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FERMENTATION ACIDE DE L'UBINE

répétées pendant cinq jours ; nous avons trouvé entre ces deux modes d'opérer des différences de quelques centigrammes de potasse seulement; comme l'acidité de la quantité des vingt-quatre heures a été tantôt plus considérable, tantôt moins, on ne peut imputer ces différences à la fermentation qui se produirait dans l'espace de vingtquatre heures; elles proviennent des erreurs obligées produites parles mensurations, les pertes ou les dosages.

Il est bien entendu qu'il faut tenir les vases dans un grand état de propreté et les laver à l'acide de temps en temps.

Ainsi, ayant mis une même urine, partie dans un vase propre et partie dans un vase ayant contenu des urines ammoniacales, je constatai pour la première une augmentation d'acidité au bout de cinq jours; pour l'autre, diminution graduelle d'acidité et alcalinité au bout de neuf jours. L'alcalinité n'est survenue dans le vase propre qu'au bout de vingt-deux jours.

Maintenant que nous croyons avoir répondu aux objections qu'on pouvait nous faire, nous n'avons pas à nous étendre davantage sur la fermentation de l'urine.

Nous dirons seulement que dans les expériences que nous avons faites, l'acidité a augmenté, dans la plupart des cas, au bout de quelques jours, le plus souvent trois, quatre, quelquefois deux et jusqu'à neuf et quinze jours. Cette augmentation durait deux ou trois jours, quelquefois un seul jour; puis diminution de l'acidité. Enfin alcalinité vers le quinzième, le vingtième et jusqu'au trentième jour. Nous avons remarqué, ce que disent du reste les auteurs, que l'acidité baisse rapidement les jours précédant l'alcalinité.

11 nous est arrivé deux ou trois fois de ne pas constater d'augmentation d'acidité; nous signalons le fait sans l'expliquer.

Alimentation. — L'alimentation exerce une influence incontestable sur l'acidité de l'urine. Cependant nous nous sommes contenté, dans l'observation de l'acidité à l'état normal, de prendre nos repas à des heures régulières, d'exclure les boissons et les aliments qui auraient pu avoir une influence notable, comme les eaux gazeuses et la salade, et d'ingérer à peu près la même quantité d'aliments et de boissons.

Qu'on ait mangé du boeuf ou du mouton, un peu plus ou un peu moins de légumes, les variations de l'acidité des urines ne sont pas notables, et ne peuvent être saisies, distinguées de celles tout aussi sensibles provenant du plus ou moins de sommeil, du plus ou moins de travail, etc. A notre avis, un régime uniforme aurait eu plus d'inconvénients que d'avantages, car l'estomac ne s'habitue guère à cette uniformité, et les troubles de la digestion réagissent d'une manière notable sur l'acidité urinaire.

VARIATIONS DE LA. RÉACTION DE I.'URINE DANS LES DIVERSES ÉMISSIONS DE LA JOURNÉE

Nous avons fait pour cette étude deux séries d'expériences. Une première série au mois d'octobre ; nous faisions alors un service d'interne à la Charité ; grâce à l'obligeance des internes de cet hospice, nous avons pu

observer les urines de six adultes, soumis au même régime et aux mêmes occupations. Nous avons fait une deuxième série d'expériences de dix jours au mois de janvier, par scrupule et comme moyen de contrôle.

Ces dernières observations ont cependant été faites avec plus de méthode, car, connaissant déjà les influences auxquelles était soumise la réaction de l'urine, nous avons réglé nos émissions de manière à faire ressortir davantage ces influences.

D'une manière générale, la courbe de la réaction journalière présente une ligne ascendante du premier repas jusque après la digestion du dîner, et une ligne descendante de ce dernier repas au déjeuner suivant. La pointe de cette ascension, c'est-à-dire le maximum d'acidité, a lieu vers dix heures ou onze heures du soir.

Premier temps d'ascension correspondant à la digestion du premier repas, arrêt ou descente légère avant le dîner; deuxième temps d'ascension plus considérable que le premier à la digestion du dîner, puis arrêt et descente rapide le plus souvent jusqu'à la réaction neutre et alcaline.

Voilà le résumé de ce que nous appelons la courbe normale de l'acidité journalière.

Ceci est vrai pour l'acidité relative, c'est-à-dire l'acidité de 100™'; mais les résultats sont encore plus tranchés pour l'acidité absolue, qui est l'acidité de toute l'émission d'urine. La quantité d'urine sécrétée après les repas est en etfet bien plus considérable que pendant le sommeil et avant les repas. Aussi l'acidité absolue accentue ces périodes d'ascension d'après les repas ; par contre, les périodes d'arrêt sont généralement transfor-

mées eu lignes descendantes ; les descentes elles-raêmef. deviennent plus rapides.

Cette courbe est constamment la même, si l'on a soin d'avoir des émissions à des heures à peu près fixes. Il faut avoir 6 émissions dans la journée pour saisir nettement les influences principales : avant déjeuner, après la digestion, avant dîner, après dîner, au coucher et au lever.

Mais si l'on urine à des heures irrégulières, on obtient des modifications de la courbe normale; on peut avoir même des résultats tout opposés, car on arrive à attribuer à une intluence ce qui appartient à une autre ; c'est un écueil dans lequel sont certainement tombés quelques observateurs. Nous allons donc reprendre chaque période de la journée, et nous verrons les divers cas qui peuvent se présenter.

Après déjeuner. — Il nous est arrivé souvent d'uriner peu de temps après les repas, quelquefois presque immédiatement, mais jamais nous n'avons trouvé nos urines alcalines, ni même neutres. Nous avons à citer une seule exception à cette règle : c'était le lendemain du dîner de l'internat, nous avons trouvé nos urines alcalines peu de temps après le déjeuner; il en a été de même chez un de nos amis placé dans les mêmes circonstances. Pour des raisons que l'on comprend facilement, nous avions au déjeuner peu d'appétit et une soif intense. Par l'observation des mictions successives, nous avons été convaincu que l'acidité d'abord peu intense augmentait graduellement en même temps que la digestion s'accomplissait jusqu'à 4 heures environ après les repas.

Avant le dîner. — L'urine de la digestion excrétée,

la miction précédant le dîner est un peu moins acido, mais il est bien entendu que l'on n'observe pas cette di minution d'acidité s'il n'y a eu qu'une seule émission après le déjeuner et peu de temps après ce repas.

Après le dîner. — Pour le dîner, on peut faire les mêmes observations. Ici l'acidité monte plus haut qu'après le déjeuner; le maximum a été vers 10 heures ou 11 heures, suivant l'heure du dîner, qui avait lieu à 6 heures à la Charité, et plus tard à 7 heures.

Au lever. — L'urine du matin, après le sommeil, est généralement assez acide; assez souvent c'est la plus acide de la journée, après celle du dîner toutefois, qui occupe toujours le premier rang. Cette acidité considérable do l'urine de la nuit est purement artificielle, elle vient quelquefois de ce fait que l'on n'a pas excrété toute l'urine de la digestion du dîner. Mais la principale raison provient du temps relativement considérable auquel correspond cette acidité ; la preuve qu'il en est ainsi, c'est que l'urine des émissions suivant la digestion du dîner est relative ment peu acide.

On le voit, l'excrétion de l'urine qui se fait d'une manière capricieuse, irrégulière, est ici un élément d'erreur que l'on peut éviter en la soumettant à certaines règles.

C'est pour expliquer la réaction de l'urine du sommeil que le besoin d'une évaluation spéciale se fait sentir. On compare ici, en effet, l'acidité éliminée dans l'espace de 8 à 9 heures à celle formée en 2 ou 3 heures.

Donc, la seule évaluation concluante est l'évaluation par heure de l'acidité formée sous, chaque influence.

En comptant ainsi, l'acidité du sommeil est l'une des plus faibles; c'est ce qui devait être, car nous avons tou-

jours été confondu des raisons alléguées pour expliquer la grande acidité de l'urine de la nuit.

Avant le déjeuner. — Nous arrivons maintenant à la période de la journée la plus intéressante sous le rapport de la réaction de l'urine. Dans la matinée, à jeun, nous avons trouvé le plus souvent une réaction neutre, assez souvent une réaction alcaline, quelquefois seulement une réaction peu acide.

Nous nous étendrons un peu sur ces résultats peu con nus et qui nous paraissent importants.

A la Charité, nous avions habituellement une émission d'urine à 9 heures; la suivante, celle de 11 heures, avant déjeuner, était ordinairement alcaline. Plus tard, avec une émission à S heures, à? heures, nous trouvions également cette réaction à midi, avant déjeuner ou une réaction neutre. Ces résultats nous ont bien étonné au début, nous nous attendions à les trouver après les repas ; on nous faisait d'ailleurs des objections vives.

Nous avons trouvé aussi cette réaction neutre ou alcaline chez un de nos amis aussi souvent que chez nous ; nous l'avons observée égalementchez deux ou trois autres. D'ailleurs nous ne pouvions pas nous tromper, l'observation est ici trop simple.

Cette réaction neutre ou alcaline n'est pas constante. M. Drivon, si compétent en urologie, ayant fait des recherches sur la réaction des urines, nous a assuré ne l'avoir jamais trouvée. Nous ne l'avons pas observée non plus chez deux de nos amis. Il se peut donc très bien que cette réaction ne se trouve pas chez tous les individus ; mais chez tous, nous affirmons qu'il y a dans la matinée et à jeun un minimum d'acidité de l'urine.

Chez nous-même, l'urine d'avant le déjeuner a été quelquefois faiblement acide. C'était par exemple lorsque la première émission du matin avait eu lieu de bonne heure, à 5 ou 6 heures du matin ; toute l'acidité de la nuit n'avait pas été éliminée. Nous n'insist(ms pas sur cette cause de l'acidité à jeun, car elle est artiticielle. La véritable cause d'une réaction acide à jeun a été chez nous des fatigues de diverse nature : émotions, fatigue musculaire après la marche, par exemple, travail intellec tuel, nuit passée dans Tagitation ou l'insomnie.

Les circonstances dans lesquelles nous trouvons la réaction acide ou alcaline avant déjeuner sont chez nous si précises, que nous pouvons prédire la réaction sans crainte de nous tromper.

Nous serons très sobre de chitfres ; nous ne présenterons que l'évaluation par heure de l'acidité dans les diverses période!; de la journée. Pendant la digestion du déjeuner, nous avons trouvé une acidité correspondant à 0",09-0S13 de potasse; avani le dîner 0,05-0,08; pendant la digestion du dîner 0,14 0, 18; pendant le sommeil 0,04-0,07.

Pour la période suivant le lever, nous avons dit que la réaction était neutre, alcaline ou faiblement acide.

Ainsi, d'après les résultats que nous avons obtenus, l'acidité de l'urine est en rapport intime avec les repas. Si on les avance ou si on les retarde, elle avance ou retarde dans la même proportion. L'acidité augmente graduellement au fur et à mesure que la digestion s'accomplit; la digestion terminée, l'acidité diminue.

Les acides de l'urine étant considérés comme les produits de la combustion organique, on voit que leur for •

uialiou a lieu après riiigestion d'aliments, c'est-à-dire de combustible.

Il n'y a que deux maxima d'acidité, lorsque l'on ne fait que deux ingestions d'aliments. Nous avons vu en effet que le maximum d'acidité du sommeil était purement artificiel, et qu'à cette période de la journée il se formait, au contraire, peu d'acidité. On conçoit facilement, du reste, que pendant le sommeil le foyer s'apaise, alors que certaines fonctions cessent et que toutes se font avec moins d'énergie. La matinée étant la période de la journée la plus éloignée des repas, c'est alors que l'acidité doit être la plus faible. Alors non -seulement le feu s'apaise, mais il semble s'éteindre, il n'y a plus d'acidité, il y a même de l'alcalinité.

Quelquefois cependent, sous l'influence de certaines excitations, le feu se rallume, il y a une acidité anormale très remarquable. Il se produit une nouvelle combustion, cette fois sans le combustible naturel, les aliments ; cette combustion emprunte forcément ses éléments à l'organisme ; suivant l'immortelle comparaison de Lavoisier, nous sommes alors des combustibles qui brûlons et nous consumons. C'est l'autophagie.

Mais pourquoi l'autophagie ne survient -elle pas plus tôt, aussitôt que l'organisme manque de combustible ? Pour nous, nous en trouvons l'explication dans l'observation du pouls et de ses variations dans la journée.

Il était en effet intéressant de savoir quelle relation il pouvait exister entre l'acidité, produit de combustion, et la circulation.

Nous avons d'ailleurs été amené à cette recherche par

une similitude absolue trouvée chez un malade entre la courbe du pouls et celle de l'acidité.

Dans ce cas, le rapprochement n'a pas été forcé ; le pouls avait été pris soigneusement à la visite du matin, par M. le professeur Lépine, et la courbe construite par lui-même. De notre côté nous avions construit la courbe de l'acidité.

Nous avons pensé qu'il devait y avoir quelque chose de semblable pour les variations journalières de l'aci dité.

Le résultat a pleinement confirmé nos prévisions Nous nous sommes observé pendant trois jours ; nous comptions le pouls pendant une minute tous les quarts d'heure ou toutes les demi -heures. Nous avons trouvé au lever 64, 66, 68 pulsations et cela jusqu'au déjeuner. Après ce repas, pouls à 78, 80, jusqu'à 84; le pouls diminuait un peu de fréquence un certain temps avant le dîner. Après le dernier repas, accélération considérable, 85 jusqu'à 88 et 90 pulsations. Puis, vers 11 h. ou minuit nouvelle diminution de fréquence. Nos résultats s'accordent complètement avec ceux qu'a trouvés Btierensprung en Allemagne. Prompt ' donne aussi les mêmes résultats, mais il trouve un troisième maximum de fréquence du pouls entre 4 et 6 heures du matin et il voit un rapport do causalité entre ce maximum et une prétendue érection physiologique qui arriverait à ce moment. Pour nous, nous n'avons pas fait d'observation la nuit (comme on l'a faite d'aileurs, aliène pouvait être exacte). Au coucher, le pouls

2 Recherches sur les variations physiologiques de la fréquence du po ils Archives de médecine, 186b.)

élait relativement lent; il l'était aussi au lever; nous avons présumé qu'il en était de même pendant le som ■ ineil.

On le voit facilement , c'est absolument la courbe de l'acidité de l'urine, avec une modification , la courbe de l'acidité retarde un peu sur celle du pouls. Le maximum de l'acidité se trouve à la période de pleine digestion; le maximum du pouls suit immédiatement le repas.

Gomme le sang- est le vecteur de l'oxygène, on pourrait comparer les pulsations du cœur, qu'on me passe l'expression, à des coups de soufflet sur le feu.

Revenons, après cette digression peut-être un peu longue, à l'urine de la matinée, qui est neutre, ou alcaline. 11 n'y a pas alors d'acidité et d'autophagie, parce qu'il n'y a pas do combustible, et qu'il y a un rallentis sèment considérable du pouls. Mais il y a de l'acidité et de l'autophagie , si le pouls devient fréquent sous l'intiuence de diverses excitations. 11 y avait autophagie, et accélération considérable du pouls, par exemple, la matinée où nous dûmes entreprendre une opération de trachéotomie à la Charité : l'acidité de l'urine fut excessive.

Il y a aussi acidité de l'urine si l'on pratique l'abstinence prolongée.

On le voit, lorsqu'on commence par observer, qu'on ne devance pas les faits, tout s'enchaîne, s'explique facilement sans avoir recours à des hypothèses et à de longues théories.

Si nous consultons les auteurs sur l'acidité de l'urine dans les diverses émissions du jour, nous voyons qu'on trouverait difficilement une question plus controversée.

Un seul auteur nous paraît avoir bien observé, c'est

DISCUSSION DE.s RESULTATS 39

Delavaiid ; mais, ne se servant pas de solution alcaline, il n'a pu titrer l'acidité de l'urine ; il n'a donné d'ailleurs que les grandes variations de l'acidité. L'urine est acide toute la journée, dit-il, excepté dans la matinée, où elle est le plus souvent neutre ou alcaline ; elle présente un maximum d'acidité après le dîner. Delavaud parie d'un minimum d'acidité à 11 heures du soir; il n'existe pas ; pour l'urine du sommeil, l'auteur la trouve très acide sans donner la cause de cette acidité ; il n'a pas constaté non plus la diminution de l'acidité avant le dîner.

Bence Jones, Roberts, Mal}^, Bjasson, disent que l'urine est peu acide après les repas ; elle est même, d'après eux, neutre ou alcaline. Ce résultat est contraire à celui que fait constater une saine observation; cependant les auteurs ne sont pas embarrassés pour donner une théorie; loin de là, ils en donnent plusieurs, chacun donne la sienne. Que disons-nous, il est bien possible que l'on a commencé par éditîer la théorie, l'on a observé ensuite.

Pour Bence Jones, cité par Golding Bird, il n'est pas une de ses propositions qui ne soit la négation de celles que nous avançons. Cet auteur veut que, par un certain équilibre compensatoire dont on parle beaucoup et que l'on connaît peu, l'acidité de l'urine diminue pendant que la sécrétion du suc gastrique augmente. Ainsi d'après lu', l'urine est à son minimum d'acidité lorsque le contenu de l'estomac possède lui-même un degré d'acidité extrême et vice versa. L'urine rendue très longtemps après le repas, est généralement d'une acidité excessive ; d'après cette assertion, l'urine de la matinée, surtout celle d'avant déjeuner, devrait être d'une acidité extrême; elle est au contraire alcaline. La décroissance de l'acidité, d'après

Bence Jones, atteint son maximum 3 heures et plus encore, 4, 5 heures après le dîner. C'est précisément à ce moment que nous avons trouvé, et cela constamment et chez tous, le maximum de l'acidité. Poursuivons. Avec une diète animale, seule, dit Bence Jones, la diminution d'acidité est plus rapide qu'avec une diète mixte et une diète végétale. Bence Jones soutient toutes ces erreurs pour bien montrer le rôle du suc gastrique sur l'acidité de l'urine; la sécrétion du suc gastrique acide rendant le sang plus alcalin, l'urine serait par là même alcaline. Il est possible, dit Vogel à ce sujet, que l'alcali laissé par l'acidité du suc gastrique retourne dans la bile et que l'alcalanité du sang ne soit pas modifiée. Il est bien plus simple et peut-être moins hypothétique de dire qu'il se forme plus d'acidité dans le sang pendant la digestion qu'il ne s'en échappe par le suc gastrique.

Roberts dit également que l'urine, presque toujours acide, peut devenir alcaline 2 ou 3 heures après les repas. Pour Roberts, ce n'est plus le suc gastrique qui est l'agent de cette réaction, c'est l'absorption de sels alcalins provenant des aliments. Ceci est vrai pour une nourriture végétale, mais non pour un régime mixte.

Avec Bjasson, nous voyons l'ingestion des boissons entrer en scène et diminuer l'acidité après les repas, l'urinela moinsacide est celle qui suivrait le premier repas. Byasson, comme les auteurs précédents, dit que l'urine du sommeil est la plus acide ; il sent même le besoin d'une deuxième théorie pour expliquer l'acidité relative del'urine du sommeil et celle de la matinée. L'urine du sommeil, dit-il, correspond à la période d'activité ; son acidité résulte de l'élimination des produits de la veille. Et pourquoi ces

produits soiit-ils éliminés pendant la nuit ? c'est, d'après Byasson, parce que le sommeil est paisible et réparateur. C'est précisément ce calme paisible du sommeil qui nous a fait dire que l'urine de la nuit est l'une des moins acides. L'urine de la matinée, qui est moins acide, correspondrait à la nuit, d'après l'auteur, c'est-à dire à une période de repos. On le voit, Byasson pense que les transformations se font lentement ; le jour ne fait sentir son influence sur l'acidité de l'urine que la nuit suivante et la nuit réagit sur le jour suivant. Byasson, préoccupé de l'acidité considérable de l'urine du sommeil et ne sachant l'expliquer, a pu s'en tirer par cette hypothèse.

Cet auteur ne se servait pas de papier réactif, il mélan geait la teinture de tournesol à l'urine ; ce procédé est rendu très- défectueux à cause de la couleur propre do l'urine, qui ne permet pas de voir nettement le moment où l'on est arrivé à la réaction neutre.

Des auteurs plus récents, Neuhauer et VogeU,formu lent ainsi les variations de l'acidité urinaire dans la journée : réaction acide constante ; on trouve par heure, le plus d'acidité pendant la nuit ; c'est le matin qu'on en trouve le moins et après les repas, acidité moyenne. Ainsi Vogel méconnaît l'influence des repas, la seule vraie, la seule active ; il croit, conmie Byasson, à une élimination intense d'acidité pendant la nuit. Nous ne pouvons pas du tout nous expliquer comment Vogel , suivant une bonne méthode, l'évaluation de l'acidité par heure, a pu tomber ainsi dans l'erreur la plus absolue. Pour nous, l'évaluation par heure nous a donné des résultats si tran-

i De Vurine et des sédiments urinaires (2° édition 1877).

chés, qu'étant donnés pour les diverses urines de la journée, leur acidité respective et le nombre d'heures correspondantes à leur formation, il nous semble qu'on peut dire sans craindre de se tromper, telle urine appartient à la digestion du déjeuner, telle autre au dîner, celle-ci au sommeil, celle-là à la matinée.

Armand Gautier ^ cite Roberts et Delavaud, c'est-àdire doux auteurs qui ont des opinions absolument différentes sur la réaction de l'urine ; il semble adopter l'opinion de Roberts, qui veut que la réaction soit neutre ou alcaline 2 ou 3 heures après les repas.

Ch. Robin, dans ses leçons sur Jes humeurs, donne également les résultats de Delavaud ; puis, plus loin, il présente les diverses théories de Bjasson sur la réaction do r urine du sommeil et des repas.

Les auteurs sont donc loin d'être d'accord sur les variations de la réaction urinai re dans la journée et surtout sur les causes de ces variations.

Cependant l'opinion la plus généralement admise par les auteurs de chimie biologique est que l'acidité diminue après les repas, pendant la digestion. C'est de ce côté quft l'on se range forcément lorsque l'on n'expérimente pas soi-même.

Ainsi, voici comment s'exprimait tout récemment M. Canard^ (thèse inaugurale) : «Tout le monde sait que l'urine, très acide le matin à jeun, devient neutre et même présente dans certains cas une réaction alcaline

1 Loc. cit., t. II, p. 10.

2 Essai sur l'alcalinité du sang dans l'état de santé ft dans quelques maladies (1878, thèse de Paris).

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