CHAPITRE PREMIER
presque toute astrologique, les signes cabalistiques, qui fourmillent dans les traités de Kabbale et d’astrologie, arrêtent continuellement l’attention des initiés. Cette évolution serait certainement intéressante à être étudiée. Nous la signalons seulement, car elle pourrait constituer l’objet de recherches nombreuses et quiconstitueraient, vu larichessedesdocumentsetla valeur historique des problèmes des croyances humaines codifiées, le sujet d’un livre. Nous citons en note quelques auteurs dont la lecture pourrait nous instruire sur l’astrologie et la position des problèmes, mais qui malheureusement n’ont même pas été attirés par cette curieuse et intéressante génèse de la chiromancie 1 .
D’après d’autres auteurs et particulièrement d'après le psychologue danois Alfred Lehmann, la chiromancie aurait une origine indépendante. Cette manière de voir peut certainement se défendre surtout quand l’historique de la chiromancie n’est guère fait et
(1) Er dehors des traités de Eliphas Lévi (Histoire de la Magie, Paris, 1860) et A. Maury (La Magie el V Astrologie dans V antiquité el au mogen âge, Ed. 4, Paris, 1877), Sayce (The Astronomg and Aslrologg oflhe Babbglonia, I. Transaction of the Society of Biblical Archaeology. Vol. 3, 1874), Lenormant [Die Magie und Wahrsagehunsl der Chaldüer. Jena, 1878), Franck (La Kabbale, 2e éd., Paris, 1889), il faut lire : Schott, Magia Universalis nalurae el arlis. Tm. 1-3, Herbipol, 1687 ; Kopp, Die Alchemie in altérer und neurer Zcil. T. 1-2. Heidelberg, 1886; Berthelot, Des origines de l’ Alchimie, Paris, 1885; Reuchlin, De arle Cabbalislica, Hagcnau, 1517, Fol.; Caccaeus, Astrologiaemelhodus, Basel, 1576, Fol., et les écrits sur la magie de Halle (J. S.), de Porta, de I. N. Martius (surtout Unlerrichl von der Magia nalurali und dersclbcn medicinischen Gebrauch. Frankfurt und Leipzig, 1851), et de Job (J. G.), Anleilung zu dcn curieuserWissenschaflcn, Physionomie, Chiromanlie, Astrologie. Frankfurt und Leipzig, 1737.
LES SCIENCES DIVINATOIRES CHIROMANTIQUES
quand tous les auteurs se contentent généralement de se recopier mutuellement sans contrôler la moindre citation. 11 faut se souvenir pourtant, avant de critiquer cette méthode de travail, que la plupart des traités annoncent avoir puisé leurs savants horoscopes dans des traités anciens, arabes ou grecs, et dont on ne trouve guère la trace. Il existe dans toutes les hi: hliolhèques du monde ; j’en ai trouvé au British Muséum, il y en a à la Bibliothèque nationale, eton m’affirme qu'il existe des quantités de manuscrits dans les bibliothèques d’Allemagne. L’objet d’un pareil travail mériterait toute l’attention des héritiers des croyances systématisées de l’humanité pensante.
Ne connaissant pas la genèse des sciences chiromantiques, et étant plus renseigné sur les sciences astrologiques et sur la Kabbale, cette seconde opinion nous parait plus critiquable. Le Dr Lehmann cite à l’appui du fait que les Bohémiens représentaient les vrais maîtres de la chiromancie, ce passage du Faustbuch de Widman (1550) : « Quand le Dr Faust, écrit cet auteur, avec ses compagnons légers arrivait chez les Bohémiens (Zigeunern) ou chez les Tartares nomades (Herumzichende Tataren), il demeurait longuement chez eux et il apprenait d’eux et d’après sa propre opinion la chiromancie et comme on peut prédire d’après les mains (1). » Les magiciens européens n’ont traité que très tard de la chiromancie et on remarque dans leurs écrits des essais de constitution d’une science.
L’ouvrage d’I.\DAGiNus, un des plus vieux ouvrages
(1) Alfred Lehmann, op. cil., p. 181.