‹ Essai sur la psychologie de la mainChapitre 11 sur 41 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Jean-Baptiste della Porta (1), de l’abbé Jean Belot, d’Isaac Kemker, l’auteur d’une fameuse Harmonie chiromantique , de Georgius Valla, un habile connaisseur des signes des ongles, les Ecritures saintes , et Indagine sont particulièrement mis à profit. Ce qu’elle a de curieux cette « Nouvelle chiromancie » et en quoi réside son importance au point de vue de l'influence génétique des sciences astrologiques sur la chiromancie, c’est qu’on examine dans les sept livres les doigts et les signes qu’on peut déceler, les empreintes de toutes sortes : le doigt de milieu étant dirigé par Saturne (livre I), l’Indicateur par Jupiter (livre II ), le creux de la main et le poignet, le Bascette et la Plaine de Mars, par Mars (livre III) ; l’annulaire par le Soleil (livre IV), le pouce par Venus — la ligne de vie aussi — (livre V), le petit doigt par la planète Mercure (livre VI), et le livre VII contient «les aphorismes de chaque figure qui se trouvera dans la percussion de la main, qui est sous l'influence de la Lune ».

Mais on ne saura jamais attendre une démonstration précise en s’appuyant seulement sur les auteurs du moyen âge, compilateurs diligents, peu scrupuleux, curieux et bavards quand ils traitent de la divination et des sciences que nous appelons aujourd’hui Sciences occultes. Les manuscrits non encore utilisés et l’étude des auteurs grecs nous renseigneraient certainement davantage. Le travail aura sa grande utilité, car rien n’est plus touchant que

(1) J. -B. della Porta, La Magie naturelle en quaire livres. Lyon m.dc.l. — Et son autre édition : Magiae naluralis, Antverpiae, m. d. lxi.

LES SCIENCES DIVINATOIRES CHIROMANTIQUES

l’histoire d’une croyance sociale en marge de toute science, de toute forme officielle, qui intrigue toute une société et vers le domaine de laquelle la pensée s’oriente toujours émue, convaincue d’avance et confiante.

En Grèce, les penseurs comme Aristote, Anaxagore, Platon, Ptolémée, etc., accordaient une importance considérable aux lignes de la main et à leur valeur divinatrice. Les stoïciens et les péripatéticiens discouraient sur la chiromancie. Les pythagoriciens jugaient aisément l’esprit des hommes par les linéaments des maius et du visage (Philippe May, préface). On cite partout le fait que le Stagirique envoya à Alexandre le Grand, son illustre élève, le livre sur la chiromancie écrit en lettres d’or, trouvé sur un autel dédié à Hermès, avec la plus flatteuse recommandation. Une traduction de ce livre, écrit en arabe, fut faite en latin, traduction que j’ai essayé de retrouver pour en prendre connaissance, mais sans arriver à aucun résultat. Je n’ai pas trouvé non plus la traduction de l’arabe du livre de Trismegiste dont nous parle Aristote, qui aurait fait un traité qui serait traduit de l’arabe, par Jean Hispanus, selon tous les auteurs du moyen âge et de la Renaissance. Aristote considérait pourtant la chiromancie comme une véritable science précise.

On trouve dans Y Index Aristolelicus, de Hermannus Bonitz au mot ysîp tous les renvois des textes concer-

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