‹ Essai sur la rédemption [microform]Chapitre 22 sur 51 · Zur Versôhnungslehre (Gôttingen., 1893), p. 69. G. Ibid · texte numérisé non relu

Zur Versôhnungslehre (Gôttingen., 1893), p. 69. G. Ibid

Il fa^t reconnaître la cohérence et la beauté de cette doctrine.

Mais comment éliminer l'élément pénal, tout en maintenant cette idée d'une représentation de l'humanité devant Dieu? Ce qui attire l'homme vers le Christ, n'est-ce pas justement l'idée que, dans son sacrifice et par lui, il représente l'humanité ? Si le Christ n'a pas payé pour nous, en quoi nous représente-t-il devant Dieu ?

Là est, semble-t-il, le point faible de ces théories qui cherchent à rendre compte de l'expérience religieuse sans faire appel à une autre donnée que la révélation, en Christ, de l'amour de Dieu.

La théorie morale de la Rédemption a revêtu, en France, d'autres formes. Vinet, qui avait commencé par défendre la solution orthodoxe, se trouva conduit, vers la fin de sa vie, à l'abandon des positions traditionnelles. (( Je ne puis croire à la substitution, écrivait-il en 1844, la translation de la coulpe sur l'innocent est décidément contredite par nos notions morales ».

Ailleurs, il va jusqu'à dire que la mort de la croix n'est pas un châtiment suhi comme tel, mais un dénouement.

Ce que Vinet n'avait fait qu'indiquer, l'école

de Strasbourg l'a développé, mais dans un tout autre esprit.

C'est la critique implacable de Colani^ demandant comment le châtiment du péché pouvait tomber sur un être qui n'a jamais péché. Si le législateur humain recourt à la peine, faute de mieux, le législateur divin a besoin d'autre chose. Une expiation pénale ne lui suffit pas. Et Colani insiste : (( C'est une fiction de prétendre que Jésus ait pu subir les peines méritées pai< tous les hommes ».

Là-dessus, il essaie de construire une théorie toute intérieure de la Rédemption. Le rôle de Jésus est de manifester la sainteté de Dieu et de lui donner, par son amour, une vertu attirante. Il incarne la loi morale et nous la fait aimer. Il est un avec Dieu, et, grâce à lui, ce n'est plus l'image d'un Dieu irrité qui nous apparaît. Il y a plus. Christ cherche un moyen matériel de prouver à tous qu'il est leur Sauveur, un moyen infaillible de les convaincre. Il cherche ce qu'il peut sacrifier de plus grand, et il donne sa vie pour nous prouver qu'il nous aime. Telle est la vertu rédemptrice qu'il y a dans sa mort. Cette mort est expiatoire, en ce sens qu'elle donne aux hommes la force de renoncer à eux-mêmes, inaugurant ainsi un prin-

Page 1