CHAPITRE PREMIER
sur la chiromancie, n’est aux yeux de M. Lehmann qu’un essai d’encadrer (« ist zwar ein anerkennenswerter Versuch ») la chiromancie dans l’astrologie, ainsi qu’AcnippA le relate. « Mais les principales doctrines, écrit Lehmann, de la chiromancie ne s’encadrent absolument pas dans l’astrologie ». Ce qui prouverait aux yeux de cet auteur que la chiromancie s’est développée indépendante de l'astrologie. Pourtant la dénomination des sept monts par les noms des sept planètes, cités d’après Indaginus par M. Alfred- Lehmann, et le travail môme du classique Ioannes, cité à satiété par tous les auteurs, font qu'on se demande pourquoi il ne serait pas possible de considérer la chiromancie comme une application de l’astrologie ?
Toutes les sciences divinatoires procèdent de la contemplation astronomique et des quelques rapports plus ou moins constants liés consciemment et surtout subconsciemment aux gestes et à l’avenir des humains. La chiromancie est alimentée par le même esprit et qui devient même plus précis. C'est ainsi que fut fondée la Chiromantici niedicinalis. L'organisme humain portant en lui et avec lui toute sa source de vie et toute l’évolution en germe des évolutions et transformations futures, et ayant été présidé par les astres, qui ont brillé le jour de sa naissance, il me semble tout naturel d’admettre que la chiromancie ne fut qu'une astrologie humaine, organique, microscopique, localisée dans la physiognomonie et dans la géographie de la main.
La lecture de Adrien Sicler est extrêinent instructive à ce sujet. Sa Chiromancie royale et nouvelle est
LES SCIENCES DIVINATOIRES CHIROMANTIOUES
un précieux recueil, nourri de faits, richement documenté sur les signes qu’on peut découvrir sur la peau, signes qui tiennent de la Kabbale et de l'astrologie. Adrien Sicler qui cite presque tous les auteurs classiques connus à l’époque (MDCLXVI) et qui note soigneusement ses observations personnelles, analyse avec attention tous les signes plus ou moins cabalistiques qui peuvent figurer sur la surface de la main.
Il ti *ouve, dans une préface spirituelle et empreinte d une érudition peu prétentieuse pour son époque, tout naturel qu’il y ait une correspondance secrète et « toute particulière » entre les signes intérieurs tracés sur la main et notre évolution future. La main se plie, elle est mobile; donc la multiplicité des figures est logique. « Le cerveau, dit-il, qui ne se meut, ni ne se plie, ne laisse pas d’avoir quantité île traits, de lignes, et de figures. » Les recherches de la psychophysiologie moderne changent sensiblement toutes ces données empiriques, mais, connaissant la souplesse de ces argumentaleurs rhétoriciens, on ne saura pas s’étonner s’ils utiliseront à leurs manières nos données scientifiques modernes. Tout ce
volume est divisé en sept livres et cela pour rapporter les faits « aux sept planètes et aux sept étoiles », que « saint Jean vit en la main droite du Fils de rilomme : et habebal in dextera sua Stellas septem ».
Toute l’astrologie y passe ; tous les signes cabalistiques de l’ancienne Kabbale et toutes les transmutations astrologiques sont étudiés, expliqués et illustrés par de nombreux exemples. Les traités de