CHAPITRE PREMIER
Quant aux petits polydactyles, ils ont aussi cinq doigts aux pieds de derrière, parce qu'ils rampent, et afin qu’appuyés sur un plus grand nombre de doigts, ils montent plus aisément en rampant vers tout ce qui les dépasse et est au-dessus de leur tête (1). »
« Comme les actes et les mouvements des animaux son t excessivement variés, soit pour le corps entier, soit pour les parties dont on vient de parler, il est de toute nécessité que les éléments qui les constituent aient aussi des forces non moins dissemblables. Pour certaines parties c’est de la mollesse qu'il faut ; pour d’autres, c'est de la dureté; les unes doivent pouvoir se tendre, d'autres pouvoir se fléchir, aussi les parties similaires ontelles été douées partiellement de puissances et de propriétés de ce genre. L’une est molle, l’autre est sèche ; celle-ci est visqueuse, celle-là est cassante. Les parties non similaires ont aussi des fonctions et des forces très diverses, combinées entre elles de cent façons. En effet, telle de ces forces permet à la main de serrer les choses ; telle autre lui permet de les saisir... C'est donc en vue d’une certaine fin qui doit être atteinte par cette cause, que ces dernières parties sont faites, comme on vient de le dire (2). »
Voici comment Aristote décrit la main : « Dans la main, on distingue la paume, et les doigts au nombre de cinq ; dans les doigts, on distingue encore la partie qui peut fléchir, l’articulation ; et celle qui ne fléchit pas, la phalange. Le gros doigt, le pouce, n'a qu’une
(1) Aristote, Des parties des animaux, t. II, liv. IV, chap. x, § 22, p. 205.
(2) Aristote, Des parties des animaux, liv. II, chap. i, §§ 9 et 10, p. 79.
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articulation ; les autres en ont deux. La flexion d’ailleurs se fait toujours en dehors, aussi bien pour le bras que pour les doigts. C’est au coude que se fait la flexion du bras. L'intérieur de la main, la paume, est charnue ; et elle est partagée par plusieurs raies. Chez ceux qui doivent vivre longtemps, une ou deux de ces raies traversent toute la main ; chez ceux dont la vie est courte, il y a deux raies qui ne traversent pas la main entière. L’articulation de la main et du bras est le poignet, ou carpe ; le dessus de la main est composé de muscles et n’a pas reçu de nom spécial (1). »
Les hommes qui ont une raie dans toute la largeur de la main — une ligne sécante — vivraient, selon Aristote, plus longtemps. Cela parce que les animaux dont la vie est courte sont précisément ceux qui n’ont pas d’articulations, les animaux aquatiques par exemple; le contraire serait donc vrai : les êtres qui sont articulés doivent vivre plus longtemps. L’intérieur de la main ne doit pas avoir d’articulations très marquées ; le fait positif indiquerait la longueur réelle de la vie. Déduction trop sommaire et trop fortuite, comme la plupart des réponses à ses ingénieux problèmes, qui seront toujours à relire. Pourtant si l’on
1 ) Aristote, Histoire des animaux, liv. I, chap. xii, §§ 3 et 4, pp. 64-6G. « Vitae brevis signa plures in manu incisurae nec perpeluae ; contra longae vilae in manu una aut duae incisurae longae ». — Fragmenta Arislotelica, 261, 1526 a, 18, 20 — apud Bonitz, p. 848. « Toi? gev ponco ofhoi; (xô xr,ç '/ = cpô; Oévap o-.-^prjXxi) vil Tj 0'jjI os oko'j, xoîç 8e j ip «'/■-> (3 !ot? o'jffl y.at où ol ô’Xo’j 070'. XTjV otà xr,î yEipoç xo \r'rl ■/ enrouât 8t’ oàt,ç gaxpo^uuxepot Zta, 15, 493 b 33. » Apud. Bonitz, p. 848, col. 2.