‹ Essai sur la psychologie de la mainChapitre 12 sur 41 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

nant la main dans les divers œuvres du Stagirite, avec la mention exacte des textes. Nous nous contenterons de renvoyer les lecteurs aux annotations de Bonitz, résumant d’après la traduction de Barthel. Saint- Hilaire, indiquant les sources les plus importantes. On pourrait écrire tout un chapitre sur la main dans Aristote et faire comprendre ses idées sur la dynamique organique et fonctionnelle et cette curieuse logique des faits pesée et analysée avec un sentiment scientifique presque moderne (1).

L’édition F. Didot des œuvres d’Aristote est la seule que nous ayons étudiée pour mieux contrôler et saisir les traductions de Barthélemy Saint-Hilaire (2).

Camus traduisit, en 1783, Y Histoire des Animaux (3), mais la plus grande partie des références se trouvent dans le traité Des parties des animaux (4).

Anaxagore avait soutenu que l'homme doit sa supériorité aux autres animaux, à l’usage de ses mains, à la puissance de ses extrémités supérieures. Aristote critique cette opinion dans le Traité des Parties des animaux , dans une belle page, solide et instructive. On sait que Helvetius et quelques écrivains du xvme siècle avaient repris les idées d'AxAXAgore. Voici brièvement son argumentation. L'homme

(1) Hermannus Bonitz. Index Arislolelicus. Berolini. Typis et Impensis Georgii Reimeri, 1870, 1 vol., 878 ; voir pp. 847, 848. — mot /dp-

(2) Aristotelis Opéra Omnia. Didot, 1848.

(3) Voir aussi trad. allemande de A. Karsch, 1855, Stutt gart.

(4) Voir aussi la trad. allemande de A. V. Frantzius, 1853, Leipzig. « Aristoleles ilber die Theile der Thierc. »

LES SCIENCES DIVINATOIRES CHIROMANTIQUES

a reçu de la nature des mains et des bras en place des membres antérieurs et des pieds des autres animaux. L’homme seul est l’animal qui a une station droite parce que sa nature est d’essence divine. Le privilège de cette souche de divinité « c’est de penser et de réfléchir ». Il serait difficile de penser que la partie supérieure du corps était lourde, car le poids rend l’esprit difficile et l’activité sensorielle grossière. C’est la pesanteur matérielle qui abaisse le corps des animaux vers la terre. « L’homme n'a des mains que parce qu’il est si intelligent. Les mains, en effet, sont un instrument ; et la nature, sait toujours comme le ferait un homme sage, attribuer les choses à qui est capable de s’en servir. N’est-il pas convenable de donner une flûte à qui sait jouer de cet instrument, plutôt que d’imposer à celui qui a un instrument de ce genre d'apprendre à en jouer? La nature a accordé le plus petit au plus grand et au plus puissant, et non point du tout le plus grand et le plus précieux au plus petit. Si donc cette disposition de choses est meilleure, et si la nature vise toujours à réaliser ce qui est le mieux possible, dans des conditions données, il faut en conclure que ce n’est pas parce que l’homme a des mains qu'il a une intelligence supérieure ; mais que c’est, au contraire, parce qu’il est éminemment intelligent qu’il a des mains. C’est en effet le plus intelligent des êtres qui peut se bien servir du plus grand nombre d’instruments. Or, la main n’est pas un instrument unique, c’est plusieurs instruments à la fois, elle est, on peut dire, l’instrument qui remplace tous les instruments. C’est donc à l’ètre qui était susceptible de pratiquer le plus grand

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