‹ Essai sur la rédemption [microform]Chapitre 42 sur 51 · Psych. du Pardon, p. S · texte numérisé non relu

Psych. du Pardon, p. S

LA DOCTRINE SOLIDARlSTE 223

leur morale, il faut que ce soit un sacrifice ; il faut qu'il coûte à Dieu.

On peut objecter à Frommel que, si le pardon coûte à l'homme, ce n'est pas à cause des parties hautes de son être spirituel, mais en raison de tout ce que cet être spirituel contient encore d'inférieur et de charnel. Ce n'est pas le pardon qui cause une souffrance à Dieu, c'est le péché. Il y a une joie très pure-et très débordante à pardonner. Et de fait, plus un homme est élevé en spiritualité, plus il éprouMe de facilité à pardonner.

Mais Dieu ne peut pardonner qu'au repentir, et ceci, Frommel l'a admirablement démontré. Dieu est le garant de la Loi morale : il ne peut permettre que cette Loi, qui est l'armature de la vie supérieure, soit violée impunément. En ce sens, le pardon n'est pas facile à Dieu.. Non pas qu'il lui coûte. Ce qui lui coûte, c'est de ne pouvoir pardonner. Mais Dieu hait le mal ; or, l'homme ne sait plus ce que c'est que le repentir. Dieu lui est un Dieu caché. La conscience, d'où il est absent, s'endurcit. Selon l'expression de Frommel, le pécheur ressent à peine son péché, et « s'aime en lui d'un indéracinable et pervers amour » ^^.

Sans doute, Dieu était prêt à pardonner. Il est

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