CHAPITRE PREMIER
d’instruments naturels ; mais la nature est antérieure à la science, ainsi que tout ce qu’elle produit (1). »
Aristote remarque « pourquoi sue-t-on davantage quand on se fatigue par un travail des mains, bien que le reste du corps demeure dans son état ordinaire ? » La cause serait parce que cette partie du corps aurait plus de force, elle se rapproche plus de l’effort. Ayant plus de force à cause du travail accompli on retient sa respiration, d’où la sueur. Quand on se frotte les mains, Aristote croit, en outre, que « nous faisons plus d'efforts que quand nous frottons tout autre membre », question d'ailleurs résolue presque dans des termes identiques par Théophraste (2).
L’engourdissement et le refroidissement sont plus perçus aux mains et aux pieds, splon Aristote, parce que l’engourdissement étant un refroidissement, donc produit par l’absence et le déplacement du sang, et les extrémités inférieures et supérieures ayant peu de chair et beaucoup de nerfs et de muscles, les pieds se refroidissent plus vite que les mains, et les mains plus vite que les autres régions du corps (3).
La main tremble quand on a peur, ainsi que la lèvre inférieure, parce que l’émotion de la peur sup-
(1) Aristote, Les Problèmes, 2 vol., section xxx, parag. 5, p. 336.
(2) Aristote, Les Problèmes, sect. ii, parag. 5, p. 58. Trad. Bartii. Saint-Hilaire. Le texte grec est à peu près exact ; le traducteur d’ailleurs attire l’attention de la difficulté de traduction. Voir pour le texte grec. Môme allusion au rapport de la sueur et de la respiration, voir Les Problèmes, sect. v, § 25, p. 73.
(3) Aristote, Les Problèmes, sect. vi, parag. 7, p. 200.
LES SCIENCES DIVINATOIRES CIUROMANTIOUES
prime la chaleur qui descend des parties supérieures du corps — d’où la pâleur. La main, tout comme la voix, car dans la conception aristotélique du souffle pneumique, les mains se rattachent à la poitrine, s’arrête puisque le principe qui met la voix en mouvement s’est refroidi tout particulièrement. Les mains et les lèvres sont, en outre, les organes les plus mobiles et ceux qui ont le moins de sang, ajoute Aristote (1).
Galien, tout nourri de l’esprit aristotélicien, se prononce contre l’avis d’ANAXAGORE sur la main, sur son rôle exclusif au point de vue de l’intelligence humaine. Comme Aristote, il croit qu’ANAXAGORE avait pris l’effet pour la cause. 11 n’est pas pourtant du même avis qu’AmsTOTE sur le rôle des ongles ; il n’en aurait pas bien compris l’utilité physiologique.
Galien a consacré tout un chapitre à Ici main. Enthousiaste, curieux, toujours documenté, il nous donne un résumé excellent de la psycho-physiologie de la main. Curieux observateur, il nous a laissé des pages excellentes qu’on relira toujours avec plaisir, et que tous les auteurs d’ailleurs ont utilisées largement, presque autant, sinon plus, que les données d’AmsTOTE. Dans les premiers chapitres, il rappelle les doctrines d’AmsTOTE, qu’il met à contribution, et insiste sur les facultés des animaux et le rapport avec leurs pattes, puis il examine l’utilité de la division de la main en doigts et de l’opposition du pouce avec les autres, l’utilité de
(1) Aristote, Les Problèmes, 2 vol., sccl. xxvii, parag. G et 7, p. 286.