JROPIDOIVOTUS
eaux. Ils plongent eu^-niêmes avec beaucoup de dextérité et peuvent rester long-temps au fond de Veau , avant de renouveller l'air contenu dans leur poumon. Les espèces javanaises ont les mêmes habitudes: elles se trouvent en nom!)re considérable dans les grands champs de Sawa inondés et fréquentent aussi lesforéts primitives jusqu'aux cimes des montagnes. Habiles nageurs, les Tropidonotes préfèrent seretirerdans l'élément liquide, quede chercher leur salut dans la fuite sur la teire ou sur les arbres, quoiqu'ils sachent également bien ramper dans les plaines que grimper sur des objets élevés. Tout lieu d'habitation leur est indifférent, pourvu qu'ils y trouvent de quoi se nourrir. Voilà pourquoi la même espèce se rencontre tantôt dans les plaines recouvertes de bruyères ou dans les prés , tantôt sur les bords des bois éloignés des eaux, et même dans les forêts épaisses ou sur les montagnes jusqu'à une hauteur considérable. D'autres espèces cependant semblent ne jamais quitter les lacs, les rivières ou les eaux dormantes; ces habitudes, analogues à celles des poissons, les ont fait comparer dans quelques lieux aux anguilles . Quelques Tropidonotes se tiennent pi'ès des maisons , qu'ils fréquentent pour éviter le froid,* ils s'établissent aussi dans les trous, creusés par les mammifères fouisseurs, et s'y retirent à l'approche de quelque danger Ils vivent souvent en société. Ceux, qui habitent les contrées tempérées, demeurent engourdis durant Ihiver. Les Tropidonotes pondent des œufs, dans lesquels on voit souvent le jeune assez développé.
1 Esp. LÉ TBOPIDON07E J COLLIER.
TROPIDONOTLS NATUIX.
Tout le monde connaît ce serpent, si commun dans presque toute l'Europe et peut-être aussi dans une grande partie de l'Asie.
TROPIDOIVOTUS IVATRIX. 3():i
Une tète déprimée et lar<^e, la l)elle couleur d'un brun bleuâtre ou verdatre plus ou moins foncé et relevé par plusieurs suites de bandes ou de taches noires , un collier blanc ou jaune bordé postérieurement d'une grande tache d un noir profond, des bordures noires des lèvres, les plaques de la tête d'une forme très régulière: voilà les principaux caractères de ce Tropidonote.
Les teintes cependant sont extrêmement sujettes à varier. Les taches noires transversales du corps, ordinairement déchiquetées ou en zigzag et disposées sur 3 ou 4 rangs alternes, sont tantôt larges tantôt petites et plus ou moins sensibles, suivant que les teintes du fond sont claires ou foncées : elles disparaissent totalement dans les individus du Sud-est de l'Europe, qui offrent souvent des teintes uniformes noires. Il en est de même avec les taches noires et carrées du dessous qui confluent alors sur la ligne médiane de l'abdomen: quelquefois elles sont si larges que la couleur du fond s'entrevoit à peine , tandis que d'autres individus ont l'abdomen d'un bleuâtre uniforme, sans la moindre trace de taches. Les individus de l'Italie , de la Grèce et de la Sardaigne sont souvent d un bleu très clair avec deux raies dorsales d'un jaune d'or, teinte qui occupe également le dessous et quelquefois aussi le collier. La couleur du fond varie dans toutes les nuances depuis le brun au noir. J'omets le détail inutile des descriptions minutieuses de ces variétés fugitives.
M. Lenz n'a trouvé d'autre différence entre les mâles et les femelles que dans la taille plus considérable des dernières. Les adultes conservent les mêmes belles teintes dont les petits sont ornés.
Le bout postérieur du maxillaire est armé de plusieurs dents plus longues que le reste. Les os du crâne sont plus courbés dans les adultes, et cette partie est comparativement plus large que dans les jeunes. Les apophyses des vertèbres sont moins développées que chez les autres espèces.
304 TROPÎDONOTUS NATRlX.
Le Tropidonote à collier atteint jusqu'à cinq pieds de longueur totale, mais les individus de l'Europe tempérée surpassent rarement 0,90 -!- 0,19. Plaques: 1 44 H- 48 o'^' 182 4- ^76.
Cette espèce a souvent été le sujet des recherches des naturalistes. Parmi ceux qui ont le plus contribué à faire connaître ses mœurs, nous citons particulièiement : van Lier (i), Bech- STEiN (1) , WoLF G) et Lenz (4) , ^ux ouvragcs desquels nous empruntons les détails relatifs aux habitudes du Tropidonote à collier; M. Schlemm (5) en a décrit les nerfs et les vaisseaux de la tête, travail excellent dont nous avons profité dans la première partie de notre ouvrage; M. Hep.îîold (6) a «spécialement dirigé ses recherches sur le développement de l'embryon. Je ne connais pas une seule bonne figure de ce serpent. Celles de Seba (7) sont pour la plupart abominables et coloriées à fantaisie; celles données par Lacépede (8) et Dau- DiN (9) ne valent guère mieux.
Le Tropidonote à collier a les habitudes moins farouches que la plupart des autres serpens indigènes. Attaqué ou pris à la partie postérieure du tronc, il se roule sur lui même et se défend, en jaillissant à son ennemi la liqueur fétide distillée par les poches anales. Il mord rarement lorsqu'on le prend ; il m'est cependant arrivé, qu'étant encore très jeune, et m étant approché du bord d'un bois, où une société nombreuse de ces serpens s'était établie pour faire leur ponte, un Tropidonote d'une taille énorme m'attaqua avec fureur , tandis que plusieurs autres s'échappaient dans les trous dont la terre était percée. Ils préfèrent de se servir des boyaux pratiqués par les taupes , les souris ou par d'autres petits mammifères, que de s'en creuser
(i) Traité PL i p. 34 suiv. — (2) Lacep. voL II] p. 299 PL l'if. 2. (3) Sturm Fanna ReptiL — (4) Schlangeuh. p. 499 suiv. PL 5 : figure d'une jeune femelle. — (5) Ticdem. Zeitschr. vol II cah. 1 PL 7, — • (6) Oversigt i83o/:>. A suiv. (7) Sf.ba II PI l^ fi ,'^', PL lo/ i , 2 et 3 ; PL 35 /. 3 -, PL l^r^f. I. — (8) Quadr. ovip. voL 11 p, i47 Pt. ^fi. — (9) Rept. voL Vil p. 34 PL 82/ I et voL F PL Sg/^. i5.
ïnOPIDOXOTLS XATRIX. ;U)5
eux-tiicines. Recherchant ki chaleur, ils iVéqueiitent souvent le Voislna<>e des maisons et s'étahlissent dans des tas de funiier ou d'autres substances, pourvu qu elles soient faciles à perforer • ils entrent même les écuries, les caves et les étahles : fait déjà connu des anciens romains, comme il résulte d'uu passa'^e de Columella. On rencontre aussi ce Tropi lonote loin des habitations, dans les forets épaisses et jusque sur cime des montagnes, à quelques mille pieds au dessus du niveau de la mer. Il grimpe quelquefois sur les broussailles et sur les arbres; il préfère cependant le voisinage des eaux, particulièrement des eaux dormantes ou des rivières dont le cours est peu rapide: aussi est- il très coannun dans les prés et dans les bruyères humides. 11 plonge fort bien , et demeure jusqu'à une demi-heure au fond des eaux, Sims venir respirer. Il fait particulièrement la chasse aux grenouilles, à d'autres batraciens aquatiques et aux poissons, quoiqu'il se nourrisse aussi de souris et de lézards, ou même, suivant quelques auteurs de petits manunifères, d'oiseaux, d'insectes et de vers. Il aime à surprendre sa proie dans l'eau, élément dont il ne peut guère se passer dans la domesticité; mais il n'est point organisé pour faire un séjour continuel dans cet élément : les forces pour se soutenir dans la natation étant bientôt épuisées, il se fatigue et se noie. On ne peut point parvenir à le tuer en lui humectant la bouche de suc de tabac. Il est très vorace et dévore à la fois un, grand nombre de grenouilles. Les parcelles de végétaux que l'on trouve dans son estomac, y entrent conune adliérens accidentels à sa nourriture. Il s'engourdit , dans les contrées tempérées, au mois d'octobre et de novembre, et recherche à cet effet les Irons profonds, où le froid ne puisse pénétrer. Les premiers beaux jours du mars et de l'avril le voient sortir de sa retraite. Ce temps d'engourdissement est plus court ou nul, suivant que les régions qu il habite sont situées vers le midi. Il change de peau à la fin de chaque
306 TROFlDOi\OTUS NATFdX.
mois depuis avril jusqu'au derniei août. Ce Tropidonote contracte des mœurs très douces dans la domesticité et demeure en bonne harmonie même avec les animaux dont il se nourrit , et qu'il ne dévore que lorsqu'il ressent Faiguillon de la faim. On a cependant plusieurs exemples qu'il mord sans que l'on s'y attende; quelquefois même il tient très terme et on a de la peine à lui faire lâcher prise. Le Tropidonote à collier ne fait annuellement qu'une seule ponte et cela le plus souvent au mois d'août. L'accouplement ayant eu lieu dans le mois d'avril , il s'ensuit , que les Gtuts ont cinq mois à se développer dans les oviductes, tandis que trois semaines (i) suffisent , pour les faire éclore , après qu'ils ont été pondus. Les œufs sont de forme ovale et long d'un pouce et de 3 lignes : les petits sont plus ou moins développés au moment de la ponte, qui est de 20 à 3o œufs; au sortir de l'œuf, ils mesurent environ 6 à 8 pouces. L'humidité et une température plus élevée que celle de l'atmosphère étant indispensable pour le développement des œufs , ce Tropidonote trouve dans les tas de fumier exposés aux rayons du soleil ou dans les lieux humides, un lieu assez favorable pour les y déposer. Plusieurs parties de ce Tropidonote étaient autrefois employées dans la médecine; aujourd'hui on ne tire parti que de sa chair que l'on mange dans plusieurs pays , et de sa peau dont on enveloppe des cannes.
Le Tropidonote à collier abonde dans presque toute l'Allemagne et dans la France. Il n'habite point les parties de la Hollande situées près de la mer, mais il est très commun en Gueldre et dans la province de Drenthe. Il se trouve en Angleterre (2) jusqu' en Ecosse, en Suède (3), au Danemark (4)
(i) Ce fait énoncé par M. Lenz est contradictoire aux observations de M. Herhold , qui dit que les petits ne sortent de l'œuf qu' au bout de Sa à 36 jours. — (2) Shaw. Gen. ZooL lU P. Hp- 44^. ('i) Linné /. c. — (4J Herhold /. c.
TROPIDONOTUS QIJL\CUNCIATUS. .307
clans la Hongrie (i), clans la Taiiride (2) et dans une grande partie de l'Asietempérée jusqu'au lacBaikal (3). M.Cantraine nous en a rapporté des individus de la Dahnatie , de l'Italie et de la Sardaigne. Le Musée de Paris en a reçu d'Alger par M. Lourent, du Levant par Olivier, de la Morée parM. Bory de St. Vincent , de la Sicile par Bibron , et de la Norvv^ège: les sujets de cette dernière contrée appartiennent à la variétés noire, tandis que ceux de la Morée ressemblent àla variété de Sardaigne dont on a fait une espèce sous l'épithète de BiHNEATUS. C'est pcut-étre le h yd rus des anciens romains. Le nom inventé par Linné indique fort bien ses habitudes. On peut consulter, pour la synonymie de cette espèce, l'article du NATR IX torquata chezMERR. /^. 109 et/A 124.
2 Esp. LE T. A TACHES EN QUINCONCE.
TROPIDONOTUS aUINClJNCIATUS.
PI. XII fîg. 4 et 5 (var. cîe Java).
La taille à lac|uelle parvient ce Tropidonote est considérable. Un individu qui nous a été adressé du Bengale mesure 0,94 + o,34 sur une grosseur de o,o45. Sa tête , peu distincte du tronc, est moins déprimée , plus alongéeet moins large que celle de la précédente ; les plaques du sommet se distinguent par les mêmes formes : la verticale est très alongée et les frontales antérieures sont un peu pointues vers le bout du museau qui est arrondi et étroit. L'œil est petit , la queue conic|ue et robuste.
La teinte du fond est un brun olivâtre plus ou moins foncé,
(i) Frivaldzsky p. 46..—. {1) Descr. de la Taur. p. 294* ~— (3) Georgi III p. 1881 et EvERSMANN , Reise nach Bucliara , p. i45.
308 rROPlDO.\OTLS ^)UII\ClIi\CIATUS.
le dessous est d'un jaune vif. Les parties supérieures sont ornées de 5 ou de 7 suites de laro^es taches rondes, d'un o-ris noirâtre et disposées en quinconce ; ces taches sont quelquefois moins distinctes , réunies et confluentes de sorte qu'elles forment tantôt des raies longitudinales (i), tantôt des bandes transversales , ou que leur nombre est diminué à mesure qu'elles augmentent en étendue: on n'en compte alors que 3 suites (2J ; d'autres ont les taches peu sensibles. Les lames abdominales sont quelquefois bordées de noir. Deux raies étroites et noires qui naissent au bord des yeux se dirigent obliquement en arrière et se perdent sur les lèvres. Une bande transversale noire, qui occupe les côtés du cou , réunit les raies latérales chez les individus qui offrent cette disposition des teintes: elle se prolonge quelquefois sur le sommet de la tête , bordant une tache blanche et alongée sur l'occiput. Le beau portrait de ce Tropidonote , fait sur le vivant et que je tiens de M. Ueinw^ardt, démontre que les teintes changent peu par l'action de la liqueur forte.
Les apophyses des vertèbres sont très développées, les dents et le crâne sont comiiîe chez le trop, n a t r i x.
129 -h 64 ou î46 -r- 80. On compte quelquefois 21 rangées d'écaillés.
De bonnes figures de ce Tropidonote ont été publiées par Russel. Les individus qui font partie du Musée de Paris sont originaires de Malabar , de Pondichery , de Bengale, delà Coi'hinchine et des Philippines ; le Musée des Pays-Bas en possède de Bengale (3) , de Java, des îles Mariannes et de la Chine; un sujet de ce dernier pays à été pris par le docteur Witt à bord d'un bâtiment anglais ancré près de Macoa. On voit
(1) C'est alors le col. m e l a n o z o s t ii s de Gravenhorst ; Vergl. Ubersiclit p. 402. — (2) Les individus dans cette livrée ont été considérés comme espèce particulière par Oppel et Reinv* ardt : g o l. F u IV E n R 1 s et s I N u A T u s. — (!i) Il se trouve dans les environs de Bombay, de Tranquebar et de Calcutta: Russel.//./?. 17.
TU0Pll)0i\01US LMUKATLS. M)
pnr là que ce Tropidonote aime le séjour dans les eaux , fait constaté d'ailleurs par les observations de Russel , qui dit qu'il fréquente les lieux humides et inondés , et que les indigènes le rangent parmi les serpens d'eau. « Ses mouvemens » sont rapides et il élève souvent la tète quoiqu'il ne siflle ^> point ; lorsqu'on lui présente quelque objet, au lieu de se n défendre en mordant , il se retire. L'individu capturé dégor- » geait un poisson. « I/ir/. Serp. Ip. 39. — Le portrait de l'adulte, Russ. II PL 14, est excellent; celui du jeune se trouve sur la planche suivante fig. A ; je rapporte ici également le n e e 1. 1 KOEA de Russel , / P/. 33 , qui a servi de type au col. ANASTOMOSATUS Daudix Rept. uol. VII p. I \o et au c o L. piscATOPx Mer REM Teni. p. \ii'^ puis le paragodoo, Russel //;. 20 qui est le COL. braminus de Daudin VII p. 176 et le OoL. PALusTRis de Merre3i Tent, p. 124.' Schneider avait déjà antérieurement placé ces deux espèces nominales dans son genre h\ drus et Latreille d'après lui dans celui d'E n h y d r i s. Cette espèce commune à été figurée tout récemment dans XhuUan Zoology sous le nom de col. rectangalum, et par M. Reuss sous celui de c o l. lippus, voir Mus. Senk. p, i5o PL c^f. 1.
Les individus des îles Mariannes forment une jolie variété de climat ; ils ont le ventre orné d'un grand nombre de taches foncées en forme de points: c'est le tropid. spilogas- TE R de lîoiE.
3 Ksp. LE TROPIDONOTE OMBRÉ.
TR^^PIDONOTUS U3IfiîRATtS.
L'adulte de ce Tropidonote est représenté sur la PL b du second volume de l'ouvrafre de Russel, sous le nom de d o r a ; le jeune /^/. 3/1 i sous celui de doohla: sur ces figures
310 TROPÏBOI^OTUS RHODOMELAS.
reposent les col. dora et u m b r a t u s de Daudin , iJe-ysf, vol. Fil p. 191 et p. i44- J'en ai vu plusieurs individus rapportes de Tranquebar , chez M. Klinkenberg à Utrecht : Boie en a vu au Cap provenant de Ceylan.
Ce Tropidonote atteint une taille de 2 pieds et demi jusqu'à trois pieds. La couleur jaunâtre, une tête noire et les nombreuses taches confluentes de la même teinte dont le dessus est varié , le caractérisent suffisamment.
N'ayant pas eu l'avantage de l'examiner en détail , je n'ai pu Communiquer une description comparative de ce Tropidonote, qui a déjà été décrit par Herrmaniv sous les noms de col.
BRUNNEUS et ATRATUS, doUt MeRREM a fait son COL.
LUGUBRis: j ai vu au Musée de Strasbourg les individus qui ont servi de type à iïerrmann.
4 Esp. LK TROPIDONOTE ROUGE ET NOJB.
TRUFÎIICINOTUS RîiODCIMELAS.
PI. XII fîg. 10 et II.
Le beau rouge de brique des parties supérieures ; une raie dorsale noire, fourchue et en massue sur la nuque; une queue courte et conique ; le rouge pâle du dessous , orné sur les flancs d'une suite de petits points noirs ; enfin une tête large , courte et conique : voila des caractères qui font de cette espèce une des plus distinguées et des plus belles du
genre.
Les adultes sont d'un rouge plus profond que les petits ; on volt souvent sur les côtés du cou des raies et quelquefois des bordures noires des écailles. L'iris est jaune , l'œil moyen, la tête assez distincte du tronc; les lèvres sont plus enflées ([iic
TUOIUDO.MOIIJS rUlAXGULIGKRUS. :]ll
dans les autres Tropidonotes. Le museau est très court et conique. Les plaques du sommet de la tête sont petites et ramassées , les occipitales étroites vers le bout postérieur , les frênaies très petites. Le beau rou^i^e de la peau est plus sensible lorsqu'elle est dilatée: on voit alors ces parties de la peau qui ne sont pas revêtues de l'épiderme cornée. 1 26 -4- 46; i33 + 4i ; i36 + 43 ; 128 + 48.
Ce Tropidonote inédit est très rare à Java , d'où Kuhi. et VAN Hasselt n'en ont envoyé que deux individus; Boie , à qui on en doit deux figures, l'une publiée dans \ Erpétologie de Java PL 29, l'autre faite sur le vivant et encore manuscrite, a retrouvé cette espèce à Tjikao sur l'île de Java : deux individus seulement sont le fruit de ses recherches.
Les belles teintes rouges passent après la mort au gris pourpre. Ce Tropidonote ne parvient pas à des dimensions considérables : un adulte de notre collection mesure 0,45 -l- 0,10.
5 Esp. LE TROPÎDON, A TACHES EN TRIANGLE. TROPIDONOTUS TRIANGUI.ÏGERUS.
PI. X[I fig. I, a et 3.
Ce Tropidonote inédit est remarquable par les larges taches en triangle et d'un rouge vermillon qui ornent ses flancs ; elles sont le plus souvent séirarées par quelques plaques noires et s'évanouissent à mesure qu'elles s'approchent des parties postérieures. J^e dessus est d'un vert olivâtre foncé, le dessous d'un jaune d ocre avec des bandes abdominales quelquefois marbrées ou bordées de brun ; quelques individus offrent cependant des taches très obsolètes, et j'en ai vu sur les quels on pouvait à peine découvrir les traces de ce dessin.
Ce Tropidonote dont la découverte est due au professeur Reinw4rdt, a la taille et le port du tw. n a tr ix. Le museau
312 TROPIDOIVOTIJS CORYSARGOS.
est un peu alonge ce qui fait que les plaques frontales antérieures sont beaucoup plus longues que larg'es. Les yeux sont moyens. Le squeîeUe ressemble à celui du Trop, natrix , mais il offre des apophyses des vertèbres beaucoup plus développées.
0,84 + o,3i ^ plaques : i34 + 68 ou i4o -i- 94.
Les couleurs s'effacent en grande partie après la mort: le rouge se ternit , le vert devient gris noir, et le jaune passe au brunâtre. Les petits ressemblent à leurs parens sous le rapport des teintes.
Ce Tropidonote se nourrit de grenouilles et se trouve en abondance à Java , où il habite les ruisseaux et les champs inondés dans le voisinage de Buitenzorg. Nous possédons des figures de cette espèce faites sur le vivant et dues à MM. Reinwardt et Boie.
(i Esj). LE IROPIDONOJE A TACHES DOPxÉES,
TilCIFil>Oi^^CrFUS ClOlYSAllCiflS.
PI. XII fîo. (i et 7.
.1 ai longtemps différé avant d'admettre l'existence de cette espèce et de la suivante, tellement elles sont voisines de la précédente. Mais le grand nombre d'individus que nous en possédons , tous analogues entre eux et ne présentant point de passages , ne m'ont pas permis d'hésiter à adopter les vues de M.M. Kuiil et Reinwardt qui ont découvert ces Tropidonotes à l'île Java.
Le Trop, chrysargos ne se distingue du précédent que par sa taille un peu moindre, par des plaques frontales antérieures moins alongées , et par les teintes. Le vert du dessus est plus clair; de nombreuses bandes transversales occupent les flancs: elles sont composées de taches noires, quelquefois réunies au bout supérieur par une laie longitudinale et o) nées
TROPIDOXOTUS SUBMIXIATUS. 313
tViine tadio jaune d'or. Le dessous est couleur de rose pourpre , la lij;ne médiane jaunr : on -voit souvtMit , aux l)ords latéraux des lames abdominales , des niarhriiies d'un bleu noir et une suite de points de la même teinte. Les jeunes offrent des teintes plus claires et ont le cou orné d'un collier blanc qui se joint à la lèvre supérieure: il est bordé de deux larges taches noires. Des figures de ce Tropidonote se trouvent dans \ Erpétologie de Java ^ PL 37 l'adulte , /-'/. 2(S le jeune. D'autres, faites sur le vivant, font partie de la riche collection de dessins du Musée des Pays-Bas.
154 + 78 ou 1 58 + 84; o,58 h- 0,18.
Les teintes se ternissent beaucoup dans la liqueur forte. Les rients postérieures sont quelquefois assez longues.
Ce Tropidonote javanais a été retrouvé àl'ile de Célèbes par M. M. Quoy et Gaimard.
« Il habite les forêts primitives à la cime de la montagne " Maofmedon , où il se tient sur les tronçons de vieux arbres » abattus. Nous l'avons aussi trouvé dans les forêts près de w Rapang. « Ext/ ail des JManuscr. de Kuhl.
7 Esp. LE TROPIDONOTE A COU ROUGE.
TKOi^îDOXOTUS SUIÎMÏNiA TUS.
Nous devons aux soins de M. M. Reinwardt et Boie quatre figures coloriées d'après le vivant qui représentent ce Tropidonote inédit dans les différens états de la vie. Le beau brun rougeatre, noirâtre ou verdâtre des parties supérieures est toujours entremêlé de rouge vermillon sur le cou , teinte qui occupe la peau et les bords des écailles qui revêtent ces parties. Latêteetia nuque sont verdàtres; cette teinte se trouve séparée, par une tache noire , du collier qui estd'un jaune verdâtre, très large dans les jeunes , et qui rejoint les lèvres.
3 î 4 TROPÎBONOTUS PICTIJ R ATIIS.
Le dessous est jaunâtre et garni de chaque côté d'une rangée de points noirs ; plusieurs suites de taches rondes et en zig-zag ornent le dessus. Les écailles sont quelquefois bordées de blanc. La teinte dominante de cette espèce varie extrêmement. Les petits sont plus foncés et offrent des couleurs beaucoup plus vives ; comparez : Seba JI ig. 3 et 4- L« rouge et le jaune passent après la mort.
Ce Tropidonote ne se distingue des deux précédens que par une tête un peu plus courte, plus conique et moins déprimée, par une dent maxillaire postérieure très longue , et par des lèvres plus enflées. Il est particulièrement reconnaissable à deux raies noires qui bordent les plaques au dessous de Fœil.
o,56 4- o,i5 ; i36 + 59 ou 142 -+■ 0,70. Comme dans les précédentes , le tronc de cette espèce est entouré de 19 rangées d'écaillés ; quelques individus cependant m'en ont offert !2i rangées, tandis quej'e n'en ai compté dans d'autres que 17.
Ce Tropidonote abonde à Java dans les champs de Sawa inondés.
8 Esp. LE TROPIDONOTE VARIÉ.
TROPIDONOTUS PÎCTLRATUS.
PI. XII fîg. 8 et 9.
M. Mûller a ainsi nommé un Tropidonote inconnu jusqu à présent , et fruit des recherches de nos infatigables voyageurs à la Nouvelle Guinée (i). Ils en ont recueilli cinq individus près de la baie Lobo , dont l'un a servi de modèle à une belle figure exécutée sur les lieux par feu van Oort. J'ai cette figure sous les yeux; en la comparant au sujet conservé dans la liqueur
(i) M. M. Quoy et rTaim^id ont rapporté un son! individu de cette nniivcUo espèce.
TROPIDOINOTLS TIGRINUS. 315
et sur lequel elle a été dressée , on voit que les belles teintes qui ornent la tète et le cou s'effacent totalement après la mort , et que le dessous devient d'un brun terne.
Ce Tropiclonote n'atteint pas une forte taille, vu que les adultes ne mesurent que o,45 + 0,1 4- 1' ^ ^^s formes moins robustes que le précèdent, auquel il ressemble au reste quant au port et à la conformation de la tête. On ne compte que i5 rangées d'écaillés. Les plaques sont au nombre de 128+ 52 ou de i34 "*" 62.
Le dessus est d'un brun schisteux noirâtre, le dessous d'un jaune citron pale ; les lames qui revêtent cette partie ont des bordures rou^eâtres et une orrande taclie de noir enfumé sur les côtes. La tête et la nuque sont couleur d'amétlîiste. Les côtés du cou sont plus clairs ou presque blancs et bordés de deux raies noires ; une autre raie de la même teinte se trouve derrière l'œil : on voit de plus quelques points noirs et clair-semés sur la nuque. L'iris est d'un brun rouge, l'intérieur de la bouche rouge de brique , mais les lèvres sont jaunes.
9 Esp. LR IROPIDONOJE PANTHÈRE.
TROPÏDONOTUS TIGRÏI^US.
Cet ophidien, décrit le premier par Boie (i) , a été'Vapporté en quantité du Japon par M. M. von Siebold et Bûrger.
Il est très voisin de l'espèce commune en Europe: ses teintes cependant , des écailles plus larges et dont la carène est beaucoupplus relevée, des yeuxplus grandsetune tête moins déprimée, l'en distinguent suffisamment.
(1) r.sis i8?/>/?. :>.of) ; la fijijure se trouve dans le Faunajap. Ophid. PL 4.
31 G TROPÎI)Oi\OÏUS VIBAKAKI.
Il est très sujet à varier. Le dessus est d'un brun plus otJ moins foncé, tirant tantôt sur le jaunâtre, tantôt sur l'olivâtre; dépouillée de l'épiderme, la peau est d'un bien schisteux. Les grandes taches rondes et noires , qui recouvrent les parties supérieures, sont tantôt disposées sur une, tantôt sur deux ^ ou même sur trois rangées et plus: elles laissent quelquefois entrevoir au centre la couleur du fond; chez d'autres individus elles confluent sur les parties antérieures , et bordent le collier clair qui est séparé du sommet de la tête par ia teinte foncée de cette partie. Les plaques labiales offrent quelques bordures noires. Le dessous varie comme dans le Tropidonote à collier et offre les mêmes teintes.
o,j9 H- o,23. Plaques 164 -h 62 ou 168 -+- 80. Un individu de notre collection présente 5 plaques souscaudales simples et ^5 de divisées.
L'extrémité postérieure des mâchoires est armée de quelques dents très longues.
10 Esp. LE T. VIDAKJRL T. VÎEAKARI ^11.
Les îles méridionales du grand empire japonais produisent ime autre espèce de Tropidonote beaucoup plus petite que la précédente. Parmi une trentaine d'individus rapportés par M. VON SiEBOLD, il ne s'en trouve aucun seul , dont la longueur totale excède o,43 -H 0,16 .• aussi ce Tropidonote a-t-ii le corps et la queue plus minces que les autres espèces dont nous venons de traiter. Sa tête est moins distincte du tronc, la queue plus grêle et les écailles ne sont pourvues que d'une faible carène.
La couleur dominante est un brun jaunâtre très pâle; le
(1) BoiE Isis 1826/?, 207 ; lùiiina jaj>. Ophid. PI. 5.
TKOPinOIVOTl s SIOLATUS. 317
tlessous est plus clair. On voit (jnelquefois une raie dorsale l'oncoe. Un tlenii-collier blanc orne les cotés du cou, les lèvres offrent la même teinte et sont bordées de brun. Les petits ont le dessus plus foncé et les cotés de l'abdonjen ornés d'une ■suite de petites taches en forme de points ; ils ressemblent du reste à leurs parens.
i38 -f- ^o ou i4^ + 78.
11 Esp. LE 1. EN ROBE. T. STOLATUS.
Le premier descripteur de cette espèce est Linnaeus : c'est son COL. STOLATUS Mtis. Ad. Fr. PL 11 f. i. Russel en a publié de bonnes fioures : Ind. Serp. I Pi. 10 et 1 1 et // Pi. i5 B, (le jeune). Les différens noms de pays que portent ces planches, prouvent combien peu s'accordent les communications des indiqènes. Je passe sous silence plusieurs figures de Seba, cilées par Merrem , Linné et Latreille, vu qu'elles sont au dessous de toute critique.
Ce Tropidonote est très commun dans tout le Bengale, d'oùnous en avons reçu plusieurs individus; d'autres nousont été cédés par le docteur Witt, qui a recueilli l'espèce à la pointe méridionale de la presqu' île de Malacca. On en voit au Musée de Paris des individus pris à Pvlalabar, à Pondichery , à Coromandel , à Ceylan , au Bengale et aux Philippines.
Cette espèce n'a pas tout-à-fait les formes délicates de la précédente; aussi parvient-elle à une taille un peu plus forte. Sa physiononiie ressemble à celle du t r o p. s u b m 1 n i a t u s. Le brun ohvàtre foncé du dessus est relevé par deux raies dorsales d'un beau jaune, qui entrecoupent un grand nombre de bandes transversales noires : une tache blanche indique le centre de section. D'autres taches noires et irrégulières sont dispersées sur les flancs: on en voit souvent une rangée au
318 TROPIDONOTUS VITTATUS.
côtés du dessous qui est jaune. Les plaques oculaires et les lèvres, nuancées de la même teinte, sont souvent bordées de noir, tandis que les écailles du tronc offrent quelquefois des bordures blanches. Les teintes deviennent plus claires dans la liqueur forte , et le dessous est souvent d\m vert plus ou moins foncé.
i44 -h 66 ou i48 -+- 77. Longueur totale 0,89 -j- 0,1 3.
12 Esp. LE 2. PxUBJNÉ. T. VITTATUS.
On nous a envoyé des centaines de ce Tropidonote de Java , où les rivières , les lacs et les lieux inondés en fourmillent. Il varie peu , et ses teintes ne subissent pas des changemens apparens dans l'esprit de vin. Il se trouve dans toutes les collections. SCHEUCHZER (l), SeBA (a), LiNNÉ (3) Ct RuSSEL (4)
en ont donné des figures. Les jeunes ne s'éloignent de leurs parens que par leurs dimensions. Les adultes ont la taille et le port du t ro pid. stolat us. Le dessus, d'un brun livide, est marqué de 3 raies noires dont celle des flancs , plus large que la médiane, tranche la rangée inférieure d'écaillés qui sont relevées par une raie d'un rouge pâle. Le dessous est d'un bleu de schiste, toutes les lames offrent une large bordure de noir ; il en est de même de celles qui revêtent les côtés de la tête. L'iris est brunâtre. On observe souvent entre celles des flancs et du dos, une raie intermédiaire très effacée.
Mesures: 0,48 + c>îI7- — Nombre des plaques variant depuis 143 H- 72 jusqu'à i45 -v 84.
Le crâne est plus alongé que dans les autres Tropidonotesj
(1) Bibl sacra 661 , 8. — (2) Thés. 7/ 44 , 5 ; 60/. 2 e^ 3 ; / 35 , /,. — rS) Mus. Ad. Fr. PL 18/ 2. — (4) Ind. Serp. JT PL. 35.
'lR0PlD0i\01TîS ÎSCHISTOSIIS. 3Ii)
les dents sont très délicates et les os du squelette peu vigoureux.
13 Esp. LE TROPIDONOTE COULEUR DE SCHISTE. ÏROPIOONOTUS SCHISTOSUS.
Nous avons reçu de Bengale, il y a quelques années, un Tropidonote semblable à tous les égards au chittee de llussEL Iiicl. Serp. II PL 4 (col. schistosus Daudin ^oL VII p. i32), excepté que les écailles sont carénées chez nos individus , caractère dont Russel ne fait pas mention , ce qu il fiuit probablement attribuer à une inexactitude dans sa description ; car ce Tropidonote a toutes les écailles surmontées d'une carène assez prononcée. La tête est très courte et conique ; les plaques du sommet sont ramassées, et les yeux petits. D'ailleurs, il offre les mêmes dimensions que le précédent, quoiqu'il ait le tronc plus robuste et presque cylindrique; le dos est un peu en carène. Les deux teintes uniformes de cette espèce se tranchent sur lavant-dernière rangée d'écaillés: ces teintes sont d'un gris schisteux assez foncé sur le dessus et d'un jaune sale sur ie dessous. On aperçoit à peine qu'il existe une petite raie noire derrière l'œil. o,43 -h i6 ;^ i5o \ 80.
Le museau de ce Tropidonote étant très court, conique et descendant obliquement vers les côtés, il s'ensuit que les narines sont un peu dirigées vers le ciel , et que les plaques frontales sont quelquefois fondues en une seule qui offre une forme triangulaire: ce caractère rapproche l'espèce des Homalopsis.
Elle est très répandue: commune au Bengale , elle a été également rapportée par M. M. Sganzin et Milius de Madagascar et des PhiUppines.
320 TROPïDO^OiXS BIPUiMCrATUS.
14Esp. LE T. BIPONCJUÉ. T. BIPUNCTATUS*
La synonyaiie de cet ophidien est très embrouillée. On peut adopter lopinion des naturalistes, que la PL 53 de l'ouvrage de Catesby représente cette espèce et que Linnaeus (i) l'a désio^née sous le nom de col. or dîna tu s; ce dernier auteur, par une méprise inconcevable, cite à ce sujet Seba //. 20. 1 , figure qui repose sur un individu du den d r o- PHis LiocERCUS, dépouillé de l'épiderme, Seba a appliqué fort mal-à-propos à cette figure le nom barbare d'i b i b o b o c a, qu'il a emprunté de l'ouvrage de Marcgrav, où il est employé pour désigner un él aps de Surinam. Plusieurs auteurs français tels que D4ubeivton, Lacépède (2), Daudin etc. ont dérivé de cette dénomination barbare, en la contractant, celle d'iBiBE qu'ils ont introduite dans le système, décrivant des opbidiens très divers de notre Tropidonote et imitant Linnaeus servilement dans leurs citations. Plusieurs de ces auteurs ont malbeureusement conservé ce même nom d'ibiboboca (3) mutilé d'une manière différente , à une autre Couleuvre également indéterminable qu'il faut peut-être rapporter à notre Erpétodryas a dos caréné; de nos jours enfin, ce nom a servi comme épithète de I'éla ps coralli n. — Le Tropidonote biponctué a été décrit le premier d'une manière un peu reconnaissable par Latreille (4), d après des individus rapportés de la Caroline par Bosc. C'est encore le
COL. ER YTH ROGR AM3I U s de BeAUVAIS (ap. LaTREILLE //^
/?. i4 L et Daudin Vllp, pS PL 83 f. i)-^ le c o l. e q u e s de Reuss, Mus. Senk. p, 1^1 PL S f. 2, du Mexique appartient probablement aussi à cette espèce.
(i) Sysf. nat. p. 379 ; Merrem lent. p. 93 a placé cette espèce dans son genre hurria. — {'i) Qaad, oc, U p ùii. — (3) Lacep. /. c. II p. 328. — (4) COL. BiPUNCTATUs Latr. /îey;»f. JFp.85, avec
fij^iire.
/ mOPlDOAOTlS SxHîRlTA. 321
Ce Tropidonote est très ooiuniun dans Us provir.ees riiéridionales des États-Unis. Le Musée des Pays- oas doit plusieurs Individus aux soins de M. Troost à Nasliville; d'autres ont été adressés à eet établissement de New-Yoïk. JVJ. PJée la aussi rapporté de la Martinique.
11 est analogue sous beaucoup des rapports à notre Tropidonote à collier et ressemble, par les teintes même, en quelque sorte à la variété à deux raies dorsales de notre espèce commune. Sa tète cependant offre des foimes un peu plus alon^ées, les veux sont moins prands, et on ne voit ni collier ni tache sur la nuque ni bordures noires aux écailles. La teinte bleuâtre de la peau s'entrevoit un peu à travers l'épiderme des écailles, qui sont d'un brun plus ou moins foncé. Trois raies assez larges et d'un blanc jaunâtre régnent le long des flancs et de la ligne médiane du dos. Le dessous est orné d un grand nombre de taches ou de bandes transversales déchiquetées. Le dessous tire sur le jaunâtre : chaque lame abdominale est pourvue d'une tache noire. Les jeunes offrent des teintes plus claires que leurs parens ; les raies longitudinales sont moins visibles, et leur corps est souvent parsemé de nombreux petits points noirs.
Longueur totale: 0,66 +0,17. Plaques: iSj + 58 ou 146
« Ce Tropidonote se nourrit de grenouilles, d'oiseaux , de X) petites tortues naissantes , de salamandres et de rats d'eau. » Palisot-Beauva-is ap. Latr. vol. III p. 88.
15 Esp. LE T. SAVRITE. T. SAURITA.
Ce Tropidonote, très abondant dans la plus grande partie des États-Unis , a aussi été découvert par M. Plée à la Martinique. Il offre des formes beaucoup plus sveltes que les
322 TROPIOOIXOTUS SAmilïA.
autres espèces du genre et se rapproche même des er péto- DRYAS (i) , quoiqu'il réunisse tous les caractères d'un vrai Tropidonote dont il a aussi la physionomie. Sous ce dernier rapport, il ressemble même à notre Tropidonote à collier, à cela près que la tête, ainsi que les plaques qui la recouvrent, sont plus alongées. Les individus de 0,70 -t- o,3o sont de la grosseur du petit doigt: on voit par ces dimensions que la queue est plus longue que dans les autres espèces; elle est amincie vers l'extrémité et on compte, à sa partie inférieure, 06 ou 118 plaques doubles : celles de l'abdomen se trouvent au nombre de iSa -i- 180.
Ce Tropidonote a , dans le système de coloration , plusieurs rapports avec le précédent. La teinte du fond cependant est d'un brun très foncé, ce qui fait que les raies longitudinales sont plus tranchées et les taches noires moins apparentes; le dessus de la tête est moins clair et les taches abdominales sont petites ou manquent tout-à-fait. Les adultes offrent des teintes plus pâles que les petits. Dépouillé de l'épiderme, la peau est d'un beau bleu d'azur. Le crâne de ce Tropidonote est également plus alongé que celui des autres espèces; les dents sont minces , mais celles de la mâchoire supérieure augmentent en grandeur, à mesure qu'elles s'approchent du bout postérieur de cet os.
On reconnaît notre Tropidonote dans la figure que Catesby a donnée sur la PL 5o de son ouvrage; peut-être faut-il aussi rap* porter ici le serpent figuré sur la PL 5 1 . Linnaeus l'a décrit sous les noms de COL. SAURiTAetsYRTALis(i). C'est aussi le COL. pROXiMus de Sa Y (2). On emploie, dans les Etats-Unis, indifféremment les noms de r i b b o n-s n a k e et de g a r t e rs N AKE , pour désigner cette espèce. Elle se nourrit , suivant
(1) On ignoreses mœurs; Daudin dit qu'il fréquente les arbres: Rept, vol m p, io5 P/. 81. — (2) SysUnaLp. 385^^383.— (3) Rochy Mount, vol, Ip. 38j).
TROPIDONOTIS I ASCIATIJS. 32:)
Palisot-Beauvais, (ap. Latr. 1)01.111 p, 88), delà raine ordinaire, d'insectes et de vers. Les individus (|ui font [)artie du Musée des Pays-Bas sont dus au Prince de Musignano et à M. Troost à Nashville.
IGEsp, LE T. FASCIÉ, T. FASCIATUS.
Pl.XIIfig. i6 et 17.
Catesby , induit en erreur par la différence des teintes de plusieurs individus de cette espèce, et par la circonstance que ces variétés portent des noms divers, a décrit ce Tropidonote sous plusieurs noms. C'est son cop per-bellied sn a ke (i) PL 46 et sa VIPÈRE AQUATIQUE PL 43 (2). Il parle de crochets dans la description de cette dernière , quoique sa figure n'en offre pas les moindres traces : aussi serait-ce une chose très singulière dans un serpent d'eau douce que d'être venimeux, d'avoir en même temps les mouvemens alertes , et de se nourrir de poissons. Cette erreur a été cause de beaucoup d'autres: Lacépède a fait de cette prétendue Vipère aquatique son CROTALE PISCIVORE (3) , rangé ensuite par Latreil- LE (4) et Daudin dans le genre scytale, et par Merre3i (5) dans celui dcNATR ix. Linné (6) a indiqué notre Tropidonote sous le nom de col. fasciatus; il cite à ce sujet Catesby PL 58, figure qui m'est indéchiffrable. Les auteurs français ont copié Linné , quoique plusieurs d'entre eux (7) en aient fait une espèce nouvelle. C'est aussi le col.
(l) GO L. ERY THROGASTER. ShAW Ge/t, Zool. 112 P. 1 p. 458.
(2) COL. AQUATicus Shaw ih. p, ^25; le jeune se trouve figuré sur la PL 49 de Catesby. — (3) Quad, ov. II p. iil\. — (4) Repu III p. i63. — (5) Tent, p. i3i. — (6) Syst. nat. p. 378. — ^ (7) cor. PORC A TU s Latr, Rept, voh IV p. 82 av. fig.
3^24 TROPÎDONOTUS FASCÏATUS.
THORACicus (le Herrmanx du Musée de Strassbournf*
M. le professeur Troost de Nashville a bien voulu nous adresser plusieurs individus de cette espèce, pris dans les tributaires du Mississipi. ïJle atteint de fortes dimensions suivant Catesby, quoique nos individus ne surpassent pas 3,5 1 +o, i8 en longueur totale. Les plaques du dessous sont au nond3re de i3o -f 62 ou de 142 + 68. Elle a les écailles plus fortement carénées que les autres espèces du genre et disposées sur 21 ou 23 rangées longitudinales. Elle se rapproche au reste de la suivante, excepté que la tète et par conséquent aussi les plaques qui la revêtent , sont plus larges. Les yeux sont peu gros et les narines très étroites.
La couleur dominante est un brun grisâtre, qui passe au jaune ou au rougeàtre sur le dessus. Le dessus est orné d'une suite de grandes taches noires , orbiculaires et souvent confluentes vers les parties postérieures; elles forment alors une large raie serpentine, quelquefois divisée en trois, de sorte que l'on voit sur les flancs une suite de bandes transversales. L'abdomen est plus ou moins marbré de noirâtre. La tache sur la nuque est quelquefois en fourche. Les jeunes individus ont des teintes plus claires que les adultes , et le dessin noir est souvent bordé de blanc.
Ce Tropidonote préfère le voisinage des eaux , dont les habitans de la classe des poissons lui offrent une nourriture abondante. Etendu sur les branches des arbres qui s'avancent au dessus des rivières, il guette sa proie et fond sur elle au moment qu'elle paraît à la surface de l'eau. Il la poursuit souvent au fond des eaux, mais s'en étant emparé il regagne les rives pour l'avaler. Catesby, de qui j'emprunte ces détails, dit qu'il se nourrit d'oiseaux, et Palisot BeauvAis y ajoute des grenouilles, des insectes et des vers. Les fables , rapportées par Catesby au sujet de ce Tropidonote , sont trop vulgaires pour être répétées ici.
M. Plée a découvert cette espèce à la Martinique. M. Bara-
TKOPIDOAOTUS ViPEKliXUS. :ji5
biiio vient d en adresser au Musée de Paris un grand nombre d'individus, pris à la Nouvelle-Orléans; on voit dans cette série une jolie variété : elle a les teintes ternes, pfdes, et toutes les taches sont fondues en 5 lari>es raies lon^itudinales dont trois occupent le dessous. Ce dessin particulier et constant dans trois sujets nie tait supposer lexistence de deux espèces très-voisines de Tropidonote dans l'Amérique du Nord.
17£sp. LE T, VIPÉRIN. T. YÏPElilNLS.
PI. Xllfig. i4 et i5.
La seconde espèce européenne du genre Tropidonote habite plutôt les contrées méridionales de cette partie du monde. Elle ne se trouve pas au delà du 5o™^ degré de latitude boréale.
Laurentius en a fait mention sous le nom de couonella TEss EL AT A (i). Lc Muséc de Vienne (2) en possède des individus originaires de l'Autrichejde la Hongrie , de la Carinthie, de ritalie , de l'Helvétie et de la France. Plusieurs sujets de ces pays nous ont été communiqués de cet établissement; ou nous en aaddressé d'autres du Schlangenbad dans le duché de Nassau. M. Mikan (3) a observé l'espèce dans plusieurs endroits de la Bohème; Frivaldszîcy (4) au midi de la Hongrie. Latreille (5) a décrit sa couL E u VR E vipérine d après des individus recueillis dans la France méridionale , mais il paraît qu'elle habite toutes les provinces de ce grand royaume (6).
(i) Syn. p. 87 — (2} FiTz.y?. 58. — (3) Sturm Fauna Rept. col. TESSELATUS avec. fîg. — i[^) Monogr. p. l^Çt. — (5) Rept. vol. IV p. 47. — (6) Daudin voL Fil p. ia5 et Cuv. Rèi^me animal t. II p» 84»
326 TROPIDOi\OTUS VIPERIXUS.
Metaxa (i) et le Prince de Musignano (2) ont décrit des individus de Fltaiie moyenne , d'où M. Gantraine nous en a rapporté plusieurs. Quelques sujets à raies dorsales jaunâtres, recueillis dans l'Espagne méridionale , ont été envoyés au Musée des Pays-Bas par le docteur Michahell.es de Munich ; ils ont démontré à Wagler que ses N AT Rix chersoïdes et ocELLATA (3), confondues parmi les reptiles recueillis au Brésil par Spix , reposent sur cette variété de notre Tropidonote , qui est répandu sur presque tous les pays formant le bassin delà Méditerranée. J'en ai vu, lors de mon séjour à Paris , des individus pris à Montpellier et dans plusieurs autres lieux de la France; d'autres étaient originaires de la Sardaigne; M. M. Quoy , Gaimard et Gérard l'ont découvert à Algésiras et sur plusieurs points de la côte Barbaresque; M. Bory de St. "Vincent en a rapporté en grand nombre de la Morée ; Olivier l'avait déjà recueilli au Levant, dans la Troade. Nous venons de recevoir un individu de cette espèce pris sur les bords de la mer Caspienne par M. Ménétrier, qui en a fait une nouvelle espèce sous le nom de col. v er micul a tu s.
Ce Tropidonote a le port de l'espèce commune; mais sa tête est beaucoup plus alongée , moins distincte du tronc et revêtue de plaques plus étroites, quoique leurs formes soient assez fugitives. La position plus verticale des yeux qui sont de moyenne grandeur, et la petitesse des narines rapprochées à l'extrémité du museau , annoncent que cette espèce aime le séjour des eaux ; elle se rapproche à cet égard des h o m a l o p s i s : aussi tient-elle beaucoup de ces ophidiens dans la physionomie qu'elle a plus farouche que les autres Tropidonotes , ce qui est particulièrement du à l'ouverture de la bouche qui est
(l) COLUBER GABINCS MonOgr. /?. 34 ; (^) 1® C O L. V I P E-
R I N u s de cet auteur n'est qu'une variété du col. w a t r i x. — ^ (3) n a- T R I X fi A B i N A lamoy;r.fasc. Il,
TROPlDOxVOnJS VII»ËRIi\US. Vil
très large , droite et montant hrusquonient vers la coniniissure des lèvres. Les carènes des écailles sont assez prononcées, notannnent vers les parties postérieures. Le crAne oftre des. formes plus alongé.es que celui du Trop, à (.oliler; les os qui le composent sont plus délicats, mais le système de dention est le même dans les deux espèces européennes.
Un vert olivâtre très foncé et tirant sur le brun occupe le dessus qui est orné de trois ou de plusieurs suites de taches noires, quelquefois peu distinctes ou même à peine visibles. Les parties inférieures sont jaunâtres ; les larges taches carrées dont elles sont parsemées prennent souvent le dessus , de sorte que la couleur du fond ne se voit que sur les bords latéraux des plaques où elle passe, dans quelques sujets , au rouge ou au blanc. On observe sur la nuque deux raies noires qui se rencontrent sur l'occiput pour former un angle plus ou moins aigu.
Cette espèce est fort sujette à varier. La teinte du fond s'observe dans plusieurs nuances depuis le jaunâtre jusqu'au brun-vert. Les taches du tronc sont quelquefois bordées de jaune et offrent un point central de cette même couleur.
Les jeunes ont les teintes beaucoup plus claires et plus vives que les adultes ; ils sont quelquefois d'un beau jaune de souffre , et ont les taches noires plus tranchées. Les teintes claires des parties inférieures s'effacent après la mort.
Les individus de l'Italie ont le dessous le plus souvent très foncé, tandis que ceux de l'Espagne offrent deux raies dorsales jaunâtres assez larges. Des observations ultérieures doivent décider si l'on peut adopter ces variétés comme variétés de climat constantes ; mes observations ne reposent que sur la comparaison de deux individus originaires de lEspagne et six de l'Italie avec un bon nombre d'autres , recueillis en Allemagne et dans la France.
On observe très souvent plusieurs plaques simples isolées parmi les plaques divisées qui revêtent le dessous de la
328 TROPIDOIVOTUS SCABER.
queue. Ce Tropidonote atteint jusqu'à trois pieds de longueur totale dont la queue occupe tantôt le tiers , tantôt le quart. Les plaques varient depuis 147 + 60 jusqu'à 170 H- 76 ; il en est de môme du nombre des rangées d'écaillés qui est quelquefois de 21 , tandis que la plupart n'en offre que 19.
Les femelles parviennent à des dimensions plus fortes que les mâles.
M. Cantraine a recueilli plusieurs individus de cette espèce dans des lieux marécageux près de Naples , où elle habite en société. On doit au Prince de Musignano quelques notices sur ses mœurs, les voici: elle préfère les eaux profondes aux petits étangs ou aux marais; c'est particulièrement lors delà récolte du foin que l'on voit, dans les présde laCampagna de Home, ces serpens faisant sortir de l'eau leur tête seulement. Excellens nageurs, ils plongent également bien et restent souvent longtemps au fond des eaux. Leurs habitudes aquatiques et la promptitude de leurs mouvemens en rendent la chasse assez difficile, même pour les vipériers les plus excercés à cette occupation. Cette espèce ne se trouve pas en abondance en Italie.
18 Esp. LE TROPIDONOJE RUDE, T. SCABER.
P], Xllfig. Il et i3.
Les eaux douces de la pointe australe de l'Afrique ne nourrissent qu'une seule espèce de Tropidonote, très disparate des autres par son organisation.
Elle a le tronc entouré de 25 rangées d'écaillés de forme lancéolée et toutes surmontées d'une carène extrêmement forte ; ces écailles touchent inmiédiatement aux plaques de la tête qui est beaucoup plus grosse que dans les autres espèces.
TROPIDOXOTUS SCABEU. 329
assez larj^e , ramassée, à museau court et obtus , et revêtue de lauies qui iuntentles foruies extérieures de la tête, mais dont les occipitales sont très étroites vers leur bout postérieur. Lœil petit et peu saillant est entouré, à son bord postérieur, de deux plaques. Les frontales postérieures descendent entre la nasale et l'oculaire antérieure, qui sont plus larges qu'à l'ordinaire, occupant par cette raison la place de la plaque du frein qui man({ue totalement. Les narines semi-lunaires et étroites se ferment au moyen d'une valve. Les plaques labiales sont petites, les mentales au contraire ont une étendue peu commune; elles sont immédiatement suivies des lames de l'abdomen qui se trouvent au nombre de i83 à 218. Les souscaudales divisées sont quelquefois entremêlées de quelques lames simples; on en compte en tout tantôt 4o tantôt 5o: ces données prouvent en même temps que les dimensions longitudinales du tronc sont développées aux dépens de celles de la queue. Cette partie est souvent terminée par un crocbet assez aigu.
Ce Tropidonote est un des plus intéressans opliidiens par rapport à son organisation. Il a les dents très minces et d'égale longueur. La glande lacrymale paraît être développée aux dépens des salivaires qui sont beaucoup moins grosses que dans les autres espèces: d'un volume assez considérable , cette première glande s'étend , en forme de cylindre, depuis l'œil jusqu'à l'angle de la bouche ; la nasale manque. Les parties molles offrent également une disposition particulière. Le cœur est très rapproché de la tête; l'œsophage et l'estomac étant extrêmement alongés, il s'ensuit que le canal intestinal est court et ramassé, et qu'il offre des replis peu profonds. L'organisation des vertèbres collaires présente un fait assez curieux et unique dans le règne animal: les apophyses épineuses inférieures; au lieu d'être dirigées en arrière conmie on l'observe chez tous les'autres ophidiens, forment, chez l'espèce du présent article, des lamelles larges, perpendiculaires et latéralement comprimées; mais les dernières six ou sept apophyses , c'est-à-dire celles qui se trouvent
230 TKOPIDOiXOTUS AIORTUARÏUS.
placées immédiatement avant le cœur , sont courbées en guise de crochet incliné vers la tête et dont la pointe , comprimée dans le sens latéral et quelquefois écbancrée, est revêtue d'une substance dure, semblable à l'émail des dents. Ce Tropidonote, connu aux cap de Bonne Espérance sous le nom de waterslang, parvient jusqu'à 0,72+ 0,11 de longueur. Les naturalistes ont unanimement conservé le nom scientifique proposé par LiNNAEUs (i).
Cette espèce a les parties supérieures d'un gris brim plus ou moins foncé; le dessous est jaunâtre et souvent marbré de brun sur les côtés. Une suite de larges taches quelquefois orbiculaires et d'un brun noir occupe la ligne médiane dorsale ; une autre suite s'étend le long des flancs, mais elles ont plutôt la forme de bandes transversales. Une large tache anguleuse marque la nuque : elle est précédée de plusieurs autres, parallèles et qui occupent le sommet et les côtés de la tête. Les petits ont les teintes plus livides.
J'ai trouvé dans l'estomac de cette espèce des œufs d'oiseaux à demi digérés, ce qui me tait penser que c'est I'eijer vre- TER des habitans du cap; on en a fait très mal-à-propos un genre à part, fondé sur la prétendue absence de dents.
19 Esp. LE T. DRAP MORTUJÎRE. T. xMOIlTUARIUS.
Quoique analogue à l'égard des teintes au Tropidonote à taches en quinconce , cette espèce s'éloigne cependant de tous les Tropidonotes par rapport à la conformation de la tête.
(i)coL. SCA.BER LiNNÉ Mus. Ad. Frled, PI. 10 J. 1; Merrem Beitr. J PI. g: le jeune. Cette espèce forme le genre d as ypel ti s tle
WaGLER.SV.V?.;^. ir8.
TROPIDONOTUS MORTUARIUS. 331
Ses écailles, presque carrées, disposées sur 23 rangées' longitudinales et surmontées d'une carène extrêmement saillante; la forme alongée de la tête ; la petitesse des pla(jucs frontales antérieures et des surciliaires; la position verticale des narines et des yeux et leur petitesse; la présence de plusieurs plaques oculaires antérieures qui se prolongent jusqu'au dessous de l'œil ; d'autres caractères enfin tirés du sjstème de coloration sont autant de traits particuliers à ceTropidonote.
Il fait le passage aux Homalopsis: sa physionomie l'indique évidemment. Je n'en connais qu'un seul individu, provenant de la collection de feu Kuhl (i): cet individu mesure 0,2 1 + 0,08, le nombre des plaques est de iSy -f- 70. Celui que Russel a figuré sur sa PL 33 était d'une taille plus forte; il a servi de type au col. mortu ar ius de Daudin Rept. vol. VII p. 787. L'espèce porte au Bengale le nom de N ANGEALLED- KE AR A. Elle a Ics tcintcs très lugubrcs. Un brun noir enfumé occupe le dessus; on voit plusieurs suites de taches noires qui affectent sur les flancs la forme de bandes transversales. L'abdomen est jaunâtre ; toutes les plaques sont bordées de noir-brun, couleur qui occupe aussi le dessous de la queue.
(1) Beitràge p . <^Çi : col. mortuarîus.
2 Genre. LES HOMALOPSIS.
HOx\IALOPSlS.
Parmi les serpens non venimeux, ce sont les espèces de ce genre^qiii méritent plus particulièrement l'èpithète de serpens aquatiques. On sait peu relativement à leurs mœurs; mais les espèces que l'on a observées font un séjour presque continuel dans les eaux. Les Homalopsis paraissent plus particulièreiheiït organisés à peupler l^s immenses étendues d'eaux douches des contrées intertropicales de l'Asie et de l'Amérique qui fourmillent d'innombrales espèces de poissons , dont ils font leur nourriture principale. lis remplacent, dans ce dernier continent , les TROPiDONOTES (lont la race est distribuée dans les climats tempérés et chauds des deux mondes, tandis que la patrie des Homalopsis connus ne s'étend ordinair rement pas au delà des tropiques. Les espèces ne sont pas très répandjies; une seule se trouve au Bengale ainsi qu'à Java; d'autres habitent à la fois les deux Amériques. La plupart parviennent à des dimensions considérables , quoique leur corps , quelcpiefois de la grosseur du bras , excède rarement 4 pieds en longueur totale. Ces disproportions dans les formes; un(^ queue courte, conique et robuste; une tète extrémenjenc larac arosse , obtuse, ramassée et revêtue de plaques de foi me très iriégulière et peu constante ; un museau court et obtus; des narines et des yeux assez petits dirigés vers le ciel ; des lèvres enflées; l'ouverture de la bouche spacieuse , le plus souvent droite et à angle postérieur montant: tout ces caïucteres concourent pour rendre l'aspect de ces animaux
iioMALOPsis. :i3.'î
à la fois hideux et rebutant. Les Honialopsis sont cependant innocens , nonobstant ]a nialii^nité de leurs traits. Ce sont notaninient les petits yeux dirij^c^s vers le ciel , et les narines eu fente seniilunaire , également verticales et très rapprochées de rexti'éinité du nniseau , qui prêtent à la physionomie de ces ophidiens une expression toute particulière et tellement frappante, que l'on reconnaît avec facilité les espèces de ce genre , après en avoir vu une seule et malgré qu'elles offrent des disparités assez considérables ; car les unes ont les écailles si petites que le nombre de leurs rangées s'élève jusqu'à 89, tandis que d'autres n'en offrent que i5 rangées J assez larges: ces parties sont tantôt lisses, tantôt surmontées d'une forte carène; carrées chez les uns, en rhombe chez d'autres. La tête est souvent recouverte de plaques comme dans les Couleuvres , mais ces lames varient extrêmement , suivant les espèces , à l'égard de la conformation et du nombre ; car il y en a où ces plaques sont remplacées par des écailles de forme très irrégulière. Nous voyons par ces données que le genre Homalopsis , quoiqu' aussi naturel que le précédent , est cependant composé d'espèces d'une organisation très disparate , tandis que les Tropidonotes sont tous extrêmement voisins sous ce rapport. Plusieurs autres traits sont cependant propres aux Homalopsis et les éloignent de tous les autres ophidiens: une espèce même , Te r p et o n , offre une organisation toutà-fait anomale.
Le corps des Homalopsis est le plus souvent cylindrique et quelquefois un peu comprimé. Ils ont tous l'abdomen extrêmement large, mais les lames de cette partie sont beaucoup plus étroites que celles des Tropidonotes, caractère qui rapproche les Homalopsis des boas, quoiqu'ils le possèdent dans un degré beaucoup moindre que ceux-ci. Le dessous du corps est toujours convexe. Les lames du sommet de la tête , lorsqu'elles existent, sont toujours ramassées et rarement de forme symmétxùque : elles ne se trouvent au
:i34 HOMALOPSIS.
nombre de neuf que dans quelques espèces; dans !e reste > les plaques frontales antérieures sont fondues en une seule , peut-être pour rapprocher les narines du sommet du museau : car chez: plusieurs Homalopsis , les nasales se touchent avec leur bord interne et occupent ainsi la place des frontales antérieures qui manquent alors totalement. Les plaques du dessous de la tête sont rarement développées: on voit le plus souvent à leur place un grand nombre d'écaillés de forme diverse.
Les autres plaques varient tellement suivant les espèces qu'il est impossible de généraliser les caractères , tirés de la conformation de ces parties. Il suffira de dire ici que l'ensemble de Votganisation des Homalopsis contribue à leur faciliter le séjour dans l'élément liquide. Couchés au fond des eaux , la position des yeux leur permet de recevoir à la fois l'image de tout ce qui se passe autour et au dessus d'eux. Pour aller respirer , ils n'ont que de rapprocher le bout du museau à la surface des eaux: ce mouvement est l'œuvre d'un instant; ils referment leurs narines linéaires au moyen d'une valve qui se trouve au bord postérieur de ces organes et replongent, sans avoir été aperçus , dans le vaste abyme des eaux où ils se trouvent à l'abri des poursuites de leurs ennemis. Leur bouche est susceptible de se fermer hermétiquement , grâce aux plaques qui en garnissent les bords; la petite écliancrure même de la plaque rostrale est remplie , lorsque la bouche est fermée , par la plaque terminale de la mâchoire inférieure. JNous verrons que les serpens de mer offrent encore cette conformation et môme dans un degré supérieur.
Les Homalopsis sont doués d'une force musculaire prodigieuse ; aussi les organes de locomotion très-développés trouventils un appui ferme dans la base solide du corps qui est composée d'os assez robustes. Les apophyses des vertèbres sont assez larges: les inférieures sont toutes très développées et celles de la queue particulièrement longues : les vertèbres de ce membre sont plus vigoureuses qu'à l'ordinaire. Les côtes sont moins
iiOMAiiOPSis. :j:i5
arquées et plus dirigées dans le sens horizontal qu'à l'ordinaire, ce qui fticilite sans doute la natation, prêtant en outre au tronc ce volume considérable qui distingue la plupart des Honialopsis. Le crâne offre des formes aussi anomales que l'extérieur de la tète: il est large, quoique l'espace entre les yeux soit assez étroit. Tous les os qui le composent sont robustes et solides. Les caisses et les mastoïdiens ne dépassent pas en longueui ces parties chez les Tropidonotes ; les nasaux sont étroits les orbites rapprochées. Les apophyses coronoïdes sont très développées ; les mâchoires peu longues et armées de dents assez grosses , aiguës, crochues, et augmentant en volume vers le bout postérieur des maxillaires , où Ton voit quelquefois plusieurs dents sillonnées ; on observe également de très fortes dents au palais. L'intermaxillaire est déprimé et horizontalement linéaire. Les maxillaires sont bordés par des glandes salivaires dont la partie postérieure est toujours extrêmement développée; dans quelques espèces môme, ce lobe volumineux est séparé des glandes maxillaires pour former une glande à part. Celles de la mâchoire inférieure sont assez considérables ; il se trouve, chez quelques espèces , de petites glandes sousmaxillaires. On voit toujours une rostrale et une lacrymale, quoique la dernière soit peu grande. Les nasales, si toute fois elles existent , sont petites. La disposition des viscères des Homalopsis offre plusieurs détails assez curieux. Le poumon forme toujours un seul sac spacieux dont les cellules se prolongent assez en avant du cœur sur les membranes de la trachée, dont elles occupent quelquefois toute l'étendue. Dans les uns, le poumon est partout de même largeur; dans d'autres , il se rétrécit vers le bout qui est élargi en guise de réservoir aérien ; dans les espèces enfin qui font le passage aux Tropidonotes , la structure du poumon n'offre rien de particulier. L'organisation du canal intestinal varie également d'une espèce a l'autre: sa partie grêle forme toujours des replis assez nombreux et profonds , mais l'intestin gros et le
33(i HOMALOPSIS.
rectum sont spacieux, courts et droits ; il en est de même de l'estomac qui forme souvent un cul de sac assez volumineux. La vésicule du fiel , la rate et le pancréas sont très développés chez les Homalopsis.
Les Homalopsis présentent le plus souvent des teintes très lugubres. Un gris schisteux, brunâtre, olivâtre ou noirâtre occupe le dessus de presque toutes les espèces. Quek|ues unes sont tachetées, d'autres raiées ou ornées de bandes transversales. Le dessous est souvent jaunâtre et pourvu de larges taches carrées, semblables à celles que nous avons décrites chez plusieurs Tropidonotes. Les petits ont toujours les teintes plus vives que les adultes , et diffèrent quelquefois assez de leurs parens sous ce rapport.
Le nombre des plaques abdominales est peu considérable , on en compte le plus souvent i5o ; il est cependant des espèces où elles s'élèvent jusqu'à i8o, d'autres au contraire n'en présentent que 120 environ. Les plaques souscaudales, quelquefois simples , sont environ au nombre de 3o , d'où l'on peut conclure de la brièveté de la queue.
Les difficultés, attachées à la chasse de ces ophidiens, sont peut-être cause qu'ils sont assez rares dans les collections. Kuhl a fondé le genre homalopsis sur la grande espèce javanaise; Boie y a ensuite ajouté plusieurs autres de différentes parties du monde. J'ignore les motifs qui ont engagé Cuvier (i) à changer ce nom en celui de cerberus. Wagler (2) a crée pour plusieurs espèces les genres: hypsirhina, hy- DROPS et HELicops. D'autrcs auteurs ont encore dispersé ces ophidiens dans diverses coupes génériques, dont nous ferons mention plus tard.
(1) Règne anim. 11p. 81 — {1) Sysi, p, 169.
nOMALOPSIS BUCCATA. 337
1 Esp. UHOMALOPSIS A JOUES ENFLÉES, H03IAL0PSIS BUCCATA.
PI. XITl fig- I , a et 3.
Bien que cetophiflien soit un des mieux caractérises de toute la tribu , les auteurs en ont toutefois tait plusieurs espèces nominales , que l'on a ensuite réparties en divers genres.
On en possède de nombreuses figures, dont quelques unes sont assez bonnes. Le jeune est représenté dans Schetjchzek PL 6'6o fig. I , dans Seba //. 23. 3 , figure qui a servi de type aux COL. suBALBiDus de BoDDAERT et de Gmelin ; une troisième se trouve dans Linné Mus. Ad, Fr, PL 19 fig, 3 : c'est son col. buccatus, placé par Daudin {voL VI, p. 220) dans le genre Vipère. Seba en a encore donné deux figures , tracées d'après des individus d'âge moyen, voir Thés, Il PL 11 fig, I et PL i'^ fig, i; Shaw Gen, ZooL III P, Il p. 4^5 a reproduit la première sous le nom de col. vipérin us; Merrem a ensuite employé ce même nom, traduit en allemand, pour désigner la figure de notre espèce, donnée dans ses BeitràgevoL II PL 10 : ce n'est que sur cette même planche que se trouve le COL. hor r mus de Daudin, x'o/. VII p, 71. Il faut encore rapporter à la synonymie de cette espèce le col. M on il i s de Linné Syst. nat, p. 38 1 , qui est aussi le demicollier de LvcÉpÈDE Quadr. ouip, t. II p. i^3 PL 8 fig. 2; et enfin Te chidna sEMiFASCiATAde Merrem Teiit. /?. 1 5o , espèce nominale fondée sur plusieurs figures de Sclieuchzer et de Seba. On trouve de plus un beau portrait du jeune de cet ophidien chez Russel II PL 33.
On ne l'a observé jusqu'à présent que dans la partie occidentale de l'île de Java , où il habite les lacs et d'où nos voyageurs nous en ont fait parvenir un bon nombre d'individus. C'est chez cette espèce que le professeur Reinwardt a le premier
338 HOMALOPSIS BUCCATA.
découvert des sillons aux dents maxillaires postérieures , observation qui a donné lieu à tant de recherches ultérieures, tendant à rendre suspects cet ophidien, ainsi que tous les autres qui offrent un système de dentition semblable. Nous avons re[jrésenté les glandes salivaires de cette espèce : Nou. Acta vol. XIV PL i6 fig. 8. Ces glandes forment, à leur extrémité postérieure , un lobe assez développé. La nasale existe , mais elle est petite. Les glandes salivaires de la mâchoire inférieure ne sont pas aussi volumineuses que dans les autres espèces. Les dents de cet ophidien sont beaucoup plus courbées en arrière que d'ordinaire; grosses et aiguës, elles augmentent en longueur à mesure qu'elles se rapprochent du bout du museau. La mâchoire supérieure est peu longue. Les caisses sont assez larges et les apophyses de la mâchoire inférieure très développées ; elles offrent un point d'insertion favorable aux muscles de la manducation , qui sont très vigoureux. Le squelette est pourvu de côtes arquées et longues; les apophyses épineuses, particulièrement celles des vertèbres du cou , sont assez développées. Le poumon commence vers !a première moitié du cou , il gagne en étendue vers le cœur ; mais derrière cet organe, il s'élargit pour former un réservoir à air de forme cylindrique, très volumineux et dont les cellules deviennent plus spacieuses et plus rares à mesure qu<^ l'on s'avance vern le bout du poumon qui est gros , arrondi et dont la forme rappelle celle d'un ccecum;il est à peine dépassé par le foie qui est ramassé et gros. Les nombreuses inflexions de l'intestin grêle commencent près du pylore: elles deviennent moins apparentes vers le rectum, qui est assez spacieux. L'Homalopsis à joues enflées atteint jusqu'à quatre pieds de longueur; le tronc des individus de cette taille est gros d'un pouce et demi environ. Les dimensions de la queue varient d'un Individu à l'autre; occupant environ un quart de la longueur totale, elle est conique, robuste et d'une venue avec le tronc, qui s'amincit considérablement vers les parties postérieures. Le tronc est un peu comprimé et entouré de H7 à 3q
HOMALOPSIS JUCCAl A. 339
rangées d'écaillés en rhonibe et surmontées d'une carène peu prononcée. Le grand nombre des écailles est cause qu'elles sont disposées sur des rangées très obliques , qu'elles ont une étendue peu considérable, qu'elles s'avancent assezloin sur le dessous de l'animal et que les lames abdominales sont beaucoup plus étroites que chez les autres Couleuvres. La tête est assez distincte du cou , quoique cette partie soit très vigoureuse: large à la base, extrêmement grosse , haute , conique et en [lente , elle contribue beaucoup par sa configuration à donner à cet ophidien la physionomie particulière qui le distingue des autres espèces du genre. Le museau est court , tronqué au bout et terminé par une plaque en pentagone, déprimée, et pourvue à son bord inférieur de deux petites échancrures. Les gros muscles de la manducation et les glandes salivaires volumineuses produisent un enflement considérable sur la région des joues qui sont très saillantes , ce qui fait que la tête est en forme de cœur et semblable par cette raison à celle des Vipères. L'ouverture de la bouche n'est pas très large, droite et à angle montant presque perpendiculairement. Les lèvres ont le bord rentrant muni de plaques hautes mais étroites dont le nombre est beaucoup plus considérable que chez les autres espèces , parce qu'il existe, vers l'angle de la bouche , une ou plusieurs rangées d'écaillés surnuméraires , enchâssées entre les plaques labiales. La mâchoire supérieure recouvre celle d'en bas par son bord interne. L'œil, extrêmement petit, est dirigé en avant et vers le ciel; il est enfoncé entre cinq ou six plaques oculaires : l'iris est brun , la pupille un peu allongée dans le sens vertical. Les plaques nasales, assez larges, se touchent par leur bord interne : cette organisation est cause que les narines, étroites et linéaires, sont rapprochées sur le sommet de la tête et que les frontales antérieures , petites et en triangle , se trouvent reserrées entre les frontales postérieures , qui sont disposées obliquement et dont le bord
340 HOMALOPSIS BUCCATA.
inférieur touche à la plaque frênaie. Le peu d'étendue de l'œil occasionne la petitesse des plaques surciliaires et de la verticale, auxquelles succèdent les occipitales également petites et étroites vers le bout postérieur. Le reste de la tête est garni d'écaillés de formes très diverses et peu régulières. La mâchoire inférieure est excessivement grosse à l'extrémité et a le menton tronqué: de là vient la disposition horizontale de la plaque terminale ; la première paire des labiales est très alongée et s'avance entre plusieurs autres plaques du menton. La gorge est revêtue d'un grand nombre de petites écailles , de sorte que les lames abdominales ne commencent que sous le cou. Il sera superflu d'ajouter à cette description que la forme et le nombre de toutes ces plaques varient considérablement suivant les individus; nous en possédons où la verticale se termine en une pointe très aiguë , d'autres où elle est divisée en trois parties dont chacune forme une plaque à part , etc. mais ces anomalies ne méritent guère qu'on y fasse attention.
Les teintes de cet ophidien sont peu sujettes à l'action de l'esprit de vin. Un jaune d'ocre plus ou moins clair occupe le fond; mais cette couleur ^ plus foncée sur le dessus fait place à de nombreuses bandes très larges , d'un brun noir plus ou moins foncé , souvent échancrées sur les flancs ou séparées de la couleur du fond par des bandes étroites. LTne rangée de taches orbiculaires , noires et disposées par intervalles très irréguliers , indique le bord latéral de l'abdomen. La tête est terminée par un collier noir qui s avance en pointe sur l'occiput , et se réunit sur les côtes avec deux larges raies naissant au devant de l'œil. Une tache en triangle orne le dessus du museau ; deux autres de forme alongée, se trouvent sur le sommet de la tête. Les lèvres sont , à l'état de la vie, d'une belle teinte rouo-eâtre. Tout ce dessin s'évanouit à mesure que l'animal avance en âge et les adultes sont souvent d'une teinte d'un gris noir uniforme ; mais chez quelques sujets elle
HOMALOPSIS 8CIlI\EID£IiII. 341
passe au rougeatre. Les bandes sont plus ou moins larges suivant les individus, et le dessous, particulièrement la queue , est souvent marqué de marbrures et de larges taches carrées noires.
Feu KuHL, en disséquant un individu adulte de cette espèce, a trouvé l'estomac rempli de sang coagulé et des débris d'un ophidien. M. Rkinwardt me dit qu'elle se tient continuellement dans les lacs.
2 Esp. VHOMALOPSIS DE SCHNEIDER.
HOMALOPSIS SCHNEIDERIÏ.
PI. XIH fig. 6 et 7.
La confusion qui règne dans la synonymie de cette espèce est due au grand philologue dont elle porte le nom : ce critique l'a décrite sous les noms d^ELAPS boaeformjs (i) et de B0A3V10LUR01DES (2) , ainsi nommé à cause d'une analogie supposée de cette espèce avec le c ol. molur us de Linné, qui n'est autre chose que le python bivitta- Tus. Ces indications vagues de Schneider ont fourni à Dau- DiN et à Merrem les élémens pour former leurs col.
SCHNEIDER H et HTTRRIA SCHNEIDERIANA (3), IcurS
python molurus et elapiformis (4). M. Rein- WARDT enfin a imposé à cet ophidien le nom de col. o b-
TUSATUS.
On en voit des figures dans Sera (5) et dans Russel (6) ; ce dernier voyageur prétend quelle habite les Indes; s'il en est ainsi,
(i) Hist. Amph. Il p. 3oi. — [i) ib. Il p. 279. — (3) Rept, vol.
Fil p. 170 et vol. V p. 221. — (4) Tent. p. 90 et 8g (5) Thés. Il
i5. 3. (6) Iiul. Scrp. Il PL /|0.
342 UOMALOPSIS SCHNEIDERII.
il faudrait la comparer au karoo bokadam de Russel (i), <-t fixer les traits distinctifs de ces reptiles si toutefois il en existe. Cette figure de Russel est le type du col. CERBERusde Daudin (2), del'HYDRUsciNEREUsde Shaw (3) de 1' h y-
DRTJS RHIISCHOPS de ScHNEIDER (4) (e N H Y D R I S R H Y N- CHOPS LaTREILLE (5) et python RIIYNCHOPS MERREM^
(6). N'ayant point été à même d'examiner ce serpent, je n'ose ni décider de son identité avec celui du présent article , ni l'admettre au rang des espèces exactement connues (^7). Tous les individus que possède le Musée des Pays-Bas ont été recueillis par ses voyageurs à Java , à Amboine et à une petite île voisine de cette dernière qui s'appelle Saparua, à la Nouvelle Guinée et à Timor. L'Homalopsis de Schneider ressemble au précédent sous plusieurs rapports. Il sen distingue cependant par ses écailles plus grandes , plus fortement carénées , un peu lancéolées et disposées sur 28 ou 25 rangées seulement ; par un tronc ' plus effilé et moins comprimé; par une queue moins longue; par une têle et un museau plus alongés et beaucoup moins gros ; par la forme des écailles dont sa tête est revêtue; par la position verticale des yeux et par ses teintes.
Un brun olivâtre, tirant tantôt sur le gris, tantôt sur le noir, occupe le dessus ; les taches irrégulières noires dont cette partie est oinée prennent le plus souvent, sur les flancs, la forme de bandes transversales ; mais elles sont quelquefois peu visibles. Le dessous est jaunâtre et maculé de noir enfumé , parliculièrement à la base des plaques. On voit quelquefols une raie noire derrière 1 œil. Les teintes ne passent point après la mort. Nous devons à M. Reimwardi plusieurs
(1) ib. 7. PL 17. — (2) Rept. VII p. 167. — (3) Gen. Zool. II p. 667. (/i) IJist. aniph. 1 p. 246. — (5) Rept. III p. 101. — (6) Tent. p, 90. — (7) ?<"ous venons de recevoir du Musée de Paris , sous le nom de c e b- B E i\ II s R u s s E L 1 1 CuviER , dcs indivldus de cet Homalopsis , rapporté de Pondichery par M. Reynaud ; d'autres sujets , originaires du Malabar cl do Sumatra , font partie i\c m même établissement.
HOMALOPSIS SC11]\£1D£RII. 343
figures de cette espèce ainsi que de la précédente: elles ont été faites sur les lieux d'après le vivant.
La tête, plus déprimée que chez la précédente, a aussi la mâchoire inférieure moins haute et les joues moins enflées j de plus, les plaques des lèvres sont plus larj^es , et moins nombreuses à Tangle de la bouche. Les yeux sont très petits et dirigés vers le ciel ; ils offrent une prunelle ronde et un iris d'un brun rouge. On voit au lieu de la plaque verticale et des occipitales un grand nombre d'écaillés de forme peu régulière, qui se confondent avec celles du tronc. Le museau est plus large que chez la précédente et arrondi.
Cette espèce atteint jusqu'à 3 pieds et demi de longueur , mais les individus de cette taille sont très rares; la plupart ne mesurent que 0,64 ~*~ 0,16. Le nombre des plaques est de i4o H- 5o ou de 162 -+- 64. La charpente osseuse ressemble parfaitement à celle de l'Homalopsis buccata , excepté que le crâne est plus alongé. Le lobe postérieur des maxillaires est séparé du reste de la glande salivaire (i). Le poumon se prolonge , comme celui de la précédente, sur la trachée, mais sa partie postérieure est beaucoup moins spacieuse. Le canal intestinal est étroit et on n'y observe de profonds replis que près du pylore.
Nos voyageurs n'ont pas été à même d'observer les mœurs de cet ophidien, parce qu'il est très rare à Java , et qu'il ne se trouve pas dans la partie occidentale de cette île.
(i) DuvERKOY {Aî2n.(i,sc. nat. XXX PI. 4 E) a figuré les glandes de la tête de celte espèce.
344 HOMALOPSIS nECUSSAïA.
3 Esp. VHOMALOPSIS DÉÇUSSE.
HOMALOPSIS DECUSSATA.
PI. XIII fîg. i4, i5 et i6.
Je ne conçois guère pourquoi Boie a placé cet ophidien dans son genre brachyorrhos, c'est un Homalopsis des mieux caractérisés. Les yeux verticaux; les narines à fleur de tête, perçant les plaques nasales qui se touchent par leur bord interne; une tête courte, grosse, conique, à museau gros et arrondi, et plusieurs autres traits le rapprochent de l'espèce précédente, dont il s'éloigne cependant par un tronc presque d'égale grosseur, Comprimé et revêtu de 19 séries d'écailles carrées et lisses; par une queue très courte, grosse et conique; par les teiwtes; enfin par une tête moins distincte et garnie de plaques de forme plus régulière: car on voit deux occipitales assez développées, une verticale large et en pentagone, des plaques temporales et mentales , deux plaques oculaires postérieures, une antérieure unique et une seule rangée de plaques aux lèvres..
Cette espèce est ornée de bandes transversales alternes de blanc et d'un brun rouge; la dernière teinte prend le dessus sur les parties supérieures. Un collier blanc orne la nuque, le museau est marqué d'une tache de la même teinte.
Les deux individus que possède le Musée des Pays-Bas ont été rapportés de Java par le professeur Reinwardt ; ils sont de petite taille , le plus grand ne mesure que o,25 4- 0,04. Plaques: i36 -H 34 et i35 -+- 26.
Cette espèce a été décrite récemment parM. Reuss. Mus. Senk. p. PI. gf'^: brachyorrhos a l t e r n a n s.
IlOMALOPSIS LEIICOBALIA. 345
4 Esp. UHOMALOPSIS J TACHES BLANCHES, II03IAÏ.0PSIS LFXCOBALIA.
PI. XIII lig. 8 et y.
Lîi physionomie particulière de cet ophidien le rend assez intéressant. Il a le port de I'h o 31 al o psi s BUCCATA,mais sa queue est beaucoup plus courte et plus grosse, son tronc plus comprimé et Tabdomen plus étroit, quoique les plaques qui le revêtent soient, proportion gardée, plus larges.
La tête, légèrement distincte du cou , est remarquable par sa longeur , par sa brièveté informe et par son museau court et arrondi: elle a les formes très trapues et extrêmement ramassées. La gueule n'est pas très fendue et presque droite. La lèvre supérieure est garnie de 5 plaques seulement ; elles sont larges; celles de l'inférieure au contraire sont petites. La plaque rostrale est en hexagone, voûtée et reçoit dans une profonde échancrure la première plaque de la mâchoire inférieure , proéminente pour cet effet et assez petite. Tout le dessous de la gorge est garni d'écaillés, parmi lesquelles on distingue plusieurs mentales plus larges que le reste. L'œil est très petit et vertical; il est entouré postérieurement de 2 plaques , mais on n'en voit qu'une seule en avant de cet organe. La plaque du frein manque, aussi n'y a-t-il qu'une seule frontale antérieure, qui est enchâssée entre les nasales. Le reste des plaques de la tête se distingue par ses formes trapues: les occipitales sont petites, la verticale et les temporales très larges. Toutes les écailles du tronc sont lisses, en rhombe, à angles un peu arrondis, et disposées sur 25 rangées.
Le dessus est d'un noir très pâle, tirant sur le bleu d'acier; plusieurs suites de taches blanches et anguleuses s'étendent irrégulièrement le long des flancs et du dos. L'abdomen est blanchâtre.
346 HOMALOPSIS PLUMBEA.
M. M. Macklot et Mùller , à leur retour de l'expédition de la Nouvelle Guinée, ont découvert cette espèce inédite dans les rivières de Timor. Un beau dessin , fait sur les lieux, a été exécuté par leur infortuné compagnon M. van Raalten , qui succomba aux fatigues de ce pénible voyage, peu de jours après avoir achevé ce dernier travail. Nous n'avons reçu que deux individus de cet opliidien , dont l'adulte a servi de type à la figure que nous avons faite de la tête: ce sujet mesure o,6i H- 0,08 et offre 162 H- 3i plaques; l'autre est de 0,44 "^ ^>o6 et on lui compte i56 -\- 34 plaques.
5 Esp. VHOMALOPSIS COULEUR DE PLOMB.
HOMALOPSIS PLUMBEA.
PI. XIII fig. 12 et i3.
Les lames qui revêtent la tête de cette espèce offrent des formes moins irrégulières que celles des précédentes. Les lèvres , quoique assez enflées , sont revêtues de plaques dont le nombre et la forme se rapprochent de celles des Couleuvres ; il en est de même de celles de la mâchoire inférieure et du menton. On voit des plaques temporales, une frênaie , une oculaire antérieure et deux postérieures; les occipitales , quoique peu larges, sont alongées et la verticale est en pentagone régulier. Il n'existe qu'une frontale antérieure, les nasales se touchant sur le sommet du museau. Les narines et les yeux sont assez verticaux. La tête est peu distincte du cou, conique, large, et à museau arrondi au bout. Le tronc n'est pas très gros, presque orbiculaire et revêtu de 19 rangées d'écaillés carrées et lisses. L'abdomen est convexe et garni de lames peu larges ; la queue est très courte , grosse et conique.
- IlOMALOPSIS AER. 347
Le dessus est couleur de plomb, le dessous blanchâtre; les plaques sont souvent marbrées de noir ù leur base; on voit quelquefois une raie médiane, formée par les centres noirs des écailles dorsales.
Il paraît que cette espèce est rare à Java ; nous en avons reçu des individus, mais en petit nombre; Kuhl en a fait la découverte et VAN Hasselt l'a élevée au rang des genres, à cause du caractère tiré de la présence de dents maxillaires postérieures sillonnées (i). Elle est figurée dansVErpét. de Ja^a PL 4^; I'hypsirhina hardwickii de XIndian Zoologie appartient à cette espèce ou peut-être à la suivante.
o,v3o -f o,o5 ; l'a© ■+• 29 ou i23 -+" 36.
6 Esp. IJHOMALOPSIS AER. HOMALOPSIS AER.
PI. XIII. fig. 10 et II.
Ular-aek est le nom malais que porte cette espèce à Java , et sous lequel M. Oppel l'a désignée au Musée de Paris, quoiqu'elle ait été auparavant introduite dans le système sous trois dénomination s diverses , savoir :col. pythonissa (2) ;
H Y D RU s ENHY DR U s (3) Ct ENHYDRIS COERULEa(4)5
fondées toutes trois sur la figure donnée par Russel (5). Les individus envoyés du Bengale et de Java (6) au Musée des Pays-Bas, nous ont démontré que l'espèce est absolument la même dans deux terres si distantes.
Elle est très voisine de la précédente; en voici les traits
(l) Celte espèce compose avec la suivante le genre HYPSiRHiNAde Wagler ; Syst.p. 169. — (2) Daudin/ît?^ r. Vil p. 107. — (3jSchnei- DER Hist. Amph. P, I p. ^45 — (4) Latr. VI p. 202t. — (5) Serp. PI. 3o. — (6) La figure d'un sujet originaire de cette île se trouve dan» VErpét. fie Java PL /, i.
348 HOMALOPSIS AER,
distinctifs: une tête moins large et plus alongëe, un museau plus court et plus conique, des yeux plus grands placés moins verticalement et dirigés vers le bout du museau , une plaque frontale antérieure très déprimée, des narines plus rapprochées, des plaques du sommet de la tête plus effilées , 25 rangées d'écaillés de forme rhomboïdale, des plaques abdominales plus étroites et en plus grand nombre, une queue plus longue et plus pointue, enfin un tronc plus comprimé.
La distribution des teintes offre également plusieurs caractères faciles à saisir. La couleur de plomb tire souvent sur le brun, et est relevée par deux raies étroites plus claires, qui naissent d'un point commun sur le bout du museau. Les flancs sont jaunes, séparés par une raie brunâtre du dessous qui offre la même teinte 5 on observe le plus souvent une suite de taches rondes sur la ligne médiane de l'abdomen qui est quelquefois marbré et rayé de brun , ainsi que les flancs, les lèvres et le dessous de la queue. Cette distribution des teintes, très sensible dans les jeunes, devient moins distincte avec l'âge ; souvent même les adultes n'en offrent pas la moindre trace.
0,5^ H-o,i3 ; i39 +47 ou i56 + 58.
Cette espèce présente à l'extrémité postérieure des maxillaires une dent plus longue que le reste; la glande qui correspond avec cette dent est séparée des salivaires , mais les glandes en général sont moins développées chez cet Homalopsis que chez les autres. La partie du poumon qui se prolonge sur la trachée est beaucoup plus spacieuse que la partie inférieure, qui se rétrécit derrière lecœur pour descendre en sac effilé et étroit jusqu'à la base du duodénum. Le foie est gros et ramassé, l'estomac volumineux et en cul de sac, les intestins grêles sont profondément plissés en tout sens et assez étroits.
HOMALOPSIS SlEBOLDll. 349
7 Esp. lUiOMALOPSlS DE SIEBOLD.
H03IAL0PSIS SIEBOLDIÏ.
PI. XIII fig. 4 et 5.
L'hommage que je rends par cette dédicace aux connaissances de M. VON SiEBOLD en histoire naturelle, est en partie dicté par les profonds sentimens de reconnaissance et d'amitié qui nie lient à ce célèbre voyageur et savant polygraphe.
Je fais connaître sous ce nom un des plus intéressans reptiles du genre dont nous nous occupons. Un seul individu en a été adressé du Bengale au Musée des Pays-Bas. Russel n'a pas connu ce serpent , mais je crois devoir rapporter ici la fig. 1 de la PL 46 ^ol, H de Seba.
La physionomie particulière, la grosseur des mâchoires, de la forme des plaques du menton et le port rapprochent cette espèce de l'n o m al o p s i s b u c c a t a , dont elle s'éloigne cependant sous beaucoup d'autres rapports. Le tronc est ramassé et plus comprimé que dans toutes les autres espèces, ce qui rend l'abdomen très étroit et convexe ; le dos est fortement relevé en carène , particulièrement sensible vers les parties postérieures d'où les flancs descendent en toit. La queue est peu longue et conique. On compte 29 rangées d'écaillés lisses et en lozans^e. La tête est distincte du tronc et un peu en cœur, mais moins grosse et plus alongée que chez I'homalopsis buccata; les yeux sont beaucoup plus grands. Les plaques de la tête sont à-peu-près les mêmes que chez I'homalopsis decussata, excepté que les occipitales ont moins d'étendue et que la région des tempes est revêtue d 'écailles peu différentes de celles du tronc. On voit souvent plusieurs plaques surnuméraires à l'angle de la lèvre supérieure.
Le dessus est d'un gris brun assez obscur , tirant sur le
350 HOMALOPSIS CARIIVICAUDA.
pourpre. Les taches plus foncées et bordées de noir dont ces parties sont ornées, ont une telle étendue, que la couleur du fond ne s'entrevoit que sous forme de bandes transversales très irrégulières. D'autres taches alternes et moins prononcées occupent les flancs et se confondent avec les marbrures de l'abdomen ; la couleur du fond de ces parties est un jaune d'ocre assez vif. Le tranchant de la carène dorsale est relevé par une raie claire assez effacée. Deux raies de la même teinte, naissant d'un centre commun sur les plaques frontales , vont en divergeant derrière l'œil , pour se réunir sur le cou avec deux autres raies parallèles, qui se trouvent sur l'occiput ; ces raies, qui bordent plusieurs taches déforme diverse, offrent un dessin assez joli mais peu distinct. o,65 -+o,ii ; i47 "*" 5i-
8 Esp. VHOMALOPSIS À QUEUE RUDE.
HOMALOPSIS CARINICAUDA.
PI. XIII fig. 17 et 18.
Après avoir fait connaître les Homalopsis habitans de l'Asie, nous traiterons de ceux qui se trouvent dans le nouveau monde.
L'espèce dont nous nous occuperons dans cet article , est originaire des contrées méridionales du Brésil, et se rencontre principalement dans la province de St. Paul , d'où nous en avons reçu plusieurs individus. M. Milbert l'a aussi retrouvée dans les environs de New- York, où elle est absolument la même que dans l'Amérique du Sud. Elle est le fruit des découvertes du Prince de Neuwied , qui n'a observé que l'individu figuré dans ses JbbîLdungen Lwr. XI PL 3 ; ses chasseurs Tout tué sur les bords de la rivière Japarui. M.
HOMALOPSIS AIVGUtATA. 351
LicHTENSTEiN nous CD a adrcssé un individu sous le nom de COL. AENEus, rangé par FiTziNGER , Class. p. 55, parmi ses psEUDo-ERYx; Wagler Svst. p. lyo en a fait son genre HEi.icops, mais en y réunissant les hom al. p lic atili s et AiVGULUTA ; c'est son helicops carinicaudus, Icônes PL 7, M. Fr. Boie à Kie) a bien voulu nous en céder un individu adulte mesurant i,o8 -h o,23 ; il est de la grosseur d'im bras d'enfant.
Cette espèce ressemble assez, sous le rapport des teintes, duport et de l'ensemble des formes, à I'homalopsis plumbea. Pour l'en distinguer, il suffit défaire attention aux caractères suivans : une tête et des plaques plus alongées; Foeil plus grand; une queue plus longue; 19 rangées d'écaillés en rhombe, à bout tronqué et surmontées vers les parties postérieures, d'une carène, dont l'ensemble forme sur la queue des stries assez saillantes; une teinte plus foncée; enfin un abdomen jaunâtre, orné le plus souvent vers le milieu de deux suites de taches noirâtres, quelquefois confluentes et qui s'étendent aussi sur le dessous de la queue.
9 Esp. IJH. ANGULEUX. H. ANGULATA.
PI. XIII fîg. 24 et a5.
Je ne vois pas en quoi diffère le natrix ASPERAde Wagler (1) découvert par Spix dans la province de Bahie, de notre Homalopsis , si commun à Surinam, et connu de tous les naturalistes. Il se trouve aussi à la Martinique où ,
(i) Serp. bras, PI. i3 /?. 87 , placé plus tard dans le genre h k l ic O p s Syst. p. 171.
352 HOMALOPSIS ANGULATA.
M. Plée en a fait la découverte. On en voit des figures che7. ScHEUcHZER (i) , Seba (2) , Linné (3) et Mbrrem (4).
Cet Homalopsis se rapproche, par le port, des tro pido no tes, mais il a les formes plus ramassées; aussi les plaques de la tête et de l'abdomen sont-elles semblables à ceux des autres Homalopsis.
La tête n'est pas très distincte du cou, un peu alongée et terminée par un museau très large, arrondi, court et convexe. Les yeux sont dirigés en avant et un peu vers le ciel, ils sont plus grands que dans les autres espèces. Les plaques de la tête se trouvent au même nombre et offrent à-peu-près la même forme que celles de I'homalopsis plumbea. La queue n'est pas grosse et s'amincit vers la pointe, qui est terminée par une écaille de forme conique.
Les teintes et l'organisation des écailles distinguent cette espèce de toutes les autres du genre. Les dernières sont en rhombe, à bout tronqué et échancré , disposées sur 19 rangées et toutes surmontées par une carène extrêmement prononcée. La couleur du fond est un jaune plus ou moins clair, passant au rouge-brun sur les flancs. Le dos est orné de taches très larges, d'un brun-roux noirâtre, en forme de rhombe disposé transversalement et dont les angles latéraux descendent sur les flancs, pour se prolonger sous l'abdomen, où ils forment des taches carrées et alternes : celle qui occupe la nuque s'étend en forme de pointe sur l'occiput qui , plus clair que le sommet de la tête, forme une espèce de collier. Plusieurs bandes qui descendent obliquement sur les côtés de ]a tête sont très peu distinctes.
(1) Bibl. sacra PI. 63o B^ et peut-être aussi PI, 653 /. 3 et PI, 737
f. 3. — (2) Thés. IL 2/|. 2 ; et // Sg. 2 , figure de l'adulte, fautive sous
le rapport du coloris , et qui a servi de type au col. surina m ensis
de Shaw , Gen, Zool. vol. 111 p. 4 60. — (3) c o l. a n g u i. a t u s Mus,
AfJ. Fr. P/. iSf. i. —. (4) Beùr. If PL 6 p. 32.
IIOMALOPSIS PLICATILÏS. 355
Cet Honialopsis parvient à une orosseur d'un pouce et demi, sur une longueur de 3 pieds : mais les individus de cette taille sont très rares : la plupart de ceux qui se trouvent dans les collections ne mesurent ([ue 0,4^^ + 05! 4- Lenond)re de ses plaques varie depuis i jo + 56 jusqu'à 126 -+- ^5. La queue varie considérablement en longueur; nous possédions des individus de 0,16 -+- 0,07.
Le crâne de cette espèce est très large; les caisses et les mastoïdiens sont longs; la mâchoire supérieure est courte et nuinie à son boutpostérieurd une dent plus développée que les autres , mais dépourvue de sillon. Les vertèbres sont très larges et offrent des apophyses assez prononcées. Les côtes sont longues et attachées dans une direction plus horizontale que chez les autres espèces. Les glandes salivaires de cet Honialopsis sont beaucoup plus développées que d'ordinaire, mais le lobe postérieur des maxillaires n'est pas séparé. La nasale manque , et la rostrale est très petite. Cette espèce s'éloigne des autres par la conformation de son poumon , qui est absolument la même que dans la plupart des serpens de terre et dans les Tropidonotes ; mais ses intestins grêles sont, comme chez les autres Homalopsis, profondément plissés, et passant brusquement dans le rectum qui est très spacieux et dont la base forme un petit cœcum.
10 Esp. V HOMALOPSIS PLICATILE.
HOMALOPSIS PLICATILÏS.
PI. XIII fîg. 21 et 23.
Les auteurs qui ont traité de l'histoire naturelle des reptiles, ont souvent emprunté à Seba des mots barbares . que cet iconographeavaitappliqués de fantaisie, au premier animal qui lui tombait sous la main. A cette catégorie appartient Tophidien
354 HOMALOPSIS PLICATILIS.
(le Surinam , dont nous parlerons dans cet article , et qui porte dans Seba (i) un nom malais, mentionné par Yalenlyn , nom que les naturalistes français ont contracté en celui de BALi(2). Linné a cité cette figure au sujet de Son col. PLicATiLis ^3) 5 épithète qui ne vaut guère mieux que celle de Seba. Cette espèce, classée depuis dans plusieurs genres divers, appartient à juste titre aux Homalopsis. Laurenti (4) en a fait un céraste , Schneider (5) un el a p s , Merrem (6)
un NATRIX, FiTZINGER (7) un PSEUD O EL A F s, WaGLEr(8)
un H E L 1 c o p s.
Elle parvient , suivant Lacépède , jusqu'à 6 pieds de longueur totale ; nous en avons reçu , parmi un grand nombre de petits d'environ o,5o + o,i3 , un adulte de la grosseur d'un bras d'enfant et mesurant 1,1 3 4- 0,1 5.
Elle est une des mieux caractérisées du genre. Un corps gros et presque orbiculaire , entouré de i5 rangées d'écaillés carrées , à angles arrondis , très larges et toutes lisses ; une queue courte et conique ; une tête dune venue avec le cou et très conique ; un museau arrondi, très étroit et extrêmement court ; la petitesse des plaques qui la revêtent ; la forme alongée de celles qui garnissent le sommet de la tête; enfin une disposition de teintes particulière: tous ces traits tlistinctifs propres à l'espèce , ne permettent guère de la confondre avec aucun autre ophidien connu.
Les yeux peu grands, sont dirigés en avant et, par la brièveté du museau, très rapprochés de son bout : les narines orbiculaires, se trouvent, par la même raison , à l'extrémité de cette partie, et très près l'une de l'autre. On ne voit point de plaque du frein, et il n'y a qu'une seule frontale antérieure ; le reste
(1) Thés. /, 57. 5 ; voyez aussi II. 53- 3. — (2) Lacep. Quad. oiip. Il p. 176 PI. g /. I. — [3) Mus. Ad. Fr. PI. ^ fi^. i ; comparez aussi Scheuch- ZEU 653. 1 et peut-êlre aussi 6G2. 10; Merrem Beilr. voh II PL S
p. 28. — (/,} Syn. p. 81. — (5; Syst. II p. 294 (6) TenL p- 99
(7) Clnssif. p. 55. — (8) Syst. p. 170.
IIOMALOPSIS PLICATÏLIS. 355
des plaques est à-peii-près comme chez le h o m a l o p s i s a e r ; mais les plaques mentales sont très étroites et effilées.
L'anatomie de cette espèce offre plusieurs détails fort remarquables: les viscères de la poitrine (i) étant extrêmement effilés , le canal intestinal se trouve resserré dans la partie postérieure de la cavité abdominale; lintestin grêle, quoique très long, ne forme qu'un petit paquet de replis tortueux et assez serrés ; le rectum s'élargit en un sac spacieux et est pourvu d'ut^ petit cœcum. L'estomac forme une po(;hc profonde. Le poumon ne commence que derrière le cœur; il descend en se rétrécissant , et devient très étroit, pour s'élargir subitement vers le bout, qui est enflé en guise de réservoir d'air et qui n'offre pas la moindre trace de cellules. Les ovaires d'une vieille femelle que j'ai disséquée contenaient un grand nombre d'œufs assez développés et de forme moins alongée qu'on ne l'observe chez les Couleuvres. Le dessus est d'un brun-roux plus ou moins foncé , le dessous jaunâtre et marqué de chaque côté de deux suites de points brunâtres. Les plaques du dessous et des côtés de la tête sont ornées chacune d'une tache brune; mais ces taches confluent sur les labiales supérieures , de sorte qu'il reste derrière l'œil une raie jaune , bordée de deux autres raies très foncées, dont la supérieure est assez large. On voit plusieurs taches plus foncées sur les lames du sommet de la tête. Une raie extrême^ ment large , règne le long des flancs ; elle est relevée par une ou plusieurs suites de taches qui sont formées par les bouts jaunâtres des écailles. Les jeunes individus ressemblent à l'égard des teintes aux adultes. Les plaques varient depuis i3o -!- 82 jusqu'à 1 38 -4- 44» ''^'' L'Amérique du Nord nourrit une très belle variété de climat Je cet Homalopsis. Le dos, une raie large de chaque côté dei' flancs, et deux rangées de grands points au dessous , sont d'un
i'f('f) hoiries figures de celte partie chez Uuvernoy : Ann. d. se. nat» XXX PL 11^^. 3 et 4. .(;■-, V, .> .^^'\u^-^nvi?.
:j5() homalopsïs maiitii.
noir brun tirant sur le bleuâtre. La teinte du fond est d'un jaune rouo-eàtre très vif, qui se présente sur les flancs sous la forme d'une raie ; on en voit sur le dos une autre, composée de taches qiii.i, occupent le bout des écailles de la ligne médiane. Herrmann a fait de cette variété son col. seri a tu s , dont j'ai vu un jeune sujet au Musée de Strasbourg. Les individus des Musées de Paris et de celui des Pays-Bas ont été recueillis à la Nouvelle Orléans par M. Barabino.
ïjf' 1 1 Esp. /; HOMALOPSÏS DE MART1LS. H. MARTII.
i PI. XIII fîg. 19 et 20. j-»
-g;JLe compagnon de voyage du célèbre botaniste dont elle porte le nom, a fait la découverte de cette espèce près de la rivière Itapicura dans la province de Maranbao au Brésil. Wagler (i) a figuré le jeune sous deux noms diflérens. Il cite ici Sera //. 64- '^ et le COL. nicandri de Merrem Tent. p. 9^. Le Homalopsis de Martius se trouve aussi àSurinam, d'où M. Diepe- RîNK a fait parvenir plusieurs sujets au Musée des Pays-Bas ; nous en devons quelques autres à M. de Fremery à Utrecht.
C'est un serpent également remarquable par ses formes et par les cbangemens qu'éprouvent ses teintes avec l'âge. La tète , à-peu-près de la même conformation que celle de I'Hoima- Lopsi s p LU M R e A , cst plu-^ déprimée; elle offre des yeux beaucoup plus petits et se distingue en outre par le défaut de plaques frênaies et par des narines plus rapprochées du bout du museau. La bouche est assez fendue. Le tronc est beaucoup
(1) .W/?. />/vZ9 : EL A PS M KR TU. PI. Jlji:^. 2 et -El. APS T R I A N G U-
tiGE Kijs PI. II Â.fig. 'X (fig, mauvaise) : ces prétendues espèces forment son genre h y d n o ps , Syst. p. 170. ' > ^ •■as\ y i
IIOMALOPSIS REINVVAKDTII. ,157
plus eftilé que dans les autres espèces, moins ramassé, [)resque partout (le semblable grosseur, et cylindrique. La queue est plus mince que cette partie , conique, et n'occupe que le sixième ou le septième de la longueur totale. Les écailles du tronc, disposées sur i5 rangées, sont toutes lisses, de forme rhomboidale, et à angles émoussés ; on compte i4->-l- 4<^ ^^^^ ^7^ "^ ^^^ plaques, plus larges que dans les autres Homalopsis.
Cette espèce a la queue et le tronc marqués d un grand nombre d'anneaux ou de bandes transversales , alternes et d'un brun-roux. Ces teintes deviennent insensiblement plus foncées avec 1 âge et se confondent cliezt les adultes , qui sont d'un noir presque uniforme, mais d'un éclat incomparable: leur épiderine est hiisant comme de facier poli, et refléchit les teintes variées et brillantes de l'arc-en-ciel; c'est un sujet arrivé à cette période de la vie qui a servi de type à notre figure ; il mesure 0,71 4- 0,1 15. '
)b îjb 12 Esp. L' H. DE REINirjRDT, H. REIJWVARDTII.
Monsieur Reinwardt a bien voulu me permettre de décrire dans mon ouvrage cette espèce inédite , dont il a cédé un individu au Musée des Pays-Bas. Je la dédie à cet illustre voyagevir, à qui j ai des obligations innombrables, que j'ai le bonheur de révérer comme mon plus cher professeur, et qui m'a honoré de cette amitié sincère dont son noble cœur seul est capable.
Deux sujets du bel Homalopsis que nous ferons connaître dans les pages suivantes , font partie du Musée de Paris, où ils ont été rapportés de la Louisiane par M. Teinturier. Ce serpent surpasse toutes les autres espèces du genre par sa forte taille , du moins par rapport aux dimensions longitudinales , qui sont chez, notreindividude 1,70-1-0,18 ; l'autre individu offre 1,27 -fo,i55; le troisième est de 0,72,-f 0;i>^' Ces proportions nous
358 HOMALOPSIS LEOPARDINA.
appierinerit que la queue de cette espèce est très courte relativement au tronc ; aussi cette partie , quoique terminée par une pointe conique et aiguë , offre-t-elle des formes très -vigoureuses. Leironc est un peu comprimé, mais presque partout dégale grosseur, et entouré de 19 ou 21 rangées de grandes écailles presque carrées et à surface unie. Malgré les formes alongées de cette espèce , elle ne présente pas un très grand nombre de plaques, car il ne s'élève qu'à 192 -h 3o , ou 191 + 38 ou ly'i -f- 54. Elle a quelque analogie, particulièrement par rapporta la tête, avec Thomal. de martius; mais son profil ressemble plutôt à celui de Ihom. PLiCATiLis. Les plaques du sommet sont plus larges que chez les autres espèces du genre ; mais elles ne diffèrent, ni par leur nombre ni par leur disposition , de celles des autres espèces américaines. f Les parties supérieures sont d'un brun noir tirant sur le roux, notamment chez les adultes; le dessous est d'un jaune rougeâtre : cette dernière teinte cependant se prolonge sur les flancs en forme de grandes taches carrées, tandis que la couleur du dessus descend en bandes de la même forme, qui se portent sur la ligne médiane de l'abdomen pour se réunir avec celles de l'autre côté. Les lèvres et la gorge sont ornées de plusieurs 'points foncés.
-îL'Ces caractères tirés du système de coloration, le nombre des rangées d'écaillés, l'organisation de celles-ci, enfin lesdimen- «ions et la proportion de la queue, suffissent pour reconnaître le Homalopsis de Reinwardt.
m-. 13 Esp. VHOMALOPSIS LEOPARD.
HOMALOPSIS i;eopardina.
Intermédiaire entre les homalopsjs angulata et M. icATiMs, lespèce du prëisént article est remarquable sous
HOMALOPSIS HERPETOIV. 15^)
le rapportde l'organisation et du système de coloration. Elle se rapproche de la preniière par la forme et le nombre des écailles , également surmontées dune forte carène et tronquées au bout; mais la conformation de la tète est absolument la même que chez la dernière espèce; celle duprésentarticlec(;pendantoffre des yeux plus petits et uiie placjue frontale antérieure de forme triangulaire, qui s'avance entre les nasales. Elle se distingue de toutes deux par les teintes, par une queue plus longju^ et par un nombre divers des plaques abdominales et sous-caudales. ,. La couleur du fond est un rouge brun pâle, pi us clair au dessous du corps. Cinq suites de taches plus foncées et disposées en quinconce rèonent le Ion» du dos et des flancs. Des taches larges et alternes de la même couleur occupent le dessous. Une raie claire , naissant à l'angle postérieur de l'œil ^ se réunit avec le collier.
M. le professeur de Fremery à Utrecht , a bien voulu me céder les deux individus de cette espèce inédite , qui ont servi de type à mes descriptions. On en ignore la patrie. Le grand sujet offre 0,43 + 0,17 et 120 -^66', le petit 0,29 + 0,19 ; et 1 14 "i* 80.
14 Esp. V HOMALOPSIS ERPETON. H. HERPETON. -
Il convient de ranger à la suite des Homalopsis , un serpent remarquable par. ses formes disparates , qui le rendent un des ophidiens les plus intéressans. Décrit et figuré pour la première fois par Lacépède (i) , ensuite par Daudin (2) et Guérin (3) , le curieux reptile dont nous nous proposons de traiter, n'a été étudié d'après nature par aucun naturaliste (4). Je me seraisttrouvé au
(i) Ann. cL Mus. vol. II p. 1S0 PL 5o; erpeton tentacula- Tus. — (2) Hept. vol. VU p. 246 PI. 86. — (3) Jconogr. Rept. PL ao fig. 3. — (/») Merrem a substitué à la dénomination reçue celle de r b i- WOPIKUS ERPETOK ; Toir 7>«^/?. 82,
m) HOMALOPSIS HERPETOIV.
nombre de ces derniers, si M. M. les professeurs du jardin du Roi, à Paris, ne m'avaient permis de rapporter en Hollande, poui en faire le portrait et la description, le sujet unique qui faisait autrefois partie de l'ancien cabinet du stadhouder , et qui a été transporté à Paris au commencement de ce siècle.
l'Erpéton a toul-à-fait le port des Homalopsis; ses proportions sont les mêmes que dans les espèces de ce genre , et la tête offre les formes et une organisation absolument semblables à celles de ces serpens d'eau douce. On ne songerait pas même à séparer l'Erpéton des Homalopsis , sans la présence de deux caractères tout-à-fait particuliers, et qui consistent dans l'existence de deux appendices charnues au bout du museau, et d'une rangée de très petites plaques abdominales , dont chacune est garnie de deux carènes assez prononcées : ce premier caractère distingue l'Erpéton de tous les autres ophidiens; quant au second , ce reptile le partage avec la plupart des serpens de mer.
En exceptant ces deux marques distinctives , on trouvera que l'espèce qui nous occupe est très voisine de l'ii o m a l o psis DE SCHNEIDER: SCS fomics sout Ics mêmcs daus Ics dcux espèces ; mais on remarque à celle du présent article un corps très gros au milieu, et s amincissant beaucoup vers les bouts; la tête est moins alongée, plus haute à la base et terminée par un museau plus large à l'extrémité ; les lames écailleuses de la tête enfin offrent une configuration et une disposition très diverses.
La taille de l'individu unique qui existe dans les colltctions est de 0,47 "+" 0,17. Les plaques sont au nombre de i4o H- 96, mais il convient de remarquer que celles du dessous de la queue ne diffèrent en rien des écailles dont cette partie est revêtue. On compte, sur le cou, 35 rangées d'écaillés de forme rhoniboïdale , à pointe tronquée, et tontes surmontées d'une forte carène: ces carènes deviennent plus prononcées vers les parties postérieures et forment alors des stries assez saillantes. Nous avons déjà parlé plus haut de la conformation des plaques
IIOMALOPSIS yERPETOIV. 361
ventrales , qui paraissent être composées de deux écailles fendues , telles quon les observe chez les serpens pélaoiques, et qui sont à peine du doid)leplus grandes que les autres écailles du tronc.
La tête de l'Erpéton est revêtue, à l'exception du sommet , d'écaillés très petites, particulièrement sur les cotés du museau ; celles qui bordent les lèvres sont à peine plus giandes que le reste; parmi les nombreuses écailles gulaires, on ne distingue qu'une seule rangée de plaques mentales petites, et composée de 3 paires. Le sommet de la tête offre une verticale en pentagone presque régulier , suivie des occipitales qui ont ])eu d'étendue. Il en est de même des surciliaires qui sont séparées de la verticale par plusieurs petites écailles. Les nasales , percées par des narines orbiculaires et très étroites , se trouvent placées sur le sonimet du museau. On voit entie ces plaques et la verticale deux paires d'autres lames qui renferment une petite écaille et que l'on peut regarder conmie des frontales; la paire postérieure est plus grande que l'antérieure. Il existe une plaque rostrale assez développée. Les yeux ne sont pas volumineux et offrent une pupille orbiculaire. L'ouverture de la bouche est droite et à angle brusquement montant; elle est garnie de dents d'égale longueur. Le bord des lèvres est rentrant, comme chez les autres Homalopsis. Les appendices charnues placées sur les angles du museau sont longues d'environ 0,007 , comprimées, et hérissées de très petites écailles.
La couleur de l'Erpéton , à en juger d'après l'individu décoloré que Ton connait, est d'un brun pâle; on voit sur la ligne médiane de l'abdomen nne raie blanchâtre, deux autres plus laiges se trouvent sur les côtés de cette partie , et on en observe encore sur les flancs : elles se prolongent toutes sur la queue, mais sont très peu apparentes sur les parties supérieures de l'animal.
6 lam. £t^ l3oaô.
La famille des Boas comprend le plus grand nombre des serpens que les naturalistes modernes ont réunis dans les genres boa, python et a c r o c h o ii d u s. Elle est une des plus naturelles de l'ordre entier, et c'est très à tort qu on a si souvent séparé, grâce à quelques caractères isolés et de peu d'importance, les trois sous-genres qui la corn posent ,;^pour les distribuer dans des familles très différentes les unes des autres.
On voit que je comprends sous le nom de Boa tous les serpens qui ont une queue prenante, dans l'acception propre du mot, et dont le tronc, plus particulièrement organisé pour s'entortiller autour d'autres corps , offre souvent des dimensions plus considérables que dans le reste des ophidiens. Cette partie est toujours entourée de nombreuses petites écailles, qui s'avancent sur la tète et assez en avant sur le ventre, d'où il résulte que la première n'offre jamais des plaques de forme régulière comme celle des Couleuvres, et que les lames de l'abdomen sont très étroites. La position verticale des narines et les yeux toujours assez petits de la plupart des espèces, annoncent que ces serpens sont également faits pour vivre dans l'eau et à terre. Les trois coupes génériques que l'on peut établir se distinguent très facilement les unes des autres: la première, celles des boas proprement DITS, a des lames simples sous la queue ; la seconde , celle des PYTHONS, propre à l'ancien monde , offre des plaques
LKS BOAS. 363
sous-caudales divisées, un os surnuméraire au Jjord supérieur de l'orbite, et des dents interniaxillaires; restent enfin deux ophidiens très singuliers, dépourvus de crocliets à l'anus, et dont toutes Jes ])artles sont recouvertes de petites écailles granuleuses et non indjrirjuées: ce sont les a en o cho r d e s. Connue ces trois divisions génériques ont beaucoup d'analogie entre elles, par l'ensemble de leur organisation et par leur manière de vivre, nous en traiterons d'abord sous la dénomination générale de Boa; adoptant ensuite ces subdivisions pour faciliter la revue des espèces.
Pline (i) nous apprend, que le nom de boa est dérivé du mot bos, bœuf, parceque les petits de cette espèce doivent se nourrir dans la ])reinière jeunesse de fait de vache; il parle dans le njcme chapitre d'un grand Boa tué au Vatican, et dans le ventre duquel on a trouvé un enfant bien conservé: ce passage nous apprend en même temps l'origine de la fable ' que les serpens aiment le lait, et que le Boa des anciens ne peut avoir été qu'une Couleuvre, attendu que les vrais Boas ne se trouvent point dans la partie du monde que nous habitons. Linné a appliqué cette dénomination à tous les serpens à plaques souscaudales simples. Il est clair que son genre, fondé sur un caractère de si peu d'importance, toutefois en excluant les Pythons, devait comprendre plusieurs ophidiens d'une nature très hétérogène. Les successeurs de ce grand homme, en suivant servilement ses vues, au lieu d'éclairer l'histoire des Boas par les connaissances nombreuses acquises depuis , l'ont rendue plus obcure. On doit particulièrement attribuer ces erreurs à la manie de caractériser les divisions par un seul trait tranchant, manière de voir qui enchaîne la nature et qui ne peut-être appliquée dans la méthode naturelle. On peut se convaincre de la justesse de cette observation, en examinant les ouvrages des naturalistes, où les Pythons
(i) Hist. nat. 8. 14.
sont presque toujours séparés des Boas , et placés dans le trenre Coluber, tandis que les Acrochordes, éloignés de tous deux, composent deux genres à part, tantôt appartenant à la famille des serpens innocens, tantôt à celle des venimeux. Nos temps , fertiles en innovations de toute sorte , ont vu démembrer la famille des Boas en autant de divisions génériques que l'on en compte d'espèces, qui elles-mêmes sont multipliées sans le moindre fondement de vérité. Il n'est pas rare de voir la même espèce distribuée en deux ou trois genres différens, et ces genres placés au hasard parmi d'autres Couleuvres ou parmi des Vipères. Il me semble que de tels travaux, au lieu d'aider la mémoire, n'aboutissent qu'à la surcharger d'un amas de mots, et qu'ils ôtent aux amis de la science la possibilité de se faire à jamais une idée de la véritable nature de ces animaux intéressans. J'aurai soin de rapporter à chaque article la synonymie de l'espèce, dont l'ensemble peut en môme temps servir de preuve à ce qui a été avancé plus haut.
Les recherches assidues que j'ai faites pour débrouiller la synonymie de cette famille, et la latitude d'examiner un grand nombre dindividus, tous recueillis sur les lieux dans les derniers dix ans, m'ont conduite à rconnaître que le nombre des espèces est beaucoup moins considérable qu'on ne l'avait supposé- J'ai lieu de croire que l'on en connaît la plupart qui existent , et que leur nombre ne s'élève guère au dessus de quinze, y compris les Acrochordes.
Dans aucun genre de l'ordre entier les espèces n'offrent autant d'anomalies entre elles sous le rapport de l'organisation, que dans celui des Boas; aussi parvient-on facilement à les reconnaître au moyen de quelques traits caractéristiques assez saillans.
«f Elles sont quelquefois répandues sur une inmiense étendue de terre; d'autres au contraire sont bornées dans des limites assez circonscrites. Toutes habitent les pays situés sous l'équateur ou
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voisins des tropiques clans les deux mondes. L'Europe, VAniérique septentrionale et le Japon n'en produisent point. Les espèces américaines abondent dans les collections, celles de 1 ancien continent sont au contraire le plus souvent asstîz rares : aussi les premières ont-elles été presque toutes connues deLinnaeus, tandis que la découverte de plusieurs desdernières n'a été laite que dans les temps récens. Les auteurs, ignorant quelquefois la patrie des espèces, les ont souvent confondues dans les descriptions; c'est pourquoi on doit user de circonspection, en consultant leurs ouvrages.
- Quelques espèces sont vivipares , d'autres ovipares. Les Boas parviennent le plus souvent à une taille énorme, mais les récils des voyageurs sont presque toujours très exagérés. L'un a copié l'autre, et^ loin de parler d après l'autopsie , on s'est contenté de rapporter les données des indigènes , qui reposent presque toujours sur des croyances populaires. Tout le monde vante par exemple la grandeur démesurée du Boa constricteur; j'ai cependant la certitude que cette espèce n'atteint que rarement neuf ou dix pieds de longueur totale. Les plus grands ophidiens connus , sont :1e boa m u r i n a , le python de SCHNEIDER ct le python a deux raies; mais je doute que l'on rencontre aujourd'hui des individ us de la première espèce, qui excèdent vingt ou vingt-cinq pieds, et la certitude qu'ils parvenaient autrefois à une taille très forte nous manque absolument. Pour les Pythons, il est plus rare d'en rencontrer de i8 ou de 20 pieds; un individu semblable qu'on avait pris dans nos colonies aux Indes , était regardé, même par les indigènes, comme un monstre de dimensions extraordinaires. Les individus de cette taille sont environ de la grosseur d'une cuisse d'homme, d'où il résulte que les Boas ont en général les formes assez élancées , et que la grosseur énorme de ces animaux, dont parlent les voyageurs, est également imaginaire. 11 en est de même des absurditésque l'on a écrites à sujet siu' la manière dont ils dévorent leur proie,
et sur le choix qu'ils font de leur nourriture. Feu Boie qui, lors de ces voyages aux Indes, a fait beaucoup d'observations relativement à l'histoire naturelle des reptiles, me mande que, malgré les recherches les plus assidues, il n'a jamais pu parvenir à se procurer des Pythons d'une taille aussi considérable que celui dont nous avons fait mention plus haut; il dit en outre que ces serpens font plus particulièrement la chasse aux mammifères de moyenne taille, et que les adultes seuls se rendent quelquefois maître déjeunes cochons ou de jeunes cerfs de la petite espèce, connue sous le nom de Muntjac. Les grands mammifères au contraire et les hommes ne risquent jamais d'être attaqués par ces ophidiens; les indigènes ne citent pas même d'exemple que jamais un enfant ait couru ce danger. Les observations du Prince de Neuwïed coïncident avec celles de Boie; il remarque que persorme ne redoute ces serpens, qui se con-^ tentent de faire la chasse aux oiseaux et aux reptiles, peut-^ être aussi aux poissons. J'ai observé que le mode de nourriture varie suivant les espèces , je renvoie par cette raison aux articles détaillés.
Tout le monde sait que les Boas, pour surprendre leur proie à l'improviste, s'accrochent à l'aide de leur queue à une branche d'arbre, et qu'ils s'élancent subitement sur les animaux que le hasard fait passer près du lieu de leur retraite; on a cependant observé que plusieurs espèces les guettent, étendues sur des rocs près des bords des fleuves , ou qu'elles les poursuivent même dans les eaux. Comme la plupart des Boas habitent le voisinage des eaux, il est probable qu'ils font plus particulièrement la chasse aux animaux qui préfèrent le même genre de vie, ou qui fréquentent ces lieux pour se désaltérer. Les Boas saisissent leur pi oie avec les tients , et tous les voyageurs assurent qu'ils s'entortillent aussitôt autour du corps de leur victmie, 1 étouffant dans les nombreux replis de leur tronc, en lui concassant les os. On a récemment apporté en Europe plusieurs
Boas vivans de grande taille ; tout le monde a vu ces animaux dans les ménageries; ceux qui ont été présens quand on leur donnait à manger, auront observé que les Boas s'y prennent comme tous les autres serpens: c'est à dire qu'ils avalent leur proie , en commençant par la tête. Il est manifeste que cette opération doit être plus ou moins longue suivant le volume de l'animal qu'ils dévorent, et que les glandes salivaires doivent sécréter une plus grande quantité de fluide dans le premier cas. La circulation, ne pouvant s'exercer librement durant cet acte , il est également évident que le serpent doit se trouver dans un état d'assoupissement temporaire, qui le rend moins capable de se défendre contre les attaques de ses ennemis ou de les éviter par la fuite. On peut observer le mêm*^ fait cbez nos Couleuvres indigènes , et je ne vois pas pourquoi cette circonstance devrait avoir lieu à un degré supérieur chez les Boas. La bouche de ces derniers n'est nullement plus fendue que chez plusieurs autres ophidiens , leurs mâchoires ne sont pas plus dilatables , ils ont même les caisses et les mastoïdiens plus long , les animaux enfin dont ils se nourrissent ne surpassent pas de beaucoup en grosseur la circonférence de leur tronc , tandis que plusieurs autres serpens peuvent avaler des animaux d'un volume deux ou trois fois plus considérable que celui de leur corps. Tous les auteurs rapportent que les Boas , après avoir tué leur proie , l'induisent d'une couche épaisse de salive , pour accélérer la putréfaction et pour faciliter ainsi la déglutition.' Aucun des voyageurs naturalistes modernes n'a cependant observé ce fait qui mérite d'être relégué parmi les nombreuses fables, enfantées par les premiers aventuriers qui se hasardèrent dans des terres lointaines et inconnues, que leur fantaisie peuplait de monstres de toute espèce. Pour sécréter une quantité aussi prodigieuse de salive, il faudrait des organes d'un volume très considérable; mais on voit au contraire que les glandes salivaires des Boas sont beaucoup moins
développées que chez la plupart des autres Couleuvres,
Les Boas sont doués d'une force musculaire prodigieuse , mais ils en font rarement usage dans l'état de captivité. Nous en avons reçu plusieurs fois de vivans qui étaient très doux , et qu'aucune provocation ne pouvait porter à mordre; leurs mouvemens étaient extrêmement lents; ils mangaient rarement, la plupart même moururent au bout de plusieurs mois sans vouloir prendre la moindre nourriture.
Les teintes vives <lont plusieurs sont ornés disparaissent le plus souvent après la mort. On en observe de toute couleur. Les uns sont bruns sur un fond jaunâtre, d'autres offrent, un vert presqu' uniforme, chez d autres c'est le rouge qui do-, mine , et il en est dont les teintes sont très foncées ou même tout a fait un noir. Presque tous les Boas ont le tronc marqué détaches carrées ou en œil. Les couleurs de plusieurs ne ternissent pas avec l'âge comme dans les autres Couleuvres; elles, deviennent au contraire plus vives et le dessin reste très distinct dans toutes les périodes de la vie.
Je crois avoir observé que les femelles ont le tronc plus gros que les mâles , et que les rudimens desextrémités postérieures sont plus développés chez ces derniers ; mais ces observations ont besoin d'être constatées sur un nombre, d'individus plus considérable que je ne l'ai fait.
Le tronc des Boas va en s'amincissant vers les deux bouts ; il est toujours considérablement comprimé. L'abdomen est par conséquent large, un peu convexe ou un peu en carène. La queue offre les mêmes formes que le tronc ; mais elle est beaucoup moins grosse, peu conique et terminée le plus souvent par une pointe émoussée. Elle est toujours prenante : f/est à dire que, grâce à la direction des facettes articulaires de ses vertèbres , elle peut se rouler avec facilité en dedans , s'accrocher à des objets , pourvu que leur forme le permette, et soutenir le poids du tronc sans nécessiter un bien grand déploiement de force. Fille est le plus souvent assez