‹ Essai sur la psychologie de la mainChapitre 18 sur 41 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

la structure des doigts, l’utilité des ongles et leur conformation actuelle. Examinant des ongles, il ne néglige pas de critiquer ironiquement Platon : « imitateur d’HippocRATE » qui aurait traité avec peu de soin des ongles dans Timée (1) ; il n’est guère plus tendre pour Aristote. N’oublions pas que Galien se pose comme celui qui compléterait Hippocrate, qui n’aurait « rien écrit de mauvais », mais qui aurait pourtant exprimé obscurément bien des choses et en aurait omis d’autres. Galien examine ensuite l’acte de la préhension (p. 130), il analyse les muscles qui jouent un rôle principal dans cet acte et il revient sur la nécessité des ongles, de même que sur l’utilité des os des doigts, dont la multiplicité serait réellement avantageuse. Il passe en revue successivement l'utilité de la chair des doigts, la grandeur et le nombre des doigts, l’articulation des doigts, les tendons des doigts et en particulier ceux du pouce, la distribution des nerfs, les mouvements directs de flexion et d’extension, les mouvements latéraux, l'étendue des mouvements des doigts, les insertions tendineuses du pouce, sa comparaison avec le pouce du singe, l’utilité du nombre des doigts, l’inégalité des doigts, les fonctions particulières des muscles des doigts, des muscles de l’avant-bras qui meuvent les doigts, des muscles palmaires grêles, etc.

(1) Galien, Œuvres anatomiques, physiologiques et médicales. Trad. Dr Ch. Daremberg, Paris, Baillière, 1854, t. 1, V. - — De l'utilité des parties du corps humain ( IT sol yosîa; uootwv) livre Pr, De la main, pp. 111-198.

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Voici quelques-unes des remarques les plus intéressantes de Galien :

« Pour toute articulation, il y a une position indolente et moyenne ; toutes les positions en deçà ou au delà sont moins douloureuses si elles se rapprochent de la moyenne, et plus si elles s’en éloignent : sont tout à fait douloureuses les positions extrêmes au delà desquelles on ne peut ni fléchir, ni étendre, car •ces positions ont lieu quand les muscles qui les produisent prennent une tension extrême (1). »

« En partant de cette position qui maintient les doigts droits, on reconnaîtra clairement quelle est la puissance de chacun des mouvements latéraux. En jugeant de cette façon, la brièveté du mouvement latéral interne sera manifeste pour tous (2). »

« Ainsi l’homme est le plus sage de tous les animaux, ainsi les mains sont des instruments qui conviennent à un être sage ; car l’homme n’est pas le plus sage des animaux parce qu’il a des mains, comme le -dit Anaxagore, mais il a eu des mains parce qu’il est le plus sage, comme le proclame Aristote (3). »

« Comme beaucoup de corps ont un volume trop grand pour qu’une seule main suffise, la nature a fait l’une l’auxiliaire de l’autre, de sorte que toutes deux, en saisissant les objets volumineux par deux côtés opposés, ne le cèdent pas à une main qui serait très grande. Les mains ont donc été tournées en regard

(1) Galien, op. cil., p. 155.

(2) Galien, op. cil., p. 158.

(3) Galien, op. cil., chap. ni, p. 114.

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