‹ Essai sur la rédemption [microform]Chapitre 16 sur 51 · Summa theologica, 3, qu. 48, art · texte numérisé non relu

Summa theologica, 3, qu. 48, art

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mais surabondante, pour les péchés du genre humain. Il y a un bien si considérable dans le sacrifice du Christ que Dieu, trouvant ce bien dans la nature humaine, est apaisé quant à l'offense du genre humain tout entier. Par sa souffrance volontaire, le Christ a mérité sa glorification. Et ses fidèles vont en bénéficier, étant les membres de son corps. « C'est, dit saint Thomas, comme si un homme se rachetait d'un péché qu'il aurait commis avec ses pieds par une œuvre méritoire qu'il, aurait accomplie avec sa main ».

Il y a beaucoup d'autres choses qu'il serait intéressant de relever dans cette argumentation approfondie de saint Thomas. Malgré son ampleur, toutefois, elle comporte des lacunes. Ainsi, l'idée d'une souffrance expiatoire y est à peine esquissée. Saint Thomas n'admet pas que le sacrifice du Christ opère un changement dans les dispositions de Dieu, en ce sens que Dieu aime tous les hommes quant à la nature dont il est l'auteur, et qu'il les hait quant à la faute. Il n'est donc pas réconcilié en ce sens qu'il nous aimerait de nouveau, mais en ce que, par la Passion du Christ, la cause de haine est enlevée.

L'idée d'expiation n'étant pas présentée dans sa rigueur par saint Thomas, la satisfaction offerte à Dieu par le sacrifice du Christ étant simplement la meilleure voie, Duns Scot pouvait aisér

ment introduire l'arbitraire dans l'explication de la Rédemption.

Saint Thomas, toutefois, n'en reste pas à l'antithèse d'Anselme : peine ou satisfaction. Il maintient le rôle de l'élément pénal proprement dit dans la Rédemption ; et pour lui, pratiquement, le châtiment et la satisfaction se confondent II considère toute la vie du Christ, et non la croix seulement, comme une Passion, et c'est là un progrès certain.

Tout autre est l'attitude de Duns Scot. Il considère que Dieu a accepté le sacrifice du Christ parce qu'il lui a plu de s'en contenter, donnant ainsi librement, et on peut le dire, arbitrairement, sa valeur à un acte qui la reçoit tout entière de lui. C'est le créancier qui se contente d'un acompte. Il reçoit satisfaction, en définitive, parce qu'il lui plaît de se déclarer satisfait. Il ne faut point parler ici d'infinitude : le péché lui-même n'a rien d'infini, étant commis par des êtres finis, et les mérites du Christ ne sont pas infinis. Christ ayant souffert selon sa nature humaine, laquelle n'était pas infinie. A quoi bon, d'ailleurs, des mérites infinis, puisque Dieu peut taxer des mérites ' quelconques aussi haut qu'il lui plaît ? Est méritoire, ce que Dieu a déclaré tel. Enfin, les mérites

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de Christ n'obtiennent aux hommes que la gratia prima, c'est-à-dire que le salut est désormais possible, mais qu'ensuite, de possible, il faut encore qu'il devienne réel. Ceci, c'est l'affaire des œuvres.

Le Concile de Trente a donné, selon l'expression de l'abbé Rivière, droit de cité à l'idée scolastique de satisfaction^. Il n'y a au péché originel d'autre remède que le mérite de notre unique médiateur, Jésus-Christ, qui nous a réconciliés avec Dieu par son sang {Sess. VI, 7). Par sa très sainte Passion, il nous a mérité la justification, et, pour nous, il a satisfait Dieu le Père.

Le catéchisme romain va préciser ce qu'il faut entendre par satisfaction. C'est le paiement intégral : <( Qui dit assez, suppose que rien ne manque. La satisfaction n'est donc pas autre chose que la compensation d'injures faites à autrui ». Ainsi, quand l'homme offre quelque chose à Dieu pour les péchés qu'il a commis, il y a satisfaction. <( La première et la plus éminente, celle qui a apaisé Dieu, nous en sommes redevables au Christ qui a payé sur la croix le prix de nos péchés et

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