lïEKPETOBRYAS
t^te ne diffèrent de celles des Couleuvres que par leur forme plus effilée ; les labiales sont ordinairement plus étroites et plus nombreuses que chez les Couleuvres. Les yeux sont plus ou moins «"rands et à pupille orbiculaire, les narines latérales et moyennes. L'ouverture de la bouche est assez large; les écailles du tronc sont petites chez les uns, grandes chez les autres; quelques espèces les ont carénées, d'autres lisses et elles paraissent même varier sous ce rapport dans la même espèce: elles offrent toujours des formes alongées et sont tantôt en rhonibe , tantôt lancéolées; disposées le plus souvent sur des rangées qui se dirigent obliquement en arrière, leur forme est moins symétrique que dans les Couleuvres. Une seule espèce a le dos garni de deux rangées d'écaillés plus larges qu'à l'ordinaire ^ d'où résulte im nombre pair des rangées longitudinales , exemple unique dans l'ordre entier.
Le squelette ressemble à beaucoup d'égards à celui des Couleuvres, mais les Erpétodryas l'ont souvent muni d'apophyses plus larges ; les inférieures de la queue plus particulièrement sont assez développées et fourchues. Les côtes sont arquées et peu longues. Le crâne est alongé; les os qui le composent sont peu robustes, les caisses moyennes, les mâchoires et le palais armées de dents en forme d'alêne très mince: ces dents sont serrées dans les uns , plus longues et moins nombreuses chez d'autres. On voit quelquefois plusieurs dents très développées au bout postérieur des maxillaires; chez quelques espèces, ces dents sont même pourvues d'un sillon.
Les Erpétodryas offrent des intestins plus grêles que les Couleuvres; le canal intestinal est, dans quelques espèces, profondement plissé. J'ai observé des glandes lacrymales, des nasales et la rostrale dans toutes les espèces que j'ai disséquées ; les salivaires présentent le plus souvent un lobe postérieur assez développé.
Les Erpétodryas sont presque tous des habitans des contrées chaudes des deux mondes. Le continent de l'Afrique, l'Europe, l'Australasie et le Japon n'en produisent point , à ce que l'on
IIERPETOBR VAS CAKL^ATUS. 175
s.^rhe. L'a plupart se trouvent dans les deux Amériques, où quelques espèces s'avancent assez vers le nord. Ils font la chasse à de petits animaux vertébrés; quelques espèces paraissent préiérer dv^ grenouilles , d'autres des oiseaux. Ils se meuvent avec moins de facilité sur la terre ({ue dans les herbes et sur les broussailles, sur lesquelles ils grimpent pour se reposer et y guetter leur proie. La plupart ont le caractère assez farouche ; ils s'élancent avec une vélocité surprenante sur leurs agrasseurs et les attaquent avec fureur.
Les espèces de ce genre ont souvent été confondues. On doit attribuer la cause de ces erreurs aux mauvaises descriptions qu'on en a faites. Aussi a-t-on très mal fait d'emprunter les notes clistinctives des teintes , si conformes dans un grand nombre d'espèces de ce genre. Il est impossible, par la même raison , de déterminer avec certitude les figures de serpens verts, données par Seba , Scheuchzer etj)lusieurs auties iconographes (i), particulièrement puisqu'on aie plus souvent négligé d indiquer le nombre des plaques. Ces figures appartiennent pour kl plupart au col. canus, aux heîipetodryas
r, A.RINATUS, OYÏCEPHALUS, OLFERSIT, AESTIVUS, VIRIDISSIMUS et TRICOLOR, aU DENDROPHIS SMA-
RAGDiNA et à plusieurs autres serpens d'arbre.
1 Esp. nERPÉTODRYJS A DOS CARÉNÉ, HERPETODUYAS CARINATUS.
PI. VII f. I et 2 , ad var. lisse, f. 3 et 4 j nioy ; âge , var. à formes alougées
f. 5 , 6 et 7. var. à dos caréné.
L'opliidien , dont nous nous proposons de traiter dans l'ar-
(1) A ce nombre appartiennent celles qui se trouvent dans Seba TJies, Il /j8. 2: COL G Y A N E u s Mf.rr. TdJiU p. 1 15 ; dans Scheuchzkr Bill, sacra 647. i , et n^aintes autres. —
176 HERPETODRYAS CARIIVATUS.
ticle présent , est un des plus intéressans de l'ordre ; d'abord par son organisation et en second lieu, parceque ses formes sont tellement fugitives qu'elles ne présentent aucun seul caractère pour distinguer nettement Tespèce. Les naturalistes en ont fait plusieurs de purement nominales des variétés de l'Erpétodryas à dos caréné, variétés que l'on peut tout au plus regarder comme des races. J'ai examiné une centaine d'individus de cet ophidien , recueillis sur différens points du Brésil , à Surinam et à Gayenne , et qui différaient souvent les uns des autres d'une manière presqu incroyable. Cependant les individus intermédiaires, qui lient toutes ces variétés, m'ont suffisamment démontré que l'on ne peut admettre pour le moment qu'une seule espèce d'Erpétodryas à dos garni de deux rangées d'écaillés plus larges que le reste et souvent surmontées d'une forte carène. En n'examinant que les extrêmes de ces variétés , on trouvera que les unes ont les dimensions de la Couleuvre Korros , tandis que les autres offrent un corps aussi mince et des formes aussi déliées que les Dendrophis les plus grêles ; on trouvera encore que les individus de la dernière variété ont même la tête plus distincte que ces serpens d'arbre , les yeux excessivement grands: en un mot, des proportions des parties toutes différentes (i). La belle suite de cet Erpétodryas , que j'ai exposée dans les galeries du Musée des Pays-Bas , est composée d'une vingtaine d'individus qui forment une série non interrompue , montrant le passage de toutes ces variétés. Je me borne à communiquer le nombre des plaques abdominales et souscaudales de ces sujets choisis, pour prouver d'abord la justesse de mes vues; je passerai ensuite à la description détaillée des variétés principales , que je regrette ne pouvoir figurer toutes pour rendre impossible les doutes , qui pourraient s'élever contre mes assertions.
(i) Ces différences sauteront aux yeux en comparant nos figures 3 , 4 > 5 et 6 de la planche VII, qui sont faites d'après deux individus très disparais l'un de l'autre.
IIERPETODRYAS CARIA ATUS. 177
Nombre lies plaques: 142 H- 28; i56 4- 100; 160 -h lo^; iSp + loy ; 169 + ii3; i54 4- 118 ; i44 ^ 19.0; i53 -+- i25;
13; + i55 ; 184 + 160; 178 + i64; 187 -h 176; 188 + 194; 192+198; 192 -h 202; 1994-204. — Mesures: 1,29-1-0,56; 1,36 + 0,77; 1,48 -h 0,79; 0,84 4- o,38; 0,70 4- o,43 ; 0,93 -I- 0,55 ; 0,26 + 0,16; 0,33 4- 0,19; 0,43 -1- 0,21. — J'espère que ces données sulïiront, pourdémontrer l'impossibilité où l'on s'est tiouvé jusqu'à présent de tracer des lign(îs de démarcation entre ces difiérentes variétés, comme l'ont fait les auteurs qui , ne connaissant qu'un petit nondjre d'individus, en ont établi plusieurs espèces nominales. L'Erpétodryas a dos caréné se reconnaît aux deux rangées d'écaillés plus grandes que le reste et régnant le long du dos qui, cliez tous les autres ophidiens , n'en offre qu'une seule; de là vient que les rangées longitudinales du corps sont en nombre pair crhez cette espèce , tandis qu'il est impair chez le reste des serpens : on en compte ordinairement 12 rangées; quelques individus cependant n'en ont que 10. Les écailles dorsales sont le plus souvent surmontées d'une caréné si prononcée , que leur ensemble forme deux stries assez élevées et saillantes (i) ; mais il y a des individus , où ces écailles sont tout-à-fait lisses (2) , tandis que d'autres offrent quelquefois quatre (3) ou dix(4) rangées d'écaillés carénées. Les écailles des flancs sont très obliques , lisses et de forme alongée , comme chez les Dendrophis. L'abdomen est convexe, plus ou moins anguleux et revêtu de lames larges. Le corps est un peu comprimé ; la queue cylindrique, effilée et plus ou moins longue. J'ai déjà indiqué la grande différence de forme que m'ont offerte plusieurs individus
(i) COL. CARiNATUS LiNN Mus. J(I. Fricd. pag. 3l. C O L. B Ic A R I N A T u s Neuw. Bcitr. p. 284 ; Abbild. 8 Livr, PL 2 ; n a- TRix BiCARiNATA Wagler Serp. hrus. PL 7 pag. 23. — (2) c o L. F u s c u s LiNN. Mus. Ad. Fr. PI. 17 Jig. t- pog. 32. — (3)tyria quaduicarinata Fitz. Classif. p , 69.— 4 j n a t r 1 x s E X c a R I N A T A Waglkr Scrp . bios. PL XII p. 35.
la
1 78 ÏIERPETODRYAS CARÏÎV ATUS.
de cet Erpetodryas (i). De deux sujets d'égale longueur (de cinq pieds environ) l'un était gros de 0,035, tandis que l'autre n'offrait que o,020. Les individus grêles conviennent assez, sous le rapport des formes , avec le Dendrophis licoercus , qui se distingue cependant suffissar.inient par son tronc entouré de i5 rangées décailles et par le manque des plaques du frein. La tête est plus ou moins distincte du cou , qui est quelquefois très grêle: elle est alongée , conique et arrondie au bout du museau. Les plaques occipitales et la verticale ont peu d'étendue ; les surciliaires au contraire sont larges et voûtées. L œil est plus ou moins grand , bordé de i ou 3 plaques postorbitales ; les temporales sont très larges. L angle de la bouche monte considérablement.
Cette espèce a les apophyses épineuses de ses vertèbres très développées et larges ; les épineuses inférieures de la queue sont lonsfues et fourchues. Les côtes sont courtes et robustes , les orbites spacieuses , les caisses moyennes. Le crâne est alongé : on voit des dents très petites et nombreuses au palais ; celles des mâchoires ont la même forme 5 la supérieure en offre y qui augmentent un peu en grosseur vers le bout postérieur. Les glandes maxillaires de cet Erpetodryas sont beaucoup moins développées que les nasales et la rostrale ; la lacrymale n'est pas recouverte par les muscles et très rapprochée
de la mâchoire. Le poumon est accompagné d'un petit lobe accessoire.
Le système de coloration est très simple, mais peu constant.
Le dessus est tantôt d un noir enfumé , tantôt d'un brun plus ou
moins foncé , tantôt d'un vert olivâtre. Cette teinte tire, dans
(i) Comparez les aulresfig ures déjà citées à celles publiées par Seba II PI. 54y! 1 et peul-êlre aussi Pi. Si)/. > , et p-ir Mereem Beitr. vol. I PL 10 et vol. III PL 2 sous le nom de c o u i, y. u V r e de c h 1 r o n. Ajoutez à la synonymie de cette espèce li c o u l e ij v r e 1 b i b o c a Lacep. Quadr. ovip. vol. Il pag. 328. Elle Tait aussi pailiedes genres CHiRONius de FiTZiNGER /;. 6o et M A c R o p s de Wagllr Syst. p. 182,
ui:ui»i:todryas cauiivatii^. i79
les uns , sur Je gris (i) , dans crautres sur he i)leu , sur le luini ou sur le rougeàtre; il est même des individus, qui sont d'un rouge pourpre uniforme. Le dos est quelquefois plus clair que le reste , varié de blanc ou de jaunâtre, ou scparc des (lanos par une large raie d'un jaune assez vif. I^es flancs sont quehjueiois bigarés de blanc , quelquefois séparés du dessous par une ou plusieurs raies longitudinales parliculitiement manilestes sur les parties postérieures. Le dessous est presque toujours jalî^* nàtre; mais cette teinte passe souvent au vert , au bleuàtrey à lolivAtre ou au rouge; les lames abdominales sont (quelquefois bordées de noir. Les lèvres sont tant(k jaunes, tantôt d'un' brun lougeàtre (2) ou blanchâtres.
Les petits (3) ont le dessus rayé obliquement de ])lanc et la ligne noire latérale très distincte ; ils présentent des yeux plus grands que les adultes , qui ont les teintes obscures et foncées, particulièrement sur les parties antérieures, et qui offrent le plus souvent un dos lisse (4). '^
Il serait impossible de décrire toutes ces petites disparités dans la disposition des teintes , que Ion doit regriider comme accidentelles et peu constantes. Quiconque a' examiné une série d'individus dans les différentes époques de la vie, sera convaincu de la justesse dès observations, éu(^ncées ci-dessus. Pour mieux nous assurer de i identité des espèces nominales que plusieurs savans ont fait connaître, nous nous sommes adressés à M. M. Fitzinger , Wagler et au prince de Neuwied ; ces savans ont bien voulu nous communiquer plusieurs indivitius des espèces d Erpétodryas à dos caréné qu'ils ont introduites dans le système, ce qui nous a mis a portée de constater que ces indivirlus ne diffèrent en rien de ceux , que le Musée des Pays-Bas a reçu en grand nombre de la province de St. Paul au
(1) c o L. E X o L E T u S LiNN. Mus. Jd. Fr. PI. X f. '1 pag. !^4. — (2) COL. PYRRHOPOGON Nf.uw. BeUr. p. 9.91 ; Alibdd. 9 Lùr.
Pl.Z. — (3) C o L. s A T u R N T N u s LlXN. Mus. Ad. Fl\ PL 9 f.\p.
3a. — (4) COL. L A E v 1 c o L L 1 s Neuw. Beitr. p. 296. — ;r . :qToo
180 lïERPETODRYAS SERRA.
Brésil et de Surinam. Le dernier pays paraît particulièrement produire la variété à formes a longées.
L'Erpétodryas du présent article est très commun dans les collections. Le Prince de Neuwieden a étudié les habitudes. Voici le résumé de ses observations: le serpent Cipo, dénomination appliquée par les indigètjes à tous les ophidiens de forme grèle, se trouve en abondance dans les provinces méridionales du Brésil. Il peuple les petits bois du terrain sablonneux dans les environs de Rio Janeiro, du Cap Frio , et aux embouchures des rivières Parahyba et Espirito santo. Il habite également les terrains marécageux revêtus , à l'instar de nos prairies, d'un tapis de plantes atjuaticpies ou d'herbes. Il grimpe sur les broussailles ou sur les plantes frutescentes, disjiersées dans ces lieux incultes , ou se cache dans leur feuillage pour se reposer. Lorsque quelqu'un s'appioche, il s'enfuit avec célérité dans les herbes , où il s'échappe plus aisément que sur un sol dégarni de végétation , qu'il ne recherche que pour s'exposer aux rayons du soleil. Il fait la chasse aux crapauds. Spix a observé cette espèce près du fleuve des Amazones.
2 Esp. LERPETODRYJS RUDE. HERP. SERRA.
PI. VII f. I et 2.
Nous devons cette espèce inédite aux soins de M. Fr. Boie à Kiel , qui en a reçu un individu du Brésil. Elle s'éloigne sous plusieurs rapports des autres Erpétodryas, le seul genre comme le remarque très judicieusement M. Boie dans sa lettre , dans lequel on puisse la ranger.
Elle parvient à une taille de S à 4 pieds, dont la queue occupe environ le cinquième. Ses formes sont plus alongées et le corps plus grèle que dans les autres espèces du genre. Le corps , aussi fortement comprimé que chez les Dipsas , offre
UERPETOnUYAS SERRA. 181
un (losencart'ne; ral)cl()nieii est assez étroit et anguleux, la (jueue longue et effilée. La tète présente les mêmes dimensions que celle (le Te r i' i:t o d r y a s o x \ g e r h a l u s ; mais elle est plus tronquée, l'œil est plus volumineux, et tous les traits de sa pliysionomie sont plus prononcés. Son regard farouche est dû aux grandes plaques surcillaires voûtées et saillantes. On voit une verticalealongée et étroite, et des occipitales de peu d'étendue; les frontales postérieures sont plus larges que les ant(hieures ; les plaques temporales imitent la forme d'écaillés; on compte 8 plaques étroites au bord de chaque lèvre supérieure , et 3 au bord postérieur de l'œil. Les narines sont très ouvertes; la plaque du frein est petite et prescjue en triangle. Les étailles du tronc sont en rhombe ou lancéolées, obliquement rlisposécs et toutes surmontées dune forte carène, d(mt l'ensemble forme des stries très élevées vers l'anus, où elles disparaissent d'une manière brusque; car les écadles de la queue sont toutes lisses. La couleur principale est un gris rougeatre très pâle et tirant sur le brun. Une suite de taches larges, noires, carrées, et quelquefois à bords échancrés , règne le long du dos. La tête est variée, maculée et bigarrée de la même teinte, mais si indistinctement qu'il est impossible de se faire une idée de cette disposition des teintes par le moyen d une description. Les parties postérieures passent insensiblement au noir. Mesures : 0,92 -+- 0,23. Plaques: 288 -f. 106. — Un autre individu plus petit, rapporté du Brésil par M. Langsdorf, fait partie du Musée de Paris; il mesure o,5o 4- 0,12 et offre 244+ 10^ plaques et 21 rangées longitudinales d'écaillés.
On observe une dent sillonnée au bout postérieur de chaque branche du maxillaire.
î§2 HERPETODKYAS VIRIDISSIMUS.
3 Esp. VERPÉTODRYAS TRÈS VERT.
HEIIPEÏODRYAS VIRIDISSI3IUS. (i)
PI. Vn fig. loeî ir.
En comparant cette espèce à I'erpétodryas a tête actjminée, on trouve que ces deux ophidiens se ressemblent parfaitement par leurs formes, par le port et par les teintes. Celle du présent article se distingue cependant aisément par sa moindre taille, par un museau moins effilée, par des plaques du museau moins alongées , par une tête plus large, par un nombre moindre de bandes abdominales , par des écailles plus grandes dont on compte ip rangées longitudinales tandis que lErpétodryas à tête acuminée en offre aS , enfin par le vert bleuâtre de ses teintes qui occupe également les parties inférieures. Cette espèce est rare dans les collections. Elle vient de Surinam. M Dieperink nous en a envoyé un bon nombre d'individus et nous en devons une figure, faite sur le vivant , aux soins de M. Thienemann à Dresde. Elle atteint jusqu'à 0,49 + O529. Nombre des plaques abd. et sousc: 201 4- 100 ou 228 H- 128. Du vivant, cette espèce offre un beau vert d'herbe tirant au bleu sur la tète ; le dessous est d un blanc bleuâtre. Les individus dépouillés de 1 épidémie sont d'un bleu foncé, qui passe à la longue par l'action de l'esprit d)Q,vin au brun ou au pourpre (2).
(1) LiNN. Sjst, nat, p. 388 ; col. janthinus Daudin d'après Merrf.m Beitr. p. t^^ PI. 12. — (2) C'est alors le col. purpurascens Gmel. Syst. nat. I p, 1116; celle espèce est le type du genre chlorosoMA de Wagler Syst, p. i85, —
IIERPETODRVAS OLFEUSII. 18;]
4 Esp. jnuiPKTODIlY JS I) OU EUS. H. OIVPEUSII.
PI. \ll f. i4 et i5.
Deux naturalistes distingues, le Prince or. Neuwjed (i) et M. Lfciii Fxsrri.v (2) ont décrit en même temps ce joli Erpétodryas: le premier , sous le nom de cor. pileatcs, le second sous celui que nous conservons à 1 espèce. Le Prince de Neuwied a trouvé ses individus près de la rivière ftabapuana. Le Musée des Pays-]]as doit les siens à la bonté de cet illustre vovaoeur; d autres ont été adressés à cet établissement des Musées de Berlin et de Vienne, de la province de St. Paul au Brésil et de Surinam. 11 est à remarquer, que les sujets de ce dernier pays , d ailleurs très semblables à ceux du Brésil , s'en distinguent par leur teinte d un vert de mer uniforme , tandis que les derniers présentent presque toujours une tète et une rangée d'écaillés dorsales d'un brun jaunâtre très vif. Le dessous et les lèvres sont d'un vert plus clair. La raie noire, qui se dirige de l'œil à l'occiput , est à peine visible dans la variété de Surinam: dans le vivant , les individus de ce pays ont le dessus teint d'un vert très vif; le dessous est jaune; les parties postérieures sont souvent d'un brun jaunâtre dont une raie dorsale s'avance vers la tète, tandis que le vert des parties antérieures s'étend sur les cotés du dos en forme de deux raies qui ne se perdent qu au bout delà queue.
Cette espèce a la taille de la précédente , dont elle se distingue au premier abord par sa tète moins alongée, par des yeux plus grands, par un tronc peu comprimé , par l'abdomen convexe, et par un nombre différent de plaques, vu qu'il s'élève au plus haut à 192 + ii4j ^'^^ trouve même des
(i) Be'itr. p. 'M\[\ comparez aussi c o l. h k r b k u s \h. p. 349; ^^~ bild. L. Vni fîg. 3. — (9,) Catal. p. lo/j. — Celle espèce compose le genre p H I I- 0 j) R V A s (1(* AVagler Syst. p. i85.
184 UERPETODRYAS MARGARITIFERUS.
individus, qui n'en offrent que 167-1- y 6. La plaque verticale est effilée; l'iris d'un brun jaunâtre. Les lèvres supérieures sont revêtues de 8 plaques assez larges dans le sens vertical: on en compte 9 dans la précédente. Les petits ressemblent parfaitement aux adultes, dont la taille n'excède guère 0,78 -+- 0,27. Les couleurs perdent beaucoup de leur éclat par l'action de la liqueur forte.
Les dents sont peu nombreuses et on observe une dent sillonnée et plus longue à chaque extrémité de la mâchoire supérieure. L'anatomie de cette espèce n'offre rien de particulier ; j'ai trouvé dans l'estomac d'un individu adulte les débris d'une grenouille.
Cette espèce fréquente les arbres , mais elle va souvent se reposer à terre au bas des broussailles (i).
5 Esp. VERPETODRYJS PERLE.
HERPETODRYAS MAR(;ARITIFERUS.
Ce beau serpent, que nous faisons connaître le premier, a été découvert à la Nouvelle Orléans par M. Barabino, qui en a fait parvenir au Musée de Paris le sujet unique dont nous empruntons la description suivante.
Les rapports de fomes qu'a cette espèce avec l'Erpétodryas d'Olfers sont grands; on serait même tenté de la regarder comme une variété de le première , si le nombre divers des bandes abdominales, la système décoloration et la conformation des écailles qui sont surmontées d'une faible carène, n'offraient pas des marques de distinction suffisantes.
La tète est un peu plus large à la base que celle de l'espèce précédente; mais la forme des plaques est absolument la même
. (i)Neuw. Beiir.p, 348.
IIERPETODUYAS BOBDAEÏITII. 185
dans ces deux ophidiens voisins. On compte 19 rangées d'écaillés en lozangeet d'un h'nni noir, mais dont la base est marquée d'une tache d'un bleu clair et de laquelle se prolonge une pointe d'un jaune très vif. Ce joli dessin rend cette espèce tout-à-fait remarquai le et en fait une des plus belles du genre. Les parties inférieures et les lèvres sont jaunes ; toutes les plaques du dessous offrent une faible bordure noirâtre. Le sommet de la tête enfin est d'un brun jaunâtre assez vif, séparé de la teinte claire des lèvres par une large raie noire , qui s'étend derrière l'œil pour occuper toute la région des tempes. Plaques: i54 + ii5. — Dimensions: 0,48 -h 0,26.
6 Esp. VERPÉTODRYJS DE BODDAERl.
HERPETODRYAS BODDAERTII. ( 1 )
Le notes caractéristiques suivantes sont les seules , que j'aie pu assignera cet Erpétodryas , pour empêcher qu on le confonde avec le précédent: un tronc, garni de ly ou de i5 rangées d écailles ; un abdomen un peu anguleux; une tète plus déprimée; l'ouverture de la bouche moins courbée; des plaques labiales plus étroites; enfin des teintes d'un vert gris ou olivâtre , plus clair en dessous.
Cette espèce est commune à Surinam. J'en ai vu dans près» que toutes les collections de la Hollande. Elle se nourrit d'oiseaux, ce qui fait présumer une manière de vivre analogue à celle de la précédente.
i52 + 95; 166 -f- io4; 178 + 106; 188 + 108; — o,65 | 0,29; 0,71 -h o,3o; 0,88 4- 0,82. —
Le lobe postérieur des glandes maxillaires est plus développé
(lycOL. BODDAERTII, Seetzen ap. Meyer Zool. Archu. Il p. 69 ; cette espèce nous a été envoyée du Musée de Vienne sous le nom de
T Y R l A y. X O L F, T A FiTZINGER.
186 HERPETODUYAS AESTIVUS.
que le reste ; il existe une nasale et une rostrale assez grosses. La lacrymale est entièrement cachée sous les muscles de la manclucation. Les intestins grêles sont plissés en tout sens; mais le reste du canal intestinal descend ensuite presque tout droit.
7 Esp. UËRPÉIODRYAS VERT. HERP. AESTIVUS.
ri. VII fig. 12 et i3.
Il suffit d'alléguer, que cette espèce offre des écailles carénées, pour empêcher de la confondre avec les autres Erpétodryas à teinte verte. Elle a le dessus d'un beau vert d'herbe et le dessous jaune blanchâtre ; la tête est alongée et déprimée , les yeux sont mo^-ens. Elle ressemble d'ailleurs un peu aux deux précédentes , dont les formes cependant sont beaucoup moins
grêles.
Nous devons deux sujets de cet Erpétodryas aux soins obli-
geans du professeur Troosi à Nashville : ils mesurent 0,48 + 0^28. On leur compte 1^8 -+- 128 ou 188 + i.^i plaques (i) et 1^7 rangées d'écaillés lancéolées. Cette espèce habite les provinces méridionales des Etats-Unis : M. Plée l'a rapportée de la Martinique ; M. Gaudichaud de l'île Catherine et nous venons d'en recevoir un individu du Paraguay. Elle a été décrite par Linné (2) ; on en trouve une figure chez Catesby (3) , qui dit qu elle se tient sur les branches des arbres, où elle fait la chasse aux mouches et à d'autres insectes, qu'elle atteint des dimensions peu considérables , et qu on parvient aisément à lapprivoiser. Palisot Beauvais (4) mande qu'elle se nourrit de batraciens, d'insectes et de vers.
(1} L'individu décrit par Linné offrait i55 -f- i44 plaques. — (2) col. AESTi VTj s LiNNii Syst. iiut. p . ^87 . — (3) PI. 57. — (4) ap. Latr. Rept
ni p, 88.