‹ Essai sur la rédemption [microform]Chapitre 23 sur 51 · Voir le t. V de la Revue de théologie de Strasbourg · texte numérisé non relu

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cipe nouveau de vie pour le genre humain tout entier. Elle est réconciliatrice, car l'attraction qu'exerce l'amour de Dieu sur nos âmes est une force qui fait écrouler le mur de séparation qui se dressait entre Dieu et nous. Golani dit là-dessus des choses admirables, avec cette belle clarté et ce sens religieux évident qui le caractérisent. Mais que devient la valeur spécifique de la mort de Jésus, et que signifie désormais le terme de Rédemption ?

Auguste Sabatier, s 'efforçant de dresser le bilan de la théologie de son siècle, a entrepris (( de débarrasser enfin le vieux dogme des notions vieillies en lesquelles il' a été conçu, grossiers miroirs dans lesquels les réalités supérieures se déforment » . Nous le voyons critiquer avec sa pénétration coutumière les éléments principaux du dogme : d'abord, la notion de mérite qu'il considère comme anti-évangélique et par laquelle, dit-il, nous sommes ramenés à la religion de là Loi ; puis, l'idée de satisfaction, qui n'a non plus aucune racine dans l'Evangile. « Il faut punir quand même, c'est la loi juive et romaine ; pardonner à qui se repent de tout son cœur, c'est la prédication de l'Evangile ».

Les notions rituelles appliquées h l'œuvre du

Christ proviennent, d'ailleurs, des cultes antérieurs au Christianisme, et, en faisant de la croix un autel, des bourreaux du Christ des sacrificateurs, on ne fera jamais qu'une allégorie.

Il y a, au demeurant, entre les sacrifices rituels et l'amour du Christ, cette différence, que la victime du sacrifice rituel n'est nullement consentante, tandis que la valeur du sacrifice du Christ provient de son caractère personnel et volontaire. La mort du Christ n'appartient pas à l'ordre rituel, mais à l'ordre moral, comme la mort de Socrate, celle d'Arnold de Winkelried ou celle du chevalier d'Assas ^ Le mot de sacrifice appliqué à ces héros est devenu une métaphore dont personne n'est dupe. Il faut se garder de ramener ce terme à sa signification primitive de rite religieux et d'en tirer ensuite une doctrine métaphysique sur la mort du Sauveur. Ce serait s'abuser soi-même de la plus naïve façon.

Sabatier s'attaque ensuite à l'idée de rançon, pour lui faire un sort analogue. S'arrêter à cette idée, au contrat qu'elle implique, partir de là pour décider si la rançon a été payée à Dieu qui n'en avait nul besoin ou au diable qui n'y avait nul droit, c'est se condamner à l'absurde.

Ne serait-il pas temps, demande alors Sabatier,

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