‹ Essai sur la propriété [microform]Chapitre 12 sur 44 · CHAI*. V · texte numérisé non relu

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nous analysons, n était pas le communisme mais la petite propriété.

Lorsque Kousscau fut amené à rtdliser ses idées dans un projet de conslilulion pour la (ajrse, il y inséra les dispositions suivantes : « H sera tenu dans chaque [liève un registre des terres que possède chaque particulier. Nul ne pourra posséder des terres hors de sa piève.

» Aulne pourra posséder plus de.... de terres. Celui qui aura celte quantité pourra, par échanges, acquérir des quantités pareilles, mais non plus grandes, môme de terres moins bonnes. Les dons et legs qui pourront lui être laits en teire, seront nuis. De plus, nul homme gar(;on ne pourra lester mais tout son bien passera à la communauté. » (1 i En ce qui louche ce dernier point, nous devons rappeler que, d’après liousscau, « par la nature du droit de propriété il ne s étend point au delà de la vie du propriélaii e et qu à l’instant qu’un homme est mort, son bien ne lui appartient plus. » (2)

§ liG. — Comment peut-on admettre, en effet, la transmission héréditaire de la propriété, si elle est hasee sur le travail, conservée [>ar le travail et limitée à la mesure du travail. Celle limitalion n’est-elle pas un obstacle invincible à

{l) OKavresct correspondance inêdilc de J. J. Rousseau publiée par M. Streckeisen Mouitoii, p. 115,

(2) ùtscours sur l'Economie polUique, Œuvres t 1 p. 50G. ’ ■ ’

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la perpéhiito du droit? Le droit n’étant que la I tonunoralion du travail déployé doit prendre lin loisque ce travail a été suffisaminent payé. C’est une des raisons qui ont fait limiter la durée du droit d’auteur, mais elle peut s’étendre à la propriété foncière. Aux propriétaires qui, pour conserver de générations en générations, le champ qu’ils ne cultivent pas, invoquent la mise en valeur par eux-mêmes ou par leurs auteurs, Hatbie répond très justement : Si cela est vrai, « il est vrai aussi qu’ils ont été récompensés de leurs travaux et avances par la possession prolongée dont ils ont joui. De ce i[u’ils ont eu l’avantage de jouirpendant longtemps, on ne peut pas conclure qu’ils ont droit cà jouir toujours, car ce serait fonderie privilège sur le privilège et justilier une faveur par une autre faveur. »

§ 117. —Tournée et retournée, la théorie du travad nous indique ce qui devrait être, mais condamne ce qui est.

L aberration est singulière des économistes libéraux qui y voient la justification du régime social actuel, où tant de travailleurs sont épuises pai la misère, tandis qu’un petit nombre d üisils vivent dans l’opulence.

Il est parfaitement ridicule de répondre à cette accusation d oisiveté portée contre les riches, 311 parlant, comme le fait Courcelle Seneuil fl)’

(Ij Propriété (/Y. dict. d'Econ. politique, p. 645).

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'< a'ua travail spécial et continu .|ue le vulpaire n aperçoit guère quoiqu’il soit irulispensable. » est le travail de conservation qui consisie à s abstenir de consommer les choses que l'on possède et à ne pas permellro quelles soient consommées par d’autres, fournir ce travail de conservation constitue la fonction du propriétaire et du capitaliste qui cesse de travailler autiemcnt; ce travail est la cause de la rémunération que reçoit le propriétaire ou le capitalisie à tikc de rente, d'intérêt, de loyer ou do fermage.

le propriétaire ou le capitalisie perd ou consomme une partie de scs biens, sa fonction est diminuée et sa rémunération également; s'il perd ou consomme tous ses biens, il cesse de remplir la fonction qu’il e.verçait et d'en recevoir la rémunération. Singulier travail que celui (1 un actionnaire d’Aiizin ou de I.ens qui s’abstient de consommer les filons de houille !

§ 118. — J’ai donné cet e.vemple parce qu’il m amène à une accusation terrible contre le régime actuel do la propriété et qui montre qu’il ne repose pas sur le travail. Les propriétaires ont accaparé les richesses naturelles, la fécondité du sol dont il est impossible de no pas tenir compte, si large que l’on fasse la part du travail dans la production, les gisements minéraux enfouis dans la terre, etc. « lisent usurpé les dons de Ifieu, ils se sont placés entre la nature et 1 homme. » Telles sont ;ies expressions dont se

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sert Basliat. C’est pour laver la propriété de celle accusation que cet éminent délenseur de l’individualisme a formulé sa théorie de la valeur (hnil il est impossible de ne pas parler, puis- (ju’elle aboutit à une délinition et à une juslilication de la propriété qui se rattache très étroitement à celle que nous venons d’examiner.

Cette t'aéorie de Bastiiil repose sur une distinction fondamentale entre rutilité et la valeur. « Keconnaissant, dit-il, à la terre, aux a^^entsnaliirels, aux instruments de travail ce qui est incontestablement en eux, le don d’engendrer Tulilité, je me suis ellorcé de leur arracher ce qui leur a été faussement attribué, la faculté de créer delà valeur, faculté qui n’a[)partient qu’aux services (pie les hommes échangent entre eux. » ( I)

« Si l’idée dominante de cet écrit est vraie, voici comment il faut se représenter riiumanilé, dans ses rapports avec le monde extérieur.

» Dieu a créé lalerie. 11 a mis à sa surface et dans ses entrailles une foule de choses, utiles à riiomme en ce qu’elles sont propres à satisfaire ses besoins. En outre, il a mis, dans la matière, des forces, gravitation, élasticité, conqtrcssihilité, calorique, lumière électrique, vie végétale. 11 a placé riiomme en face de ces matériaux et de ces forces. Il les lui a livrés gratuitement.

Les hommes se sont mis à exercer leur ac-

(1) Harmonies économiques, [i. 289.

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livilé sur ces matériaux et ces forces et par là ils se sont rendu service à eux-mèmes. Ils ont aussi travaillé les uns pour les autres, par là ils se sont rendu services réciproques. Ces services comparés dans l’échange ont fait naître l’idée de valeur et la valeur celle de propriété.

» Cha cun est donc devenu propriétaire en proportion de ses services. Mais les forces et les matériaux donnés par Dieu gratuitement à l’homme dès l’origine, sont demeurés, sont encore, et seront toujours gratuits à travers toutes les transactions humaines ; car dans les appréciations auxquelles donnent lieu les échanges, ce sont les services humains, et non les dons de Dieu qui s’évaluent. Il résulte de là qu’il n’y en a pas un seul parmi nous, tant i[ue les transactions sont libres, qui cesse d’ètre usufruitier de ces dons. Eue seule condition nous est imposée, c’est d’exécuter le travail nécessaire pour les mettre à notre portée ou si quelqu’un prend celle peine pour nous, de prendre, pour lui, une peine équivaleiite. » (1)

« Tout homme jouit gratuitement de toutes les utilités foui iiies ou élal)orées par la nature, à condition de prendre la peine de les recueillir, ou de restituer un service équivalent à ceux qui lui rendent le service de prendre cette peine pour lui.

(i) Op. cit., p. 340.

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