‹ Essai sur la physionomie des serpensChapitre 9 sur 32 · II. TKICOLOR. 11. GOUDOTII · texte numérisé non relu

II. TKICOLOR. 11. GOUDOTII

8 Esp. IJERPÉTODRYJS TRICOLORE. M. TRICOLOli.

PI. VI f. if), 17 et 18.

11 purait que cette espère appartient au nombre des plus rares; car KuHL , qui l'a découverte à Java , n'en a observé que le seul individu ligure par Boie (i), qui lui même n'en a jamais pu se procurer que deux autres. Ils sont presque tous de la même taille: o,33 ~t- 0,1^ ; o,3i +0,19 et 0,37 + 0,19 et oflVent le nombre suivant de plaques abdominales et souscaudales i4o -f 120 ; i52 + 1 18 ; 160 "f 1 10.

Cet Erpétodryas a à-peu-pres le port de I'erpétodr. vi- RiDissiMus ; mais son corps est beaucoup moins élevé dans le sens vertical; l'abdomen est un peu anguleux et convexe; la tête très petite , est large à la base et à museau pointu ; les yeux sont petits , les narines linéaires , les plaques occipitales alongées et assez développées aux dépens des autres plaques de la tête. Celle du frein manque totalement. Les écailles du tronc sont presque carrées , lisses et disposées sur i5 rangées.

Le dessus est d'un vert olivâtre tirant tantôt sur le brun , tantôt sur le gris; le dessous est jaune: ces deux teintes sont séparées sur les flancs par une raie noire , qui naît de l'angle postérieur de l'œil , mais qui s^vanouit le plus souvent sur les parties antérieures du tronc.

9 Esp. VERPÉTODRYAS DE GOVDOT. H. GOUDOTII.

Depuis longtemps les vœux des naturalistes se dirigeaient vers Madagascar, cette de vierge et cependant si renommée par la richesseet la singularité de ses productions, dont quelques unes

(i) Voir VErpét. de Java PI. 3o.

188 HERPETODRYAS GOUDOTII.

seulement étaient connues par des descriptions vagues et superficielles Cette terre de promission vient enfin d'être explorée a la fois par plusieurs voyageurs français ; parmi les objets rapportés par eux au Musée de Paris, se trouvent plusieurs espèces du genre Erpétodryas, dont nous faisons connaître l'une, celle du présent article , sous le nom du savant qui l'a découverte.

Cette jolie espèce a plusieurs rapports avec la précédente ; mais elle présente des formes plus alongées et une queue beaucoup plus longue; sa tête est plus effilée, très déprimée et anguleuse sur les côtes du sommet ; le nombre des écailles varie; le sy:'»tème de coloration enfin diffère aussi.

L'individu , qui fait partie du Musée des Pays-Bas est long de o,4i + 0,24 ; il offre 186 -+" i58 plaques et 11 rangées d'écaillés un peu lancéolées et à surface unie.

Un brun jaunâtre peu vif occupe toutes les parties; mais cette teinte est beaucoup plus claire sur le dessous et passe vers le devant au jaune pur , couleur qui se tranche avec celle du dessous sur les côtés de la tête. Un g^rand nombre de bandes noires très effacées et produites par les bordures noires des écailles, descendent de chaque côté du dos sur les flancs, pour se diriger obliquement en arrière. Plusieurs taches noires de forme linéaire se trouvent au cou, sur les côtés des plaques abdominales ; ,on en observe également sur les parties postérieures, mais elles sont plus grandes et fondues pour former de chaque côté de la queue une raie foncée.

Le corps de cette espèce est un peu comprimé et anguleux en dessous, notamment vers les parties postérieures, qui sont très effilées. Nous avons déjà fait mention plus haut des différences , qui existent entre la forme de la tête des Krpéto de Goudot et tricolore; nous ajoutons ici que celle de la première espèce se distingue en outre par des plaques occipitales peu développées et par la présence d'une frênaie.

HERPETODRYAS OXYCEPJIALUS. 189

10 Esp. fJERPÉTODBYlS A TETE ACUMINÉE.

iii:rim:toi)uyas oxyckpiialus.

PI. VII fig. 8 et c).

La patrie do cette espèce remarquable est Tîle de Java , où elle a été découverte par le professeur Rkinw4Rdt. Le Musée des Pays-Bas doit un bon nombre d'individus au zèle de ses voyageurs aux Indes orientales. Quelques uns ont été communiqués à M. Wagi.er , qui les a décrit sous le nom de go n yosoMA vihiDE (i). J'ignore, s'il faut ranger ici le co l. coe- R u L E u s de Linné (2).

L'Erpétodryas à tête acuminée est un des plus beaux serpens, tant par la grâce de ses formes , que par ses teintes agréables, quoiqu'elles soient d'une seule nuance. Il a la taille des grandes Couleuvres. Le tronc est excessivement haut , très comprimé et à dos en carène ; les bandes de l'abdomen , planes €n dessous, se recourbent en angle droit sur les flancs ; la queue est effilée et robuste, et a les parties inférieures également planes. La tète présente des formes très alongées ; elle est un peu distincte du cou. L'œil est moyen. Les plaques frontales postérieures et la verticale sont assez larges ; celle du frein est étroite et alongée ; les labiales ont la même forme, et se trouvent au nombre de 9. La ligne qui termine l'ouverture de la bouche est légèrement courbée en S. Le museau est i:-ïÇ[\é et arrondi au bout. On voit plusieurs plaques temporales de forme irrégulière. Les écailles du tronc sont toutes lisses , peu larges , obliques , en rhombe et disposées sur q5 rangées longitudinales.

Le dessus esi d un beau vert de mer luisant plus ou moins foncé , qui passe insensiblement au jaune vers les parties inférieures. Le dessous de la tète tire un peu sur le brun; les lèvres sont jaunes et séparées des côtés de la tète par une raie

(i) Jcon. PL 9. — (2) Mus Jd, Fr. PI. 20/ 2.

190 HERPETODRYAS OXYCEPHALUS.

noirâtre peu distincte. La queue , terminée en une pointe cornée enguise de crochet, est d un brun d'ombre séparé brusquement de la couleur du tronc par une bande jaune d'ocre. La pupille est entourée d'un cercle rouge ; le reste de l'nis est bleu. Les jeunes ressemblent aux adultes: ils ont quelquefois les écailles des flancs bordées d'un noir, qui se dessine comme des bandes transversales , ou qui forme un réseau. Les teinte^ passent au bleu par l'action de la liqueur forte. M. Reinwardt a fait faire le dessin de cet Erpétodryas sur le vivant.

Le crâne imite les formes de la tête ; les caisses sont plus longues qu'à l'ordinaire ; les naseaux sont larges; l'intermaxillaire est très comprimé et la mâchoire supérieure concave ; les dents sont plus longues et moins nombreuses que dans les autres espèces.

« Cet Erpétodryas est doué d'une force musculaire et d'une » agilité prodigieuses; il se jeté avec impétuosité sur ses agresy seurs , et se défend avec fureur contre les attaques de ses en- » nemis (i). » Longueur totale d'un individu dans I âge moyen i,oi -I- o,4o. Les adultes atteignent jusqu'à 5 pieds de longueur totale. Le nombre des plaques est ordinairement de 25o -+- i4o.

M. M. QdoY et GaimafxD viennent de rapporter de Célèbe un invidu adulte de cet Erpétodryas , qui forme une variété très curieuse. 11 est d'un brun jaunâtre assez pâle, mais qui passe au noirâtre sur le sommet de la tête. Quelques taches linéaires noires , que l'on voit sur les cotés du cou ,se réunissent plus en arrière pour former de chaque côté une bande: ces bandes deviennent petit-à-petit plus larges pour se réunir vers les parties postérieures de lanimal, dont elles occupent toute 1 étendue en teinte noire unifor.ne.

Cet individu mesure i,54 + ^,49 Les plaques sont au nombre de 9^y -h i38 ; et il offre , connne ceux de Java, 25 rangées d'écaillés.

(i) Note manuscrite , couiiiinuiquee par le protesseur Reinwardt. •—

IIERPETODRYAS LïlVE ATUS. I î) I

11 Esp. L'ERPÉTODRYJS IL/YÉ. H. LliVKATUS (i).

Il n'est guère de reptile plus cominim dans les eollections, que celui du présent article. Il vient de Suri n a ni. J'en ai vu des centaines. 11 varie très peu et ses teintes ne s'elTacent point dans l'esprit devin. Un <H)rps d'un gris blanchâtre, tirant sur le brun vers les parties supérieures et marqué de trois raies longitudinales plus foncées et bordées de noir; une petite taille; une tête peu distincte du tronc, étroite et aloi gée; un nuiseau court et conique : voilà les traits caractéristiques de cette espèce. Elle offre a-peu-près le port de Ierpétodryas vert; mais ses formes sont moins grêles, la queue est plus courte , et les écailles lisses et en rhombe sont disposées sur ig rangées longitudinales. Les raies foncées naissent du bout du museau : la dorsale est très large ; les autres passent par l'œil et se prolongent sur le milieu des flancs. L'oeil est assez volumineux; et la plaque verticale très étroite,

Des dents très délicates et nombreuses , la dernière de la mâchoire supérieure est plus longue que le reste. Les glandes maxillaires se terminent par derrière en un lobe assez gros. Les petits ne diffèrent des adultes que par les dimensions.

M. d'Orbigny vient de rapporter cet Erpétodryas de St. Cruz.

Le Brésil produit une jolie variété de climat de cet Erpétodryas , qui nous a été addressée des Musées de Vienne et de Berlin sous les dénominations de col. chamissonj i et monilIger. Ces individus sont en tout analogues à ceux de Surinam , excepté qu'ils ont les trois raies moins distinctes , interrompues et composées d un grand nombre de taches , par-

(i) LiNN. Mus. Jd. Fr. PI. 1 1 jig. i et PL 10 /■ i , r. o l. lt ne a tu s. Seba 11 PL xif.Z et PL ^'i/. 5 ; le jeune. — La c o u l. rayée de Daudin Rept. Fil/). ib esl un mélange de noU'e espèce , de la c o r L.

QUATRE RAIES elduCONDANAROUSEde RCSSEL.

192 HERPETODRYAS HELENA.

ticulièrement sur les bords des raies , ce qui en augmente le nombre du double. Les écailles sont souvent bordées de noir : cette disposition des teintes forme un dessin fort joli.

12 Esp. UEPxPÉTODRYJS HÉLÈNE. H. HELENA.

MEGA REKULA PODA CSt , Suivaut RuSSEL ( I ) . Ic UOm

de cette espèce au Bengale. Elle appartient au nombre des plus beaux serpens. Les parties antérieures sont d'un rose pourpre; la ligne médiane du dos est ornée d'une large raie longitudinale d'un vert jaunâtre très clair: ces deux teni tes passent insensiblement au brun olivâtre des parties postérieures et de la tête. Le dessous est blanc de nacre. Deux taches longitudinales en massue et d'un bleu profond occupent la nuque; elles renferment plusieurs traits de forme ovale, suivis par une ligne très fine et en zigzag , qui règne le long de la partie claire du dos. Une ou plusieurs suites de taches en œil , d'un bleu noir et à centre blanc , ornent les flancs. On observe une raie oblique sur les côtés du cou et une autre au dessous de l'œil. Les individus , conservés dans l'esprit de vin , présentent une teinte de fond presque uniforme et d'un brun pâle.

Cette espèce a à-peu-près le port de la précédente ; mais son ventre est plus étroit et convexe, son tronc un peu plus alongé, sa têteplu'i pointue et ses écailles, dont on compte i^j rangées, sont plus peiites.

Il paraît, que cet Erpétodryas est très rare. Je n'en ai examiné que deux individus. Russel a observé ses habitudes dans la captivité. Il est , dit il , très alerte dans ses mouvemens ,

(i) Ind, Serp. I Pi. 32 /?. 37 ; col. h e l e n a Daudin Hept. VI p, 277.

HERPETODRYAS lUIODOGASTER. 193

et mord inditïéremment tous les objets qu'on lui présente. Il s'élance sur sa proie avec vitesse et impétuosité , et la fait périr en l'étouffant dans les replis de sa queue.

13 Esp. UERPÉJODRYAS A VENTRE ROUGE.

IIERPKTODRYAS RIIODOCi ASTER.

Voilà encore un Erpétodvyas nouveau , découvert par M.IVI. Quo\' etGATMARD dansTiledc Madagascar. On n'en connaît malheureusement qu'un seul sujec, conservé dans les galeries du Musée de Paris. Ce sujet mesure o,4o -h o,ij ; mais il est bon d'observer que la pointe de la queue a été enlevée.

Le beau rouge ponceau ou couleur de rose tirant sur le pourpre , teinte qui occupe toutes les parties inférieures, rend cette espèce extrêmement belle et offre en même temps un caractère facile à saisir. Les parties supérieures ont, quanta la disposition et les nuances des teintes, une ressemblance frappante avec l'erpétodryas rayé, espèce à laquelle celle du présent article est encore voisine par son port : elle a cependant le tronc plus alongé ou plutôt moins vigoureux et de la même grosseur partout , très peu comprimé et à abdomen assez convexe. La queue au contraire est beaucoup moins effilée que chez TErpétodryas rayé, et la tête est si petite et présente des formes tellement ramassées , qu'il faut plutôt la comparer à celle des cor on elles ou même des calamars. Les plaques , dont elle est recouverte , n'offrent cependant rien de particulier , si ce n'est qu'elles sont peu développées et que la frênaie est très petite et enchâssée comme plaque surnuméraire entre Toculaire et la nasale. Les narines sont latérales et ouvertes; les yeux ont la même direction, mais ils ne sont pas très volumineux. Malgré la petitesse de la tête et sa forme conique, elle a une ouverture de bouche assez spacieuse.

194 HERPETODRYAS GEMINAÏUS.

Les côtés et le dessous du cou sont mouchetés d'un nombre infini de petits points noirs, dont une série s'étend de chaque côté le lonuf de l abdomen.

Cette espèce a les parties inférieures garnies de i86 + 70 plaques et le corps entouré de 17 rangées d'écaillés en rhombe et à surface unie.

14 Fsp. VERPÉTODRYJS A^ DEUX RAIES.

HERPETODRYAS GEMINATUS.

Les galeries du Musée de Paris offrent plusieurs sujets d'un ophidien nouveau, rapportés par feu Lechenault de l'île de Java. Oppel , lors de son séjour en France y a désigné cette espèce sous l'epithète que nous lui conservons à l'exemple de notre prédécesseur H. Boie (i), toutefois en la retirant du genre colu ber pour la placer dans celui d' erpéto dry as.

Elle présente des formes extrêmement graciles; son corps fort mince , est presque cylindrique ; la queue très déliée occupe environ le tiers de la longueur totale ; la tête , assez petite, est peu distincte du cou, très déprimée et allant en pente vers le bout du museau , qui est assez obtus. L'œil est moyen et l'ouverture de la bouche peu large. On voit 8 plaques de chaque côté du bord de la lèvre supérieure; deux oculaires postérieures et une antérieure, précédée d'une petite plaque frênaie, entourent l'œil. Les lames du sommet de la tête ressemblent, pour leur conformation , à celles de la coronelle CORAIL. Les écailles du tronc présentent une surface assez unie: elles sont en rhombe, de moyenne étendue et on en compte i5 à 17 rangées. L'abdomen est assez convexe et muni de plaques , dont le nombre varie depuis i64 à 168 ; celui du dessous de la queue s'élève jusqu'à io5. Taille: 0,36+0,17.

(1) Erpét, de Jma Ph^i.

IIERPETODIIYAS PSAMMOPÎIÏS. 195

Les trois individus , qui font partie du Musée des Pays-Bas et dont l'un est assez jeune, offrent tous le même système de coloration. La teinte du fond est un gris argenté; mais elle ne s'aperçoit que sur le dos sous la forme de deux larges raies longitudinales; tout le reste des parties supérieures étant couvert de marbrures d'un brun-gris profond. Ces raies naissent brusquement sur le dessus du cou, régnent le long du dos et s'évanouissent insensiblement sur la queue. Un collier assez laroe et jaunâtre orne la nuque. L'abdomen offre la même couleur et ses côtés sont comme festonnés par des pointes en triangle, formées par la couleur foncée des parties supérieures.

15 Esp. nERPÉTODRYJS PSAMMOPHIS.

HERPETODRYAS PSAMMOPHIS.

Quanta la configuration de la tête, cette espèce a de grands rapports avec les psam mophis ; le port de l'animal est celui des Erpétodryas ou Couleuvres à formes effilées; la distribution des teintes enfin offre beaucoup d'analogie avec celle du

COLUBERVIRIDIFLAVUS.

On ne connaît qu'un seul individu adulte de cette nouvelle espèce, adressée au Musée de Paris de la Nouvelle Orléans, où M. Barabino vient d'en faire la découverte; les jeunes, que possède cet établissement, ont été envoyés par M. Milbert de New- York.

Sa taille est de 0,98 + o,34. Les plaques varient depuis 182 -H 112 jusqu'à 210 -H 116. On compte 17 a 19 rangées d'écaillés lancéolées et à surface unie.

Le corps n'est pas très vigoureux , relativement à sa longueur; il est un peu comprimé et offre un abdomen un peu anguleux sur les côtés. La tête, distincte du tronc, offre des formes élancées.Le profil de cet Erpétodryas ressemble beaucoup à celui du Psammophis lacertin, aussi la conformation des plaques est-elle

196 HERPETODIIYAS DEIVDROPHIS.

presque la même dans les deux espèces; mais celle du présent article a une nasale grande et une frênaie unique; la tête, en outre, esc beaucoup plus étroite et le museau moins conique. La disproportion dans les frontales n'est pas aussi marquée que dans lePsaramophis quenous venons de citer, et les plaques occipitales et la veriicale sont plus larges.

Un brun noirâtre, tirant sur le vert chez les jeunes, occupe le dessus. Le dessous esc jaune, teinte presque effacée par de nombreuses taches foncées, dont quelques unes sont grandes et disposées le plus souvent sur deux séries: ces taches se perdent vers les parties postérieures, qui sont plus claires que le reste de l'animal et chez l'adulte d'un brun jaunâtre assez pâle. Une couleur analogue s'entrevoit sur les plaques du sommet de la tête, mais le» côtés et le dessous de cet organe sont maculés de bi'tin foncé sur un fond jaune. L'adulte n'ofire plus de traces de ces larges taches, séparées par des bandes claires, dont dos des jeunes est orné, et qui offrent également plusieurs rangées de taches analogues sur les flancs.

16 Esp. UERPÈTODRYAS DENDROPHIS, HEÏIPETOBIIYAS DENDROPHIS.

M. PoiTEAU a envoyé de Cayenne deux individus de ce nouvel Erpétodryas: ils font partie du Musée de Paris.

Cette espèce aies formes extrêmement élancées et ressemble, sous ce rapport, à la variété de lErpétodryas caréné, si remarquable par les proportions longitudinales; la tête de ces deux opliidiens offre égal em en î: une grande analogie, mais celui du présent article a les yeux plus grands et garnis postérieurement de 2 plaques seulement. Il se distingue en outre par ses écailles un peu lancéolées, surmontées d'une carène, particulièrement prononcée sur les parties postérieures , et qui sont disposées sur

lIERPETOPilYAS DIPSAS. 1!)7

i5 rangées. Le tronc est un peu con>priuié et le ventre convexe; mais le dessous de la queue est applali.

Le brun olivâtre du dessus est orné d un grand nombre de bandes étroites , transversales et noires , dont chacune renferme plusieurs taches claires, particulièrement sensibles vers les parties postérieures. Le dessous est jaunâtre; mais les plaques olïrent de chaque côté des marbrures ibncées, réunies en forme de tache. La base des écailles étant blanche, cette couleur forme, lorsque la peau est un peu distendue, un dessin réticulaire très agréable.

Dim : o,56 + 0,5^. — Plaques i^o 4- i9().

Ï7 Esp. rERPÉIVDlli JS DIPSJS,

HERPETOBRYAS BIPSAS.

La découverte de cette grande et belle espèce est due au zèle de M.M. QuoY et GAiMARDqui en ont rapporté, de leur dernier voyage autour du monde , un individu tué à Gélèbe.

Cet Erpétodryas rappelé , par ses formes lErpétodryas caréné; mais il a la tète plus large qu à l'ordinaire et par cette raison assez semblable à celle des Dipsas , genre dont il se distingue en ce que ses grands yeux ont une prunelle orbiculaire. Les plaques dont la tête est revêtue, sont assez symétriques et n'olTrent rien d'anomal. On compte î3 rangées d'écailies lisses et lancéolées sur le cou, mais qui deviennent très larges sur les parties postérieures, en prenant la forme carrée ou hexagone. Le corps est im peu comprimé, l'abdomen assez convexe et revêtu de bandes extrêmement larges.

Ln beau noir luisant et tirant sur le bleu occupe tout le dessus; le dessous de la queue est plus clair ; mais cette teinte pâlit à mesure qu'elle s'avance vers la tête, où elle forme des marbrures souvent très fines et disposées par taches. La teinte du fond , qui est d'un jaune d'ocre brunâtre , devient alors

198 IIERPETODRYAS GETULUS.

sensible, en occupant l'abdomen et le dessous de la tête jusqu'aux lèvres et en se prolongeant sur les côtés du cou en forme de larges tacbes triangulaires.

Ce système particulier de coloration , le petit nombre d'écaillés , le grand nombre des lames souscaudales, la forme du corps enfin relativement à celle de la tête, offrent assezde traits pour distinguer cette espèce de toutes les autres.

Taille: 1,26 + o^S^. Plaques: 194+ i3o.

18 Esp. VERPÉTODRYJS CHAINE. HER. GETULUS.

L'épithète imposée par Linné (i) à cette espèce, est une traduction littérale de la dénomination chai n-s n a k e (2), que lui appliquent les Anglo-Américains. L'Erpétodryas cbaine se trouve dans la partie méridionale des Etats-Unis. Nous en devons plusieurs individus à M. Troost à Nasbville. Le plus grand mesure 0,95 H- 0,1 35; on voit par cela que cette espèce a la queue très courte. Son port est celui des Couleuvres , auxquelles elle fait le passage. Le corps est assez ramassé et très comprimé , l'abdomen fortement anguleux aux côtés. La tête est presque indistincte du tronc et un peu alongée, le museau tronqué au bout et terminé par une lame voûtée fortement écliancrée en dessous. Les yeux sont petits , les narines ouvertes ; la plaque verticale est large. Les écaiiles sont en rliombe, lisses, moyennes et disposées sur 21 rangées.

. Le dessus est d'un bleu noir luisant , varié et moucbeté de jaune, couleur qui forme souvent des bandes transversales, composées de petites tacbes irrégulières et encbainées les unes dans

(1) COL. GETULUS Syst. Hdt. j), 38'2. — (a) Catesby PL 52 ; Daud. vol. rip. 3i4 PL 77 /. 1; Seba il 6/,. 4 et //. 53 i; Latk. voL JF p 174 avecy?^>- : cette espèce fait partie du genre psEUDOELAPsde Fit/Jngeu Clans, p, 56. —

HERPETODRYAS CURSOR. J99

les autre?. Le dessous est jaune et couvert de nombreuses taches carrées noires : cette teinte prend quelquefois le dessus , en occupant toutes les parties inférieures. Les lèvres sont bordées de noir; la gorge et le menton offrent toujours cette dernière teinte. Cet Erpétodryas fait la chasse aux lézards et aux serpens (i). 200 + 4^; 220 + 48.

19 Esp. nFAiPÉTODRYAS COURRE VU.

HEllPETOBRYAS CURSOH.

Il existe une figure de cette espèce dans Lacépède (2); mais elle est à peine reconnaissable. M. Moreau de Jonnes (3) en a donné une Monographie.

Cet Erpétodryas se reconnaît à son système de coloration , qui cependant n'est pas toujours constant. Il se distingue à peine des autres Couleuvres , sinon par ses formes plus délicates. Sa tête est distincte du tronc, un peu conique et revêtue assez symétriquement du nombre ordinaire de plaques. On compte i5 à 17 rangées d'écaillés lisses et en forme de lozange. Le corps est très peu comprimé et l'abdomen convexe : cette forme est très prononcée en dessous de la queue qui est déliée , quoique robuste.

La couleur du fond , d'un brun foncé tirant quelquefois sur le rougeàtre quelquefois sur le noir, est relevée par quatre raies étroites et jaunes dont deux occupent les côtés du dos, tandis que les deux autres s'étendent le long des flancs. Dans le jeune âge , ces raies sont souvent composées de taches , qui s'étendent jusque sur la tête, mais d'une manière peu symétrique et peu distincte. Le dessous est jaune , et les bandes offrent souvent une bordure blanche.

Cette espèce parvient jusqu'à 0,04+ 0,26. Les plaques varient depuis 188 + 102 jusqu'à 2o3 + Jio.

(i) Palisot bauvais ap. Latr. Rept. III p. 88. — (2) Quadr. o\Hp, Il p. 481 fis. 2. — '3) Jauni. dcPhys. LXXXF II année 1818/?. I?>3 suiv.

200 HERPETODRYAS CURSOR.

Elle est commune à la Martinique , à la Guadeloupe et se trouve e'galement au Brésil : M. M. Plée, l'Herminier, Vauthier et De Lalande ont fait parvenir au Musée de Paris des individus de ces contrées.

Plusieurs autres individus de cet Erpétodryas ont été envoyés au même établissement de la Havane et de New-York par M. M. Poey et Milbert : ils sont absolument semblables à ceux que nous venons de décrire ; mais ils ont les teintes un peu plus foncées et un nombre un peu divers des lames abdominales , vu qu'il ne s'élève guère au dessus de i5o.

■-tS-»®^

7 Genre. LES PSAMMOPHIS. PSAMMOPHIS.

On peut regarder les Psammophis comme des Couleuvres , qui tiennent le milieu entre les serpens terrestres et entre ceux qui habitent les arbres. Plusieurs espèces ont les formes sveltes des derniers , mais la plupart se rapprochent plutôt par leur port, des Couleuvres. Cependant, leur corps moins ramassé, leur tête étroite et revêtue au sommet de lames de forme semblable, leur système de dentition et particulièrement l'ensemble de leur physionomie les distinguent assez des dernières , pour justifier d'en faire une petite coupe générique séparée: elle a été établie par Boie sous le nom précité , qui répond assez bien à leur manière de vivre ; car ce voyageur instruit a observé que le Psammophis du Cap se tient toujours dans les plaines sablonneuses, et on en sait autant de l'espèce habitant la plupart des pays qui bordent le bassin de la Méditerranée. C'est dans les lieux de telle nature , que les Psammophis sont à portée de faire la chasse aux reptiles sauriens terrestres, dont il paraît qu'ils font de préférence leur nourriture.

Quelques espèces parviennent à une assez forte taille; d'autres restent très petites. Le vert et le brun sont les couleurs dominantes; mais plusieurs sont ornéesde raies longitudinales, ou ont les plaques de la tête marquées de figures linéaires. Leur corps s'amincit insensiblement vers les deux bouts; il est peu comprimé. La queue est moyenne ou même longue , aiguë et souvent assez déliée. Le dos est ordinairement en carène , l'abdomen large et convexe. La tête est plus ou moins

202 PSAMMOPIIIS.

distincte du tronc, alongëeet à museau allant en pointe conique ou un peu obtuse. Le sommet de la tête est très étroit , anguleux aux côtés et revêtu de lames qui imitent en quelque sorte les formes totales: la verticale particulièrement se fait remarquer par sa forme alongée et étroite; les superciliaires et les frontales postérieures sont très larges. Leurs yeux , plus grands que chez les autres Couleuvres , et ombragés par de plaques surciliaires saillantes, sont situés aux côtés de la tête qui offrent une excavation en forme de canal , particulièrement avant l'œil: cette organisation est la cause que les Psammophis ont l'air plus farouche que les autres Couleuvres. On voit ordinairement une seule plaque au frein. L'œil est bordé antérieurement d'une seule plaque quelquefois accompagnée d'une autre très petite ; on voit deux plaques oculaires postérieures. La pupille est grande et ronde; les narines sont rapprochées au bout du museau et petites. Les plaques labiales et temporales ont peu d'étendue , les mentales sont très effilées. Les écailles sont en rhombe ou lancéolées, de moyenne grandeur, quelquefois un peu obliques , lisses , à l'exception du p s a m- MOPHis DES SEYCHELLES, ct crcusécs d'un petit sillon chez la première espèce.

Le crâne des Psammophis imite par sa forme celle de la tête ; il est composé d'os plus ou moins vigoureux. L'apophyse coronoide de la mâchoire inférieure est très développée. L'orbite est grande ; les naseaux sont larges , les caisses moyennes. Les Psammophis ont un système de dentition très particulier, et semblable sous plusieurs points à celui des DRYiopHis. La mâchoire supérieure est le plus souvent arquée et armée de dents de dimensions assez inégales ; car on voit , à la partie antérieure et au bout postérieur de chaque branche , une ou plusieurs dents plus longues que le reste et dont les postérieures sont le plus souvent sillonnées. La mâchoire inférieure porte également à son bout plusieurs dents solides et plus longues que le reste. Mais cette organisation est loin d'être la même dans toutes les espèces : la

PSAMMOPHIS LACERTli\A. 203

première par exemple n'a des dents plus longues qu'au bout postérieur des maxillaires , tandis que les deux dernières présentent un système de dentition se rapprochant de celui des Couleuvres. L'organisation des parties internes m'a paru assez semblable à celle des autres Couleuvres. Je me borne à observer que les glandes salivaires ne sont le plus souvent développées qu'à leur bout postérieur , et qu'elles sont en général exiguës; la nasale cependant est quelquefois sa sez grosse. Les espèces , que j'ai disséquées , ne m'ont offert qu'un seul lobe du poumon , et des intestins assez grêles.

Les petits diffèrent des adultes, non seulement par la taille, mais encore par des teintes plus vives et par une distribution plus tranchante des couleurs. Plusieurs espèces sont très sujettes à varier ; une particalièrement offre des variétés de forme tellement disparates du type, et un système de coloration si peu constant , qu'il faut voir un grand nombre d'individus pour s'assurer de leur identité.

Les Psammophis sont répandus sur les contrées chaudes et tempérées des deux mondes. On en trouve à Java , au Bengale , au Chilé , aux Antilles et aux îles Seychelles; d'autres habitent plusieurs contrées du littoral de la Méditerranée ; une d'entre elles enfin se rencontre dans la plus grande partie de l'Afrique , depuis l'Egypte jusqu'au cap de Bonne Espérance.

1 Esp. LE PSJMMOPHIS LACERTIN. P. LACERTINA.

PI. VIII fig. ? , 2 et 3.

J'ai préféré pour cette espèce le nom , donné par Wagler (i) à un serpent originaire de l'Espagne (2) , mais décrit parmi les

(i) Serp. bras. PI, 5. — (2) Wagl. Syst.p, 179. note.

204 PSAMMOPHIS LACERTI.^A.

reptiles du Brésil. On peut aussi voir trois belles figures de cette espèce dans le grand ouvrage sur l'Egypte (t). Un jeune médecin allemand (2) en a très récemment ajouté une cinquième , coloriée et fort bien exécutée. Wagler (3) a placé plus tard cette espèce dans ses genres coelo pelti s et zacho- Lu s ; FiTziNGER (4) daus son genre m alp o lon. Le Musée des Pays-Bas en possède des individus , originaires de la Dal matie, des environs de Marseille, de l'Espagne et des environs de Tripoli; cette belle série est due aux soins de M. Clifford van Breugel consul néerlandais à Tripoli , de M. Pï-oux, de M. Cantraïne voyageur au service du gouvernement des Pays-Bas, enfin de M. Michahelî.es à Municb, auquel les individus de l'Espagne et plusieurs de la Dalmatie ont été communiqués comme deux nouvelles espèces du genre Coelopeltis. Ce Psammopbis babiie aussi l'Alger, comme on peut le voir par les individus , conservés au Musée de Strasbourg. Feu Olivier l'a déjà rapporté du Levant (5).

Le Psammopbis lacerlin atteint des diniensions plus considérables que les autres espèces du genre : aussi son corps est-il plus ramassé et plus gros et sa tête plus large. D'autres traits distinctifs sont : le manque de dents plus longues au bout antérieur de la mâchoire supérieure, des écailles canaliculées, une tête déprimée et à sommet concave, un museau allant en pente , des plaques occipitales assez petites, enfin un système^de coloration divers..

Le corps esc gros et à peine déprimé, le dos un peu

(i) Rept. PL '] fig' 6 LA c o u L. MAILLÉE Descr. vol. XXUp. 69; Bept. Suppiém. PL ^ fig. 1 et "i. — ip.) Fleischmann Nov.gen. PL 1 p. aS. — (3} Syst. p. 189 et 190. '— (4) Class'if.p. 59. — (5) Je suppose qu'il faut ajoiUer l'Arabie comme patrie c!e cette espèce , si touierois l'identité de l'ophidie j, rappovlé pav rùppell des environs de Moilah , a été constaté d'une manière précise : c'est le col. m o 1 l e n s i s Reuss. Mus, Senh. U p. 147, PL 7.

PSAMMOPHIS LACERTIXA. 205

€11 carène, 1 abdomen convexe et assez lar5îe. Les écailles sont un peu obliques, alongées , en rhonibe, un peu lancéolées, disposées sui- 19 séries et, ce qui est un exemple unique chez les serpens , creusées d'une rainure lonijitudinale ; celles cependant, qui avoisinent l'abdomen et qui revêtent la queue, offrent une surface plane. Ce membre est deiié et plus menu que le corps, dont il occupe environ le quart ou le cinquième. Le tronc s'amincit vers le cou, duquel la tète est un peu distincte. Cette dernière partie est assez remarquable par sa confoiination : elle a les formes aJongéesec son diamètre près de l'oeil est très considérable; mais la ligne qui termine le sommet de la tête est inclinée vers l'occiput et vers le museau , qui va en pente et se termine en pointe conique. On voit une plaque roslrale large et obtuse. Le sommet de la tête a peu d'étendue ; ses côtés sont terminés par des angles saillans , de sorte qu'il a l'apparence d êire séparé du reste de la tête en manière de casque. Les plaques frontales antérieures sont petites , alongées et descendent obliquement vers le frein , qui offre deux plaques peu développées ; la verticale est très effilée et étroite; les occipitales sont exiguës. L'œil est volumineux, enfoncé dans leô côtés canaliculésde la tête et protégé en dessus par des plaques surciliaires assez larges et saillantes.

Le crâne, Fleischmann /. c. PL If fig. D et E ^ a les formes alongées; les caisses sont moyennes; les orbites très spacieuses. La màcboije supérieure est mince et armée à son bout postérieiu^ de quelques dents plus longues et sillonnées; l'inférieure au contraire, est munie de dents plus longues vers l'extrémité antérieure. La glande salivaire de la mâchoire supérieure ne s'étend pas en avant de l'oeil ; larostrale est assez développée et très dure au toucher.

Le dessus, d'un brun olivâtre tirant fortement sur le vert, est rehaussé par cinq à six suites de petites taches noires, disposées en quinconce. Les flancs sont irrégul ièrement variés de noir et offrent des écailles bordées ou rayées de jaune: cette dernière teinte occupe les parties inférieures depuis les lèvres jusqu'au

206 PSAMMOPHIS LACERTI^A.

bout de la queue. Les écailles du dessous de la tête sont ornées de taches oblongues ou en croissant d'un vert pâle; quelquefois cette couleur s'étend sur l'abdomen sous la forme de raies indistinctes.

J'ai observé de nombreuses variétés dans la disposition des teintes. L'abdomen est tantôt uniforme , tantôt marbré et varié de noir ou de brun verdâtre. Les trois teintes principales des parties supérieures sont nuancées à l'infini ; mais les taches noires, souvent lavées ou très peu apparentes, manquent quelquefois totalement. Les jeunes ont en général les teintes plus distinctes que les adultes , qui offrent presque toujours une livrée uniforme, voir Desc. de V Egypte. Rept. Suppl. PL 5 fig, 3. î^iifig 2 de la même planche représente une jolie variété d'un brun rougeâtre pâle: nous possédons un pareil individu des environs de Tripoli. Les sujets delà Dalmatie ont souvent le corps, et particulièrement l'abdomen, rayé et maculé d'un beau rouge de brique.

Le nombre moyen des plaques abdominales et souscaudales est de 189 + 80. Dimensions: 1,06 + 35 ou o,83 H- 0,21 ou 0,5 1 H- 0,21.

Le Psammophis lacertin se nourrit exclusivement de lézards verts, suivant M. Fleischmann /. c, /?.3o. J'ai constaté ce fait par la dissection de plusieurs individus pris en Dalmatie. M. Gan- TRAiNE me dit que c'est un animal nocturne , qu'il a les mœurs assez douces et qu'il fréquente les endroits rocailleux.

PSAMMOPIIIS MOIVILIGER. 207

'ïV.s^. LE PSJMMOPHIS CHAPELET. P. MONILIGER.

PI. VIII fig 4 et 5, var. de la côte d'or; fig 6 et 7, var. du Cap; fig. 8 et 9 autre var. du Cap.

Je réserve à cette espèce, décrite tant de fois depuis Linné (i), la dénomination inventée par Lacépède (2) ; on peut référer ici avec ce premier auteur quelques figures de Seba. (3); mais il vaut mieux de se rapporter à celles qui se trouvent dans la Description de U Egypte (4) ou, pour la variété du Gap, à celle qu'a publiée Merrem (5).

Aucun ophidien connu n'offre des variétés de teintes et de forme si frappantes et si extraordinaires que celui , dont nous allons traiter: quelques unes dépendent entièrement de Tinfluence du climat; d'autres, qui sont purement accidentelles, se trouvent si fréquemment qu'il est très naturel de supposer l'existence de plusieurs espèces , avant de connaître des individus formant le passage de l'une à l'autre. Nous avons exposé dans les galeries du Musée des Pays-Bas une série complète de ces variétés, composée d'une trentaine d'individus de tout âge»

Le Psammophis chapelet se rapproche, par ses formes, du genre dendrophis; il est beaucoup plus svelte que le précédent, sa queue est plus longue, son corps moins gros, la tête plus alongée et moins large , les plaques occipitales enfin sont plus grandes.

Les écailles sont lisses, moyennes, un peu obliques sur le dessus , et en rhombe. Le tronc est presque d'égale grosseur et

(l)cOL. SIBILANS LiNN. Syst, Uflt. p. 383. (2) L E G H A P E-

LET (col. moniltger) Lacep, Quaclf. ovip, vol. IJ. /?, a 46 PI, \iL fig. I. — (3) Thés. II, 52. 4 ; 53. 2 et 56. 4. — (4) PL 8 fig. 4 et Suppl. PI. 4 fig. 5; LA couleuvre oreillard vol. XXIV p, 63. — (5) Beitr^ I PI. 3/?, 3. sqq.

208 PSAMMOPHIS MONÏLIGER.

un peu déprimé : sa partie postérieure va en s'amincissant vers la queue, qui est passablement longue et très déliée au bout. La tête est presque d'une venue avec le cou, comprimée et étroite ; le museau est alongé, conique el. obtus à l'extrémité ; le sommet de la tète est assez étroit , un peu concave et gami de plaques, ressemblant à celles de l'espèce précédente, excepté que les Irontales antérieures et les occipitales sont beaucoup pkis larges. Les côtés de la tête sont canaliculés ; on voit une seule plaque au frein et au bord antérieur de l'œil.

Des caractères cependant que uous venons d énoncer , il en est peu que l'on doive coîisidérer comme constant. Le tronc est quelquefois très ramassé; la queue ^ qui occupe le plus souvent un tiers de la longîieur totale, n'en forme dans quelques sujets , que le quart ou même le cinquième. Les écailles du tronc varient également pour la forme et le nombre , car on en trouve tantôt i5, tantôt ly séries longitudinales; mais aucune de ces anomalies n'est aussi sensible que celle qui modifie la conformation de la tête et des plaques qui la revêtent : cet organe ne se distin«fue souvent en rien de celui des autres Couleuvres comme on peut le voir par nos /ig^, 8 et 9 ; en les comparant aux figures /[ el D de la même planche et en s'imaginant toutes les formes intermédiaires , on se fera une idée plus juste des variétés de ce Psammophis , que ne le sauraient donner des descriptions d'un détail minutieux.

Les couleurs de ce curieux ophidien sont aussi fugitives que ses formes. Les individus originaires de l'Egypte ont les parties supérieures d'un brun olivâtre tirant sur le bleu ou sur le gris-vert; le dessous est jaunâtre: ces deux teintes se tranchent sur la série des écailles qui avoisinent l'abdomen. Une raie jaune règne le long du dos, qui est souvent plus foncé. On observe quelquefois sur les flancs deux raies longitudinales jaunes et assez larges, qui se perdent vers l'extrémité de la queue (i). Les écailles sont quelquefois irrégulièrement bordées

(i) Descf. de PÉg: PL ^fig. 4.

PSAMMOPIIIS ]\fO\lLÏGEIl. 209

de noir. La tcto offre un dessin très joli : une raie longitudinale jaune et abords foncés en occupe la ligne médiane du sommet; plusieurs autres la traversent, de sorte que cette parlieest divisée en compartimens de forme carrée. On observe la même tlistiibution des teintes sur les cotés de la tcte et ces fii-ures, quelquefois au nond)re de deux à trois sur les tempes, ont donné lieu à plusieurs dénominations, assignées à cette espèce. Nous possédons un individu, recueilli dans l<?s environs du fort St. George del Mina sur la Côte d'or, qui offre la même distribution des teintes, mais dont les raies de la j^artie antérieure du corps sont fondues en taches œiilées; la ligne jaune médiane est peu sensible, mais on voit ime suture noire bordant les côtés de l'abdomen et delà queue. Un autre sujet de la même contrée est très jeune et a le dessous marqué de deux larges raies verdàtres et bordées de noir. Nous tenons de M. Eschiicht une huitaine de sujets , originaires des possessions danoises sur cette côte : les uns se rapprochent de la variété du Cap, les autres de celle de TEgypte. C'est particulièrement au Cap de Bonne Espérance, qu on trouve les variétés, dont nous venons de parler plus haut; peut-être par la seule raison , qu'on en connaît un grand nombre d'individus pris sur un même lieu. Les Psammophis chapelets de ce pays manquent souvent delà ligne médiane du dos; mais quelquefois cette partie est relevée par une bande longitudinale assez laro^e Les teintes des flancs sont moins tranchées et souvenl indistinctement fondues. La couleur dominante est, chez les uns le brun, chez d'autres l'olivâtre; il y a même des individus qui sont dun vert bleuâtre uniforme. Les teintes tirent tantôt sur le vert, tantôt sur le rouge et même sur le jaune : elles sont pâles chez les uns et très vives chez d'autres; la distribution en est quelquefois tranchante , quelquefois indistincte. Le corps est tantôt d'une nuance uniforme, tantôt rayé lonoitndinalement tantôt irréiiulièiement maculé et varié , tantôt enfin orné de 3 ou 5 suites détaches en rhondje et disposées en quinconce, absolument comme on l'observe chez la

910 PSAMMOPHIS MONILIGER.

coRONELLA RHO M BEAT A. Le dcssoiis cst souvent d'unc teinte uniforme, quelquefois raie ou marbré et plus ou moins foncé. La forme et la distribution des traits foncés , qui ornent la tête y sont modifiées à Tinfini suivant les individus ; il y en a qui en offrent à peine quelques traces et ce dessin disparaît totalement chez la variété verdàtre.

Les jeunes offrent une distribution des couleurs aussi variée que les adultes , mais les teintes sont en général plus vives à cet âge.

Voici le nombre des plaques de plusieurs individus, qui m'ont présenté des différences considérables, (i) Individus de l'Egypte: 164 +109; 170 + 90 ; suivant Geoffroy 162 + 1 1 1. — (2) Individus de la côte de Guinée: i58 + 96 ; 160 + 94. — [Z) Ind. du Cap : 170-4-92; 168 + 94 ; 162 + 84; 162 H- 54; 167 + 119; 162+Ï18; 158 + 90; i56 + 70; i54+i25; 148 -!- 72 ; 146 -i- 62 ; i44 + 70 ; i4'^ + 67 ; i36 + 74. —

Le Psammophis cliapelet atteint jusqu'à quatre pieds de longueur totale, comme le démontre im sujet conservé dans la collection de M. Klinkenberg; mais le plus souvent on n'en voit que de trois pieds environ. Les individus de cette taille ont le tronc de la grosseur du petit doigt.

Les dents sont pointues et plus longues au bout antérieur des mâchoires; les dernières dents de la mâchoire supérieure sont très développées et sillonnées ; on voit en outre au dessous de l'œil une dent solide mais très longue, qui représente en quelque sorte une dent canine. Cette espèce à une glande nasale assez développée; mais la maxillaire est très mince à la partie antérieure.

Nous avons vu , que ce Psammophis est répandu sur la plus grande partie de l'Afrique; vu qu'il a été observé au Cap , à la côte de Guinée, en Egypte et près de Tor (i) en Arabie. Les voyageurs français l'ont rapporté du Sénégal, des environs de Thèbe et du Levant.

(i ) c o I,. I, A r r. Y M \ N s Rkuss Mus. Senk, 17 p. 1^9. -—

PSAM.UOPllIS PLLVEUULEJXTA. 211

J'ai trouvé clans Testoiiiac clos indlviclus clu Cap, que j ai disséqués, des débris du Scincus trilineatus et de l'Agania aculcMta.

M. M. Lesson et Garnot ont receuilli à île de France un Psanuuophis, presc|ue en tout sendjlahle à la variété oirlinaire dupsAM. M ON iLiG ER du Gap de Bonne Ksp. Les deux individus cjuils ont rapportés et qui font partie du Musée de Paris , ont toutes les dents des mâchoires de semblable lonaueur: les placjues occipitales sont moins larges cju'à l'ordinaire; ils offrent 192 4- 94 ou 200-1-99 pl'ifjiit^s et 19 rangées d'écaillés , et me paraissent former une troisième variété de climat du Psammophis moniliger.

3 Esp. LE PS niMOPHlS SAUPOUDRÉ.

PSA31x>IOPIilS PULVERULENTA.

n. vnifîg. 10 et II.

Aucun des Psammophis n'a la taille si petite, la queue au^si courte et les dents aussi développées cjue celui du présent article. Sa tète n'est presque pas distincte du tronc; elle est conique, un peu alongée et revêtue au sommet deplacjiies, dont la verticale est très étroite et effilée; les frontales au contraire imitent la forme du museau, qui est très court, bombé et terminé en pointe conique. Les yeux sont granr'^j les dents connue chez la précédente, mais plus minces e-'plus longues. Le tronc est un peu comprimé et plus gros cM^ la queue qui est conique et pointue. L'abdomen est j^-»sez large et convexe. Les écailles sont carrées , lisses et cl-' forme rhomboïde sur les parties antérieures: on en compte 17 séries longitudinales.

J'ai vu huit individus de cette espèce, décrite par 13oie, dans Y Erpétologie de Jauf , sous le nom précité, et qui ont été rapportés de Java par nos voyageurs.

212 PSAMMOPHIS SEYCHELLEiXSIS.

La couleur dominante varie depuis le jaune rougeâtre au brun et jusquau noir. La tète est souvent raiée longiludinalenient de noir; une raie send)la!)le règne sur le dos ; elle est accompagnée sur les flancs d'une suite de taches alternes, indistinctes et en croissant. Les lèvres sont marquées d'une raie blanchâtre. Cette espèce offre de nombreuses variétés, qu'il est difficile de décrire et dont nous nous proposons de publier les dessins faits sur les lieux. L'abdomen est qiîelq h fois d'un jaune uniforme; d'autres l'ont moucheté de rouge; on en voit qui l'ont totalement rougeâtre; la variété noire enfin a le dessous d'un blanc rose , marbré et tacheté de raies interrompues noires. Les teintes rouges et jaunes s'effacent par l'action de la liqueur forte.

i6o H- 59 et 0,33 -{- 0,08 =r 0,41 ou 146 + 5o et 0,0,29 4- 0,07 = o,36.

L'estomac de ce Psammophis étant extrêmement effi'é , le canal intestinal se trouve reserré dans !a partie inférieure de la cavité abdominale.

BoiE a observé que cette espèce fréquente les lieux élevés et déco\iverts , tels que des plaines et des champs.

M. Bélanger vient de rapporter ce Psammophis du Bengale.

4 Esp. LE PS.IMMOPH '^ DES SEYCH'^.LLES. PSAMMillMlIS SEYCHELLENSIS.

On possédait au Musée le Pnls depuis longte:nps un individu de cette nouvelle espèce, découverte par feu îVron; mais il était sans indication de patrie; 11. Dussumier vient vlVn ivceuillir un autre sur les îles Seychelles.

Des écailles lancéolées et surmontées d'une forte carène, et une tête alongée, un peu conique, clèprimée et fortement tronquée au bout, forment les traits propres à cette esp<èce.

PSAMMOPIIIS SEVCIIELLENSIS. 2U]

Elle offre un système de coloration seml)lable, au jeune âge, à celui tlu p s A M m omis r tj lv e i\ u l e n t a , espèce qui présente une lèi^ère ressemblance avec celle du présent article; mais qui s'en distingue facilement par sa moindre taille, par ses formes plus ramassées, par une queue beaucoup moins effilée et enfin par la configuration de la tête.

Cette partie, cbez notre espèce , est très déprimée; elle a le sommet plat ou même un peu concave. Le museau , vm peu an guleux sur les côtés, est coupé tout droit au ])out, auquel se trouve adossée une plaque, à bords un peu saillans et en forme de parallélogramme très large. Les narines sont parfaitement latérales et assez spacieuses. Les plaques frontales postérieures descendent sur les cotés du museau pour se réunir aux ]al)ialeset occupent ainsi la place des frênaies qui manquent totalement. Lœil est de moyenne grandeur. La bouclie est bérissée de dents acérées et fort longues sur le devant des màcboires inférieures.

Le tronc de cette espèce est assez svelte, un peu comprimé, à abdomen convexe , et terminé par une queue déliée.

La couleur dominante est un brun foncé assez terne, maculé et varié alternativement d'un grand nombre de taches blanches ou d un brun noirâtre; ce dessin fait encore entrevoir, sur le fond jaune, d'innombrables marbrures dont les parties inférieures sont également mouchetées. Deux raies d'un noir profond , qui renferment une raie blanchâtre composée de nond)reuses lignes courbées, occupent les lèvres et se prolongent sur les côtés du cou pour se coni'ondre avec la couleur du fond. Les jeunes ont les teintes très foncées , particulièrement vers les parties postérieures qui sont d'un noir presque uniforme. Dimensions: 0,^3 -',- o, 3 1 ou 0,49 "i" o, i8. — IMaques: 192 + 110 ou Jo4 + io5. — 17 Rangées d'écaillés.

214 PSAMMOPHIS ANTILLEIVSIS.

5 Esp. LE PSAMMOPHIS DES ANTILLES PSAMMOPIiïS ANTILLENSÏS.

Propre à ce qu'il paraît aux Antilles, cette espèce nouvelle y a été découverte par plusieurs voyageurs français: M. Richard Ta envoyée au Musée de Paris de l'île St. Thomas ; M. Donzelot de la Guadeloupe; M. Plée de la Martinique; M. Choris enfin de St. Jago à Cuba. Plusieurs de ces individus ont été cédés au Musée des Pays-Bas.

Cette espèce a le port du psammophis moniliger, auquel elle se rapproche aussi un peu pour le système de coloration ; mais sa tête est beaucoup plus large à la base et très conique, vu que le museau étroit se termine en une pointe émoussée. Les plaques de la tête sont à-peu-près comme chez le Psammophis moniliger, à l'exception de la verticale qui est ordinairement moins effilée.

Le Psammophis des Antilles a toutes les dents d'égale longueur et parvient à une taille de trois pieds; voici les dimensions de trois individus d'un âge divers: 0,76 -f- 0,29 ; 0^49 + 0,18 ; 0,18+0,08. Les plaques varient depuis 178+ 100 jusqu'à 204 + i44- O» compte 17 à 19 rangées d'écaillés lancéolées et à surface lisse.

Les parties inférieures sont jaunes. Un brun jaunâtre occupe le dessus ; le dos est orné de trois raies étroites et noirâtres , dont la médiane estcomposéede deux lignes fines et serrées ; on voit sur les flancs deux auires raies plus larges et composées d'un grand nombre de petits points: elles se prolongent sur les côtés de la tête en passant par l'œil. Mais ce dessin, tel que nous venons de le décrire, n'est apparent que chez les très jeunes individus: les raies seffacent presque totalement avec l'âge en se fondant en un grand nombre de taches noires souvent linéaires et formées par les bordures noires des écailles.

PSAMMOPHIS DAULll. 215

6 Esp. LE PSJMM()P///S /)i: /XJ//L.PSAM. DAIILÏI.

PL VllI i\g. 12 et i3.

On voit par une iigure, publiée par Savigny dans \a. Dcscrf'ptfon de F Egypte (i), que ce Psainniopbis n'iiabite pas exclusivement la Dabnatie, d'où il a été rapporté au Musée de Vienne par le zélé entomolooiste dont il porte le nom (2). M. de Scbreibers, directeur de cet établissement, a bien vouhi céder au Musée des Pays-Bas quelques individus de cette espèce^ nous en avons reçu depuis en grand nombre par les soins de M. M. Micbabeîles et Cantraine: tous ces individus ont été pris aux environs de Raguse. Peut-être faut-il rapporter ici le col. DHARA de Forskal(3): l'espèce habiterait alors également l'Arabie heureuse.

Le Psammophis de Dabi a la physionomie des autres espèces du genre; mais ses dents et son port le rapprochent de ces serpens d'arbre que nous comprenons sous la dénomination de DENDROPHis. Latctc est un peu distincte du tronc et alongée ; les plaques, qui la revêtent, sont moins étroites que chez les précédentes; les occipitales sont même très larges. Le museau moins conique, est un peu tronqué au bout. L'œil est grand et bordé antérieurement de deux plaques, dont l'inférieure très petite. Le tronc est assez effilé, mince et comprimé; Tabdomen très large, convexe et un peu anguleux. La queue occupe environ le tiers de la longueur totale: elle est assez effilée, pointue et blanche en dessous. Les écailles sont alongées , presque lancéolées, lisses , un peu obliques et disposées sur 19 séries longitudinales.

Les dents offrent toutes les mômes dimensions. Les glandes salivaires ne diffèrent pas de celles des Psanimopbis lacertina

(1} Siippl. PL l\fig. 4. — h.) T y R 1 A j) A H L I 1 FiTz, Class. p. Go.— (3) Descr. (ui. p. \ \.

91G PSAMMOPHIS ELEGAIVS.

et rnoniliger ; mais il existe , dans l'espèce du présent article , une grosse glande surnuméraire , située derrière la lacrymale , particularité que je n'ai observée dans aucun autre ophidien. Nonobstant ses formes effilés , cette espèce a le canal intestinal assez spacieux et plissé en divers sens.

Le dessus est d'un gris olivâtre tirant , vers les parties antérieures, tantôt sur le brun, tantôt sur le rouge ou sur le verd.itre. Les parties inférieures , les lèvres et les plaques oculaires sont d'un bîanc jaunâtre. Les côtés du cou sont souvent ornés de 3 a 5 taches noires , œillées ou bordées de blanc et diminuant insensiblement en étendue vers le corps. Les petits ressemblent parfaitement aux adultes à l'égard des teintes.

Dimensions de l'adulte: 0,80 + o,34 — i,i47 du jeune: 0,26 H- 0,10 := o,36. Nombre des plaques: 212 | 124; 210 H- 120.

7 Esp. LE PSAMMOPHIS GRACIEVX. P. ELEGANS.

On ignorerait jusqu'à ce jour , quelle est la patrie de ce bel ophidien , si le professeur Eschricht de Kopenhague ne nous en avait cédé un individu, pris dans les possessions danoises à la côte d'Or.

Les seules notions, que l'on ei^t de cette espèce, se bornaient à la figure , qu'en a publiée Séba (i) et à une description succinte de Shaw (2), J'ai adopté les vues de feu Boie en rangeant cette espèce dans le genre psammophis, quoiqu'elle mérite éminemment d'être rapprochée des dryiophis et notamment du n 11 y i o p 11 1 s argenté, espèce avec laquelle elle offre les rapports les plus intimes. C'est un de ces êtres intermédiaires , qui ne peuvent être classés avec certitude dans

(i) Thcs. Il Go. I. — (2) Geiu Zool. vol. III P. II p, 536 : c o l u-

PSAMMOPIIIS ELEGAÎXS. 217

aucun des genres connus et qui font , pas ces raisons, le passage d une de ces coupes imaginaires à l'autre.

Cette espèce a le port et les formes des dryiophis ; mais sa physionomie la rapproche des ps a m m opii is. Son système de coloration est si analogue à celui tlu diî. argenté, que l'on serait tenté sans un examen rigoureux, à réunir ces deux ophidiens : il suffit cependant d'avoir égard à la conformation de la tête et particulièrement à celle du museau pour ne pas les confondre.

L'espèce du présent article a le système dentaire du psam- M o p H I s s I B I L a N s. Sou copps uu pcu couipriiué est en forme de fd très mince et sa queue extrêmement déliée. La tête est asse:'. alongée , étroite , déprinu^e et terminée par un museau conique, à sonnnet plane, arrondi au bout, obliquement tronqué en dessous et un peu retroussé. Le dessus est d'un brun pale couleur de terre. Une raie assez large et foncée règne le long du dos jusqu à la pointe de la queue ; elle se perd sur l'occiput. Une autre raie plus étroite occupe les flancs; mais elle s'étend, en traversant l'œil, jusqu'au bout du museau. Le dessous est d'un beau jaune; mais les quatres raies serrées , marbrées et bordées de vert , qui en occupent presque toute l'étendue , font que cette teinte ne s'aperçoit que sur les côtés de l'abdomen et de la queue sous forme d'une raie large et très distincte. Les sujets dépouillés de lépiderme ont la teinte du fond d'un gris argenté.

La tête offre les différences suivantes de celle du dr. ARG ENT É : des plaques moins alongées ; un museau de forme diverse, beaucoup plus court, garni de lames très ramassées et excavé aux côtés ; la piésence d'une plaque frênaie et de 9 labiales ; un système dentaire divers et plusieurs autres traits distinctifs.

!Nos deux individus sont de la même taille. Dimensions: o,,^o -h o,i3 et o,3o H- 0,17. — Plaques : 190 -f- i44 ^t 192 4- i*')4- — ^" l^ur compte 17 rangées d'écaillés petites, un peu lancéolées et à surface imie. Le Musée de Paris possè-

218 PSAMMOPHIS TEMMIIVCKII.

de des sujets pris au Sénégal et longs de 0,68 -\- 0,49; le nombre des plaques dans ces individus est environ de 202 + 223.

8 Esp. LE PSJMMOPHIS DE TEMMINCK.

PSAMMOPHIS TEM3IINCRII.

PI. YIII. fig. 14 et i5.

J'ai dédié cette espèce inédite à Thomme , auquel j'ai le plus d'obligations dans ce monde, à l'illustre savant qui a mérité la reconnaissance du public dans un degré si supérieur. Elle est du Gliil é, d'où un seul individu nous a été adressé de Valparaiso. Nous avons vu , que la précédente faisait le passage aux serpens d'arbre; celle du présent article au contraire se rapprocbe des couleuvbes, don telle a le port et les formes. Sa physionomie cependant ressemble à celle des vrais Psammophis. Le corps est comprimé et plus ramassé que celui du Psam. lacertin; l'abdomen est anguleux et plus étroit (ju'à l'ordinaire; la queue est grosse, conique et pointue. La tête est peu distincte du corps et revêtue de plaques semblables en tout à celles des Couleuvres; la verticale Cr^pendant a le'caractère propre au genre Psammophis. Les yeux sont moyens; les narines peu ouvertes. Les écailles sont lisses, de moyenne grandeur , carrées ou en rliombe sur les parties antérieures.

Le dessus est d'un brun clair, mais chaque écaille est marquée au centre d'une ou de plusieurs taches noires. Une large bande de cette même teinte règne le long du dos; une autre moins distincte s'étend de chaque côté depuis l'œil sur les flancs. L'intervalle entre ces bandes est blanchâtre , teinte qui borde le sommet de la tête sous la forme d'une raie linéaire. Les lèvres et le dessous de la tête et du cou sont jaunâtres et mouchetés de noir , mais le reste des parties inférieures est tellement marbré de noir que la couleur du fond s'aperçoit à peine.

PSAMMOPUIS TEMMIiXCKII. 219

Page 1