CHAPITRE PREMIER
l’une de l’auLre et elles ont été construites absolument semblables (1). »
Et à la question de savoir pourquoi les doigts sont inégaux, Galien trouve comme à toute question une réponse toute prête.
« Pourquoi les doigts sont-ils inégaux? Pourquoi celui du milieu est-il plus long que les autres? C’est sans doute parce qu’il était plus convenable que leurs extrémités arrivassent toutes sur la même ligne, lorsqu’ils embrassent certains corps volumineux, et quand on veut retenir entre les doigts quelques objets liquides ou petits...
« Si la main veut se fermer pour retenir un corps petit et liquide, l’inégalité est d’une utilité évidente^ puisque le grand doigt jeté sur l’index devient une sorte de couvercle pour combler l'espace vide (2 . »
« Nous avons démontré qu’il (le pouce) présente une utilité équivalente à celle des quatre doigts réunis qui lui sont opposés. C’est, il me paraît, pour avoir songé à cette utilité du pouce, que le vulgaire l'a appelé antimain, comme s’il équivalait à toute la main (3). »
Juvénal nous enseigne que de son temps la chiromancie est à la mode à Rome (Satyre VI) :
Proebibit vali crebrum manumqae popisma roganti.
Virgile et Plaute témoignent qu'ils connaissaient la chiromancie et qu’ils s’y intéressaient. Chez les Romains et particulièrement à Rome, malgré les-
(1) Galien, op. cil., p. 118.
(2) Galien, op cil., passim.
(3) Galien, op. cil., p. 1(51.
LES SCIENCES DIVINATOIRES CHIROMANTIOUES
sceptiques, la chiromancie faisait partie des moyens divinatoires étudiés par le Conseil des Augures.
Artémidore, un écrivain contemporain cI’Antonin le Pieux, défendait la chiromancie. Nous ne possédons pas malheureusement son livre sur la « Chiromancie », mais si l’on juge d’après sa curieuse « Interprétation des Songes », nous perdons un document de toute première valeur.
Lucius Sylla, César et Auguste, nous sont cités comme de forts habiles chiromanciens. Josèphe (. Lib . Anl. Jud) rapporte que César, était si habile « qu’il éloit impossible qu’un homme dont il avait veu la main le pust tromper en aucune manière : de sorte qu’il reconnut facilement un jour qu’un certain, qui se disoit Alexandre lils d’Hérode, était un imposteur, n’ayant à la main aucune marque de Loyauté ». (D'après Perruchio, p. 3.) Ptolémée (1), Galien, Chalchindus, Petrus Primodarius, Scot, Avicenne, Averroès, Albert le Grand, Antiochus Tibertus (2), Georgio Valla, Savonarole, Barthélemy Coclès
(1) Ptolemaeus, Quadriparlilum, Ed. Camerarius, Norimberg, 1535, in-4.
(2) ÀNTiociii Tiberti Doctoris C heiromanlia, Libri 111 de non recogniti, in ordineni digesti. Einsdem argumenti de cheiromantia, incerli cuiusdam authoris liber, hasteuus non dum typis excusus per Joannem-Dryandruiu Medicum Marpargensem-Mogunliae Excusum in aedibus Juonis Schœfl'er, anno mdxli ; Joanneni n’est pas un autre que Indagink. Le livre d’ANTiocuus est à lire surtout pour la thèse qu’il se propose de démontrer que la chiromancie est une science. Voir surtout les pp. 23-66, chap. i et ii, ni et vii pour la transmutation de l’astrologie dans la paume de la
main.