‹ Essai sur la physionomie des serpensChapitre 21 sur 32 · NAJA · texte numérisé non relu

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loppées que les inférieures et les transversales de la queue. Les côtes , dune longueur proportionnée à la circonférence du tronc , ont la même forme que celles des Xénodons , serpens qui ont également la faculté d'élargir considérablement leur cou ; elles sont moins courbées que dordinaire : couchées , elles se dirigent assez en arrière ; tirées en avant , elles affectent la direction horizontale , et augmentent la circonférence du tronc. Mais comme les côtes deviennent plus droites à mesure qu'elles se rapprochent de la tête ,ou plutôt , comme le bord convexe des côtés du cou est tournéde manière qu'il regarde les parties postérieures, il est manifeste que cette augmentation de volume des parties auxquelles elles servent de base , doit être plus considérable ; mais qu'elle doit s'effectuer dans le sens latéral , et aux dépens du diamètre perpendiculaire du cou qui est proportionné , à l'élargissememt. Gomme la lonerueur et la courbure des côtes déterminent la forme et l'étendue du disque produit par cette action , il est également évident que ce disque doit être oblong et se confondre insensiblement avec la tête , puisque les côtes décroissent vers la tête , depuis la dixième vertèbre environ. Voilà comment se fait le dilatement du cou , propre à beaucoup d'autres ophidiens , quoiqu'à un moindre degré. On sait que la direction des rangées d'écaillés correspond exactement à celle des côtes; il resuite delà que les lignes qui déterminent les bords supérieurs des écailles, doivent s'étendre assez en arrière, tandis que celles qui déterminent les bords inférieurs, sont très peu dirigées en avant ; c'est aussi de cette disposition que provient la forme oblique et alongée des plaques mêmes. Nous avons déjà dit que cette dilatation n'a pas lieu au même degré chez tous les Najas , et qu'elle disparaît presqu'entièrement chez les espèces qui terminent la série du genre ; nous aurons soin de signaler , à l'article de chacune d'elles , les différentes gradations , pour autant qu'elles nous sont bien connues. XjCS Najas ne parviennent pas tous à la même taille , car il

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eti est qui ne surpassent guère deux pieds en longueur totale , tandis que d'autres atteignent jusqu'à six ou sept pieds. Ils ont la livrée très variée suivant les espèces ; chez plusieurs d'entre elles elle est niènie différente suivant les individus , et suivant l'âge. J'ai aussi observé plusieurs variétés de climat constantes. Les Najas sont quelquefois répandus sur une grande étendue de terre : le serpent à lunettes par exemple , si commun aux grandes Indes , habite aussi Siam et Sumatra; il se trouve également à Java 5 où ses teintes sont plus foncées ; cette même île produit encore une autre espèce , qui vit aussi dans l'île de Sumatra; la Nouvelle Hollande nourrit deux autres espèces; le Naja haje de l'Egypte vient aussi du Cap, où ses teintes varient à l'infini , et ce dernier pays produit en outre trois espèces un peu disparates par leur organisation , et dont l'une vient également de la côte de Guinée. 11 résulte de ce que nous venons de dire , que les Najas habitent les contrées chaudes de l'ancien monde. Ils fréquentent le plus souvent les contrées sèches et sablonneuses , mais il paraît que plusieurs fréquentent aussi les eaux.

Les Najas ont une force musculaire considérable; leurs mouvemens sont exécutés avec une grande agilité ; ils se défendent avec opiniâtreté contre les attaques de leurs ennemis, qu'ils attendent avec courage. Appuyés sur la queue qu'ils appliquent horizontalement contre la terre, le tronc droit ou courbé un peu en arrière et la tête avancée , ils dilatent le cou , sifflent fortement, et lancent leur salive sur leurs ennemis avant de se jeter sur eux.

Il paraît que plusieurs des grandes espèces se nourrissent particulièrement de crapauds et de grenouilles : du moins , j'en ai plusieurs fois trouvé les restes dans leur estomac.

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1 Esp. LE N, A LUNETTES, N. TRÏPUDIANS.

PI. XVII fîg. I , 3 et 3 : var, de Java.

La description que j'ai donnée, à la tête du genre, de la conformation des côtes des Najas, est particulièrement applicable il l'espèce du présent arlicîe, que l'on peut admettre comme type du genre, et qui possède au plus haut degré la faculté de dilater le cou dans le sens latéral. Elle est connue de tout le monde sous le nom de serpent a lunettes, nom dérivé de la similitude d'un trait ornant la partie expansible du cou, avec une de ces lunettes, que l'on en comprimant le nez, et dont l'usage était universel chez les vieilles gens du siècle passé. Ce dessin cependant, qui ne consiste qu'en deux grandes taches en œil, blanches, à centre noir, bordées de la même teinte et réunies en avant par une ligne en arc, est rarement assez distinct pour que l'on en puisse faire la comparaison alléguée: on ne voit au contraire le plus souvent que quelques traits noirs et irréguliers, tantôt réunis pour renfermer une tache alongée ou en polygone, tantôt confluentes en de larges taches noires de forme et d'étendue variées. Les côtés ou le dessus du cou sont marqués de deux taches rondes de la même couleur. L'examen comparatif d'un grand nondjre d'individus de ce Naja m'a démontré que cette disposition des teintes est accidentelle, et non pas due au sexe, comme plusieurs naturalistes l'attestent, uniquement d'après le témoignage de Seba.

La teinte principale de ce Naja est un jaune d'ocre tirant sur le brun , tantôt très clair , tantôt assez obscur. Quelques individus ont le corps rayé obliquement de noir et varié de blanc; ce dessin est particidièrement prononcé chez les jeunes. Le dessous est le plus souvent assez clair et quelquefois marbré de brun.

Le Naja à lunettes atteint jusqu'à i,io + 0,21 de longueur

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totale. La queue, peu longue, robuste et conique vers le bout , varie clans ses proportions suivant les individus , comme on peut le voir par les dnnensions d'un autre individu, qui offre o,<S-7 H- 0,22. Le tr on cest assez vigoureux, alongé et entouré d'écaillés lisses, de forme lancéolée, assez eflilées, obliques:, convexes sur le cou , où le nombre des rangées varie depuis 2.3 jusqu'à ;^i. La tête est assez grande, et l'occiput large et renflé; mais elle va en samincissant vers le museau , qui est en pente, à bout conique, arrondi, proéminent et terminé par une large plaque presque en triangle et profondément échancrée en dessous. On compte sept lames à la lèvre supérieure ; la sixième est assez petite et cède sa place en grande partie à une temporale très large, suivie de plusieurs autres d'une étendue considérable. On voit 3 plaques oculaires postérieures et une antérieure , qui remplace en même temps la frênaie; les superciliaires sont très larges , saillantes et voûtées ; la verticale est peu grande et en pentagone presque régulier ; les occipitales offrent des dimensions longitudinales très considérables. L'œil est latéral et de moyenne grandeur; les narines sont assez ouvertes; l'ouverture de la bouche est large, un peu arquée et échancrée au dessous de l'œil, ce qui est dû principalement à la partie de la lèvre supérieure, qui descend pour recouvrir les crochets. Le nombre des plaques abdominales et sous-caudales varie depuis 182 H- 48 jusqu'à 192 + 46 ; elles sont assez larges.

Le crâne du Naja à lunettes présente des formes alongées ; les mastoïdiens et les caisses sont assez développés ; le bord postérieur de l'orbite est complété par une troisième paire de frontaux, qui cependant ne sont pas assez longs pour toucher aux ptérygoïdiens; les nasaux sont très larges ; le maxillaire s'étend jusqu'au dessous l'œil et est armé, à son bord postérieur , d'une petite dent solide et assez distante des crochets venimeux qui sont courbés , mais peu longs.

Les glandes de la tête ont été décrites et figurées par Duver- ?joY Ânn, cL se. nat. XXX PL ^fig. 1\ HoxMe cependant avait

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déjà donné antérieurement des figures de ces organes, du crâne^ et du mécanisme qui produit la dilatation du cou : voir Russet. Ind Scrp. App. et Lectures on Coinp. Anal. I; Duvernoy /. /. PL IV fig. I et 2 a aussi figuré diverses parties des intestins.

J'ai tiré de Testomac de ce Naja des crapauds de l'espèce nommée Bufo scaber. L'ovaire d'une femelle que j'ai disséquée contenait plusieurs œufs , revêtus d'une enveloppe coriace, et dont chacun contenait un petit Naja parfaitement développé.

Le Naja à lunettes est, selon le témoignage de Russel (i) , très commun à la côte de Cor om an de î : il se trouve éiialement àM al a bar. Davy (2) l'a observé à Ceyl an, où il abonde, et le Musée des Pays-Bas vient d'en recevoir une belle série d'individus , recueillis dans les environs de Calcutta. Il suffit de comparer les figures, données par les auteurs (3), pour se faire une idée des variétés de ce Naja. Les îles Philippines produisent un Naja , tout-à-fait semblable à celui de Bengale.

L'île de Java nourrit un Naja, qui ne diffère du Naja à lunettes que par sa couleur d'un brun très foncé et uniforme , plus clair en dessous et passant au rougeàtre sur les côtés de la tête. La figure en lunette n'est apparente que chez les petits,

fi) Ind. Serp. vol. I PL 5 e!; 6 ; ch int a-na g o o ; II PI. 1 , figure représentant l'attitude que prend ce serpent quand il attaque; 7/ PI. 36, jeune ind. ; trois variétés de cette espèce sont figurées daus VIndinn Zoologie. — [1) Davy Ceylan p. 83 et suiv. — (3) Scheuchzer 749. 9 ; Sera i 44» i ? ^ 91 • naja lut escens Laur. p. 91 ; J/Sli. 3 ; 85. i; 89. iet2: NAJASiAMENsis Laub. ; 89. 3:n. fasciata Laur. ;

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