MÉTHODE DES RECHERCHES PERSONNELL
pour suivre la formation des soi-disant lignes le la main depuis le jour de la naissance jusqu’aux é[ oques les plus lointaines, où il me fut possible de suivre mes recherches.
M»ie Fraya, avec une pénétration hors ligne, se trompa rarement, si rarement que j’en fus stimulé à poursuivre mes recherches et à essayer de saisir le mécanisme de son travail mental. J’espère pouvoir publier sous peu le résultat de mes recherches sur 1’ « intuition », où je tenterai d’exposer une conception nouvelle de cette admirable sensibilité humaine subconsciente. Non seulement la compétence chiromancienne de certains sujets est à l’abri de toute critique, mais ils sont doués de cette faculté (si ce terme philosophique peut être encore utilisé en psychologie), de celte possibilité mystérieuse à plus d’un litre.
Si les chiromanciennes possèdent une science pratique assez sûre, le problème peut se résoudre par la connaissance de sa technique et de ses données fondamentales. J’ai exposé, d’après les plus remarquables chiromanciennes et chirognomoniennes, et particulièrement d’après Mn,e Fraya, dont j’ai loué plus haut l’admirable perspicacité, et d’après les auteurs classiques de l’antiquité et des temps modernes, les quelques données sur lesquelles toute leur science repose. Je parlerai ensuite de mes recherches et de l’hypothèse que je forme pour l’intelligence de celle science, occulte en apparence, mais en réalité fort claire.
J’oublie de dire à quel point les œuvres d’art m’ont aidé dans ma tâche expérimentale : le dessin d’une
main, un pied modelé par un artiste de grande valeur me précisent toute une psychologie... Il faut ajouter encore des nombreuses recherches de laboratoire sur la motilité de la main, sur des sujets normaux ou anormaux et sur « l’image motrice » que j'essayerai de préciser plus loin.
J’ai exposé ici quelques-uns de mes résultats les plus précis, soit sur la physionomie de la main, soit sur les empreintes digitales, soit sur la psycho-physiologie de la main ; dans le chapitre suivant, j’examine la question de l’image motrice.
l’image motrice
Il n est pas dans mon intention de faire ici l'historique du sens musculaire; il sera fait ailleurs et dans un autre travail.
Grâce aux recherches physiologiques, cliniques et psychologiques, on sait aujourd’hui que la sensibilité à la douleur, la sensibilité thermogène et la sensibilité musculaire sont des sensations distinctes, bien définies et indépendantes fonctionnellement des sensations tactiles. Les idées et les doctrines varient, et elles sont malheureusement nombreuses ; les faits, pourtant, plaident pour l’existence d'une sensibilité musculaire toute particulière. La notion est certainement récente, et les dernières recherches histologiques sont sur le point de nous préciser même les voies du trajet sensitivo-scnsoriel musculaire. Darwin fut un des premiers auteurs qui parla d’une sensibilité dite « d’extension », distincte de la sensibilité tactile ; mais la remarque de cet auteur est confuse, et, à tort, on a voulu retrouver dans sa dénomination les traces
de la « sensation d’activité musculaire ». Comme nous l’avons dit, c’est à Charles Bell que nous devons, quoique habituellement on oublie ce fait, la distinction psycho-physiologique nette d'une sensibilité musculaire propre et bien définie. Weber fit plus tard un sens spécial, et le subtil Gerdy, qui paraissait ignorer les travaux de Cii. Bell, la dénomme « sentiment d’activité musculaire ». Les travaux de Duciienne de Boulogne, Landry, Weber, Wundt, Schiff et Bastian précisèrent les hésitations initiales et la variabilité des impressions diverses développées par les auteurs.
Duchenne de Boulogne (1) fut un des premiers après Ch. Bell qui mit en lumière l’existence de la sensibilité électro-musculaire et son identité avec le sens musculaire de Ch. Bell, ou plutôt l'existence de la sensibilité musculaire. On contestait avant Duchenne la sensibilité électro-musculaire; il la démontra expérimentalement, et il revint à la charge à plusieurs reprises dans son œuvre. On trouvera dans la seconde édition de son Eleclriscilion localisée (2) la critique assez sévère et juste adressée au physiologiste allemand Remak, qui était partisan de la doctriue de
(1) Duchenne de Boulogne, De l'èleclrisalion localisée el de sou application à la physiologie, à la pathologie el à la Ihéra- Dculiquc. Paris, Baillière, 1 vol., 1855, 926 p.
(2) Duchenne de Boulogne, De l'èleclrisalion localisée ; c I 2éd. 1861, 1046 p. ; p. 389, ch. xn.