PRONOSTIC
Le pronostic de la pleurésie suppurée est grave : telle est la phrase consacrée par tous les auteurs qui ont écrit sur ce sujet, lorsqu'ils arrivent au chapitre du pronostic. Cependant, si l’on compte le no:ubre de guérisons qu'ils ont relatées dans les observations publiées par eux, ou si l’on étudie les statistiques telles que celles de Bowditch en Amérique, et de Goupil en France, on n’est pas peu surpris de voir combien ces guérisons sont nombreuses. Il est probable que dans ces publications il y a un peu d’exagération, soit qu’on n'ait pas suffsamment tenu compte des cas malheureux, soit qu’on ait, au contraire, trop insisté sur des cas très-bénins ou plutôt douteux.
M. Gayraud, dans ses réflexions sur l’observation qu’il a publiée dans la Gazette hebdomadaire des sciences médicales de Montpellier, insiste sur la gravité du pronostic dans les pleurésies purulentes, même chez les enfants, dont l’organisme offre en général bien plus de ressources que chez les gens âgés.
Dureste, tous les auteurs sont unanimes pour recommander aux médecins une grande réserve sur ce point. Voici l'opinion de Trousseau à ce sujet :
« La p.eurésie purulente, dit-il, est essentiellement grave et tue souvent ceux qui en sont affectés, car 1l faut regarder comme excep-
LRO — tionnels les cas dans lesquels la guérison s’opère par les seuls efforts de la nature » (1).
Cela est vrai, et nous sommes de son avis, lorsqu'on abandonne la maladie à elle-même ou qu’on applique un traitement purement médical. Mais si l’on intervient chirurgicalement, et si l’on tient compte des magnifiques résultats obtenus par l'opération de l’empyème, depuis l’emploi des antiseptiques et du pansement de Lister, alors on est en droit de conclure, et les observations que nous publions en sont une preuve, que le pronostic de la pleurésie purulente est moins grave aujourd'hui qu’autrefois.
(4) Trousseau, Clin. 2e édit., t. I, p. 649.