i),* mais ce voyageur a décrit comme espèce différente (a) une variété à corps marqué d'anneaux noirs rapprochés trois-à-trois. D'autres variétés , l'une à anneaux simples (3), l'autre à anneaux rouges , incomplets et peu distincts (4) ont été figurées par Wagler. Schneider et Dau- DiN (^5) cependant ont déjà connu cet Elaps.
(i) Nov. acta. X. PI. 4 et Jbblld. Livr. VI PL 4. — [1) Ahhild. Livr. 111 PL 4: ELAPS MARCGRAvii; Merrem , daqs la supposition que c'était l'Elaps mentionné par Marcgrav a substitué à cette dénomination celle d'i B I B G B 0 c A. — (3) Strp. bras. ;micrurus spixii PI. 1 8.
(4) ib. ELAPS LANGSDORFII. PL 1 fig. I. ( 5) E L A P S A N N U-
L A T U S SCHNEID. Hlst. AmpJl. II. p. 302 ; ELAPS ANGUIFOR MIS
ib. p. 3o2 , dont Daudin , vol. Vl p. i3i, fait une vipère; c'est aussi la vipera psyché Daudin voL VJll PI loof. i , placée dans le genre elaps par Merrem. Tent. p, 1^4. — -
EL APS CORALLIIVUS. 441
L'Élaps corail atteint jusqu'à quatre pieds de longueur totale, sur une grosseur d'un doigt. Sa queue est courte et peu conique. La tête est revêtue de plaques, dont la verticale est un peu alongëe; les occipitales sont assez développées ; les labiales se trouvent au nombre de ^ de cbaque côté: elles sont très larges , particulièrement les dernières de la mâchoire supérieure et la moyenne de l'inférieure.
Lacouleur dufond de cet Elapsest d'un beaurougecramoisi ou , à certaines périodes de Tannée , d'un vert pâle ou jaunâtre , teinte dont les larges anneaux noirs qui entourent toutes les parties , sont toujours bordées. On voit par cela que cet Elaps offre , à l'égard du système de coloration , beaucoup de rapport avec la coroimelle corail, le tortrix
SCYTALE, le LYCODON FORMOSUS CtC.
Mais la distribution des teintes, ainsi que la conformation des parties de cet Elaps sont loin d'être les mêmes dans tous les individus ; les variétés accidentelles que l'on observe dans cette espèce sont nombreuses , et ont souvent induits en erreur les naturalistes , qui attachent trop de prix à toutes ces petites diversités. La queue est amincie vers le bout dans les uns , grosse dans les autres et à extrémité munie d'une pointe conique; sa longueur varie considérablement, comme il résulte du nombre des plaques , dont le dessous est garni , et qui est tantôt de 25 tantôt de 4^ (i). H en est de même des lames abdommales, dont on ne compte le plus souvent que 178, tandis qu'elles s'élèvent dans d'autres individus jusqu'à 222. Il est manifeste que les proportions relatives du tronc et delà queue doivent également changer suivant les divers individus , et cette conjecture est confirmée par les mesures suivantes; i,3o + o,oy5 ; o,5i -+-0,06; 3i H- 0,02. L'éten-
(2) Nous avons au Musée un individu de cet Elaps , qui offre quelques plaques sous-caudales simples, parmi les divisées ; Wacler iS>/y>, bras. p, 48, a observé le même fait.
442 ELAPS CORALLIIVUS.
due et la forme des plaques de la tète , particulièrement celle des occipitales varient considérablement d'un individu à l'autre.
Les anneaux noirs sont tantôt en petit nombre, et placés isolément, à de grandes dislances les uns des autres; tantôt ils sont doubles et plus serrés , tantôt enfin rapprochés trois-àtrois: ils sont très étroits dans les uns, plus larges ou disposés alternativement avec des anneaux plus étroits dans les autres, et il est des individus où ces anneaux ont une telle étendue que la couleur du fond ne paraît que sous la forme de bandes assez étroites. La tète est marquée d'une tache noire qui occupe le museau, et qui se prolonge jusqu'aux plaques occij)itales. La couleur du fond vai'ie depuis le vert jaune jusqu'au rouge et au brun; elle est quelquefois si foncée , que l'on ne peut distinguer les anneaux que parleurs bordures étroites et claires, souvent formées par de nombreux petits points. Les individus , au moment de clianger de peau, ont les teintes très livides et leur distribution peu distincte. Il est impossible de se faire une idée de toutes ces variétés d'après les descriptions , nous nous proposons d'en publier dans la suite des portraits fidèles. Les belles teintes claires de cet Élaps passent après la mort et se changent en blanc jaunâtre , tirant quelquefois sur le brun.
Le Musée des Pays-Bas possède une série complète de cet Élaps , dont on nous a adressé des individus de la province de St. Paul au Brésil ; d'autres proviennent des voyages de M. INatterer et du Prince de Neuwied. Spix (i) l'a observé près des bords des rivières Japura et Salimoëns , le Prince de Neuw^ied au contraire n'en a pas rencontré au Nord du Cap Frio. Les détails suivans sur la manière de vivre de cet Elaps sont tirés de l'ouvrage de ce voyageur: « On connaît au Brésil
(i) 6^/-^. bras.p, 10 et i8. — (2) Beitr, p. 4o5. suiv.
ELAPS €ORALLIIVUS. 443
» cet Elaps sons la d<3niomination de cobra coraes et » COBRA coRAï. , appliquée intlifféreniment à tous les ophi- » (liens à corps marqué d'anneaux alternes de noir et rouge. » Il habite les buissons et les grandes forêts , mais il ne se M trouve que rarement dans les lieux découverts ou près des M habitations. Il préfère un sol sec , sablonneux et revêtu d'un » tapis de végétation , aux contrées marécageuses où il ne se » rencontre jamais. Des tas de feuilles tombées, ou des herbes » lui servent de retraite. Les indigènes s'en servent pour l'at- »» tacher autour du cou en guise de collier, et il n'y a pas le ^ moindre danger à les prendre avec la main (i). Tout le » monde vante l'élégance et la l)eauté de leur livrée. J'ai » souvent rencontré cet Elaps dans les mois d'été, sesmouve- » mens ne sont pas assez prompts pour qu'on ne le puisse » attraper aisément; il ne grimpe jamais sur les arbres et se M nourrit de petits animaux. Il ne répand point d'odeur » désaoréable. J'ai plusieurs fois trouvé le ventre des femelles » rempli d'œufs. »
J'ignore si cette espèce est répandue sur d'autres parties de l'Amérique méridionale et s'il faut peut-être rapporter ici le serpent corail que M. von Humboldt (2) a observé dans la province de Venezuela, et celui du Mexique dont les dépouilles se trouvent au Musée de Berlin (3). Il a été constaté par les recherches des naturalistes anglo-américains (4), que les provinces méridionales des Etats-Unis produisent également un Élaps, probablement identique avec le col. fulvius de LiNN^EUS (5) : M. Barabino , habitant de la Nouvelle Orléans , vient d'adresser au Musée de Paris une belle suite d'individus de cet Elaps, qui confirment son identité aveci'Elaps corail. Feu Plée a encore observé cet Elaps à la Trinité et à la
(1) Voyez nos observations énoncée» plus haut. — (a) Fojr.vol. 5 p. 'xirt. — (3) WiEGMAN 7,»/.t. 1 828 p. 363. — (4) Say dans Sill. Jmer. Jouni. p, a56 et Harlan <S)n. — (5) Syst nat, p. 38 1.
444 ELAPS LEMNISCATUS.
Martinique, comme le prouvent les individus envoyés de ces îles à rétablissement que nous venons de citer.
2 Esp. IJÉLAPS GALLONNÉ, E. LEMNISCATUS.
PI. XIV fig. 6 et 7.
Il serait peut-être convenable de réunir cet Elaps avec le précédent , tellement il lui est voisin. Il vient particulièrement de Surinam et de Cayenne , où il parait remplacer I'élaps CORAIL dont il ne difïère que par des formes un peu plus effilées; par des yeux moins gros et plus verticaux; par un museau plus arrondi; par une bande noire entre les yeux; par une tache noire au bout du museau ; enfin par des anneaux noirs plus ou moins nombreux , rapprochés trois-à-trois sur un fond, que je suppose d'un rouj^e vermillon chez les vivans. Les plaques abdominales et sous-caudales varient depuis 23o-h 34 jusqu'à 23o -4- 38. Mesures : o,83 -|- 0,8.
Ces données démontrent combien cet Elaps ressemble au précédent; on peut presque dire qu'il existe entre ces deux ophidiens les mêmes rapports qu'entre les coron elles CORAIL de S u rin am et du Bré si 1 ; entre les xÉ no don
SEVERUS et RHABDOCEPHALUS CtC.
On voit par la figure , qu'en donne Linné (i), que cet Elaps se nourrit de Géciles. Sciieuchzer (2) etSEBA (3) en ont publié d'autres : Laurentius (^4) ^ placé l'espèce dans son genre Natrix ; Daudin (5), dans celui des Vipères; Schneider (6) enfin en a fait un elaps.
(i) Mus. Ad, Fi\ PL \f\fig. 1 : c ol. lemni s c a tus. — (2) Bihlia iacra.Çil^%;i,^{VfThes.U^.Z;ik,i\ 34,3; 76, 3; 80,2; et/, 10, 1. — (4) Syn.p, 76. — (4} Rept, Flp, i3. — (5) Hht.amplK 11. p. 291.
ELAPS SURINAMEIVSIS. 445
Le crâne de cette espèce ressemble , pour les formes , à celui du Tortrix scytale ; mais il est plus effilé et composé d'os moins robustes. Le maxillaire ne porte pas de petites dents solides à son bout postérieur. Les glandes de la tête ont été figurées par Meckel Arcliiv. 1. PL i.fig. 4 et par Duver- NOY Ann. d. se. nat, XXVÎ. PL 9 fig. 2 ; ce dernier savant a aussi publié la figure d'une partie du canal intestinal: voir /. c. XXX PL i3^^. 5.
^'E.s^. LÉLAPS DE SURINAM. E. SURINAMENSfS.
PI. XVI fig. 8 et 9.
Nous devons aux soins de M. Dieperink a Paramaribo plusieurs individus de cet Elaps , mentionné par Cuvier (i). C'est peut-être Ti b i b o b o c a de Marcgrav. Il ressemble par son port et par le système de coloration parfaitement au précédent, dont il se distingue facilement par les formes robustes de son tronc; par les anneaux noirs moins nombreux , rapprocliés trois-à-trois et dont le mitoyen est extrêmement large; enfin par une tête très large , courte , assez déprimée et à museau arrondi, court et obtus.
La tête, de la même couleur que le fond, offre toutes les écailles bordées de noir , et un collier noir à l'occiput; d'ailleurs elle est remarquable par son sommet arrondi vers les côtés , par la petitesse des yeux dirigés un peu vers le ciel , par des narines très rapprocbées du bout du museau, parles formes effilées des lames occipitales et de la verticale , par des frontales antérieures et des surciliaires petites ; enfin par une rostrale presque en triangle. Les écailles sont plus
(i) Règne an. II. p. 84. noie.
44(; ELAPS IIYClAi:.
carrées que chez les espèces précédentes , et un peu tronquées au bout ; la ranj^ée médiane des écailles dorsales est un ])eu plus Jurande que le reste, ce qui rapproche cet Elaps des