‹ Essai sur la rédemption [microform]Chapitre 18 sur 51 · Opéra, éd. d'Iéna, IV, p · texte numérisé non relu

Opéra, éd. d'Iéna, IV, p

le péché de Paul, lequel fut blasphémateur, persécuteur et violent ; de Pierre, qui renia Christ ; de David, qui fut adultère, homicide. En résumé, il a et porte dans son corps. tous les péchés des, hommes. On dira : C'est chose souverainement absurde et irrespectueuse d'appeler le Fils de Dieu un pécheur et un maudit Je réponds : Si vous vouliez nier cela, niez aussi qu'il a souffert, qu'il a été crucifié et qu'il est mort, car il n'est pas moins absurde de dire que le Fils de Dieu a été crucifié, qu'il a subi les peines du péché et de la mort, que d'affirmer qu'il fut un pécheur et un maudit » ^.

Mais les outrances du prédicateur populaire ne doivent pas nous égarer sur la pensée véritable du théologien. Il y a ici une façon d'exalter le sacrifice du Christ, consentant, pour parler le langage de son apôtre, à être anathème pour le salut de ses frères. Et les détracteurs de Luther, tout en citant avec une complaisance évidente les textes du commentaire des Galates, ne s'y sont pas trompés.

D'ailleurs, l'excès même la doctrine finit par l'atténuer. Qu'est-ce qu'un pécheur qui n'a point commis de péché et qui ne revêt ceux d 'autrui que sur l'ordre exprès de Dieu ?

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