BOA CA]\I.\A
jaune. Il vient rie Surinam où il est assez rare; Spix (i) cependant l'a aussi observé près du Rio negro. Ce voyageur assure qu'il atteint jusqu'à 12 piedsde longueur , mais je doute ([u'il parle d'après l'autopsie. Ce Boa nage avec beaucoup d'agilité,* un individu, pris par M. Spix en traversant les eaux du Rio neo^ro , s'entortillait autour de son bras, le serrait fortement, et enfonçait ses long^ues dents dans un morceau de bois, ne lâchant pas même prise après avoir été mis dans l'esprit devin. Ce Boa a en effet les dents antérieures beaucoup plus développées que les autres espèces ; et cette circonstance, ainsi que sa large tête en cœur, prêtent à sa physionomie des traits assez sauvages, ce qui a sans doute engagé Linnaeus (2) à donner à cette espèce l'épithète de canine.
Elle a les formes plus effdées que les espèces de Boa dont nous avons traité jusqu'à présent, son tronc est extrêmement comprimé, le dos en carène, l'abdomen très étroit et un peu anguleux aux côtés, la queue enfin est alongée. Le corps est particulièrement conformé pour se rouler en spirale, et les individus conservés dans la liqueur, ont presque toujours gardé celte position. La tête est plus alongée et plus grosse que dans les autres espèces , et l'occiput assez distinct du tronc; elle est un peu anguleuse aux côtés, applatie au sonmiet et même un peu concave entre les yeux ; ceux-ci sont latéraux, ainsi que les narines: les premiers un peu plus grands que chez les autres Boas; les dernières très ouvertes, horizontalement alongées, dirigées en avant et rapprochées du bout du m usea u. Cette partie nVst pas aussi conique que dans les autres Boas , elle a au contraire le bout large et arrondi: la plaque dont elle est terminée est assez étroite mais haute; le sommet est garni de trois ou de quatre
(i) Serp. bras. p. 4^ PI. 16. xiphosoma araramboya: ce dernier nom est celui que porte l'espèce chez ICvS Indiens, habitant les bords du Rio negro. — (2) .Vîus. Ad. Fr. PL '^\ Syst. nnt.p. 373.
390 BOA CAJMNA.
plaques âe forme peu constante, et que l'on peut comparer à des frontales. On voit au frein 3 ou 4 lîirges plaques, accompagnées postérieurement et en dessous de plusieurs autres qui sont moins g-randes; l'œil est bordé d'un tour de petites écailles. Les lames qui revêtent le reste de la tête, ne se distinguent des écailles du tronc, que par leur forme moins symétrique; celles du sommet particulièrement sont très irrégulières et en polygone. Il serait supL'rflu de dire que des lames écailleuses d'une forme si peu constante sont très sujettes à varier, tant par leur disposition que par leur étendue et leur configuration. Les plaques labiales de cette espèce , au nombre de 12 environ à la lèvre supérieure, sont creusées, dans leur centre, d'un sillon assez large, formé par des échancrures en guise de fossettes, particulièrement profondes au bord postéiieur des plaques , de sorte que leur bord antérieur s'avance en angle ais^u. Ces fossettes se trouvent tout autour des lèvres, et la plaque rostrale offre, outre les fossettes de ses côtés, une profonde cavité au centrée! uneéchancrure à son bord inférieur.
Les écailles du tronc , plus alongées que chez les espèces précédentes, très imbriquées et pointues au bout, sont disposées environ sur 53 rangées louijitudinales.
Le crâne de ce Boa offre un front assez convexe, les mastoïdiens sont courts; le maxillaire est courbé en S , et le crâne très large à sa partie postérieure. La boucheest garnie en avant de dents extrêmement longues et crochues. Le poumon est beaucoup plus alongé que chez les autres espèces du genre; mais la plus grande partie de c^ viscère ne forme qu un sac spacieux et dépourvu de cellules: le lobe gauche, quoique étroit, est de la moitié de la longueur de celui du côté droit.
Les teintes de cette espèce sont moins susceptibles de s'altérer dans la liqueur forte que celles des autres Boas ; elles deviennent seulement un peu plus obscures après la mort. Lin beau vert de mer foncé occupe les parties supé-
BOA CAIVIX A. 3Î) 1
Heures ; le dessous est jaune: cette couleur s'avance un peu sur les lianes , qui snnt plus ou moins distinctement nuancés de marbrures et de taches. Le dos est orné d'une suite de taches blancliàtres, en lo/ange , et qui descendent sur les flancs sous la forme de bandes transversales déchiquetées ; elles sont quelquefois indistinctes , irréguhères, souvent séparées et disposées alternativement ; les plaques enfin qui les bordent sont toujours mouchetées d'innombrables petits points noirs , dont le dos est quelquefois entièrement parsemé, et qui contribuent assez à relever la beauté du dessin.
En comparant la livrée des jeunes à celle des adultes , on s'aperçoit que les teintes de cette espèce éprouvent de grands changemens avec le développement de l'individu: car la couleur du fond est, dans la jeunesse, d'un jaune orange plus ou moins foncé ; les côtés et le sommet de la tête sont ornés de taches brunâtres de diverse étendue et presque toujours orbiculaires ; on remarque deux raies sur le museau et une derrière l'oeil; les taches dorsales enfin sont très agréablement piquetées et bordées de noir. Ltnné (i) , et après lui un grand nombre de naturalistes , ont considéré le Boa canine à cet âge, comme une espèce particulière ; il est probable que leurs recherches ne sont fondées que sur les figures qu en a donné Seba. (2). Laurentius a changé le nom de cette espèce nominale en celui de boa exigu a (3), et s'est servi de deux autres figures de l'iconographe (4) que nous venons de citer,
pour en former ses boa AURANTIACACtTHALASSINA.
Deux mauvaises figures, une de l'adulte et l'autre du jeune, se trouvent sous le nom de h\pnale, dans Lacéi'Ède (5). On voit de plus une figure du jeune dans Scheuchzer (6), et celle de l'adidte dans Guérin (7).
(1) BOA HYPNALE S^ st, nat. p. '^'jZ. — (i) Tlics. IJ. PLZl^fig» lel 1. — (3) Syn. p. 89. — ( [^) IL 81. i et 96. 1. — (5) Quad. OK'ip, II PI. 16/ 2 et/»/ 17 fig. 1. —(6) BihL sacra. PL 628/i'. E. — (7) Iconngr, PL \\)f. 2.
392 BOA HORTULANA.
Le Musée des Pays-Bas possède une belle série de ce Boa , composée d'individus de tout âge etdont l'adulte mesure environ 6 pieds; d'autres n'tiffreiit que 0,75 + 0,20 et les petits ne surpassent guère o,3o + 0,08. Nombres des plaques : 188 + 6^ ou 20 5 + 76.
5 Esp. LE BOJ BRODÉ, BOA HORTULANA.
PI. XIV fig. 10 et II.
La diagnose que Linné (i) a donné de cette espèce dit expressément , que son nom est dérivé du dessin élégant dont elle est ornée. II est in:possible de la confondre avec aucune autre du genre; car sa queue est beaucoup plus longue , relativement au tronc ,qui est très grêle et assez effilé, et les fossettes des lèvres forment, derrière l'œil, un creux très profond et triangulaire. Linné cependant, attacliant trop d'iniportance au caractère tiré de la disposition des teintes, qui varient extrêmement chez ce Boa, a formé d'une de ces variétés une espèce nouvelle qu'il nomme boa enydris (2). Il est étonnant que Merrem (3), en publiant uneiigure de cette variété, l'ait encore décrite sous un nom différent, et qu'il ait établi des caractères pour la distinguer du boa canina, sais même pensera la comparer au Boa de cet article. Mais il est plus étonnant que tous les successeurs tle ce savant aient adopté ses idées, sans y rien changer, que Schneider (4) ^J^ conféré un troisième nom à cette variété, que Daudin (5) l'ait élevée au rang des
(l) BOA HORTULANA Syxt. liât, p, '^'J k- (^) "^*
( j) S TUMP FKO P F I G E R S C U L 1 N G E R. Bcitr, 11 p. l3 Pi. 2. — (4) KOA M EURE Mil SjsU 11 p. ^^Q. (5) CORALLUS OB-
TUsiRosTuis ; RepL s^oL V p. 269 PL ^k fin- 3 «t Pi ^ fiS^ 5 cl G.
BOA HORTULANA. 393
genres , parceque rintlividu do Merrein offrait les premières lames abdominales divisées , que Wagler (i) eidin l'ait figuré sous une cinquième dénomination. En passant en revue les autres synonymes de ce Boa on verra que Daudin (2} , après Tavoir décrit trois fois, fait encore une nouvelle espèce d'un individu rapporté de Surinam par Levaillant, que Wagler (3) en a publié sous un nouveau nom une figure outre celle déjà citée ; que Laurentius (4) enfin l'a introduite dans le système d'après Sera (5), comme deux espèces nouvelles rlu genre Vipère , placées dans le genre c olu b er par Gmelin (6). On n'a pas mis à profit plusieurs autres figures de ce Boa qui se trouvent dans Scheuchzer (7) et dans Sera (8) , on en voit aussi une abominable dans Lacépède (k)).
Nous avons au Musée une suite complète de cette espèce : elle est due en grande partie aux soins de M. Dieperink à Paramaribo , el composée d'une douzaine d'individus de tout âge, qui montrent le passage des deux variéiés principales ([ue nous allons décrire. Les adultes mesurent 1,4^+0,36; les petits 0,42+ o,i4 ou 0,37 -+- 0,1 1. Le nombre des plaques varie depuis. 256 + 110 jusqu'à 291 -H 124. Un sujet du Musée de Paris est originaire de l'île de St. Vincent.
J'ai trouvé dans l'estomac de plusieurs individus des oiseaux, tels que des Tangaras; un autre figuré par Seba IL 8. i. avait dévoré une souris , et Spix rapporte que ce Boa fait la chasse aux aniniaux de petite taille, les poursuivant même dans les eaux. Ce voyageur a observé le Boa brodé sur les bords du fleuve Salimoëns.
(i) xiPHosoMA noRsuAL E Scrp, bras. PL i5 p. 4^» — (2) b o a E L K G a N s. nept. F. p. 123 PL G3 f. I et PI. Gi f^\ Z-i et 33. — (3} X I p H o s o 31 A o R îs A T u M. Serp. bras. p. l^o PL i 4 fiS- 2.
(4) VIPER A BITIS et MADERENSIS Syn. p. 102. — (5) T/tCS,
/ï i6. I et /. 54 2. — (6; Syst. nnt. p. 1092. — (7) BibL sacra. ÇiÇ)i. g. (8) Tlœs' Il PL 8/ i ; // 5o. i ; //. 74 et // 84. i. (9J Quad. ovip. H PL \^, Jig. 2.
394 BOA HORTULANA.
On serait plutôt tenté de croire que ce Boa habite les arbres , vu sesfonni^s efiilées, et la délicatesse de ces parties- Le tronc étant exessivement comprimé, il s'ensuit que l'abdomen est très étroit, un peu anguleux aux côtés, et occupé en entier par des lames plus larges que dans les autres espèces; le dos est relevé en carène. La que ue est très alongée et s'amincissant insensiblement en pointe conique vers le bout. La tête ressemble , pour sa conformation , à celle du boa canina, quoiqu'elle soit moins lourde , et que le museau soit plus alongé et plus conique. Les plaques labiales diffèrent , en ce que celles du milieu sont plus petites , et dépourvues de fossettes ; les postérieures au contraire en offrent de très profondes, et celles de la mâchoire supérieure sont creusées d'un sillon en forme de fente, à ouverture large et triangulaire. Les narines et les yeux ne diffèrent des mêmes parties chez le Boa canine, qu'en ce que les premières sont plusorbiculaires ; on ne voit que deux paires de plaques frontales peu larges, deux frênaies et une oculaire antérieure. Le reste de la tête est revêtu de très petites écailles polygones, déforme peu constante , et augmentant en étendue à mesure qu'elles avancent vers le museau. Les écailles du tronc sont beaucoup plus alongées que chez le Boa canina et presque lancéolées ; mais le tronc du Boa brodé étant beaucoup moins élevé dans le sens vertical que celui du Boa canina , les écailles ne surpassent point en étendue celles de cette dernière espèce , quoique le nondjre de leurs rangées ne s'élève qu'à 3(). L'ouverture de la bouche est moins droite que dans les autres Boas et forme une ligne en S assez prononcée.
Le Boa brodé a ses flancs ornés d'une suite détaches rondes ou en lozange, d'un brun roux noirâtre, et qui s'étendent vers l'abdomen en s'élargissant; on observe le plus souvent entre ces taches une rangée de taches plus petites , alternes , mcjins régulières et dont le nombre est quelquefois augmenté du double ou du triple. Toutes les taches , et particulièrement
BOA HORTULAXA. 395
celles du dos , ont une telle étendue qu'elles laissent à peine entrevoir la couleur du fond (|ui est beaucoup plus pâle : elles sont bordées de blanc et de jaune chez les jeunes, et ces bordures forment alors nn dessin aussi élégant que varié , mais dont la disposition est peu constante. Le sommet de la tcte est orné de nombreuses raies claires, qui se confondent en tous sens ;on distingue deux larges raies foncées derrière l'œil , et deux autres bt)rdant le sommet du museau. Le dessous est varié des deux teintes principales.
La variété dont nous avons parlé plus haut a les teintes beaucoup plus sombres et moins variées. La couleur du fond est le plus souvent d'un brun pâle et grisâtre; les taches sont petites , confluentes , effacées , peu distinctes et souvent en œil ; on ne voit sur le sommet de la tête que quelques raies foncées qui forment une figure en croix sur l'occiput. Quelques individus offrent des teintes presque uniformes (i). ]\ous possédons de jeunes sujets qui sont d'un jaune sale ; cette couleur passe chez d'autres au brun ou au roux. Nous nous bornons à indiquer ces variétés, qu'il ne convient pas de décrire minutieusement dans notre ouvrage.
Le crâne de cette espèce offre des formes un peu disparates : il est bombé au dessus et presque partout de même largeur ; la mâchoire inférieure est droite. Les mastoïdiens sont très courts ; les caisses larges , vigoureuses et courbées, ce qui donne au crâne une configuration toute particulière. Les dents antérieures sont assez développées, fortes et courbées,
(0 A ce nombre appartient le b o a modesta de Reuss: Mus. Senk, 11 p. 129 , originaire clc la province llhéos au Brésil.
396 BOA DUSSUMIERI.
6 Esp. LE BOA DE DUSSIJMIER. B. Ï>1TSSU3IÏRÏ.
Outre un ophl.lien anomal originaire de l'île de Cuba , il nous reste à traiter de trois espèces du genre Boa , toutes habitans de raucien monde : elles s'éloignent sous pUisieurs rapports de celles de T Amérique, particulièrement par leur petite taille et par leurs écailles carénées ; on ignore leur manière de vivre. ,
Celle que nous allons décrire d'abord , est inédite et a été observée dans l'île ronde, près de Maurice , par M. Dussumier, voyageur infatigable et ami éclairé des sciences , auquel l'histoire naturelle doit de nombreuses découvertes.
On n'en connaît qu'un seul sujet, probablement jeune encore^ et qui mesure o,3i + o,ïi.
L'espèce du présent article se rapproche du boa hortulana, qu'elle paraît représenter dans l'ancien monde, par ses formes effilées et parla longueur de sa queue: la disposition des plaques de la tête , le manque de fossettes labiales et les écailles carénées offrent cependant des traits trop saillans, pour la confondre avec le Boa de l'Amérique, dont nous venons de parler.
La tête du Boa de Dussumier ressemble à celles des autres Boas de l'ancien monde ; c'est à dire , elle est alongée et très déprimée , mais elle offre un museau qui va en pente vers les côtés, au lieu d'être anguleux comme chez le Boa caréné ; ce museau en outre est revêtu de i paires de plaques assez grandes, qui sont précédées d'une rostrale obliquement tronquée. On voit une rangée de très petites frênaies , une oculaire antérieure très développée, et 4 <>^i 5 oculaires postérieures. Les labiales , outre la terminale et les écailles gulaires, sont également petites , mais on distingue parmi les dernières une paire de mentales qui sont très effilées.
Les narines, assez étroites, sont placées près de larostrale, et ofirent une position un peu verticale, mais les yeux sont parfaitement latéraux.
BOA CAUIIVATA. 397
Cette espèce offre comme les autre Bons un tronc assez alongé et comprimé , mais elle a cette partie très délicate et terminée par une queue assez déliée et un peu prenante, dont le dessous est revêtu de 128 lames simples : celles de rahdomcn en occupent toute In largeur, et sont au nondjre de 208. On con-.pte ^9 ranirées d'écaillés extrêmement petites et toutes surmontées d'une forte carène.
Cette espèce a les teintes assez un formes: les dessus est d'un gris bru !\itre ; le dessous tire sur le jaune: on voit plusieurs taches noires sur la queue.
7 £sp. LE BOA CARÉNÉ, BOA CARINATA.
PI. XIV fig. 12 et i3.
Voisine de la suivante , l'espèce du présent article est beaucoup plus commune dans les collections et mieux connue que celle-là. Elle offre une teinte d'un brun roux, varié de larges taches anguleuses plus foncées , entre lesquelles on voit d'autres taches irréirulières noirâtres , et des marbrures blanches qui forment quelquefois des bandes sur la queue ; mais ce dessin est très indistinct, peu constant et les taches, souvent confluentes, forment plusieurs raies longitudinales assez larges.
On voit les figures de ces deux variétés chez, Seb.v //. 28. /. 5 et 6 ; une autre se trouve chezMERREM: Atinal. Wettpv. IL
p. 60 /:>/. 9 ; Z U s A M RI E ]N G E D R il C K T E R S C H L I N G E R. Schuci-
der a examiné plusieurs individus de cette espèce; conf. Syst, Ainph. //./;. 261 ; b o .\ c a r i n a t a.
Nos voyageurs ont adressé au Muséum un bon nombiie d'individus de ce Boa , qu'ils ont observé dans les îles d'Amboine, de Saparua et sur la cote occidentale de la nouvelle Guinée. Nous devons au pinceau de feu van Oord la figure d'un adulte, faite
398 BOA CARIiXATA.
sur les lieux; elle nous a a démontré que les teintes sont peu sujettes à l'influence de la liqueur forte.
Les adultes de ce Boa ne mesurent queo,43 4-oo85; le nombre des plaques est peu considérable et surpasse rarement i8o j 5o; on trouve au contraire des sujets qui n'en offrent que i6o -+- 48.
Le tronc est peu large et assez comprimé , le dos en carène , l'abdomen étroit et garni de plaques convexes, plus grandes que celles des autres Boas. La queue est peu longue et un peu conique. La tête est excessivement déprimée , assez distincte du cou, effilée, un peu en cœur et à sommet applati. Le museau est conique , alongé, anguleux aux côtés , arrondi et tronqué obliquement au bout. Les lèvres sont enflées et bordées de 1 1 plaques, plus larges par devant ; l'ouverture de la bouche est indiquée par une ligne à-peu-près droite. Les yeux sont médiocres et leur bord est assez saillant , particulièrement à la région surciliaire ; l'iris est jaune. Les narines sont étroites , orbiculaires, rapprochées de l'extrémité du museau, et latérales, ainsi que les yeux. La plaque rostrale est presque carrée , la terminale de ia lèvre inférieure assez largue et trianoulaire. Le reste de la têle est revêtu de petites plaques , qui ne diffèrent des écailles du tronc , que par leur forme irrégulière : elles sont souvent en polygone, et un peu plus larges sur le sommet du museau. On compte 2j rangées d'écaillés carrées et toutes surmontées par une forte carène.
Le crâne de cette espèce est assez déprimé et alongé : les caisses et les mastoïdiens sont moins développés qu'à l'oidinaire ; il en est de même des apophyses de la mâchoire inférieure; la supérieure est en forme d' S. Cette espèce a le bout des mâchoires garni rie plusieurs dents assez longues, Lecana! alimentaire est très long, ce qui f;iit que les intestins se tnuivent reserrés vers les parties postérieures: ils sont légèrement plissés. Le poumon forme deux lobes presque' éoaux en lonsfueur : mais les proportions de ce viscère varient d'un individu à l'autre. Les reins sont très courts et ramassés.