DÉSIGNATIONS? ET CLASSIFICATION DES DESSINS
Planche XVI
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ment, pas par transparence, et les détails sont moins nets et moins faciles à étudier.
Les imprimés, les journaux donnent des résultats très variables ; quelques-uns donnent de belles épreuves par le badigeonnage à l’encre, les feuilles quotidiennes sont inférieures et certains papiers à journaux sont tout à fait négatifs.
Les papiers à pâte de bois sont les plus défectueux; les publications luxueuses, fines et glacées, donnent de bonnes empreintes.
La réussite plus ou moins bonne des empreintes sur le papier dépend de la composition des pâtes de papier.
On obtient de très bonnes empreintes sur les imprimés, reçus, formulaires, feuilles d’administration qui présentent une partie en blanc destinée à être remplie à l’encre ; la plupart de ces papiers sont minces.
Certains papiers sont tellement sensibles « qu'une feuille prise au milieu d’une « main » avec des pinces et passée à l’encre, révèle souvent sur les bords des empreintes de doigt provenant du papetier » (1).
Les papiers dits à tapisser, de couleur claire, qui recouvrent les murs des appartements, fournissent souvent des empreintes nettes et visibles directement. La qualité, la couleur et le genre de ce papier rendent les résultats assez variables.
Le procédé au nitrate d’argent est de beaucoup préférable.
La qualité de l’encre est encore à être prise en con-
(1) Forgf.ot, op. cil., p. 21.
sidération : pour l’étal de la peau, la topographie intérieure, la durée du contact et le temps écoulé avant l’imprégnation, la durée de l’empreinte, etc.
La plupart des encres font apparaître les empreintes latentes laissées sur un papier ; les plus fines, les plus mauvaises, les plus vieilles ont cette propriété.
Cependant les encres de couleur, sauf les violettes et bleues, doivent être éliminées; elles ne donnent aucun résultat. La teinte noire est seule supérieure.
Les encres rouges doivent être rejetées.
Les meilleures encres noires sont celles à teinte franchement noire, comme l’encre dite Gardot, de Dijon ; les nuances d’un noir rougeâtre valent moins.
Il est essentiel que l’encre soit fraîchement débouchée et qu’elle n’ait pu s’oxyder.
« Pourvu, dit M. Forgeot, qu'il n’y ait pas de « lie » ou de poussières, l’encre noire, la première venue, fait apparaître une empreinte restée même depuis longtemps à l’état latent sur le papier. »
M. Forgeot a obtenu des empreintes très variables avec des encres préparées d’après les formules de Lewis, Ribaucourt, Robinson, Runge, Lemery, Geoffroy.
D’après Wurtz : « La base colorante de l'encre noire ordinaire n’ést pas encore assez connue scientifiquement pour que l’on puisse donner une théorie complète de ce qui se passe dans la préparation de ce produit. La coloration n’est pas duc exclusivement à l’acide tannique... »
L’encre dédoublée ne donne presque rien, et si la couche est trop épaisse., l’empreinte transparente perd sa netteté.
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Pour obtenir un bon résultat, on charge un pinceau d’encre et on couvre la partie supérieure de la feuille d’un coup de pinceau horizontal, « on passe au-dessous, en descendant lentement, d’autres coups de pinceaux contigus au premier », mais en soulevant à mesure le papier. « On obtient ainsi une teinte plate, uniforme, et un fond régulier sur lequel se détache l’empreinte.
Il ne faut pas employer le virage de la feuille sur un bain d'encre, l’encre sèche inégalement et toute netteté manque à l’épreuve.
Au point de vue de l 'état de la peau , les mains sèches donnent peu ou pas d’empreintes ; un léger degré de moiteur est très favorable ; une sueur abondante ou riche en principes gras fournit des empreintes très foncées mais sans détails.
Une peau propre, avec un léger degré de moiteur, touchant rapidement le papier, donne l’image parfaite à grands détails des lignes papillaires.
Plus la main est en sueur, plus les contours obtenus •sont tranchés, mais plus l’intérieur est noir.
Les deux extrêmes défavorables sont donc : la grande sueur et la main très sèche.
En hiver, les criminels présentent, au moment de l’attentat, une sueur nerveuse qui les met dans de bonnes conditions pour la recherche de leurs empreintes.
Le procédé à l’encre n’est pas applicable dans la recherche des empreintes de pieds.
Les empreintes à l’encre de la tète, présentent peu d’utilité pratique, quoique les empreintes soient nettes, fines, et que les cheveux, les poils de barbe, l’oreille s’accusent parfaitement par l’imprégnation.
Dans la formation des empreintes, le temps nécessaire au contact et l'intervalle de temps à s'écouler avant l’imprégnation sont très importants.
M. le Dr Aubert demande un contact d'une demi à trois minutes.
11 ne serait guère possible que la main criminelle restât une demi à trois minutes posée sur un papier pour laisser une trace.
La durée du contact par le procédé à l’encre est plus courte. Quelques secondes suffisent.
Plus la main est en sueur, plus le contact est réduit ; une peau moite donnera une empreinte plus détaillée si la main touche légèrement le papier, que si elle s’y appuie ou s’y attarde. Une main sèche demandera un contact prolongé.
Dans un contact sans pression, les détails sont fins, bien séparés les uns des autres ; si la pression est forte, les lignes s’écrasent, s’élargissent et se confondent.
Moins il s’écoule de temps entre le contact et l'imprégation, plus l’image a de chance d’être nette.
La durée de l’empreinte à l’encre est indéfinie; cette stabilité parfaite est un très grand avantage, si l'on compare cette méthode aux précédentes.
Avec l'iode, la durée de l'image varie de quelques minutes à une journée; l'acide osmique et l'éosine ont la fixité, mais la conservation est secondaire lorsqu’on a peu à conserver; les empreintes données par le nilrale d'argent s’effacent à la lumière lorsqu’elles ne sont pas fixées, et la fixation n'est obtenue qu’en les atténuant par le bain d’hyposulfite.
L’empreinte sur les poignets, qui constitue l'objet
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d’un chapitre spécial du travail du Dr Forgeot, concerne surtout l'étude des empreintes des pieds, qui sort un peu de notre sujet. Rappelons toujours que les empreintes des pieds n’offrent jamais des traces aussi délicates que celles de la main, et cela tiendrait, selon Trommsdorf d’Erfurt, au fait que la composition chimique de la sueur des pieds ne serait pas la même que celle des mains. Le docteur Forgeot a expérimenté bien des réactifs pour détacher visiblement l’empreinte des pieds, et le seul qui lui ait donné des résultats excellents serait le nitrate d’argent au titre de 8 p. 100, qui ferait paraître sur le parquet les traces des pieds tout nus qui auraient pu y laisser leurs empreintes. Les détails sont pauvres, car les doigts de pieds n’ont pas les arabesques si variables des doigts de la main, et dans leur constitution on décèle presque toujours des lignes papillaires parallèles (La variété A de Galton, R. A. C. R. P. C. de Féré, selon Forgeot) (1). Les chasseurs utilisent admirablement la connaissance des empreintes des animaux et ils dirigent leurs opérations selon la fraîcheur, la profondeur, la variabilité de ces tracés pratiques qui synthétisent les gestes de toute une activité complexe, variable et délicate.
L’empreinte de la main sur le verre a facilité dans bien des cas les recherches de l’enquête criminelle scientifique, surtout quand on connaît la sécrétion
(1) Voir à ce sujet Coutagne et Florence. Les empreintes dans les expertises médico-judiciaires (Arch. d’anthrop. crimin., 1889). — Voir aussi : L)r Causse, Truité d’Iiygiène militaire, et l'étude de De Viry sur le; pied, dont les figures sont reproduites dans Forgeot, p. 43.
abondante de la sueur au moment du crime; c’est une réaction vaso-motrice connue. L’acide nitrique (2 p. 100) peut servir, mais grosso modo , pour l’étude de l’empreinte sur verre; mais c’est surtout à l’acide fluorhydrique qu’il faut demander des résultats précis.
Au point de vue des résutats obtenus, voici en résumé les conclusions de Ch. Féré :
« Mes recherches personnelles ont porté sur 182 épileptiques démon service sur lesquels j'ai pris des empreintes, non plus seulement des pouces comme Galton, mais de tous les doigts et des gros orteils. Mes observations ne pouvaient que confirmer l’existence des formes principales décrites par Galton. Quant aux variétés, quelques-unes ont manqué et quelques nouvelles se sont présentées.
« Les dix types admis par Galton sont représentés dans ma statistique par une ou plusieurs variétés. Mais ces variétés ne se présentent pas à tous les doigts. Dans ma série, il n’y a que le pouce qui ait présenté tous les types ; 1 manque à l’index, 4 manquent au médius et à l’auriculaire, 3 à l’annulaire. Si on considère les variétés, on voit que le pouce en présente 33, l’index 29, le médius 23, l’annulaire 26 et l’auriculaire seulement 18. On voit qu’en somme, à part l’annulaire qui fait une exception peu considérable d’ailleurs, la tendance à la variation morphologique de l’appareil tactile augmente du petit doigt au pouce. Ce fait mérite d’être rapproché de la différenciation nettement plus marquée au point de vue fonc-
(1) Ch. Féré. Les empreintes des doigts et des orteils. (Journ de. l’Anat. et de la Physiol I. XXIX, pp. 229, 232.)
Tableau schématique des tourbillons formés par les lignes papillaires des phalangettes
Nomenclature de MM. Gallon, Féré el Testul
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F indique les ligures de la classification do Cli. Foré; le cîiiflre * 1 11 i suit le numéro d 'ordre de colle nomenclature.
G la classification de F. Galton, lr?s lettres et les chiffres sont ceux do la nomenclature de cet auteur. T Types de la classification de Testu t.
HF Figures ajoutées aux nomenclatures précédentes par M. Forgeot.
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lionnel du pouce et de l’index; non seulement ces deux organes sont les plus différenciés, mais ils paraissent encore conserver la plus grande tendance à la variation. Notons encore qu’en général l’énergie et la rapidité des mouvements décroît du pouce au petit doigt, comme la variété des dispositions des organes tactiles. Quant à la fréquence des variétés et même des types, elle est extrêmement différente, tandis que le type AR-PR se présente sur l’ensemble des doigts 67,15 fois p. 100, quatre autres types ne se rencontrent pas une fois sur 100.
Cette fréquence des différents types ou des différentes variétés est, du reste, variable avec les différents doigts. Tandis qu’au petit doigt, par exemple, la variété 17, la plus fréquente (K2 de Galton) se présente au petit doigt plus de 59 fois p. 100, elle ne se présente au pouce que dans la proportion de 28,57 p. 100, c’est-à-dire de moitié moins souvent. D’autres formes relativement rares aux autres doigts sont, au contraire, fréquentes au pouce et à l’index, qui paraissent chercher leur voie de perfectionnement. »
« M. Galton, écrit M. Ch. Féré, me paraît s’être trop avancé en admettant, sans s’appuyer sur l’expérience, la similitude de la disposition des empreintes. Il faut remarquer toutefois que la dissimilitude que j’ai relevée peut tenir en grande partie à ce que les sujets que j’ai observés appartiennent à une classe particulière d’individus : ce sont des dégénérés chez lesquels on est exposé à trouver à la lois des lormcs régressives et progressives. » (Voir figures.)
Galton avait remarqué la « constance presque de
règle de la symétrie des empreintes des deux pouces », ce qui ne concorde pas avec les recherches de Féré.
Voici quelques chiffres de Féré montrant « qu'il y a un certain rapport entre la dissymétrie et la variabilité : les doigts dont l’empreinte est la moins variable sont aussi ceux qui présentent le plus souvent la disposition symétrique. »
Symétrie
Pouce 95 ou 52,19 p. 100
Index . .. 75 ou 41,09 —
Médius 103 ou 56,59 —
Annulaire 96 ou 52,74 —
Auriculaire 137 ou 75,27 —
C’est très rarement que la même variété se rencontre symétriquement.
La symétrie homologue s’est présentée de la manière suivante :
A 1 doigt 69 fois
La symétrie s’est présentée à plusieurs doigts, mais avec différentes variétés (symétrie hétérologue).
A 2 doigts 33 fois
En somme, la symétrie absolue de dix doigts ne se rencontre d’après Féré, que 4 lois sur 100.
Le nombre des variétés qui peuvent se rencontrer chez un même individu varie comme la fréquence de la symétrie :
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1 variété chez 7 sujets
182 sujets
Si la symétrie est peu fréquente, la dissymétrie complète, d’après Féré, est encore plus rare.
« Si nous rapprochons les résultats obtenus par Galton sur les empreintes du pouce, et ces résultats peuvent être considérés comme l'expression de la vérité, puisque son examen a porté sur plus de 2.000 sujets, nous voyons que l’asymétrie se présente avec une fréquence très considérable chez les sujets que nous avons examinés, puisqu’elle existe dans près de la moitié des cas. C’est un fait intéressant à remarquer, car on sait que l’asymétrie est chez les dégénérés un des caractères physiques les plus fréquents et les plus importants; ce caractère paraît devoir se retrouver même dans les détails les plus minuscules de l’organisation. »
« Le gros orteil n’a présenté chez mes 182 sujets que 7 types comprenant 18 variétés. Le type AR-PR et le type primaire qui ont été considérés par Purkinje, par Alix et par Galton comme les seuls qui existent à ces orteils, sont en effet les plus fréquents; le premier est plus fréquent au gros orteil qu’à l’ensemble des doigts, dans la proportion de 79,36 p. 100 à 67,15 p. 100; le second est aussi plus fréquent à l’or-
teil dans la proportion de 8,51 p. 100 à 4,56 p. 100. Les variétés sont moins nombreuses pour le gros orteil, la symétrie est pourtant plus fréquente. On la trouve d’après Féré, 135 fois sur 182 cas, soit 74,12 p. 100, tandis qu’au pouce elle n’existe que 52,19 p. 100.
Voici le résumé des nouvelles recherches de Galton (1) publiées dans les Philosophical Transactions , et excellemment analysées par M. de Varigny, dont nous suivons le résumé, ayant sous les yeux le texte de Galton.
Au point de vue des moyens d’identification, les recherches de Galton portent sur l’examen de 2.500 personnes environ. A chacune, il a demandé l’empreinte de la face palmaire des deux pouces, avec celle de quelques doigts. Pour avoir des observations symétriques, il est préférable de prendre l’empreinte de chaque pouce parce que le dessin est généralement plus vaste et plus net.
Pour prendre ces empreintes, on peut appuyer le pouce sur un papier couvert de noir de fumée qu'on vernit à la gomme laque, ou au vernis, ou on passe légèrement le doigt sur une plaque humectée d’encre
(1) Galton Fr. Fingerprinl Direclories. London, Macmillan, 1895, 1 vol. 127 p. — Personal identification. Journal Royal Institution, 25 th. May, 1888, and Nature, 28lh. June, 1888, 1. XXXVIII, p. 201. — The patterns in Thumb and Fingcr Marks. Philosoph. Trans. Royal Soc., vol., ch. XXXII, 1891, pp. 1-23. — Mclhod of Indexing Fingcr Marks, Pro. Royal . Soc., vol. XIX, 1891. — Identification by Fingcr Tips. — Ninelecnlh Cenlury, Augusl., 1891. — Finger Prinls, Macmillan and C°, 1892. — Dcciphcrmcnt of Blured fingcr Prinls, Macmillan and C°, 1893.
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d’imprimerie et on l’appuie sur une feuille de papier ordinaire ; on doit chercher à obtenir « l’empreinte la plus étendue en longueur et en largeur » ; pour ce faire, il faut imprimer « au doigt ou au pouce, un petit mouvement de tangage et de roulis ».
Ces méthodes ont l’inconvénient d’être salissantes, mais elles sont préférables au procédé d’empreinte dans du plâtre, de la terre à modeler, de la cire à cacheter, etc.
En considérant un doigt quelconque, on voit, d’après Galton, que le sens général des crêtes est perpendiculaire à l'axe de ceux-ci ; partant d’une face latérale, elles vont presque tout droit à l’autre. 11 en est de même à la base de la phalangette, mais à l’extrémité, près de l’ongle, les crêtes sont parallèles, à peu de chose près, à l'axe du doigt, et elles longent les bords de l'ongle pour passer d’une face latérale à l’autre. C'est entre les crêtes perpendiculaires et les obliques à l’axe du doigt que se trouvent les dessins dont il va être question.
« Dans un cas sur trente environ, il n’y a pas de dessins : les crêtes perpendiculaires deviennent obliques en cessant de garder à la face palmaire le parallélisme qu’elles présentent sur les faces latérales : au lieu de former des arches, elles font des anses ; souvent il y a entre les deux systèmes un lacis de crêtes qui forme un dessin net et facile à distinguer de ceux-ci. »
Dans beaucoup de cas, les deux systèmes divergent symétriquement sur les deux faces latérales du doigt, de façon à laisser à la face palmaire un espace dont
(1) H. de Varigny, ouv. cit . , p. 558.
les deux moitiés, à droite et à gauche de la ligne médiane de la face palmaire du doigt, sont symétriques ; dans d’autres, la symétrie manque et la divergence n’est prononcée que d’un seul côté du doigt, d'où un espace palmaire irrégulier et déjelé.
Pour faciliter l’étude des dessins formés dans l’espace palmaire, M. Galton a indiqué certains points de repère : « ce sont deux petits triangles fort nets qui se voient des deux côtés de la face palmaire, au point où les systèmes perpendiculaire et oblique divergent l’un de l'autre ».
On’peut désigner ces triangles par des lettres : \Y le triangle qui, sur l'index, est le plus proche du pouce et V celui qui, sur le même doigt, est près du médius.
Etant donné un dessin, on trace une ligne parallèle à l’axe du doigt, qui passe par le milieu de ce dessin, et on appelle S et B les points où cette ligne vient couper les systèmes oblique et perpendiculaire. Ces points sont nécessairement sur rme crête qui vient de V ou de W, ou va de l’un à l'autre, d'où, pour le point S, trois alternalives qu'on peut désigner ainsi : SV, SW et VSW. Également pour le point B.
Chacune des trois alternatives de S pouvant se combiner avec chacune des trois alternatives de B. il y a neuf combinaisons possibles, ce qui fait dix cas, enjoignant le cas où la divergence du système oblique et perpendiculaire se fait graduellement, sans laisser d’espace libre pour un dessin.
Pour déterminer rapidement la catégorie à laquelle appartient une empreinte donnée, il faut savoir analyser celle-ci et pouvoir schématiser vivement. On peut y arriver en renforçant au crayon les lignes mai-
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tresses, et prenant pour point de départ les points V et W.
M. Galton a examiné, après analyse et agrandissement photographique, plus de mille empreintes ; il a vu que presque toutes se rangent dans les dix catégories citées, et il constate que la proportion où se rencontre une catégorie déterminée varie de 1 à 65 p. 100. Il est des catégories très rares et de très fréquentes ; et dans la moitié des cas, on observe le dessin A2, et dans près de 1 / 4, l’un des dessins C (1). 11 s'agit des adnotations du tableau des schémas de Galton et S1 représente des dessins observés et classés par catégories (T-I X, et a, qui forme la catégorie des empreintes primaires ou sans dessin) subdivisées en un certain nombre de variétés.
Dans ce tableau, W est à gauche et V à droite; on voit des empreintes du pouce gauche, ce qui porte à regarder le pouce droit. Pour les comparer, il faut les regarder renversées (par un miroir). Tous ces dessins variés ont pourtant une origine commune et peuvent se rattacher plus ou moins à la forme caractérisée par l'absence de dessin.
Au point de vue de l’identification, il est démontré que les crêtes et sillons varient scion les époques où les empreintes ont été prises et si elles sont séparées par des périodes où la croissance ou la décadence ont été rapides et intenses. Dans ces cas, il peut se produire des modifications appréciables, mais il est toujours possible de constater l’identilé des dessins.
Pourobvicr à ces modifications, M. Galton a trouvé
(1) H. de Varigny, art. cité, p. 560.
une méthode « qui consiste à tracer par des points déterminés des lignes auxquelles on trace ensuite, par des points fixés d’avance, des perpendiculaires. On a, de cette façon, quatre secteurs dans l'un quelconque desquels il est plus aisé de se retrouver que dans l'ensemble du dessin ». Il est pourtant des cas où cette méthode d’identification offre des difficultés en raison de certaines différences, très faibles, mais appréciables seulement pour l’œil exercé. Il faut songer encore que ces différences peuvent être dues à l'imperfection de l’une des empreintes.
Les figures cr, b , c montrent de quelle façon, dans la réalité, deux crêtes peuvent se convertir en trois (ou réciproquement) ; par suite d'une petite défectuosité dans l’impression, on peut obtenir une empreinte qui ne correspond pas à la réalité. En supposant que du petit îlot de d, une partie seulement des bords s’imprime : les figures e et f résultantes sont dissemblables de l’original, et un vice d'impression transforme h et i en g dont ils diffèrent grandement (1).
Malgré les causes d’erreur possibles, malgré les variations qui peuvent se produire dans la réalité, l’empreinte digitale reste identique à elle-même, au cours de l’existence entière dans ses dispositions fondamentales. Sir William IIerschel, cité par Galion, l’a démontré en prenant des empreintes digitales des mêmes personnes et de lui-même, à plusieurs années d’intervalle (de 28 à 31 ans).
Dans les empreintes d’enfants comparées aux empreintes d’adolescents ou les empreintes d'adultes
(1) II. de Varigny, art. cité, p. 560.
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comparées aux empreintes des mêmes personnes ayant atteint au moins 55 ou 60 ans, il est facile de constater « que la similitude est nette, et que les années ne changent point l’empreinte ».
M. Galton squelettise ses empreintes ; il note chaque bifurcation ou confluence, chaque cratère ou îlot, et dans chacun des cas précités, il trouve de 27 à 55 points de comparaison « sous la forme de débuts ou fins de crêtes, de bifurcations ou confluences ». 8 sujets examinés ont fourni 296 points de comparaison, pas un seul n’a manqué à l’appel ; dans aucun cas, il ne s’est présenté une « différence dans le nombre des crêtes entre 2 points donnés », et « il n’est né aucune crête nouvelle ; aucune crête ancienne n’a disparu ».
L'empreinte digitale demeure, selon les recherches de Galton, constante et inusable dans son ensemble, l’immense majorité de ses moindres détails reste telle quelle.
M. Galton n’a vu qu’un seul cas où une crête « qui se bifurquait en partie chez l’enfant ne se bifurquait plus chez l’adolescent ».
On peut donc considérer « que le dessin digital, qui existe à partir du sixième mois de la vie intra-utérine, puisqu'il cette époque les crêtes sont développées et forment un dessin, demeure immuable depuis la naissance jusqu’au moment où, par la putréfaction, la peau se désagrège et se décompose, immuable dans ses dispositions fondamentales, immuable dans les moindres détails, tandis que les dimensions générales du corps et de ses parties s’altèrent avec le temps, que la couleur de la peau et des cheveux, l’ex-
pression, les traits, les gestes, l’écriture et la coloration de l’œil changent avec l’âge (1) ».
On peut croire que les différences entre les catégories de dessins sont faciles à distinguer ; dans la plupart des cas, elles le sont, mais pas dans tous, parce que les empreintes peuvent ne pas reproduire certaines portions de crêtes et certains détails du dessin digital qui décident de la place du dessin dans la classification. Pourtant, on arrive à reconnaître la nature exacte des dessins, et M. Galton montre « qu'en opérant la mensuration des éléments fournis par des empreintes de même espèce, squelettisées et pourvues des ligures géométriques voulues, on arrive à donner le schéma moyen » de l’espèce par la dimension des différentes lignes et le nombre des crêtes compris entre tels et tels points.
Cette méthode proposée est appliquée par M. Galton dans Naturcil Inheritance ; « elle consiste, en un mot, à recueillir les longueurs de différentes lignes géométriques idéales reliant différents points de repère réels et le nombre des crêtes compris dans une région donnée ; il est important de distinguer les mensurations faites sur le côté gauche de celles du côté droit : ce dernier offre un dessin plus ample ».
En ce qui concerne la variabilité des dessins d'un doigt à l’autre chez le même sujet, M. Galton dit : « J’ai des raisons de croire à l’hérédité des dessins digitaux. Je ne possède point les données voulues pour soumettre ma croyance à l'épreuve de l’investigation directe, mais celle-ci repose en partie sur
(1) II. de Varigny, art. cité, p. 561.
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l'analogie et en particulier sur l’existence assurée d'une tendance prononcée à la symétrie. Quand, par exemple, il y a un dessin primaire (a de la classification! sur l’un des pouces, il y a bien près de dix chances contre une pour qu'il se retrouve sur l'autre pouce. De même si un pouce présente une anse (ni par exemple), il y a de fortes chances pour que l’autre en possède une aussi. Il en est de même pour chaque paire de doigts correspondants (1). »
Les crêtes et sillons qui sont marqués en un point où les autres lignes font défaut, à l’extrémité des doigts, sur la face palmaire de la dernière phalange, ne sont pas le caractère exclusif de la phalange unguénalc ; les crêtes se retrouvent plus ou moins marquées sur toute la surface palmaire des doigts et dans la paume de la main, sauf sur l’éminence thénar, et, encore, cela peut être discuté ; au-dessus du poignet et à son niveau, les dessins disparaissent, de même sur les faces latérales des doigts et de la main; il n’en existe pas sur leur face dorsale, mais on en voit à la face plantaire du pied.
Ces dessins sont nets, délicats et complexes à la phalange unguénale, en l’un des points de la peau où la sensibilité tactile est la plus délicate.
La peau des doigts présente une grande finesse de sensibilité tactile, et cela est dû certainement à la
(1) Galton, cilé d’après art. Vaiugny, p. âü2.
considérable quantité de papilles qu'on y trouve. Des recherches anatomo-histologiques nous ont montré qu’il y a une relation étroite entre ces papilles et les arabesques des doigts.
Pour répondre à la question « à quoi correspondent les lignes papillaires», il faut analyser les travaux de Purkinje, Alix, Kollmann et surtout ceux de Galton, Féré et Forgeot.
Purkinje, en 1823, a été le premier auteur qui ait cherché à grouper les divers dessins de la peau: on lui doit le dessin du pouce connu sous le nom de « vortex duplicalos ».
En 1883 Kollmann (1) a donné comme conclusion « que les sillons correspondent à l’intervalle entre les papilles, alors que les crêtes séparées par les sillons renferment les papilles et l'orifice des glandes sudoripares ». Chacune des papilles serait, d’après cet anatomiste, « bicéphale et se termine par deux pointes divergentes, à la façon des branches divergentes d’un Y ». Les canaux sudoripares passent entre les branches adjacentes des Y juxtaposés, et si l'on représente ces canaux par I on a, à la suite, YIYIYIYIY qui représentent des coupes de crêtes; la crête est « figurée par l'union d'un I avec les branches adjacentes des deux Y voisins, alors que les sillons correspondent à l’intervalle que laissent entre elles les branches divergentes de chaque Y (2) ».
D'après la classification de Galton, les lignes
(1) A. Kollmann, l)er Taslapparal der Iland, 1883.
(2) D’après II. de Yarigny, Les empreintes digitales d'après Gallon [Revue scientifique , I. xlvii, n° 18, 2 mai 1801, pp. 557-563).
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papillaires de la lace palmaire ou plantaire des phalanges présentent une disposition générale constante : 1° « il existe à la base de la phalangette, parallèlement au pli articulaire, des lignes papillaires transversales »; 2° « tout le pourtour de la phalangette est parcouru par des lignes elliptiques, dont les postérieures présentent graduellement une concavité moins prononcée, de sorLe que dans quelques cas elles finissent par confondre leur direction avec les lignes parallèles de la hase » (1).
Galton nomme cette disposition forme primaire.
« Les lignes transversales et les lignes elliptiques laissent entre elles, le plus souvent, un intervalle qui se trouve rempli par des lignes papillaires de formes diverses. »
Ces dessins surajoutés dans l’interligne se sont formés, selon Galton, « en raison de la présence de l’ongle », ils peuvent manquer « quand l’ongle existe sans déformation ni anomalie et on les retrouve entre les systèmes des lignes courbes et longitudinales de l’éminence hypothénar ».
Si l'espace est symétrique, il est limité latéralement par deux angles répondant aux points de rencontre des lignes elliptiques et des lignes transversales.
Les angles peuvent manquer et il faut alors « construire leur position symétriquement, relativement à une ligne passant par le centre de la figure qui remplit l’espace ».
il) Ch. Féré, Noies sur les empreintes clés doigts et Comptes rendus de la Soc. biol., 1891, n°23, 27 juin : « Du grosorteil. » — Il résume toules les recherches de Galton et nous utilisons son analyse.
« Nommons C l’angle, écrit Ch. Féré, dont le sommet est dirigé vers le bord cubital de la phalangette et R celui qui se dirige vers le bord radial ; appelons A la dernière crête elliptique qui limite l'espace en avant, et P la première ligne transversale qui le limite en arrière. Ces deux* lignes peuvent présenter avec C et R des rapports différents. »
La classification de M. Galtox s'accorde avec celle de M. Forgeot et ne diffère de celle de M. Féré que par un changement des lettres employées : A.P.R.C., au lieu de S.B.W.V. de Galton, ce qui d’ailleurs n’a aucune importance.
Dans les deux cas, écrit M. Forgeot, les figures sont schématisées en 41 types différents :
1° Les lignes A cl P passent en R et C en circonscrivant un espace libre régulier. Ce dernier peut être rempli par des lignes antéro-postérieures, figure très rare chez l'homme, mais signalée par Alix chez les singes anthropoïdes. L’espace est rempli, le plus souvent, par des lignes concentriques en cercle ou en spirale plus ou moins allongée. C'est le type RAC-RPC de Féré qui correspond à WSB-WYB de Galton ;
2° Les deux lignes A et P passent chacune par un angle différent, d’où la formule AC-PR et AR-PC de Féré pour SW-WVB de Galton.
3° Les lignes A cl P ont un point de commun, soit le seul point commun C ou R, d’où les deux formules : AR-PR de Féré correspondant à SY-BY de Galton et AC-PC analogue de SW-BW du même.
4° L’une des lignes A ou P passe par les deux points C el R et l’autre ligne par un seul de ces points, d’où :
LES EMPREINTES DIGITALES
RAC. PR de Féré et WSV. BV de Galton.
RAC. PC — pour WSV. BW
RPC. AB — — WBV. WS